Salut à tous, ceci est ma première publication sur Psychoactif, j'ai essayé de partager cette expérience sur Reddit mais les bots ont pas kiffé... Quoi qu'il en soit c'est un plaisir de contribuer à cette plateforme qui m'a tant appris :) Je tiens à préciser que bien que je puisse parler de trucs pas très drôle, je n'encourage personne à avoir des comportements dangereux pour soi ou pour les autres.
Je vais donc partager avec vous une expérience très récente au
LSD qui s'est assez mal passée pour moi, mais dont je pense que l'on peut tirer des leçons intéressantes.
Set&Setting : Je suis avec un ami aux Açores dans le cadre d'un stage, et nous avons ramené du
LSD de France car nous nous sommes dit que le cadre pouvait être parfait pour expérimenter un psychédélique. Il faut savoir que j'en avais déjà pris une fois, et mon ami jamais. Nous sommes dans une maison un peu paumée au milieu de la forêt, le cadre et le contexte sont super, le temps est bon et l'ambiance est très très très détente. Nous avons eu un premier trip au début de notre stage qui s'était merveilleusement bien passé, pendant lequel nous avons passé le temps dans une carrière désaffectée en bord de falaise (magnifique). Le
LSD que nous avons pris est dosé à 250µg par carton, mais un quart de carton est amplement suffisant pour nous envoyer assez loin. Pour notre second trip nous avons donc décidé de prendre un peu plus qu'un quart (2 sixièmes de carton chacun), en ayant la certitude que tout se passerait bien vu comment il n'y avait strictement eut aucun problème durant le premier trip. Je vous précise d'avance que mon ami a plutôt bien vécu son trip, et que tout ce que je décrirai donc ne concernera que mon expérience.
Alors pour cette fois-ci nous avions décidé de nous balader un peu plus et ne pas rester dans la carrière abandonnée, donc nous nous étions planifié un itinéraire à l'avance en longeant la côte (village -> carrière -> ruine de maison). On a donc commencé le trip en allant dans un petit village côtier dans lequel il y a des balançoires et une vue magnifique sur la mer et les falaises. C'est ici que les premiers signes d'angoisse se sont montrés : j'ai commencé à avoir des symptômes physiques assez désagréables (fébrilité, sueurs froides, nausées, bouffées de chaleur...), mais j'avais aussi la sensation que quelqu'un ou quelque chose avait les yeux fixés sur moi, à environ une centaine de mètres, je n'y ai pas prêté trop attention car tout restait gérable (nous avions pris il y avait à peine une heure et nous étions tout les deux d'accord pour dire qu'on était salement atteints par rapport au premier trip, on avait déjà beaucoup de fractals et des altérations visuelles assez prononcées).
On a alors décidé de se déplacer vers le second point de notre excursion, la carrière. Sur le chemin tout mes symptômes se sont empirés, j'ai dû faire beaucoup de pauses pour reprendre mon souffle et me calmer, et je me suis fait vomir en pensant que ça m'aiderait à aller mieux (c'était bizarre mais ça allait). J'ai aussi dû me mettre torse nu à cause de mes bouffées de chaleur, mais mes bras étaient absolument terrifiants car mes veines étaient complètement déformées et avaient l'air d'être sur le point d'exploser. J'ai pu me calmer en restant allongé contre un cailloux et en essayant de faire un peu le vide en moi.
Une fois arrivés à la carrière tout s'est beaucoup mieux passé pour moi, j'étais complètement calmé et je suis revenu dans un trip tout a fait normal et très agréable. On avait du soleil, de magnifiques cailloux volcaniques, de la bonne musique et des
joints préroulés. Et justement, le fait de me sentir bien m'a mis assez en confiance pour fumer mon
joint, ce qui était une erreur. Avec mon ami on s'est mis à avoir ce que l'on a appelé des "fractales mentaux", et je ne saurais pas quels autres mots employer pour décrire ce phénomène, mais en gros c'est similaire aux fractales visuels, mais avec vos pensées, et ça donne l'impression d'avoir tout compris aux mystères de la vie. Les effets du
joint ont été assez cools dans la carrière, un moment qui s'est avéré très intense pour moi a été de prendre le soleil. Quand il est venu caresser ma peau, ça m'a rempli d'une joie inégalable, j'ai alors soulevé mon tee-shirt et me suis allongé pour faire chauffer mon ventre, j'étais dans une grande extase, et je répétais à mon ami que je faisais de la photosynthèse. Jamais une telle chaleur ne m'avait enveloppée et m'avais rendu aussi heureux, j'avais vraiment l'impression que le soleil insufflait de la vie et du bonheur en moi.
On a passé un super moment, c'était très intense, amusant et coloré. Seulement, est arrivé le moment où nous avons voulu partir vers notre dernière destination, la maison en ruine. On a donc emprunté un chemin d'environ 2Km de long qui passe dans une forêt et qui devait nous emmener à la ruine (on ne l'avait encore jamais emprunté, mais comme on a pas mal gambadé dans l'île et qu'on avait vu une carte des chemins de randonnée, on savait qu'on finirait par rejoindre notre objectif).
