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Ces biais cognitifs qui nous desservent

Catégorie : Actualités
19 janvier 2023 à  20:49

Chères, chers PUDs (et celleux qui les aiment), bienvenue ! Oyez, approchez, j'ai tant à vous montrer ^_^/


Vous avez été nombreux-ses à répondre au topic sur les préjugés dont vous avez été victimes, et nous vous en remercions !
Maintenant, saviez-vous que l’être humain est pétri de ce que l'on appelle des biais cognitifs, c’est à dire des raccourcis que le cerveau empreinte bien malgré nous, et qui amplifient très probablement tous ces préjugés que l’on vient de voir ? Et surtout, qu'il est possible dans une certaine mesure, de s'en défendre ?!
Je les avais déjà apprises à la fac, mais nous avons redécouvert ces notions psychosociales en travaillant sur la stigmatisation des usagers. Ces concepts nous paraissent très utiles pour comprendre et combattre cette dernière.
En fait, nous allons prochainement carrément travailler avec un chercheur pour tenter de tester ces concepts spécifiquement appliqués aux PUDs, dans une étude qui se voudra la plus sérieuse et complète possible !

Cet article sera dense j’en ai conscience, voyez ça comme un mini-cours de comptoir par une ex étudiante en psychologie expérimentale et sociale fuhu (avec donc mes acquis mais aussi mes limites et erreurs possibles ! ), mais il est je pense très important de savoir reconnaître ces biais ou au moins connaître leur existence pour pouvoir les cerner et apprendre à moins tomber dans les pièges qui alimentent ces préjugés qui nous oppriment.

Le savoir, c'est le pouvoir.

Je vous en fais ici une petite liste totalement non exhaustive.

Edit: et comme suggéré dans les commentaires n'hésitez pas à segmenter votre lecture, pas obligé de tout digérer d'un bloc mais on pense dans l'équipe que ça pourrait vraiment être bénéfique de prendre conscience de cette petite sélection de biais smile


Cela peut sembler pour certains, surréaliste tant vous allez le voir, cela peut parfois aller loin. Pourtant c’est bien issu d’études reconnues et même pour certaines, célèbres (Note: il y en a une ou deux que je n'ai malheureusement pas su retrouver sur le web, donc celles-ci précisément seront de mémoire de mes cours d'il y a plusieurs années uniquement, et donc il se peut que ma restitution de ces passages ne soit pas aussi fiable que le reste, je suis humaine. Cela dit je pense avoir pu conserver l'idée globale qui s'en dégage et les leçons à en tirer, mais voilà ça reste à prendre en compte je pense.)



Biais cognitif ? Stéréotype ? Préjugé ? KÉZAKO ??!


Le cerveau fonctionne à l’économie : pour éviter de toujours solliciter les fonctions exécutives (logique et de réflexion en gros), très gourmandes en ressources et concentration, le cerveau dispose de pilotes automatiques, appelés schémas, qui peuvent prendre de nombreuses formes : nos habitudes et routines, nos croyances, les stéréotypes… Les biais cognitifs sont des « bugs » qui découlent de ces automatisations rigides et peu logiques, presque robotiques.

Un stéréotype, je fais court car il y aurait beaucoup à dire, est une croyance véhiculée soit socialement, soit en observant par exemple deux personnes maghrébines voler et faire de l’hypergénéralisation (généralisation abusive et erronée mais semblant sur le coup vraie à la personne) : « oula ils volent beaucoup ces maghrébins ! ». Une fois établi, le stéréotype (ici : « les personnes maghrébines volent ») est rigide et résiste aux informations contradictoires, notamment par biais de confirmation d’hypothèse (que l’on va voir entre autres dans cet exposé).
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9r%C3%A9otype
Le stéréotype est parfois nécessaire au bon fonctionnement du cerveau, pour créer une vision simplifiée et plus "préhensible" du monde si complexe dans lequel nous vivons. Mais il peut devenir un préjugé, et là ça merde xD Un préjugé est un stéréotype, une croyance ou un ensemble de croyances mais NÉGATIFS et STIGMATISANTS vis-à-vis d’un groupe de personnes (« les maghrébins volent plus que les autres personnes, les maghrébins sont des voleurs »).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9jug%C3%A9
Et enfin les préjugés peuvent eux-mêmes mener aux discriminations, actes de violence et d’exclusion concrets et actifs sad
https://fr.wikipedia.org/wiki/Discrimination


Ils ne toucheraient pas tout le monde à la même intensité, mais en moyenne une majorité de gens y est sensible, ironiquement surtout celleux qui se disent "non mais ça c'est les faibles qui y sont sujets, moi je contrôle mon esprit je suis pas con-ne" ^^"

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Et donc, concernant ces biais cognitifs dont je veux tant vous parler et qui créent, appuient, et renforcent ces stéréotypes et préjugés: voici mon petit palmarès !



Commençons par l' « Argumentum ad populum » (ou biais de popularité) :


Quel nom barbare^^ Mais relax, c’est pas si compliqué !

Pour chaque biais je vais vous copier-coller des définitions brutes du web, puis expliciter et donner des exemples pour clarifier le tout. Donc même si la définition vous semble opaque de prime abord, no panic ! On comprend mieux avec des exemples.

