Salut Amazon,
Ce fil m'a pas mal tourné dans la tête avant que je me décide à y répondre.
Consommation en étant mineure ? Oui. Whisky.
Plutôt classique.
Mais c'est le cadre qui est un peu atypique et qui fait qu'aujourd'hui encore (30 ans plus tard), je ne sais toujours pas quoi en penser :
Un adulte de mon cercle familial proche, qui adorait décortiquer les mécanismes sociaux et politiques.
Il avait l'habitude de me proposer de me poser avec lui et de lancer un morceau de musique puis de l'arrêter et de lier le morceau ou le musicien à un courant politique ou social, parler du contexte, de l'histoire. (J'ai découvert les guerres de religions en Irlande la première fois qu'il m'a fait écouter "J'ai voulu planter un oranger" de Renaud)
Bref, à partir de mes treize ou quatorze ans, il me servait toujours un verre de whisky. Sec. Bien remplis (pas juste un fond). Et me posais plus de questions sur les sujets dont on parlait, le demandais mon avis, me demandait de justifier, me poussait à lui poser plus de questions.
Je comprenais pas pourquoi.
Au bout de quelques semaines (quelques semaines, quand même. Pas le premier jour, ni la première semaine), il m'a expliqué pourquoi.
Selon lui, c'était pour me forcer à rester concentré, "présente", capable d'écouter et de répondre même sous
alcool.
Je me souviens plus de ses mots exacts, mais l'idée grosso modo c'était "tu verras, les mecs aiment bien faire picoler les filles pour baiser. Si tu tiens l'
alcool mieux qu'eux, ils pourront jamais te faire ce coup là, c'est toi qui les couchera"
Rappel : on était au début des années 90, à cette époque.
Aujourd'hui encore, je ne sais pas quoi penser de cette histoire.
D'un point de vue moral objectif, c'était une aberration.
Mais d'un point de vue subjectif, je dois avouer qu'il avait raison et qu'avoir une sacrée résistance à l'
alcool m'a éviter pas mal de problèmes dans les années suivantes.
(Et un respect tordu de la part de certains profils spéciaux)
Voilà, c'est tout ce que je peux dire sur le thème "consommation en étant mineur", en me basant sur mon expérience.