C'est là que les choses ont commencées à sérieusement dérailler pour moi. Déjà, il faut savoir que les forêts de côtes aux Açores sont majoritairement composées d'arbres très bas et très denses, ce qui s'est avéré être une IMMENSE source de claustrophobie. En gros, les arbres formaient un tunnel infini où tout se ressemblait, il n'y avait aucun point de repère possibles. En terme de ressenti physique, j'avais l'impression de devoir ramper dans des intestins tortueux à peine assez larges pour mes épaules, dont la surface intérieure aurait été couverte d'aberrations géométriques et colorées, tout mes mouvements et tout mon être étaient contraints et coincés dans cette forêt, j'avais le sentiment d'avoir été avalé et digéré par le monde. Aussi, comme la gravité n'avait plus aucun sens, j'avais le sentiment de tourner en rond dans toutes les directions à la fois, et c'était assez affreux. J'avais la certitude totale que nous étions coincés dans une forme de dimension spacio-temporelle alternative pour le restant de nos jours, qu'on serait condamnés à errer dans ces limbes pour l'éternité, et que la mort en serait la seule issue. Aussi, j'avais l'impression d'avoir pénétré sur le territoire d'une entité plus grande et plus puissante qui avait décidé de nous punir pour avoir franchi la frontière de son terrain. C'était absolument interminable et terrifiant, je me sentais sur le fil de la crise de folie complète, tout mon être se battait pour ne pas tomber en crise d'angoisse, pour ne pas faire de connerie absurde, et surtout pour ne pas me mettre en danger.
A un moment, j'ai été persuadé que mon ami était une incarnation de la créature maléfique dont je parlais plus tôt, et qu'il s'assurait que je le suive pour m'enfoncer au plus profond de la 4ème dimension, afin que je n'en sorte jamais. En faite ma réaction à ce moment là a été d'accepter cette fatalité et de me dire "bon bah puisque je vais mourir, autant que ce soit en suivant cette entité, quelle qu'elle soit", donc je me suis laissé emporté par le mouvement. Je devais faire de très fréquentes pauses à cause de mon coeur qui semblait sur le point d'exploser, et aussi parce que me concentrer sur de petites choses me faisait un peu revenir au réel. En ressenti, j'ai passé 3-4h dans la forêt à être au bord de la crise d'angoisse, mais mon ami m'assure qu'on y a pas passé plus d'une heure (j'ai encore beaucoup de mal à y croire). Durant ce long moment passé dans la forêt, je pense que ce qui m'a permis de ne pas complètement perdre la tête, c'est de ne pas avoir pris de plus haute dose de
LSD ou de
weed, car je sentais que j'étais vraiment à deux doigts du craquage complet et que j'aurais vraiment pu me mettre à faire des choses dangereuses pour me sortir de cette situation.
Bref, nous avions enfin quitté la forêt pour atteindre la côte, et à ce moment là plus rien n'avait de sens, le réel n'avait plus vraiment d'emprise sur moi, tout mon environnement se tordait autour de moi dans des configurations indescriptibles, les arbres, les falaises et la mer étaient à la fois pour moi des murs, un sol et un plafond, et j'avais l'impression que tout mon être avait été intégré au décors qui s'était créé autour de moi, je me sentais libre de la forêt mais toujours prisonnier d'une dimension hostile, et la sensation de grande entité manipulatrice était encore plus forte, mais elle m'inspirait plus de respect que de crainte cette fois. J'ai eut des douleurs articulaires aux poignets, et mon cerveau était persuadé qu'il aurait fallu que je fasse des trucs pas très chouettes avec mes poignets pour faire sortir cette douleur, mais encore une fois j'ai réussi à me contenir.
La fin de trip était bizarre, on est rentrés à la maison et tout s'est progressivement calmé pour moi, je suis resté dans mon lit pour redescendre un peu, et j'ai pu finir la journée en toute sérénité. Ca fait maintenant trois jours que le trip a eut lieu, je sens que j'ai des rêves très agités et intenses qui me réveillent souvent vers 5h du matin, mais je me sens aussi très paisible et tranquille, un peu comme si j'avais la sensation d'avoir gagné un combat contre des parties négatives de moi-même, et ça fait du bien.
Je pense qu'à l'avenir j'essaierait de faire des trips à très faible dose, mais en prenant une direction plus introspective et méditative, car j'ai le sentiment que cette horrible expérience m'a tout de même permis de prendre du recul sur certaines de mes angoisses et m'a ouvert des portes vers des parties de moi-même qui n'attendent qu'à être explorées (avec prudence !).
Je vous laisse tirer les conclusions que vous voudrez à propos de ce trip, mais je vais tout de même faire un petit récapitulatif de ce que j'en ai tiré :
- Faire attention aux efforts physiques
- Ne pas fréquenter de lieu qui ne vous sont pas extrêmement
safe- Favoriser les endroits ouverts, avec une vue dégagée et de la lumière
- Ne pas consommer quoi que ce soit après s'être senti mal, même si ça va très bien
- Ne pas consommer de
weed pendant un trip
- Apprendre à se laisser couler dans l'expérience
Merci pour votre écoute, prenez soin de vous et trippez
safe :)