L'argumentum ad populum est un type de sophisme informel,[1][14] plus précisément un sophisme de pertinence,[15][16] et est similaire à l'argument d'autorité (argumentum ad verecundiam)[14][4][9] Il fait appel aux croyances, aux goûts ou aux valeurs d'un groupe de personnes,[12] en affirmant que parce qu'une certaine opinion ou attitude est détenue par une majorité, elle est donc correcte[12][17].
Les appels à la popularité sont courants dans la publicité commerciale qui présente les produits comme désirables parce qu'ils sont utilisés par de nombreuses personnes[9] ou associés à des sentiments populaires[18] au lieu de communiquer les mérites des produits eux-mêmes.
L'argument inverse, selon lequel quelque chose qui est impopulaire doit être défectueux, est également une forme de ce sophisme[6].

https://en.wikipedia.org/wiki/Argumentum_ad_populum
Si tout le monde dit que les « drogué-e-s » sont des criminels ou des déchets, des êtres inférieurs etc, hé bien cela doit bien être qu’il y a un fond de vrai, n’est-ce pas ?
Non.
La majorité de la population peut se mettre à croire en des choses erronées. …et entretenir ensuite ces croyances par cet argument d’autorité (la majorité numérique faisant ici office d’autorité). Naïvement, nous pensons que tout le monde ne peut pas avoir tord, alors si une majorité de personnes pense ainsi, c’est que ce doit être vrai.
Il y a quelques siècles à peine (non vraiment, ce n’était il n’y a pas longtemps wink ), tout le monde pensait qu’une Terre plate se situait précisément au centre de l’univers, et que les étoiles étaient comme collées sur une sphère autour de nous. https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ocentrisme Cela en faisait-il une vérité ?



Le biais de confirmation (d’hypothèse) :


Le biais de confirmation, également dénommé biais de confirmation d'hypothèse, est le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses, ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions, ce qui se traduit par une réticence à changer d'avis. Ce biais se manifeste chez un individu lorsqu'il rassemble des éléments ou se rappelle des informations mémorisées, de manière sélective, les interprétant d'une manière biaisée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

Par exemple si un employé de CSAPA (mais en fait n’importe qui hein !! Même certains PUDs eux-mêmes probablement, c’est tout le drame) voit les PUDs comme des menteurs, il risque de spoter le moindre mensonge de tous ses patients et ça va venir renforcer sa croyance. Il peut même prendre pour des mensonges des propos qui n’en sont pas, d’ailleurs, par erreur car cela va quand même venir confirmer sa croyance.
S’il croit que nous sommes des voleurs, si par malheur un jour il se fait voler ou pense avoir été volé par un usager, il va se dire « voilà ! C’est bien la preuve que j’ai raison ! » (Amplifié par le stéréotype et que donc que beaucoup de gens pensent comme lui (« tout le monde le dit, donc c’est vrai » : argumentum ad populum ho tiens, le revoilà celui-là ! Comme vous allez le voir, les biais sont parfois très (trop) bien imbriqués…)). Alors qu’il n’a peut-être pas été volé en 20 ans de carrière !^^

Vous comprenez maintenant, de par ces deux seuls exemples de argumentum ad populum et du biais de confirmation, comment des stéréotypes / préjugés peuvent s’accrocher dans les esprits comme des tiques ? Le votre ne fait peut-être pas exception pour certaines choses (sans doute même : vous êtes humain-e-s). N’hésitez pas à réfléchir de temps en temps et à questionner vos croyances et leur soi-disant véracité ! Nous ne croyons pas qu’en des mensonges, mais il peut s’avérer utile de faire le ménage de temps en temps. L’esprit critique est la clé.



La menace du stéréotype :


La menace du stéréotype est l'effet d'un stéréotype ou préjugé sur une personne appartenant à un groupe visé par ce préjugé : dans une situation où il s'applique, où il risquerait de se manifester, cette personne se sent jugée et éprouve des sentiments d'anxiété ou d'insécurité. De plus, une personne victime de préjugé a souvent peur de le confirmer elle-même et d'ainsi nuire à son groupe. Par exemple, si une femme joue aux fléchettes avec des amis masculins, alors qu'un stéréotype dit que les femmes ont des difficultés à viser, le malaise qui s'ensuit a un impact sur ses facultés, si bien qu'elle risque effectivement de réussir moins bien. Le préjugé est donc une sorte de prophétie auto-réalisatrice. On peut illustrer la chose par une plaisanterie de la forme :
« Si un homme se montre mauvais aux fléchettes (ou en maths, ou à trouver son chemin), c'est parce qu'il n'est pas doué ; si une femme s'y montre mauvaise, c'est parce que c'est une femme. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Menace_du … C3%A9otype

(Ce biais se distingue de l’auto-réalisation des prophéties (à suivre) par le fait qu’il est toujours actif, que la personne soit entourée socialement ou seule.)
En gros le stéréotype se créer lui-même !
Exemple parfait : « les femmes sont moins bonnes en maths que les hommes ».
Cette étude bien réelle de psychologie sociale, menée par Spencer, Steele et Quinn en 1999, a demandé à des femmes et des hommes le même exercice, suivant deux groupes différents. Un seul  et unique mot change entre les groupes : à l’un on disait qu’il s’agissait d’un exercice de géométrie, à l’autre, un de dessin. Dans le groupe « géométrie » les femmes se font écraser par les hommes. Dans le groupe « dessin », alors que c’est exactement le même exercice, elles réussissent un chouïa mieux (mais à tellement peu qu’en gros, c’est ex-eco).

Application pour les PUDs (qui malheureusement ont tellement d’étiquettes collées au dos…) :
« On tombe accro dès la première prise ».
Il peut y avoir une petite part de vérité hein, les biais cognitifs n’expliquent pas tout ! Aussi j’admets personnellement avoir eu de symptômes très similaires à ceux d’une addiction psy suite à ma première prise de LSA. Ce n’était pas une addiction à proprement parler (les psychés n’en produisent pas), mais l’expérience m’avait tant bouleversée que je ne rêvais plus que de retrouver ce monde des merveilles. Donc si cela avait été une drogue addictogène, sans parler pour autant encore d’addiction réelle (il faut en réalité plus de temps pour en développer, neurologiquement parlant), hé bien l’engrenage de vouloir en reprendre aurait été, peut-être, lancé.
Mais alors vient un élément crucial : comment réagir à ça ? A cette envie si forte de réitérer l’expérience, vite, très vite ? On peut savoir qu’il ne s’agit pas encore d’une addiction réelle et que l’on peut faire demi-tour. Ou bien croire à ce stéréotype « on tombe accro dès la première prise » et ne pas se battre, parce que « à quoi bon ? Fichu pour fichu... ».
En plus, rappelons que chez de nombreux-ses utilisateurices de produits psychoactifs, l’addiction ne survient… pas xD Tout simplement. Jamais. Mais le fait de penser l’inverse met les gens à risque plus élevé, j’en suis persuadée (là je n’ai pas d’étude à citer mais je ne vois pas pourquoi tous ces biais dont je vous parle seraient valables pour à peu près tout dans nos vies SAUF pour les drogues xD Il faudrait qu’on m’explique huhuhu), d’effectivement tomber accros par rapport aux probabilités objectives et inhérentes aux facteurs influant l’addiction.

