

Dernière modification par Thalie (05 juin 2026 à 09:00)
Hors ligne

Thalie a écrit
Burgodin (barbituriques)
Bonjour et bienvenue Thalie,
Tu as super bien fait de modifier ton post.
Je me permet d'intervenir sur ce détail car j'ai eu à Bruxelles en 1984 une ordonnance de Burgodin par un des toubibs connus pour son aide aux usagers.
Le produit était bien efficace pour éliminer tout signe de manque mais, de retour à Paris, pas de suivi. Il aura fallu attendre 1994 en France pour voir la méthadone distribuée enfin !!
Le Burgodin n'était pas (retiré du marché) un produit barbiturique mais un TSO avec un effet proche de la méthadone mais une durée d'action plus courte et variable selon l'usager. Le produit a été retiré du marché en Belgique.
Cordialement
Fil
Hors ligne

Hors ligne
Thalie a écrit
Est-il possible, après plus de 30 ans de consommation, de ne plus être constamment attirée par les produits ?
Après autant de temps passé en consommant c'est compliqué d'affirmer que les envies disparaitront complétement. C'est un peu devenu le mode par défaut de ton cerveau. Donc des que tu seras dans une situation dans laquelle tu avais l'habitude de consommer alors l'envie risque d'être toujours présentent dans les mêmes contextes. Après on es parfois surpris de la capacité de notre corps a changer donc peut être qu'un jour tout envie disparaitront mais ce me parrait peu probable.
Thalie a écrit
Comment gérez-vous ce vide, ces envies qui reviennent malgré les années ?
Je vais avoir du mal a te conseiller sur ce point, je ne suis pas vraiment dans la même situation mais je penses que d'autres personnes du fofo pourront t'apporter plus d'éléments sur cet aspect.
Par contre ça m'ammène a quelques questions. Est-ce que c'est toi qui a choisi l'abstinence comme mode thérapeutique ? et Pourquoi cette option plutôt qu'une autre ?
Une possibilité pourrait être de reprendre certaines consos dans des contextes contrôler pour éviter d'être hanté par les envies. Je sais que cette option n'est pas adaptée à tout le monde mais si tu penses qu'elle pourrait être bénéfique alors tu pourrais mettre en place un protocole avec ta-on psy et ton compagnon pour te soutenir et prévenir les rechutes.
Courage à toi
A+
Hors ligne






Myna
Dernière modification par Mynight (05 juin 2026 à 18:22)
Hors ligne

,En ligne

En ligne

Thalie a écrit
Je voudrais également parler d’un comportement que je n’ose pas toujours évoquer. Mon traitement est officiellement à 100 mg de méthadone par jour, mais je n’en prends habituellement que 80 mg. J’accumule le reste et, lorsque je récupère mon traitement mensuel, il m’arrive de prendre d’un seul coup la quantité que j’ai mise de côté. Je sais que ce comportement est problématique et potentiellement dangereux, mais je préfère être honnête ici. Ce que je ressens alors est un soulagement psychologique extrêmement important, au point que j’attends parfois ce moment avec impatience. Ensuite, je reprends mon traitement habituel à 80 mg par jour.
Salut Thalie,
Et bienvenue sur PA.
Je ne peux pas répondre à ton interrogation car j'ai pour ma part renoncé à l'abstinence après plus de 10 ans.
J'ai de la chance d'être aujourd'hui dans un contexte favorable et stable, et "Personne Usagère de Drogues" fait définitivement partie de mon identité. Je l'ai accepté et je commence même à le revendiquer.
Aujourd'hui je suis en chemin pour parvenir à une consommation qui reste occasionnelle, soutenue notamment par mon conjoint qui était complètement étranger à ce monde jusque là.
C'est pas facile tous les jours et je me prends encore les pieds dans le tapis, mais au moins je ne sens plus cet espèce de vide que je ressentais avant.
J'espère que je vais y arriver. On verra
Donc je ne sais pas si après 30 ans de consommation on peut "ne plus y penser", genre jamais. Mais le cerveau est tellement étonnant...
Je voulais surtout te répondre sur l'aspect "méthadone", pour te dire que je ne trouve pas que ce que tu fais est problématique.
J'ai un plus petit dosage que toi, mais comme toi "j'économise" quelques jours quand je peux, pour pouvoir consommer plus le temps d'une journée. Et comme toi cela m'apporte soulagement.
C'est mon kif à moi puisque je ne consomme plus du tout d'opiacés.
Ce serait "problématique" pour toi si tu n'étais pas stabilisée, mais en dehors de ce petit kif tu suis ton traitement, tu n'as pas de chevauchements d'ordonnance.... Alors où est le problème?
Je vois ça comme une petite soupape de sécurité qui évite les craquages... Et toi, comment vois tu ça et pourquoi estimes-tu que cela est problématique?
Tu "économises" combien exactement par mois? Et tu consommes tout d'un coup?
Il te faut combien pour ressentir ce soulagement dont tu parles?
Je te demande ça parce que mon psychiatre a déjà parlé d'augmenter la méthadone pour jouer sur les cravings.
Du coup, je me demande, si tu économises juste de quoi te faire un ptit kif par mois et que tu prends plus souvent tes 100mg prescrits, peut-être que tu aurais moins de cravings?
Est-ce que tu as une assez bonne relation avec ton addicto pour pouvoir lui parler de tes cravings?
Hors ligne

