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Heureuse sans drogues ?

Catégorie : Tranche de vie
16 juillet 2020 à  02:01

Du plus loin que je me souvienne, j'étais une enfant introvertie, extrêmement timide, je parlais peu et j'étais surtout très mal dans ma peau...
Quand je suis rentrée en 6ème, je me suis retrouvée encore plus seule mais j'avais remarqué un petit groupe qui avaient pour habitude d'aller fumer à la récréation derrière une grosse sapinette. Alors un jour j'ai pris mon courage à deux mains et j'y suis allée, j'y ai été très bien accueillie et j'ai découvert le canabis.
Au début je n'aimais pas vraiment ça au niveau du goût mais quand j'ai commencé à en ressentir les effets, j'ai adoré et j'ai commencé à être heureuse pour la première fois de ma vie !
Et puis les années ont passées, j'ai trouvé d'autres potes arrivée en seconde et rebelotte, les joints et toujours cette impression de bien être à chaque fois.
Je me suis métamorphosée.
Et un beau jour, je ne sais pas ce qui m'a pris je me suis mise en couple, peut être pour rentrer dans le moule car beaucoup de mes amies commencer à avoir un "petit copain" mais aussi certainement pour suivre le schéma de mes soeurs à savoir : boulot, mari, maison, enfants, etc.
Donc j'ai pris un appartement avec ce mec mais le problème c'est que je ne savais pas ce que c'était que l'amour, je me disais que ça viendrait petit à petit avec le temps et que ça devait être normal. Toute ma famille était enchantée que je sois avec ce garçon, beau, intelligent, à qui tout réussissait et friqué. J'avais arrêté le canabis et même le tabac car il était contre (mais je fumais une clope de temps en temps en cachette !).
Bref 7 années se sont passées ainsi, j'était bobonne à la maison, en apparence ont paraissait aux yeux de tout le monde un couple parfait. Mais non, mon mal être était revenu, mes potes me manquaient, les fous rires et le bonheur.
Alors un jour j'ai tout envoyé balader, le mec, le super appart pour me retrouver dans un studio de 18m2, à dormir sur des couvertures et rien d'autre mais bon sang quel soulagement ! Ce sentiment de liberté n'avait pas de prix !!!
J'ai intégré une troupe de théâtre et fait de nouvelles connaissances et je me suis remise à consommer des joints, puis il s'en est suivi d'autres substances dont ces fameux "coupe faim" (fin des années 90) en vente libre dans les pharmacies, c'était des cachetons miracles (bourrés d'amphétamines): tu n'avais jamais faim (pour moi qui étais un peu ronde j'ai fondu comme neige au soleil) et puis cette pêche que j'avais, j'étais dynamique, performante dans mon boulot et toujours le sourire, bref le bonheur retrouvé !
Et puis suite à de nombreux décès provoqués par ces cachetons, ils ont été retirés du marché et je me suis remise à déprimer jusqu'à ce que je rencontre tout à fait par hasard dans une boîte électro 3 jeunes qui m'ont fait tester des taz, et de suite j'ai adoré, j'avais hâte de finir ma semaine de boulot pour m'octroyer mon week-end "bonheur". Ceci a durer quelques années, jusqu'au jour où en after, assez défoncé à la coke et au taz, lumière tamisée ont m'a tendue une assiette avec des traits, croyant que c'était de la coke j'ai tapé dedans. Sur le moment j'ai trouvé ça vraiment dégueulasse ça m'a arraché la narine et je suis vite aller gerber.
C'est là que je me suis rendue compte que c'était de la came. Mais comme j'étais curieuse de tout, je n'ai pas voulu en rester là et une meuf m'a dit que ça passerait mieux en le fumant et c'est là que j'y ai vraiment pris goût et retrouvé ce fameux bonheur !
L'expérience avec l'héro a été courte mais intense, vu que je sortais avec mon dealer je ne payais ni la coke, ni la came et du coup le matin au levé c'était une grande trace de coke et après plusieurs dans la journée, puis en soirée, crack et héro pour redescendre. Ma conso est vite passé à environ 2g de c par jour et environ pareil pour l'héro.
