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tripper ensemble, revenir en manque

Catégorie : Road trip
12 août 2020 à  13:50

mon cerveau est en état labyrinthique

came, op, kéta, ecsta, coke, crack, dxm, psylo, benzo, cannabis, cbd et alcool
amours, sexe, amitié et fratries

je tourne la clé dans la serrure les mains remplies de sacs
je repense à mon pochon caché je ne sais plus où

motivée à le chercher avant la douche
welcome back home

à la dernière gare, avant la longue ligne droite pour la maison, je vois à travers les fenêtres du train les étincelles des tunnels faire des vagues dans la chantilly des nuages de l'aube. les loupiottes du wagon me guettent et mes gestes résonnent de l'écho bizarre de l'incoordination cotonneuse

bloqués par la frontière dans une capitale de passage, ils n'ont pas voulu me vendre de la codéine pour faire taire le chien dans mon corps. J'ai acheté du dxm et je l'ai nourri jusqu'à qu'il aboie en gobant des croquettes cirées au miel. Ça marche, ça donne de la lueur aux rayons et chasse les dindons qui guettent froids. J'ai réussi à surmonter le scepticisme de mon pote envers les bonbons antitussifs.

un autre jour vient de s'écouler, sans encore avoir dormi, et plus de trois sont passés depuis qu'on a quitté la baraque dans un taxi de fortune, après une nuit au crack et aux psylos.

Drôle de mélange, en restant scotchés sur le caillou qui fond en un milliard d'escarbilles multicolores, la musique qui prend des formes marines et des arcs-en-ciel pixelisés qui se dessinent à chaque plissage de cils.

Chaque jour est un trip report à lui tout seul, il me semble de naviguer dans le tableau de TripSit avec une RdR bien précaire.

Dès le deuxième jour, perdus dans les dédales des venelles à la recherche de came et crack, on finit par trouver le mec aux pochons. Il distribue ses petits sachets en échange de pièces de monnaie sonnante à ceux qui attendent contre l'enduit écaillé des murs humides. Déchéance évidente, on en fait partie et on se rue pour taper notre trace derrière la fontaine à tox.

J'ai du mal à le croire maintenant, mais ça faisait un mois que je n'avais rien pris. Alors je l'ai sentie cette trace. Ça m'empêche de boire et je me sens en décalage quand les vapeurs de l'alcool illuminent les bancs du parc où la musique s'installe. Un pochon de kéta indienne circule. On s'en tape, on en tape. Peut-être heureusement qu'elle était à moitié éventée...ça reviendra, pendant ces jours qui sont plutôt des nuits. Arrosées à l'alcool, irriguées de came, parsemées de coke et de crack, agrémentées de prises répétées d'MD...



pendant deux semaines, pas de descente ni de gueule de bois.
tout s'est cumulé, pour s'écrouler sur moi aujourd'hui, revenue à la case (départ).

elle qui m'aime, se défonce la gueule, frôle l'OD et souffre

moi que je ne me ressaisis pas dans ses yeux en me projetant sur ses cils à lui

lui qui flippe de mes soucoupes en formes de cœur dans les pupilles

et moi que je finis par transpirer en manque, des traces dans les chiottes au petit matin, la course au four sombre, le cœur à mille, la moiteur dans les veines et le bide en vrac

et moi que je rêve en vain de caresses et tendresse sur une longueur d'onde au moins similaire, incapable de chasser mes papillons dans le bide

et merde !

j'ai encore fait n'imp, en coursant le bonheur dans la cendre d'un allu aux miettes de crack, dans les hallus fractales d'une électro acoustique, dans les kilomètres qui défilent sur les lignes blanches des autoroutes en travaux, dans les pochons unidose à la came gluante, dans les horizons brumeux des vagues océaniques

je me suis fait happer, engluée dans un manque d'opiacés, embourbée dans les sentiments bridés par mon indécision (ou mon attachement que je craignais tellement)

maintenant, une nuit d'attente et de galère dans un parc au centre de l'Europe, il refuse de planter l'aiguille encrée dans mon pied et, en voulant arrêter la metha, me rétorque que je ne l'encourage pas quand je lui dis que ce n'est pas qu'une question de volonté

et elle se blesse à me voir encore partir dans ses tatouages à lui, son pif plein et le taf qui parte en couille

je suis tombée sans hésitation dans le miroir aux alouettes, à coup d'allus, traces, accolades et cœurs sur snapchat

et maintenant je fais quoi ?

j'ai dans les paupières ces jours qui ne défilent pas, faits de nuits, de sons, de lumières et de défonce, dans les ruelles sales de villes inconnues, les sons rugueux des langues étrangères dans les oreilles, les lampadaires dans les parcs qui nous bercent, la techno au matin parmi touristes et travailleurs aux yeux écarquillés, le rap dans les places et les impros dans les bars

j'ai la bouche bée qui baille, les poils au garde à vous, le cœur en gard'à'v, des épuisettes à lépidoptères dans le ventre qui s'entortillent, les muscles en béton

j'ai les yeux qui larmoient et je m'en veux d'y avoir cru que tout serait si simple

Reputation de ce commentaire
 
Belle écriture ;)Arteno



Commentaires
Merci

Arteno a écrit

pour ton appréciation...