Ca vaut pour tout stéréotype : toute personne visée par un stéréotype peut le répliquer, même inconsciemment.
(Attention, on peut croire mordicus ne pas adhérer à un stéréotype consciemment et l’inconscient peut grave nous jouer des tours…… Il faut être vigilant même si on ne se sent pas concerné car détachés de la doxa (=pensée commune)



Cela nous amène à la prophétie auto-réalisatrice cette fois.


Il s’agit ni plus ni moins que d’une variante de la menace du stéréotype, sauf que cette fois elle implique une personne observatrice.

La prophétie autoréalisatrice (de l'anglais self-fulfilling prophecy) est un concept de sciences sociales et psychologiques utilisé pour traduire une situation dans laquelle quelqu'un qui prédit ou s'attend à un événement, souvent négatif, modifie ses comportements et en fonction de ses croyances, ce qui a pour conséquence de faire advenir la prophétie.
Le concept a été introduit par les sociologues nord-américains Robert King Merton et William Isaac Thomas. Il est utilisé dans de nombreux contextes comme l'origine des conflits, l'économie, la médecine, le sport, la pédagogie, la politique, etc.
La notion est connue en pédagogie sous le nom d'effet Pygmalion et en médecine sous le nom d'effet nocebo. Quand la modification des comportements induits par la prédiction tend à bloquer la réalisation des événements, on parle également de prophétie auto-destructrice (de l'anglais self-destructing ou self-defeating prophecy1).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Proph%C3% … alisatrice


Je vous invite à parcourir cette page wikipédia pour bien comprendre le concept (et même celles des autres biais hein).
Un autre site a une définition et explication qui me parlent encore plus perso :

La prophétie autoréalisatrice est une prédiction qui se réalise en raison du fait qu’elle a été posée, dans la mesure où les croyances qui découlent de la prédiction orientent le comportement de la personne. La personne interprète les évènements ou encore les intentions des autres et se comporte d’une certaine façon, le tout en concordance avec sa prédiction. Cela mène finalement à la réalisation de sa prédiction initiale. La prophétie autoréalisatrice peut avoir des conséquences tant bénéfiques que malheureuses, tout dépendant de la prédiction faite. Ce biais cognitif peut affecter notre propre personne ou—à travers nos comportements—les gens qui nous entourent. En effet, puisque nos croyances influencent notre interprétation du monde et orientent notre comportement, et que ceux-ci peuvent avoir été modifiés à la suite de notre prédiction, nos interactions avec les autres peuvent en être affectées. Ces modifications dans notre façon d’être ou d’agir ne se seraient pas produites si la prédiction de départ n’avait pas été faite [1, 2].

https://www.shortcogs.com/biais/prophet … alisatrice


En gros pour faire très court (parce que c’est basé sur d’autres phénomènes dont j’ai de toute façon oublié le nom, mais c’est pas important retenons juste ça : ) c’est la menace du stéréotype, boostée par quelqu’un de présent qui s’attend, de par le préjugé auquel il croit, à ce que la personne agisse de cette manière et pas d’une autre. Il va alors inconsciemment (quand je dis inconsciemment, et j’emploie ce terme fréquemment dans ce thread, ça peut aller jusqu’à ce que vraiment la personne ne s’en rende pas du tout compte) et subtilement modifier son comportement et son discours (ça peut être de l’agacement et une perte de patience plus rapides, le fait de dire carrément « non mais tu consommes de l’héro donc tu vas forcément tomber dedans », un langage non verbal modifié par rapport à celui qu’il aurait adopté face à un non consommateur…) de sorte à pousser la personne ciblée par ce stéréotype à le commettre. …et aussi incroyable et hallucinant que ça puisse paraitre… Sur un échantillon suffisamment large de population (toutes les études en psycho marchent comme ça)… globalement, ça marche. Ca ne veut pas dire que ça va marcher à chaque fois mais en moyenne, on a une augmentation de la soumission au stéréotype par la personne qui en est victime.

Ainsi pour reprendre notre exemple, être en présence de quelqu’un qui croit qu’on va forcément tomber accro, renforce les probabilités, là encore j’en suis persuadée, de tomber réellement accro.
Et ensuite ladite personne : « tu vois, je te l’avais bien dit ! »… Hahahahaha mais elle a peut-être activement contribué à ce que cela se produise en réalité, ouf, hein ? Ce n’est pas systématique, certaines personnes seraient tombées addictes même sans ce phénomène, mais… d’autres pas. Dépend des cas selon moi. Mais sans ça, si je suis la logique, hé bien il y aurait sûrement moins de personnes qui tomberaient addictes par exemple (ou qui « rechuteraient » dès la première reconsommation après une période d’abstinence si l’observateur pense que dès la première reconsommation on est « fichu », etc. Ce ne sont que des exemples, c’est virtuellement applicable à plein d’autres situations tout ça).