Et puis un jour j'ai ouvert les yeux (j'avoue que je suis un peux naïve parfois), c'est que tout ça avait finalement un prix. Je me suis retrouvée à faire "la mule" entre ma ville assez proche de la frontière espagnole et les sales cités de Bilbao. Partir la nuit, aller toper seule dans les cités, cacher la dope dans les préservatifs (vous vous doutez ou je les mettais) et retour dans la nuit en serrant les fesses pour ne pas me faire arrêter par la guardia espagnole (ils ne sont pas tendres avec les toxico). Il s'en est suivie que j'ai voulu dealer moi aussi mais je me suis bien faite arnaquer, dans ce milieu ont ne peu pas faire confiance et au final ce ne sont pas de vrais amis, juste des gens qui feraient n'importe quoi pour avoir leur dose je ne veux pas porter de jugement pour ceux qui prennent de l'héro, c'est juste que je suis tombée sur de mauvaises personnes qui m'ont laissé un sale souvenir de cette époque)
Toute cette période a durer 3 mois jusqu'à ce qu'on me propose un boulot plutôt intéressant et j'ai décider de tout arrêter, j'ai coupé court avec ces relations et j'ai voulu me remettre sur les rails. Le problème c'est que dès mon premier jour de taff, je suis allée directement vomir, je transpirais, je me sentais mal de partout, bref vous avez compris : le manque...
Je suis rentrée chez moi, j'ai appelé mon médecin qui m'a prescris de suite du subutex (je ne me souviens plus vraiment du dosage mais je crois que j'étais à16mg). J'ai tenu quelques temps comme ça et puis un jour j'ai réaliser que je ne serais jamais heureuse sans prendre de prods, ce jour là j'ai voulu en finir, j'ai fais une TS. Quand ma chère soeur l'a appris elle m'a faite hospitalisée de force en HP (très mal réputé dans ma région, je me suis faite tabassée dès le 1er jour par une dingue !).
Ils m'ont donné mon sub mais aussi un traitement de cheval, des benzo, des neuroleptiques, des AD. Conclusion, au bout d'un mois j'avais pris 20 kg à cause du tercian et j'étais un vrai légume. Certainement la période la plus difficile de ma vie.
Quand j'ai réussi à sortir de cet enfer, je me suis réfugiée dans les benzo, j'en prenais largement la posologie qui m'était prescrite, tout simplement pour dormir et ne plus penser pendant quelques heures à cette vie de merde.
Jusqu'au jour je me suis dis "aller fout toi un coup de pied au cul et arrête toutes ces merdes" et là j'ai fais le truc à ne surtout pas faire c'est arrêter les benzo du jour au lendemain. Déjà parce que tu te retrouve vraiment très mal et en plus chez moi ça m'a déclenché des crises d'épilepsies et pas des moindres...
Ne les sentant pas arriver je pouvais m'écrouler n'importe où et bien entendu me blesser (j'ai eu 2 fractures du crâne, une entorse du poignet et j'en passe !)
Du coup après j'ai replongé un peu dans les prods en tout genre (je précise que je n'ai jamais fais de crises en étant sous prods). mais j'ai aussi pris goût à la codéine !
Pour en finir avec ce long pavé, à ce jour, j'ai 52 ans, je suis sous bupré, valium et théralène et mon anti-épileptique.
J'ai lever le pied sur les prods, à part les joints, et je m'octroie à l'occasion, un petit trait de coke, md, taz mais toujours dans un cadre festif et entourée de gens bienveillants.
Tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui, depuis l'âge de mes 13, je crois que je n'ai jamais été autant heureuse que sous prods, que sans ça ma vie aurait été plate et chiante, je sais que c'est triste, je ne suis pas non plus au fond du trou (enfin parfois si...) mais je vis avec, je n'ai pas le choix...
Merci pour tous ceux et celles qui m'auront lu jusqu'au bout, en espérant ne pas vous avoir trop saouler, et même si personne ne m'a lue, tant pis ça m'a fait du bien d'écrire.
Et prenez soin de vous