C'est quoi que tu trouves beau là de dans ?

Sorry, mais c'est pas simple la redescente, le retour et tout...j'aimerais tant avoir de boites de codé pour redescendre doucement !!!!!

Bref, je vais trouver une solution, j'espère


cependant a écrit

Merci

Arteno a écrit

pour ton appréciation...

C'est quoi que tu trouves beau là de dans ?

Sorry, mais c'est pas simple la redescente, le retour et tout...j'aimerais tant avoir de boites de codé pour redescendre doucement !!!!!

Bref, je vais trouver une solution, j'espère

Salut,

Ce que je trouve beau la dedans, la façon que tu as d'écrire, raconter un aussi mauvais moments telle un poème.. perso même un très bon trip je n'arriverais pas a le raconter aussi bien que toi je trouve que tu as du talent enfin bref..

Et oui c'est vrai qu'un peu de codé sa passe toujours bien pour redescendre ou a défaut un p'tit benzo peut faire l'affaire

Prend soins de toi et bon rétablissement drogue-peace


Salut,

merci de ta reponse

Arteno a écrit

Ce que je trouve beau la dedans, la façon que tu as d'écrire, raconter un aussi mauvais moments telle un poème.. perso même un très bon trip je n'arriverais pas a le raconter aussi bien que toi je trouve que tu as du talent enfin bref..

Et oui c'est vrai qu'un peu de codé sa passe toujours bien pour redescendre ou a défaut un p'tit benzo peut faire l'affaire

Prend soins de toi et bon rétablissement drogue-peace

je ne sais pas si on peut appeler ça de la poésie, mais c'est cool que ça te plaise !

En vrai, les instants que je raconte c'est des beaux moments, c'est après que c'est rude : rentrer, la descente, les manques, les doutes, etc.

Mais ça va le faire, j'espère bien et cimer pour l'encouragement !!!

Finalement aujourd'hui ça allait, c'est vraiment cool, je commençais à m'inquiéter :

pendant 15j (après une pause d'un mois de came -mais tout les 5j op ou sub ou rach) et encore 15j de conso, avant conso tout les 3j) 0.5g de très bonne came tous les jours (+crack, coke, MD, kéta, dxm, psylo, cannabis, op, benzo, alcool)


J+1=45mg de codé+trace came moyenne+alcool (quelques frissons, transpiration, humeur dans les chaussettes, parano et angoisse, irritabilité+++) --> prazepam
J+2=10g de pavots en rachacha (réveil par la chiasse et frissons, transpiration, tension musculaire, éternuements, nez qui coule, puis défoncée, mais irritation ++)
J+3=40mg de codé + 20mg de dxm + 1bonne trace de came+alcool (quelques frissons, plutôt bien, mais imovane pour dormir)
J+4=3.5g de kratom, pas de chiasse, pas de frisson, pas trop d'irritation (étonnée, d'ailleurs)

et demain est un autre jour, j'hésite entre kratom ou codéine+dxm (j'ai trouvé de quoi faire, malgré les doses rationnées)...

quelles sont vos expérimentations (faut ouvrir un fil de discussion ?) pour descendre en douceur ? Vous préferez la codéine ou le kratom ?
Normalement je vais avoir assez de codé pour faire un 60mg/55/45/35/30/25/20/15/10/0 (reparti en deux fois par jour) + un peu de dxm pour potentialiser et être à 0 dans 8jours (exactement quand il y a une teuf de prévu et de la défonce à la clé).

Je préfère quand même l'effet de la codé au kratom, mais j'étais surprise aujourd'hui que ça ait si bien marché avec une dose si petite (c'est l'afterglow de dxm ?).

Les benzo je les laisse contre l'angoisse et/ou pour dormir et/ou avec Zdrug, de toute façon ça ne marche pas contre le manque wink

Cimer en tout cas et une bonne night smiley-gen013


Ça me fait penser a ces quelques mots de Mister Rimbaud que j'ai expérimenté pendant bon nombre d'années pour parfaire mes écrits et toucher l'inconnu (ouuuh le grand mot).
Dérégler ses sens que ce soit par la drogue, l'alcool, la privation de sommeil...

Qui a parler de brûler les ailes? punk-headbang

En tout cas merci du partage!


"Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables"


Ouais ou alors tu peux regarder toutes les occasions paumées que t'as raté que t'aurai pu partager avec tes proches mais ou tu préférais un plaisir solitaire. En un exemple t'aura capté, je vais pas te faire la liste. Moi je suis attiré aussi par le romantisme de la prise de dope, mais n'est-ce pas une belle façon de se voiler la face sur la réalité dure et crue des effets secondaires d'une maladie qui t'affecte autant toi que tes proches ?


guygeorges a écrit

Ouais ou alors tu peux regarder toutes les occasions paumées que t'as raté que t'aurai pu partager avec tes proches mais ou tu préférais un plaisir solitaire. En un exemple t'aura capté, je vais pas te faire la liste. Moi je suis attiré aussi par le romantisme de la prise de dope, mais n'est-ce pas une belle façon de se voiler la face sur la réalité dure et crue des effets secondaires d'une maladie qui t'affecte autant toi que tes proches ?

Salut,

les moments que je decris sont partagés...enfin, à part le manque (car je suis partie).

Mais les deux semaines de défonce et kilomètres n'ont pas du tout été en solitaire...d'ailleurs j'avoue, toute seule je n'enchainerais pas 15 jours de came...mais à deux c'est bien plus facile tomber dans le regard complice du « ah merde toi aussi t'as des frissons et mal au bide ? » ce qui se traduit vite fait par un « alors on va pécho ? »...ou du pote qu'à deux heure du mat sort un pochon plastique en disant « il me restent deux taz, ça vous dit ? », ou des connaissances qui font tourner un sachet de , ou l'autre pote qui prépare de traces de coke et de lui qui dit « et si on fumait du crack »...

Après, c'est vrai que je vis une situation sentimentalement compliquée...je me demande même au fond, qu'est-ce ça veut dire « proche » wink

Par contre je ne suis pas d'accord, la dope ce n'est pas se voiler la face, mais c'est faire face, comme on peut, à la réalité. Qui des fois est trop dure pour être vécu brute...

Et quant à la maladie, je crois qu'un membre du forum a une signature assez parlante...est-ce que c'est vraiment problématique d'être malade d'un monde qui n'est pas sain d'esprit ?

Après j'avoue, je sous-évalue consciemment l'étendue des dégâts des fois, mais si ça me va bien pour l'instant...


Salut,

Nomad Soul a écrit

Ça me fait penser a ces quelques mots de Mister Rimbaud que j'ai expérimenté pendant bon nombre d'années pour parfaire mes écrits et toucher l'inconnu (ouuuh le grand mot).
Dérégler ses sens que ce soit par la drogue, l'alcool, la privation de sommeil...

Qui a parler de brûler les ailes? punk-headbang

En tout cas merci du partage!


"Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables"

Waouh, du Rimbaud carrément wink

Et quant à se bruler des ailes, des fois il faut bien des égratignures pour avancer..non ?

Après, les voyants, je vois surtout ceux qui clignotent sous dxm en ce moment wink

Je blague, mais je ne me sens pas à l'hauteur de commenter tout simplement

L'inconnu m'est méconnu, je n'aspire à rien...et j'arrive à encore moins (j'ai l'impression des fois).

En quoi Rimbaud t'a inspiré ?

Merci pour ton partage aussi


Et quant à se bruler des ailes, des fois il faut bien des égratignures pour avancer..non ?

Oui carrément! Et puis ça inspire et ça façonne.
Il vaut mieux crever les ailes cramées que de s'en être jamais servi ou si peu.

Il faut essayer autant que possible de ne pas les cramer trop vite, de suivre la voie du milieu, s'auto-discipliner dans ses consos si c'est possible, se stabiliser en évitant les extrêmes et que c'est difficile parfois.

a écrit

Après, les voyants, je vois surtout ceux qui clignotent sous dxm en ce moment

C'est surtout toi le "voyant" et expérimenter le dérèglement des sens afin de s'en servir pour son écriture, c'est ce que tu fais, tu fais partie de la secte Rimbaldienne malgré toi big_smile

Tu as l'air de remonter doucement, je te souhaite de bien te remettre, l’âme et le corps et de profiter des warnings wink


Salut,

a écrit

Il faut essayer autant que possible de ne pas les cramer trop vite, de suivre la voie du milieu, s'auto-discipliner dans ses consos si c'est possible, se stabiliser en évitant les extrêmes.

oui, depuis que je consomme (environ 15 ans) j'ai toujours eu cette approche envers les prods...surtout au début sans bien les connaître...

j'avoue que maintenaint, en connaissant mieux les molécules, les réactions sur mon corps et ma tête, j'ai un petit relachement et je me contrôle moins (aussi parce, à la longue, ça devient un brin frustrant).

Mais, je reste persuadée que c'est le seul moyen pour que je garde un minimum de contrôle sur des consos sur le long terme, avec des prods addictifs.

a écrit

Tu as l'air de remonter doucement, je te souhaite de bien te remettre, l’âme et le corps et de profiter des warnings wink

Oui, c'est un peu ça...merci pour l'encouragement !

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