Salut,
Avant tout je précise que je suis sur le fil puisque j'ai 18 ans, bientôt 19 - majeur sur le papier mais pas vraiment adulte...
Pour moi ça s'est déroulé en plusieurs phases.
De mémoire j'ai toujours eu une forme de fascination pour la drogue, je regardais des films "gamin" (12/13 ans) où ils tiraient des poutres de C irréaliste et je ne peux pas l'expliquer mais ça m'attirait pourtant mon entourage ne consommait pas (bobos) : les états modifiés, la puissance des stims, l'idée de flotter dans des "paradis artificiels...".
PRÉADOLESCENCEIl y a eu des expériences "mineures" :
Première
cigarette à 9 ans
Première cuite à la liqueur puis piquette à 12/13 ans...
J'ai grandi à la campagne, on était une bande de potes : ça tapait dans les clopes des parents ou dans la cave des grands parents.
Mon premier vrai step c'était à 13 ans : le premier achat d'un paquet de
cigarette seul - le buraliste était très très peu regardant

Ce n'était "que" la
cigarette mais ça marque la conso seule, la première addiction, la première prise d'action individuelle.
Le collège quelques
joints mais j'aimais pas ça, bcp de cuites (régulières) à partir de 14, 15 ans - toujours entre potes bien-sûr mais tout les we de vacances/longs...
ADOLESCENCEA la fin du collège, été de la 3ème (15 piges) - bcp de mines à l'
alcool fort - entre potes
Pas de conso autre que
alcool et clope même si on pouvait s'enfiler des cubis à 3/4 à l'ombre d'un arbre au bord de la rivière "c'est la campagne". - Mes parents en savaient rien, je retrait clean où je dormais chez mes potes, c'était les vacances, on était très libres.
Jusqu'ici juste de l'exploration basique à plusieurs, à tester ses limites, à "faire les grands" LA BRECHEJuste après mon entrée en 2nd j'ai eu un accident important - j'avais 16 ans.
J'ai d'abord été mis sous
Tramadol, je savais pas que c'était récréatif mais j'en ai eu 8 bonnes semaines et j'aimais bien en prendre et forcer un peu - Les médecins ne m'avaient pas prévenus et mes parents connaissaient pas.
Au bout de 6 semaines : problème, ça a bougé, on a merdé, on m'opère.
J'ai été opéré à des endroits douloureux (ostéosynthèse par plaques et fixateurs), greffe de la crête héliaque (très douloureux)...
Et là :
Morphine,
Tramadol,
Lamaline pendant près de 7 mois.
Je ne supportait pas la
Lamaline et l'acupan donc
Morphine 1 mois et
Tramadol les 6 suivants (LP 200, LP 150, LP 100, LI 50) et j'avais bien compris le potentiel récréatif.
J'ai pas trop pu abuser mais la brèche était ouverte. Quand je suis rentré à la maison avec mes boites je les ait conservées précieusement en m'en faisant re-prescrire pour explorer ce potentiel.
Je ne suis pas tombé addict mais ça va faire 3 ans que je me fais régulièrement des prises récréatives au début 1-2x par an et cette année 3 ou 4x.
Pour moi ici la brèche était surtout médicale : pas d'explication de la part des médecins au départ mais de toute façon j'avais mal le Doliprane c'était pas suffisant.
Çe n'était pas une période addictive en soi mais de découverte des médicaments comme échappatoire/récréatifs. Et surtout lequels : les opïoides ! (+ acquisition du vocabulaire médical pour justifier des re prescription par la suite).
LE TOURNANTFin du lycée, problèmes en cascades (familiaux, perso, + ou - PTSD de l'accident...) = anxiété généralisée = benzos.
J'y suis allé tout seul : ça me détend, ça me désihinibe (mauvais
speed) j'en gobe autant que je peux - j'ai déjà raconté l'histoire ; j'étais ma propre mauvaise fréquentation.
Puis sont arrivés courant terminale les drogues dites "dures" :
MDMA,
Kétamine et par la suite
LSD,
Cocaïne,
DXM.
J'ai été initié à la
MD et la K par des amis de lycée qui tapaient parce que ça me fascinait que se soit les montées extraordinaires décrites ou les vilaines
descentes - mes amis le romantisaient, je le romantisait, je l'idéalisait (bêtement peut-être) et j'avais l'habitude de gober des tramas, des xan...
Quand je consommait je voulais à la
base "tester" puis juste "partir" - me "fucked up/défoncer vrmt".
J'ai donc été initié par des gens mais on avait tous entre 17 et 19 ans (adultes/ados/préadultes...) même délire/tranche d'âge (2005/6/7).
La
RDR moyenne mais 1 pote était expérimentée, elle consommait depuis jeune (14/15 piges). L'été de mes 17ans j'ai bcp tapé dans la
MD genre 8/10 prises dans l'été même à faible dose, certains soirs la K était de mise. Le rapport était globalement dans l'excès, il n'y a pas eu une semaine de sobriété après le 14 juillet je crois. Les
descentes on arrosait de benzos et d'
alcool ou on retapait juste.
Le L et la C pour le coup + des test anecdotiques : j'aime pas la C et le L faut avoir 12h a tuer + Set & Setting.
JE NE REGRETTE PAS CES EXPÉRIENCES - C'est ma vie, c'est comme ça, et pourtant !
J'ai fini mon été lessivé et trop fatigué pour lutter contre une vilaine pneumonie, j'ai raté mon cursus pour lequel j'avais travaillé dur durant mon lycée, je me suis rapproché d'un milieu qui consommait et qui m'a facilité l'accès aux substances, j'ai perdu de vue des proches a qui ça faisait peur ou au contraire qui ont sombré...
Je précise que je n'ai jamais eu de comportements problématiques vis à vis des autres sous substances : les gens qui se sont éloignés c'était par puritanisme.
Mon problème/erreur c'était l'excès, le manque de barrières que je me posais, l'utilisation comme échappatoire, le fait de vouloir rattraper le morceau de ma jeunesse perdu à l'hosto - renier cette période pas si lointaine (l'année dernière) c'est renier toute une partie de ma vie mouvementée. => MON MANQUE DE MATURITÉ SUR CE POINT.
Aujourd'hui je reprends ma vie en main : travail, études, relations sociales mais je n'exclut pas mes consos, je les gère juste au mieux.
Je n'initierai pas un mineur aux dures vu l'impact social et scolaire que ça a eu dans ma vie. J'étais et je suis toujours immature sur ce genre de choses, je n'ai que 18 ans, je ne pense pas avoir un regard "adulte" sur la question même si ça m'a fait grandir.
Ce sont à mon sens des portes que l'on ne referme pas - on peut être sobre mais jamais oublier ses expériences, la tentation revient parfois.
EN REVANCHE NIVEAU RDR ; OUI, SI JE SAIS QU'UN MINEUR DE MON ENTOURAGE CONSOMME OU VA CONSOMMER JE L'INFORME - POURQUOI SE PRIVER DE RDR PARCE QU'ON A 16 ANS ET PAS 18 ?
Trip
Safe & Take Care
Dernière modification par Benzotrip (Hier à 19:58)