Reputation de ce commentaire
 
bravo tu as super bien décrit ton parcours !sa fait du bien d'en parler bkk2012
 
parcours de vie ressemblant un peu au mien qui me rassure un peu. Rassurant d'un
 
Témoignage poignant... et rassurant (je suis pas seul haha)



Commentaires
Salut, c'est intéressant à lire, je me retrouve par certains aspects notamment les début avec le cannabis.
La chronologie est un peu dure à placer dans ton texte ; on à un repère avec les coupes faim en 90 et, après beaucoup de péripéties, on arrive à aujourd'hui. Mais c'est pas forcément important.
Moi aussi j'ai commencé les joints à 13 piges et aussi loin que je me souvienne j'ai toujours eu une angoisse aux tripes qui est calmées par les prods (le cannabis en particulier). Mais au final moi ce que j'en vois c'est que c'est angoisse c'est surtout un sentiment de vide et que j'ai besoin d'être actif pour la combler, j'ai besoin de m'oublier et d'oublier mon corps pour oublier mes angoisses. Certes la drogue ça comble cette angoisse mais y'a plein d'autre choses qui la comblent, tout ce qui permet de m'oublier en fait.
Certains sont accroc au boulot, d'autres au sport d'autres aux prods, pour moi le tout c'est de trouver un équilibre.
Parallèlement à ça il y a le fait de réussir à me confronter à sa tripaille de temps en temps et petit à petit j’apprends a vivre avec ses chair sans avoir besoin de m’anesthésier au travail ou dans la drogue ou dans une vie de famille à 100 a l'heure.

Y'en a il appellent ça la méditation plein conscience, se replacer dans son corps, dans sa rue, dans son quartier, dans sa ville/village, dans son département dans son pays, sur Terre, autour du soleil dans la galaxie, dans l'amas local dans l'Univers. Là, déjà, le temps et l'espace ont des saveurs différentes.


Salut,
Oui c'est vrai que mon texte est un peu décousu car je me suis décidé à l'écrire comme les mots venaient et j'ai aussi occulté une partie de ma vie car ayant pris trop de drogues ma mémoire en a pris un coup aussi.
C'est ce que j'essaie de faire aussi à présent, trouver ma place dans ce monde sans forcément prendre des prods. Je dessine, je fais de la danse et surtout je m'occupe de personnes en difficultés et ainsi je me sens utile et quelle joie pour moi quand j'arrive à rire avec eux.
Mais le chemin est encore long, retrouver ce bonheur intense avec les prods ne fait quasiment plus parti de ma vie..
D'un autre côté je n'ai plus 30 ans, il est temps que je passe à une vie plus saine.
On ne peux pas être et avoir été...

Merci de m'avoir lue...


C'est pas décousu du tout, au contraire, c'est juste qu'on a du mal à rattacher l'histoire dans le temps car tu donnes peu de repères temporel.

J'essaie moi aussi de donner un peu de sens a ma vie hors conso de drogue et c'est pas toujours facile.

J'ai du mal a saisir ton dernière paragraphe :

Mais le chemin est encore long, retrouver ce bonheur intense avec les prods ne fait quasiment plus parti de ma vie..
D'un autre côté je n'ai plus 30 ans, il est temps que je passe à une vie plus saine.
On ne peux pas être et avoir été...

Tu veux dire qu'il faut que tu fasse le deuil de qui tu as été pour profiter d'une vie plus saine ?
Dans ma tête j'ai une sorte de pondération au bonheur. Le bonheur sous prod est pondéré par une variable "fake" qui fait que tout le bonheur que m'apporte mon experience de vie hors drogue à immensément plus de valeur que  n'importe quel experience sous prod.


salut
tu as super bien décrit ton parcours ! 
malheureusement tu n'est pas la seule à avoir fait ce genre de (mauvaise) rencontre !  j'ai une amie qui est en prison à cause de son mec  car elle passé de la drogue des pays bas pour alimenter son trafic sale!
franchement force à toi essaie de te tourné vers la religion sa en a sauvé  plus d'un/une la vie est belle et précieuse mais putains qu'elle est dur parfois ! 

Bilbao je connais c'est vraiment une ville de barjo !
a l'époque j'allais pêcho de la  cc la bas à un daron espagnol de 60pige tatoué de la tête au pied  demon1.
pas vraiment discret on fêsait sa  dans son bar à tapas normal askip c'était un indic gne

je confirme la guardia frappe fort mais te ramène pas aux comico pour des petites quantités drôle de délire la-ba.

la plupart des gens son heureux sans drogue donc c'est  possible crois en toi et en ton bonheur bisous


Salut à toi Lolla !