Note: les prophéties auto-réalisatrices ont d'ores et déjà fait l'objet de quelques études concernant les PUDs. Bien que critiquables sous certains aspects, elles ont le mérite d'exister!
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3858521/
https://www.semanticscholar.org/paper/T … e68adfffb1
https://www.researchgate.net/publicatio … _reduction
(Recherches menées par Agartha et Plotch)




L’erreur fondamentale d’attribution :


L'erreur fondamentale d'attribution est un biais psychologique qui consiste à accorder une importance disproportionnée aux caractéristiques internes d'un agent (caractère, intentions, émotions, connaissances, opinions) au détriment des facteurs externes et situationnels (faits) dans l'analyse du comportement ou du discours d'une personne dans une situation donnée. À l'inverse, ce biais nous incite à considérer les facteurs externes et situationnels parfois de manière disproportionnée par rapport aux caractéristiques internes quand nous sommes à l'origine de la situation.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Erreur_fo … ttribution

Exemple : Quelqu’un que vous ne connaissez pas arrive en retard à une réunion. Nombreuses seront les personnes à y assister à se dire « oulà cette personne n’a pas l’air super fiable niveau horaires ! » (attribution causale interne : ça vient de la personne) alors que cette personne est en ce moment très stressée par sa vie de couple et son travail, a constaté un dégât des eaux chez elle juste ce matin et a eu une panne de transport en commun xD Il s’agit donc en réalité, sur ce coup, de causes externes : indépendantes de la personne elle-même. Il peut aussi y avoir un mélange des deux parfois. Mais en tout cas, l’attribution causale externe demande plus d’efforts cognitifs que la interne, en tout cas dans notre culture (laquelle influe certains biais, je ne m’étends pas dessus). Donc si on ne connaît pas la personne et qu’on a pas de raison de faire d’effort particulier pour comprendre sa situation, on va attribuer excessivement des attributions causales internes telles que « elle a oublié de mettre son réveil » ou « elle est légère et peu sérieuse » par rapport à la réalité.

Si une PUD devient accro, on dira que c’est soit sa faute soit la drogue qu’elle consomme : elle avait qu’à pas consommer… En oubliant tous les facteurs génétiques et environnementaux qui sont pourtant décisifs à la formation d’une addiction, et indépendants de la volonté de la PUD ou de la drogue incriminées.
Il ne serait alors pas si étonnant que les jugements se fassent plus sévères qu’ils le devraient…

Exemples vécus (par Pierre):
"Quand tu arrives en retard dans une réunion et que le groupe sait que tu est un drogué, on va attribuer le retard au fait que tu te sois trop défoncé la veille.

Pareil quand dans une entreprise, on sait que tu es un drogué et que tu pose un arrêt maladie, ca va etre parce que tu t'es trop défoncé"



L'effet de halo


L’effet de halo est l’un des biais cognitifs les plus connus de la psychologie moderne, et peut s’observer très fréquemment dans la vie quotidienne.
Il consiste en la réalisation d’une généralisation erronée à partir d’une seule caractéristique, ou qualité, d’un objet ou d’une personne. C’est-à-dire que nous réalisons un jugement à partir duquel nous présumons du reste des caractéristiques du sujet évalué.
Cet effet a été découvert, et nommé, par le psychologue Edward L. Thorndike en 1920, à partir d’une étude au sein de l’armée, durant laquelle il a pu observer que les officiers attribuaient des caractéristiques positives à leurs supérieurs, une fois qu’ils avaient découvert une qualité positive chez eux.
À, l’inverse, ils ne voyaient plus que des éléments négatifs dans leur personnalité à partir du moment où ils avaient évalué une qualité négative dans leur comportement.

https://nospensees.fr/quest-ce-que-leffet-de-halo/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_halo

Exemple ? (Attention, j’ai vu cette étude en cours de psychologie sociale mais impossible de remettre la main dessus, je peux donc glisser des erreurs dans mon rapport : )
Donc dans mon souvenir : ils ont habillé certains gamins à l’école soit en vêtements abîmés soit neufs, en les sélectionnant bien précisément. Les profs, sincèrement bienveillants, se disent (et se croient) impartiaux et ne pas faire de favoritisme. L’étude montre qu’en fait, ils favorisent les enfants mieux habillés, ainsi jugés plus intelligents. C’est totalement INCONSCIENT pas la volonté des profs hein !! Mais du coup en percevant les élèves mieux habillés comme ayant d’autres qualités, les notes qu’ils leur attribuent sont plus hautes : ils sont plus indulgents sans le savoir car les résultats leurs semblent contre toute logique, meilleurs.

Donc l’effet de halo, c’est que : certains traits d’un individu que l’on perçoit débordent sur d’autres : quelqu’un de vu comme intelligent va être plus facilement perçu avec d’autres qualités, quelqu’un de « moche » avec d’autres défauts… Pas forcément existants, ou en tout cas pas aussi saillants qu’ils vont nous apparaître !


Alors si vous prenez un-e drogué-e… Avec tous ses stigmates… Indépendamment des effets éventuellement objectivement neurotoxiques, les « drogués » sont donc potentiellement je pense, perçus comme moins intelligents, plus enclins à des larcins, menteurs manipulateurs voleurs, peut-être même dangereux. Avec l’effet de halo, je vous laisse imaginer tous les défauts intrinsèques que l’on peut nous attribuer à tord par dessus…

Et il n’y a plus qu’à ce que les prophéties auto-réalisatrices opèrent ! Et là, le serpent se mord la queue (voir paragraphe suivant, un des derniers promis wink et surtout celui qui lie tout).



Et la finale donc, les conséquences de tout ça :


La justification du système (et le serpent qui se mord la queue)


Ici il s’agit d’une hypothèse, mais qui tient suffisamment la route pour qu’on nous l’ai faite étudier en psychologie sociale.
Elle est néanmoins moins documentée, et est un peu plus complexe à comprendre que les autres je trouve, mais avec elle, le cercle vicieux est bouclé.

http://www.psychomedia.qc.ca/lexique/de … du-systeme

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9o … st%C3%A8me

Comment dire… Si je me souviens suffisamment bien, en fait… Bon, je vais directement commencer par un exemple ce sera plus parlant : Vous avez moins de femmes, statistiquement, qui vont en fac de sciences ou d’informatique que les hommes. Il s’agit d’un fait objectif, observable et observé. Reste à savoir pourquoi ? Hé bien, la plupart des gens semble penser que c’est parce que les femmes sont moins bonnes en maths que les hommes. Il est donc normal, naturel de voir moins de femmes dans ces disciplines que les hommes.

