Bonjour à toutes et à tous,
Je me présente, je m’appelle Cara

J’ai consommé pratiquement tout ce qu’il est possible de consommer pendant plus de 30 ans. J’ai commencé très jeune et les drogues ont occupé une place immense dans ma vie. Je me suis injecté de l’héroïne et de la
cocaïne pendant des années, au point d’abîmer sérieusement mes veines.
J’ai également traversé une longue période durant laquelle je me faisais établir des ordonnances de
Rohypnol et de Burgodin (barbituriques). Pendant près de trois ans, j’en ai obtenu et consommé de manière excessive. Cette période a eu de lourdes conséquences dans ma vie et m’a conduite devant la justice. J’ai été condamnée à cinq ans de prison et j’en ai effectué deux. J’ai également connu plusieurs autres incarcérations plus courtes au cours de mon parcours.
J’ai fait plusieurs séjours en hôpital et en cure pour tenter d’arrêter. Malheureusement, à l’époque, chaque sortie se terminait souvent par une rechute.
Aujourd’hui, cela fait environ six ans que je ne touche plus aux drogues dures, même si j’ai connu quelques écarts avec la
cocaïne. Je suis sous traitement de
méthadone, bromazépam,
Ritaline,
Prozac et
Tercian.
Je voudrais également parler d’un comportement que je n’ose pas toujours évoquer. Mon traitement est officiellement à 100 mg de
méthadone par jour, mais je n’en prends habituellement que 80 mg. J’accumule le reste et, lorsque je récupère mon traitement mensuel, il m’arrive de prendre d’un seul coup la quantité que j’ai mise de côté. Je sais que ce comportement est problématique et potentiellement dangereux, mais je préfère être honnête ici. Ce que je ressens alors est un soulagement psychologique extrêmement important, au point que j’attends parfois ce moment avec impatience. Ensuite, je reprends mon traitement habituel à 80 mg par jour.
Depuis environ deux mois, je n’arrête pas de penser à la
cocaïne, à la
MDMA et aux soirées que j’ai connues autrefois. L’envie de consommer est très présente dans ma tête. Par moments, je me sens vide, et les drogues reviennent immédiatement dans mes pensées. Après plus de 30 ans de consommation, j’ai parfois l’impression que mon cerveau les appellera toujours.
J’ai toujours eu une très forte tolérance aux produits. À l’époque, je pouvais prendre des quantités énormes sans m’effondrer, ce qui me donnait l’illusion d’être invincible. Aujourd’hui, je sais que les années ont passé et qu’une reprise ou un excès pourrait avoir des conséquences très graves. C’est quelque chose qui me fait peur.
Depuis six ans, je partage ma vie avec un homme exceptionnel qui ne consomme pas. Il m’a énormément aidée à sortir de mes addictions. Il est psychanalyste, mais avant tout un compagnon bienveillant, patient et aimant. Il est présent dans les moments difficiles, supporte mes crises, me soutient et m’accepte telle que je suis. Je mesure chaque jour la chance que j’ai de l’avoir rencontré.
Je n’ai plus envie de retourner vivre dans la rue ni de détruire ce que j’ai réussi à reconstruire. Pourtant, les envies sont là, parfois très fortes. Dans mon esprit, les drogues restent associées à une forme de bonheur immédiat et à un soulagement intense, même si je connais parfaitement l’envers du décor.
Je viens ici pour chercher du soutien et échanger avec des personnes qui ont vécu des situations similaires. Est-il possible, après plus de 30 ans de consommation, de ne plus être constamment attirée par les produits ? Comment gérez-vous ce vide, ces envies qui reviennent malgré les années ?
Merci à celles et ceux qui prendront le temps de me lire et de me répondre.
Dernière modification par Thalie (Aujourd'hui à 09:00)