Content d'avoir pu découvrir ton histoire, tu sembles avoir vécu beaucoup de choses. Nous n'avons certes pas le même vécu, ni la même expérience dans le monde des drogues (j'ai 23 ans).
Pour le coup, ce que j'ai appris de ces maintenant presque 10 années de consommations (canna quotidient, bc de kéta et quelques taz & rails de C), c'est que ce que la drogue te donne d'un côté, te le reprend de l'autre. J'ai consommé longtemps le cannabis car je me sentais mal dans ma vie, et ça m'a beaucoup aidé. Mais depuis quelques temps je vais mieux, et cette mauvaise habitude était toujours là, et je sentais qu'il m'étais impossible d'être pleinement heureux tant que cette substance était toujours là.
J'ai donc décidé de tout arrêter, reprendre ma vie où elle s'était arrêter à la découverte de la drogue, reprendre mes passions, le sport.
Depuis que j'ai arrêté (2 mois maintenant), je m'accorde un plaisir codéiné ou tramadolé une fois par semaine, c'est ma récompense pour avoir tenu. Je me sens plus que jamais épanoui, surtout sans ce cannabis, qui était pour moi un poison (impression de devenir fou/démotivation/dépression/désociabilisation/perte de souvenir, et j'en passe beaucouuuup).

Dans ton cas, je ne saurais te répondre s'il est possible d'être heureux en consommant (beaucoup?). Je suis peut-être trop jeune pour le savoir. En tout cas ce que je sais, c'est qu'il est possible de l'être sans. Comme dit plus haut, tout le monde le fait.
Pour nous junkies, c'est certes plus dur (au début), puisque l'on à déjà connu le nirvana. Mais se séparer de tout toxique fais un bien fou : on s'estime, les idées redeviennes claires, l'envie de faire des choses. Il n'y à certes pas de remèdes miracles, mais il faut penser à toi, le faire pour toi, et non pour les autres. Une vie on en à qu'une. tu restes jeune et tu as le temps de réaliser encore pleins de belles choses.
Prend soin de toi, en espérant tout se passe au mieux !


@ Drim
Pour répondre à ta question, je n'essaye pas forcément de faire le deuil de toutes ces substances qui m'ont procuré du bonheur pendant quasiment toute ma vie car j'ai préféré ma liberté à n'importe quel prix à une vie plus rangée mais peut être moins fun (ça je n'en saurais jamais rine !). A ce jour tout ce que je regrette c'est d'avoir perdu 7 ans de ma vie, quand j'étais en couple et que je vivais dans l'ombre de mon compagnon. Après peut être que j'aurais pu rencontrer un homme qui m'aurais rendue heureuse, avec qui j'aurais eu des enfants (c'est mon grand regret aussi). Mais pour moi il était impossible de dissocier "prods" et "bien être, bonheur" et du coup, oui, je ne sais pas si c'est le destin mais depuis ma rupture à l'âge de 27 ans je n'ai fais que rencontrer des personnes qui consommait des drogues. Mais je ne regrette rien car j'ai aussi rencontré des gens formidables.
A ce jour, comme je l'ai dis plus haut c'est que j'essaye d'avoir une vie plus saine et notamment en m'occupant de personnes en grandes difficulté j'ai le sentiment d'être utile et je me sens bien. J'aspire à une vie plus saine car ma santé en dépends fortement  aussi et j'aimerais vraiment pouvoir ressentir à nouveau ces sensations de bien être sans prendre de drogue, mais pour l'instant je n'ai pas encore trouvé les substituts.
Et je sais pertinemment que quand l'occasion se présente d'échapper un peu à la réalité en prenant des prods et bien je ne sais pas dire non, mais ça reste vraiment occasionnel.
Après quand je disait "on ne peux pas être et avoir été" c'était dans le sens ou finalement ma vie est passée très vite et que j'ai la nostalgie de cette époque entre 27 et 42 ans et sans vouloir être rabat joie, j'ai vraiment du mal à accepter de vieillir mais bon je m'égare là, c'est un autre débat.
Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question ou si c'est plus clair, mon esprit est embrumé et parfois je suis à côté de la plaque !