Vrai ? Pas d’après ce paradygme. En effet cette pseudo-logique communément admise fait appel à tout ce qu’on vient de voir jusque là :
- L’erreur fondamentale d’attribution fait observer une attribution causale interne à outrance : c’est de la « faute » des femmes, et non de facteurs extérieurs.
- La menace du stéréotype et les prophéties auto-réalisatrices : ce sont ELLES qui provoquent en réalité cette moins bonne performance globale en maths (cause réelle externe = environnementale, indépendante de la volonté des femmes), ni plus ni moins, ça a été prouvé et répliqué.
- L'effet de halo va faire que les profs vont potentiellement attribuer des notes plus dures aux femmes en sciences mathématiques, et être moins enclins à les aider puisque de toute façon "leur niveau est tout à fait suffisant pour une femme" (encore une fois inconsciemment !!! Même avec toutes les bonnes intentions du monde, et dépend des profs en fonction de s'ils ont l'effet de halo ou pas mais c'est une tendance globale) => c'est donc aussi LUI qui produit et perpétue le problème.
- Le biais de confirmation d’hypothèse soutient encore et toujours plus ce postulat du « les femmes sont moins bonnes dans ces matières » et vient nourrir activement le préjugé.
- L’ Argumentum ad populum tend à entériner, conjointement au biais de confirmation, la prétendue « véracité » de ces faits car il s’agit d’une croyance partagée par une majorité d’individus, qui font alors office de figure d’autorité et d'apparente mais trompeuse fiabilité.

Mais pour les gens, ba le système actuel fonctionne : il y a moins de femmes qui sont en sciences parce qu’elles ont moins de facilités dedans. Hors d’après ce paradigme, c’est parce qu’elles oseraient moins que les hommes à y aller, du coup. A cause du stéréotype lui-même ! Mais le système va bien, il semble fonctionner en apparence. Donc c’est NORMAL que les femmes soient moins présentes en sciences. NORMAL que les PUDs soient plus à la rue (ce qui n’est pas forcément vrai en plus mais est aussi un préjugé^^ ). NORMAL que ces mêmes PUDs finissent en hôpital psy ou en prison.
Et la boucle est bouclée. Si c’est normal, pourquoi changer ? Il s’en créer une inertie des mentalités et comportements assez lourde et difficile à faire bouger, cela peut expliquer en partie certaines choses… Les gens ne réfléchissent pas et ne s’y mettent globalement que lentement, c’est inutile… car tout est en ordre…

Voilà j’espère que j’explique correctement et surtout de façon à peu près complète ce dernier, ça remonte hmm



Bonus stage (ou plutôt malus pour nous) :



La croyance en un monde juste.


Croyance selon laquelle l'individu obtient ce qu'il mérite et mérite ce qu'il obtient, dont le concept a été théorisé par Melvin J. Lerner en 1977 3. Attribuer les échecs aux causes dispositionnelles plutôt qu'aux causes situationnelles (qui ne peuvent être ni changées, ni contrôlées) satisfait notre croyance en un monde juste où nous avons le contrôle de notre existence. Ceci réduit notre perception des menaces4,5, nous donne un sentiment de sécurité et nous aide à trouver un sens aux circonstances difficiles et perturbantes6.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Croyance_ … onde_juste
https://fr.wikipedia.org/wiki/Erreur_fo … ttribution

Méritocratie powaaaa
Elle rejoint pas mal la justification du système dans l’idée.
Si vous faites partie des plus courageux-ses et intéressé-e-s par ce sujet, voici une vidéo que je trouve très claire à ce sujet, très bien faite :
https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=aYP7WXhQQFY
 

Exemple pour les PUDs (par Pierre): "Si les PUD deviennent addict, c'est qu'ils le méritent. Quand tu veux, tu peux !"



Et maintenant, que fait-on de tout ça ?


Encore une fois, la liste est non exhaustive !
Notons que nous parlons là de phénomènes souvent inconscients.
Si on en prend conscience, on est toujours sous leur emprise attention ! MAIS c'est le point de départ, la première pièce pour prendre du recul dessus. Se dire par exemple pour la menace du stéréotype « stop. Pourquoi je fais ça ? Est-ce que ça vient valider un stéréotype ambiant ? » Ou pour le biais de confirmation : « stop. Qu’est-ce qui m’amène à penser ça ? Est-ce que ça vient valider une de mes convictions ? ».
Travailler sur des biais requière une véritable ouverture d’esprit et des efforts ! En effet le cerveau aura souvent tendance à revenir à son mode « par défaut » si on ne fait pas attention. Donc changer les mentalités est la première étape. Ensuite on peut enjoindre les personnes à travailler sur elles à ce niveau, éventuellement. Mais vous, lecteurices et acteurices de PA, pouvez d’ores et déjà prendre conscience de ces phénomènes et apprendre à vous en méfier, puis les désamorcer smile


Je vous encourage donc fortement à prendre conscience de ces biais dans votre vie, vos pensées, vos agissements, et ceux des autres. Surtout en ce qui concerne les PUDs, puisque hey, c’est bien de nous dont nous parlons sur ce forum. Mais c’est, de mon avis, potentiellement applicable à pas mal d’autres sujets.
Apprenez à vous défendre.
Apprenez à reconnaitre les situations où ces biais pourraient éventuellement être à l’œuvre, prenez du recul dessus (sans leur faire porter tout le chapeau non plus hein ! Ce n’est pas parce qu’on se défait de ces biais que l’on se défait des risques de tomber addicts ou autres, mais disons que les probabilités qu’ils se voient artificiellement confirmés peuvent être limitées, et c’est déjà très puissant). Parlez-en autour de vous si vous vous sentez de le faire.
Et à bas les préjugés !! è___é /

Et pour ce qui est de la prophétie auto-réalisatrice par exemple, tout un travail est en train de se faire (feat Agartha, Plotch...) et on pense (apparemment des chercheurs aussi^^) qu'instaurer une vision plus positive de l'usage des drogues, ou en tout cas moins diabolisée, pourrait contribuer à maximiser les effets positifs et limiter une partie des effets secondaires et les risques. C'est aussi pour ça qu'on insiste sur les bénéfices liés à l'usage de produits ces derniers temps. Amha l'idée n'est pas de tomber dans l'extrême inverse, mais d'équilibrer nos représentations de l'usage de drogues.


Pour toute question je reste disponible dans la limite de mes propres connaissances smile N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce mini-cours de comptoir hihi, et si vous pensez qu’avec de l’entrainement, peut-être je l’espère, il pourrait vous être utile ?

J'ai conscience que cet article était dense, si vous êtes arrivé-e jusque là félicitations (oui, même si vous avez sauté des paragraphes : je vous vois ! tongue mais c'est pas grave wink ), cela montre une véritable curiosité et engagement de votre part ! Nous tenterons de créer un résumé plus digeste mais du coup moins complet, à l'avenir mais là comme nous le constations en réunion d'équipe je suis crevée, ça fait plusieurs mois que je suis sur ce texte... Besoin d'une pause !

Excellente année 2023 à toustes, l’année je l’espère de l’éveil des consciences et de la rébellion contre les discriminations dont on nous affuble !


Morning ~
Avec le soutien du reste de l’équipe

Reputation de ce commentaire
 
Sujet très important, que tout le monde devrait aborder ne serait-ce qu’une fois
 
Vulgarisation efficace.
 
Beau travail: échec scolaire
 
Ce boulot de fou !!! CS
 
Texte mis dans les morceaux choisis de Psychoactif. (pierre)
 
Très beau travail, génial qu’il est pris de son temps pour un sujet comme celui



Commentaires
Félicitation pour ce travail. J’avais déjà entendu parler de certains de ces biais mais comme tu le dis toi-même, ce n’est pas parce qu’on sait qu’ils existent et comment ils fonctionnent, qu’on n’en sera pas victime soi-même.

D’ailleurs il me semble plus facile de repérer un biais cognitif chez autrui que chez soi-même, en commettant là, si je ne raconte pas de bêtise, une erreur fondamentale d’attribution : on accorde plus d’importance à ces biais, quand il s’agit de juger nos interactions sociales, dans ce qui est extérieur (les autres), plutôt qu’intérieur (soi).

C’est fascinant la psychologie. Encore merci pour ce « cours de comptoir » smile


Bonjour,
Sur ce sujet on peut lirez le pavé de Kahneman, Sibony (un français) et Sunstein

Kahneman a reçu le prix Nobel d'economie pour l'invention du systeme 1/ systeme 2. Le systeme 1 etant le mode "rapide" cité par MG  (c'est  LE systeme des biais, celui qu'on adopte quand on ne reflechit pas) . alors que le mode 2 est celui de la reflexion. Les deux sont utiles. Quand on conduit il faut reagir vite et c'est le systeme 1 qui est utilisé. De même dans beaucoup de situations de la vie courante. Mais il ne faut pas en abuser et il faut savoir recourir à la reflexion pour "corriger le tir" (systeme 2). Souvent ce passage est initié par la dissonance cognitive. Quand les "resultats" ne correspondent pas aux attentes on peut rester dans le systeme 1 et s'obstiner dans l'erreur ou prendre le temps de reflechir.
Pour lutter contre les biais il est donc bon de creer une dissonance cognitive , de mettre en évidence  le caractère fallacieux des biais.
C'est la methode Socratique qui demandait aux personnes leur avis et qui leur montrait les contradictions que cela entrainait. Sa devise était "Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien". Si les gens qui jugent les "toxicos" et les autres catégories victimes de stigmatisation reconnaissaient qu'ils ne connaissent pas le probleme, ce serait un progrès certain !
https://livre.fnac.com/a16151061/Daniel-Kahneman-Noise

Amicalement


https://www.cairn.info/magazine-cerveau … ge-93b.htm

Refugee roulette », la roulette des réfugiés : c’est le titre d’une étude américaine ayant montré que parmi les juges décidant d’admettre ou non un demandeur d’asile, l’un acceptait dans 5 % des cas et un autre dans 88 % des cas. Et c’est loin d’être le seul domaine où des décisions majeures et supposément objectives présentent une variabilité stupéfiante : les ressources humaines, la justice, la médecine, la police scientifique… pas un secteur qui n’y soit soumis. C’est à cette variabilité indésirable, ce « bruit » dans les jugements, que s’attaque ici Daniel Kahneman, Prix Nobel pour ses travaux pionniers sur les facteurs psychologiques intervenant dans les comportements économiques, avec Olivier Sibony, spécialiste de la prise de décision à HEC Paris, et Cass Sunstein, professeur à Harvard.

2
Par opposition aux biais, comme les préjugés raciaux ou sexistes, qui faussent les jugements toujours dans le même sens, le bruit est aléatoire. Les auteurs nous expliquent ses origines, notamment psychologiques, son ampleur et surtout les façons de le réduire. Il s’agit d’un moyen privilégié pour diminuer les erreurs, car le bruit, non content de provoquer une variabilité inacceptable, rend nombre de nos jugements peu pertinents. Les bénéfices seraient multiples : économiques et sanitaires, mais aussi éthiques et « politiques », avec une amélioration de la confiance dans toutes sortes d’organisations clés – médicales, judiciaires, industrielles…

3
Ce livre est d’autant plus important que le problème est largement sous-estimé. Dans une étude sur les primes d’assurance proposées par les professionnels, les auteurs ont observé que la plupart des gens s’attendaient à une variabilité d’environ 10 % autour de la moyenne, alors qu’elle était en réalité cinq fois supérieure ! Cette sous-estimation, doublée d’un certain fatalisme (« c’est normal que les décisions humaines varient »), a conduit à un manque d’études sur le sujet. Dans ce contexte, cet ouvrage non seulement donne des outils immédiatement exploitables (comme des conseils pour réaliser un « audit de bruit » dans son organisation), mais ouvre en plus un passionnant champ de recherche pour les années à venir.

https://www.hec.edu/fr/news-room/noise- … t-du-bruit

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Merci pour ta contribution ! ^_^ ~


AmyW a écrit

Félicitation pour ce travail. J’avais déjà entendu parler de certains de ces biais mais comme tu le dis toi-même, ce n’est pas parce qu’on sait qu’ils existent et comment ils fonctionnent, qu’on n’en sera pas victime soi-même.