@Dkk2012
Et oui dans mon malheur, j'ai eu de la chance de ne m'être jamais fait gaulée par les flics. Je suis vraiment désolée pour ton amie qui est en prison...
Après me tourner vers la religion ce n'est pas vraiment mon truc, j'ai été élevée dans la religion catholique assez strict et ça m'a vaccinée ! Mais il n'empêche que je me suis quand même "fabriqué" une sorte de "Dieu" à moi et qui m'a aussi donné la force et la chance de me sortir de mauvaises passes qui m'auraient pu m'être fatales. Mais je tiens encore le coup, et je ne désespère pas de trouver quelque chose qui me rendra heureuse sans que ce soit les "paradis artificiels"

@Foxx
Merci pour ton message de réconfort et aussi bravo de t'être débarrassé de ton addiction au canabis, c'est pas facile mais tu as réussi ! Belle victoire !
Cependant si je peux juste me permettre de te dire que la codéine et le tramadol sont des substances qui "t'attrapent très vite" mais ça tu le sais déjà et pour y avoir goûté pendant quelques temps j'ai du avoir recours à un TSO pour m'en débarrasser de ma forte addiction à la codeine. Car mon problème c'est que quand je mets le nez dans un truc qui me procure du bien être je ne sais pas me modérer. Mais bon tu es un grand garçon, tu sais ce que tu fais et tant que ça reste occasionnel, pourquoi pas. Un petit plaisir de temps en temps ne peut pas faire de mal surtout si à côté tu as une vie saine.

En tout cas un grand merci à vous tous de m'avoir lu, conseillée et fait part aussi de vos expériences, ça m'aide et me donne de l'espoir !

Prenez bien soin de vous et profitez bien de votre jeunesse et de votre vie heart


Drim a écrit

C'est pas décousu du tout, au contraire, c'est juste qu'on a du mal à rattacher l'histoire dans le temps car tu donnes peu de repères temporel.

J'essaie moi aussi de donner un peu de sens a ma vie hors conso de drogue et c'est pas toujours facile.

J'ai du mal a saisir ton dernière paragraphe :

Mais le chemin est encore long, retrouver ce bonheur intense avec les prods ne fait quasiment plus parti de ma vie..
D'un autre côté je n'ai plus 30 ans, il est temps que je passe à une vie plus saine.
On ne peux pas être et avoir été...

Tu veux dire qu'il faut que tu fasse le deuil de qui tu as été pour profiter d'une vie plus saine ?
Dans ma tête j'ai une sorte de pondération au bonheur. Le bonheur sous prod est pondéré par une variable "fake" qui fait que tout le bonheur que m'apporte mon experience de vie hors drogue à immensément plus de valeur que  n'importe quel experience sous prod.

Je viens de te relire et je crois avoir compris ce que tu voulais me dire (ou savoir). Mais arrête moi si je me trompe.
C'est juste que comme j'ai consommer quasiment toute ma vie, il m'est difficile  de dire que ma vie hors drogues a plus de valeur car les moments où je n'étais pas sous prods ont été trop dur à vivre pour moi (dépression, TS, mal être à me taper la tête contre les murs, etc...). Donc oui malheureusement il me faut encore des "béquilles" pour tenir le coup (Actuellement : benzo et bupré)


Ok je comprend bien, et bien maintenant je te souhaite trouver un bon équilibre. Je parle pas d'arrêter toute les drogues ou toutes les béquilles, mais juste de trouver un bon équilibre qui te convienne :-)


#9
sud 2 france
problème traitement
13 août 2020 à  16:21
Je me permets juste une petite apparté, un coup de gueule: pourquoi tous les toxicos qui vont en HP/maison de repos, pour décrocher ou autre sont ils toujours gavés de cette saloperie de Tercian ???
Serait ce parce que la représentation des soignants quant aux drogués est: TOXICO= VIOLENT donc TERCIAN.....?


#10
Lolla
Nouveau Psycho
13 août 2020 à  19:05
Je ne sais pas si j'ai bien compris ton texte mais il me semble que l'on est d'accord pour dire que dès que tu franchi la porte d'un HP on te mets directement sous Tercian (et autres AD, neuroleptiques et benzo, et j'en passe !.
Et tu veux savoir pourquoi on nous mets tous sous Tercian, tout simplement pour qu'on leur foute la paix jour et nuit car on est tellement défoncés qu'on devient des zombies complètement amorphes et inoffensifs.
J'ai fais 2 séjours en HP et à chaque fois c'était le même "traitement" : Tercian + un tas d'autres médocs.
Je peux dire que le Tercian a foutu en l'air une partie de ma vie car déjà que je n'étais pas bien dans ma peau cette saloperie m'a fais prendre une bonne vingtaine de kilos (et pour en avoir parlé avec d'autres personnes qui ont été sous ce traitement, il en est ressorti la même chose : tous devenus une loque, quasiment obèses).
Alors peut être que oui, les soignants considèrent les "toxico" dangereux, ça je ne le sais pas mais ça y ressemble...