D’ailleurs il me semble plus facile de repérer un biais cognitif chez autrui que chez soi-même, en commettant là, si je ne raconte pas de bêtise, une erreur fondamentale d’attribution : on accorde plus d’importance à ces biais, quand il s’agit de juger nos interactions sociales, dans ce qui est extérieur (les autres), plutôt qu’intérieur (soi).

C’est fascinant la psychologie. Encore merci pour ce « cours de comptoir » smile

Je n'en suis pas certaine, c'est possible en fait mais j'ai un peu de mal à évaluer le truc.

En fait plus tu vas avoir quelqu'un de proche de toi (le plus proche étant toi-même, puis un ami ou ta famille, et le plus loin étant un parfait inconnu), moins tu vas être sujet à l'erreur fondamentale d'attribution car plus tu seras enclin à faire automatiquement des efforts pour te dire "mais non il a dû lui arriver quelque chose, certes il est souvent en retard mais il a peut-être des problèmes en ce moment dans sa vie" (attribution causale externe : ce n'est pas sa faute, mais la faute de ses potentiels problèmes actuels). Avec un parfait inconnu ba c'est que "il est en retard et ça veut dire qu'il est paresseux, point" (attribution causale interne: c'est de sa faute, c'est une caractéristique intrinsèque à cette personne que d'être en retard) plus facilement.

Je pense que le fait de plus facilement repérer les biais chez les autres (si c'est effectivement le cas mais c'est tout à fait possible), peut éventuellement venir du fait qu'on a plus de recul sur eux qu'eux-mêmes. Je ne sais pas^^


Et de rien en tout cas ^_^/ Ça fait plaiz que ça parle à quelqu'un !!


Bravo pour ton travail MG! Merci pour ces rappels sur les biais en tous genre qui nous entourent:))


Wow une vrai mine d informations
G pas eu le courage d aller jusqu'au bout mais c était très intéressant


Johnny a écrit

Wow une vrai mine d informations
G pas eu le courage d aller jusqu'au bout mais c était très intéressant

Yes merci haha c'est honnête^^

Effectivement on s'est dit qu'un truc plus condensé et succinct serait bénéfique pour apporter ces connaissances vraiment au maximum de personnes, pas uniquement à celles qui seraient prêtes à suivre un "COURS" accéléré et rudimentaire certes, mais un "cours" de psychologie quand même.

Moi j'étais même tiraillée parce que, pour être franche, les biais cognitifs en vrai, si on veut faire le tour de ceux qui nous sont à ce jour connus, ça ressemble à ça :

/forum/uploads/images/1674/the_cognitive_bias_codex_-_180_biases_designed_.png
(Cliquez pour afficher. Non mais, cliquez, vraiment, et puis zoomez, sinon vous z'allez rien voir x) )


Alors tous ne nous sont pas obligatoirement défavorables, et sur tous les défavorables tous ne s'appliquent peut-être pas aux PUDs. Mais ça montre un peu l'ampleur du truc quoi, ce que j'essaye de vous transmettre ce ne sont pas des ingrédients pour faire une tarte aux pommes (ou aux fraises... Moi je préfère le citron), c'est une liste beaucouuuup pluuuuuuuuuuuuuus loooooooooooooooooooooooooooongue, et faut décrire. Chacun. Des. Ingrédients.

Donc je vous ai servi les plus célèbres, les plus marquants, probablement les plus importants, ceux sur lesquels on a vraiment appuyé à la fac, quoi.

Tu comprendras maintenant que faire le résumé d'un résumé, c'est pas facile tongue Mais ce serait bénéfique qu'on s'y attelle ouaip, peut-être...

En tout cas n'hésite vraiment pas à revenir sur cette page quand même par petits bouts tu vois, pas besoin de tout digérer d'un bloc! Tu peux le lire petit à petit. On pense dans l'équipe que ce serait vraiment bénéfique à la communauté qu'elle aie conscience de cette petite sélection de biais.


Bonjour,
Vous avez une idée d'où je peux trouver le poster en grand et en français ??
Merci !


C'est impressionnant tous les biais qui peuvent exister.. le cerveau humain est telllement complexe. Merci


Super publication MG bravo bravo bravo
Très intéressant !
Hâte qu on poursuive ensemble sur ce chemin: mieux comprendre dans quoi nous sommes pris en tant que PUD, et se mettre en action collective contre stéréotypes et stigmatisation que certains nous assignent!

Encore bravo, j'ai trouvé tout cela très clair même si touffu wink


#10
pierre
Web-Administrateur
24 janvier 2023 à  20:37
Bravo MG !
Encore un sacré texte qui nous permet d’avancer.

Et oui ça serait bien de faire une version courte (-:
Pierre


01asleept a écrit

C'est impressionnant tous les biais qui peuvent exister.. le cerveau humain est telllement complexe. Merci

Et le fait qu’on ne puisse utiliser que ce cerveau pour essayer de comprendre comment il fonctionne, je trouve ça plutôt vertigineux. Est-ce seulement possible ?


The Karlouchist a écrit

Bonjour,
Vous avez une idée d'où je peux trouver le poster en grand et en français ??
Merci !

Ba il est en grand^^Suffit de cliquer...
En français par contre là j'ai pas >_>



C'est trop cool de voir des personnes s'emparer du sujet, le visualiser le comprendre et poser des réflexions dessus smile

AmyW a écrit

01asleept a écrit

C'est impressionnant tous les biais qui peuvent exister.. le cerveau humain est telllement complexe. Merci

Et le fait qu’on ne puisse utiliser que ce cerveau pour essayer de comprendre comment il fonctionne, je trouve ça plutôt vertigineux. Est-ce seulement possible ?

On a un cerveau qui nous permet heureusement, en s'y mettant à plusieurs, de monter des expériences standardisées aux variables parasites contrôlées (souvent en randomisation en double-aveugle par exemple, et la randomisation en crossover arrive doucement (un peu trop à mon goût^^)). Bref, des outils mis en place pour tenter de comprendre comment on fonctionne le plus précisément possible.
Après je pense qu'il faut rester réalistes: on aura jamais une vision totalement objective et parfaite de notre monde, et encore moins de l'objet le plus complexe de l'univers connu: le cerveau humain smile Mais on peut s'en faire des représentations qui s'en rapprochent le plus possible, toujours plus affinées à mesure que les techniques et outils évoluent, pour nous permettre de les appréhender au mieux!


Et ça rejoint un de mes dadas, les systemes complexes. 
Le cerveau peut etre exploré mais la neurobiologie n'expliquera jamais Mozart ! Les systèmes complexes ont des "propriétés émergentes" qui n'ont rien à voir avec leurs composants, ici les neurones.
Amicalement


Salut les psychos,

Pour compléter le super poste de MG, quelques chaines Youtube qui sont à mon sens une base indispensable pour justement éviter ces biais, et les erreurs de raisonnement en général :

Hygiène mentale : : chaine ludique, vidéos d'environ 10-20 min en moyenne, qui apportent les bases. Et d'autres un peu moins "basique"

Quelques exemples :

"Raisonner correctement"
:


https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=1c1jZQ9Bkq0
 



"L'ouverture d'esprit et ses limites"
:

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=wtJwVZGuiOY
 

"Les arguments fallacieux" :

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=R9McgUw6kso
 

La chaine Horizon-gull, dont MG a mis un exemple en vidéo. Des vidéos plus longues qui s'attachent souvent spécifiquement à un biais en particulier et développe le mécanisme à son origine et comment s'en prémunir. Ou dénonce des techniques de manipulation utilisant sciemment certains biais. Vidéo durant entre 20 et 40 minutes en moyenne

Par exemple :

"La technique du Leurre et du "Low-ball" "

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=f84BRhjH2KM
 

"Comment vous manipule t-on par le Non"
:

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=GVFA1V_Yh8s
 

Enfin, la chaine de Defekator, plus basée sur du débunkage de croyances ou théories farfelues. Mais qui dit débunkage, dit analyse de biais et d'erreurs de raisonnement.
Vidéo plus longues, 35 min -1h, mais plutôt ludique et marrantes, donc ça passe très bien smile

Par exemple :

"La Terre est plate. C'est toi, t'es rond."

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=krxrKM1JwDg
 

"Ne pas se laisser intoxiquer" :

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=HxPcKayB07w
 

"Social Brouillard (comment les réseaux sociaux nous embrouillent)"
:

https://www.youtube-nocookie.com/watch?v=DmO_yisKBRo
 

Voila voila, y en a d'autres, mais vous avez deja de quoi occuper vos soirées un moment rien qu'avec ces trois chaines smile

drogue-peace
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Ah oui, merveilleux conseils ! (My)
 
Une vidéo de ce post a été selectionnée pour être mise en valeur sur la page d'accueil. (filousky)


Bonjour, j'ai entendu recemment Mr Alvarez , pharmacologue, qui est très opposé à la légalisation du cannabis. (opposé à Mr Benyiamina du Flyer qui etait pour).
C'est l'exemple même des biais cognitifs les plus courants.
Il a commencé par "je ne vois pas comment la légalisation du cannabis pourrait ameliorer la situation".
Il ne se rend pas compte que le problème n'est pas de savoir si la légalisation pouvait améliorer la situation (ce qui est largement prouvé dans les pays qui l'ont fait, ou du moins ça ne l'a pas aggravé) mais de savoir s'il est capable de le comprendre (ce qui n'est pas le cas). Biais de "ce que je pense est forcément vrai".(Biais de voir les défauts du raisonnement des autres mais pas les siens)

Il poursuit aussi par le biais de confirmation. Notamment il cite une étude du JAMA qui ne trouve pas d'effet thérapeutique au cannabis, en oubliant toutes celles qui ne vont pas dans son sens. Sans se rendre compte que c'est precisément l'interdiction qui empêche les études scientifiques, positives ou négatives.
Enfin biais de généralisation. Il cite ses 4 fils à qui il a dit de ne pas fumer et ça a marché. Il pense que ça doit se passer comme ça dans la société pour les 60 millions de français. Et, par ailleurs, il étend ses constatations en laboratoire à la situation clinique.
Enfin biais de scotomisation. Il refuse de voir les degats individuels de la repression (prison, racisme etc..). Il est vrai que ne pas voir des vrais patients aide à ce biais.

Dans le livre Noise ils parlent du probleme des juges américains qui ont une très grande variabilité des condamnations à situation comparable (117 jours à 20 ans de prison, par exemple).
Un juge courageux (le juge Frankel) avait imposé des mesures de restriction de la variabilité mais ça n'a pas tenu. Car les juges s'y sont opposés en disant "c'est vrai qu'il y a une variabilité, parfois irrationnelle, mais c'est les autres parce que MOI mes décisions sont pleinement justifiées et rationnelles".
Dans le même genre

https://www.legipermis.com/blog/2020/07 … e-vitesse/

Le problème c’est les autres

Une constante en matière d’analyse du comportement sur la route, c’est que le problème est souvent l’apanage des autres. 96% des conducteurs français citent au moins un adjectif positif pour se décrire au volant, ils sont 89% à citer au moins un adjectif négatif pour décrire le comportement des autres. Une réflexion souvent évoquée dans les stages de récupération de points (stages de sensibilisation à la sécurité routière) que la réalisatrice Coline Serreau avait déjà souligné dans son film “Tout est permis” en 2016.

Amicalement

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