#11
Dégun
notre drapeau rouge est noir
13 août 2020 à  21:34
Salut,

Perso j ai 40 ans et j ai l impression aussi que la vie sans défonce c est pas pour moi, je m emmerde.

J ai essayé plusieurs fois de faire comme les "gens normaux", bah je me fais chier.

Après une bonne semaine de taff ma récompense c est de me défoncer.

Je pensais qu en vieillissant je passerai à autre chose, culpabilité aidant.

Mais en fait au plus ça va au plus j assume bizarrement, j essaie juste de ne pas faire n importe quoi, de gérer quoi.

Je comprends ce que tu veux dire je crois, je suis dans ce feeling en ce moment.

Je me dis que je suis comme ça, c est mon hobby en fait, le seul truc stable dans ma vie finalement.


#12
Lolla
Nouveau Psycho
14 août 2020 à  01:01
Salut,

Avant de revenir au sujet, "heureuse sans drogues", permets moi de te raconter un peu ce que je fais en ce moment pour "tuer l'ennui". Il y a quelques mois j'ai replongé dans la came et du coup je suis à nouveau sous subutex. Je dois faire gaffe aux prods car ma santé en dépends fortement. Et je t'avoue que même si je pense que ma vie c'est que de la merde, c'est flippant quand le toubib te dis si vous n'arrêtez pas de suite il en va de votre vie... Et bien là tu réfléchi, tu cogite beaucoup, tu tourne en rond et tu te fais encore plus chier et t'essaye de trouver une solution mais tu ne vois pas d'issue.

Un jour une de mes copines m'a dit qu'elle faisait du bénévolat et que ça lui permettait de se rendre utile tout en pensant à autre chose et surtout combler cet ennui qui la ronge.

J'y ai réfléchi pendant quelques temps et me suis dis pourquoi pas, j'ai rien à perdre et je me suis lancée comme bénévole dans une asso qui vient en aide aux personnes seules, isolées, en grande précarité et souvent sans abris, à qui on porte de la nourriture mais aussi quelqu'un avec qui parler, qui leur permet de rompre un peu leur solitude et la mienne aussi...

Alors voilà ce que je fais depuis quelques mois, je ne sais pas combien de temps ça va durer car j'ai une humeur fluctuante et je peux tout envoyer chier du jour au lendemain mais pour l'instant, ça me plaît de me rendre utile et de voir aussi qu'il y a des personnes encore plus mal que moi et je n'ai pas le droit de me plaindre. Et ça m'apporte aussi car je tue ce putain d'ennui et comme ça quand je me lève le matin je pense d'abord à me faire un petit "extra" mais ça passe vite car je sais que des gens paumés ont besoin de moi alors je bouge mon cul.

Pour en revenir au sujet "heureuse sans drogues", je te répondrai qu'en ce moment je ne saute pas au plafond en rentrant chez moi, je me traîne encore, mais un peu moins, pareil pour les idées noires, elles sont moins persistantes mais j'arrive à les chasser ainsi que toutes ces choses que me font être mal en moi et souffrir simplement de devoir survivre. Alors oui j'ai 2 béquilles, le valium et le sub mais il me manque toujours ce truc qui me rendait heureuse au moins quelques heures.

Comme je l'ai écris dans mon précédant post, je m'octroie 3 ou 4 sessions par ans, j'essaie de m'y tenir (surtout que ça fait pas encore 1 an que j'ai arrêté !), pour l'instant je suis motivée pour que ça marche mais si tu savais comme j'hâte d'être à la prochaine fête pour m'en foutre plein la tronche même si ça m'est fortement déconseillé...Mais au moins être heureuse encore une fois...
Je sais qu'on se comprends...Alors Prends soin de toi.
Amicalement
Lola

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