En ligne

Hors ligne

miawallace222 a écrit
Arrête Marla ça arrive à tout le monde d’avoir un coup dur et de retourner chez ses parents et on est bien contents qu’ils existent !!! si tes parents sont tolérants avec ta conso c’est top
Pour pas te faire griller si tu consommes dehors mais c’est tout simple tu prends un benzo avant de rentrer et ça va bien te calmer la chique !
Thalie je peux pas te répondre j’ai jamais arrêté plus de deux mois et j’ai pas envie. Seule exception serait la grossesse…
Courage t’as de la chance d’être bien entourée
Oui même si ça me met des limites (ce qui est bien en soi) je sais que j'ai bcp de chance d'avoir des parents comme ça.
Ils ont fait bcp de formations et de recherches sur les addictions et la santé mentale pour mieux m'entourer et comprendre donc ils sont super calés.
Et qd je me fais griller, ils sont déçus mais aucun jugement ou reproche. Ils essayent juste de chercher des solutions.
Pour la coke, le problème c'est que je viens de déménager donc j'ai aucune vie sociale, je connais personne.
Du coup je consomme chez eux... Je fais des sessions coke en trace de 2 jours et je fume même du crack donc je culpabilise bcp.
Mais le craving m'empêche d'arrêter donc c'est lourd à porter même si sur le coup je kiffe bien.
Il faut que je reprenne RDV en CSAPA, même si je n'ai pas encore le déclic pour arrêter, ça m'aidera peut être à avoir une conso moins compulsive et à me modérer...
En tout cas merci pour ton message, ça fait du bien sincèrement.
Je n'ose jamais parler de ma situation (vivre chez mes parents) je ressens ça comme une tare.
À l'âge où les gens sont insérés, en couple avec des enfants, un logement stable, je vis chez mes parents et en plus je dois me défoncer chez eux.
Ça me renvoie pas une image très positive.
Donc merci encore pour tes mots et ta compréhension, du fond du cœur ça aide bcp
En ligne

,En ligne

Merci pour vos messages et votre bienveillance ??
Je voudrais tout d’abord vous remercier tous d’avoir pris la peine de me lire et de me répondre. Cela me fait énormément de bien. Pendant longtemps, je me suis sentie très seule face à mes addictions et à mon parcours de vie. Lire vos témoignages, votre compréhension et votre bienveillance me touche sincèrement.
Pour répondre à vos questions, mon addictologue n’est pas au courant que je fais des réserves de méthadone. Chaque mois, j’économise une partie de mon traitement en diminuant certaines prises afin de constituer une réserve. Au fil du temps, cela me permet d’accumuler des quantités importantes. Il m’est arrivé de prendre en une seule fois quatre boîtes de 20 mg, soit 560 mg, auxquels s’ajoutait ma dose matinale de 80 mg.
Je sais aujourd’hui que cela peut paraître énorme. Pour être honnête, je n’avais jamais vraiment réfléchi au risque d’overdose ou à la nécessité d’avoir de la Naloxone à proximité. J’avais tendance à penser que ma très forte tolérance aux médicaments me protégeait de ce genre de danger.
Je suis suivie en CSAPA depuis bientôt six ans, depuis mon arrivée en France. Au niveau de mon traitement, je prends également 60 mg de Ritaline par jour, quatre comprimés de Bromazépam 6 mg répartis dans la journée, du Prozac le matin ainsi que du Tercian le soir pour m’aider à me calmer et à trouver le sommeil.
Il m’est aussi arrivé, à certaines périodes, d’aller puiser dans mes réserves lorsque les envies devenaient trop fortes. Aujourd’hui, cela est devenu beaucoup plus difficile, car une infirmière vient deux fois par semaine m’apporter mon pilulier et c’est mon compagnon qui gère mes traitements. Chaque jour, il me prépare ma dose pour la journée.
Je fume également de temps en temps quelques joints de cannabis, mais j’essaie sincèrement d’espacer ces moments le plus possible. Mon objectif n’est pas de remplacer une dépendance par une autre, mais de continuer à avancer pas à pas vers davantage de stabilité.
Après plus de trente ans de consommation, vivre sans drogue reste un véritable combat. Mon cerveau s’est habitué pendant très longtemps à fonctionner ainsi. Chaque journée sans rechute est une victoire.
J’ai également fait plusieurs overdoses au cours de ma vie. Avec le recul, je réalise à quel point j’ai eu de la chance d’y survivre. Lorsque je me réveillais à l’hôpital après une overdose, je ne pensais malheureusement pas à ma santé ni à ce qui venait de se passer. Mon obsession était déjà de retrouver mes médicaments et de continuer à consommer. C’est dire à quel point l’addiction occupait toute la place dans ma vie.
Aujourd’hui, je pense sincèrement avoir énormément de chance d’être encore en vie. Beaucoup de personnes que j’ai connues dans le milieu de la drogue ne sont plus là pour raconter leur histoire. C’est quelque chose auquel je pense souvent.
Comme toi, je prenais souvent les produits pour survivre, pour affronter la journée, pour calmer mes souffrances et mes angoisses. Derrière mes addictions, il y avait aussi une immense blessure affective. Mon père nous a abandonnés lorsque j’avais treize ans. Pendant des années, j’ai espéré retrouver avec lui une relation normale. J’ai toujours voulu qu’il soit fier de moi, qu’il soit présent dans les moments importants de ma vie.
Malheureusement, ni lors de mes hospitalisations, ni pendant mes séjours en prison, ni lorsque je me retrouvais sans logement, il n’était réellement là. Il était souvent au téléphone, à me faire espérer, à me promettre certaines choses, mais lorsqu’il fallait être présent concrètement, je me retrouvais seule.
Aujourd’hui, j’essaie de prendre de la distance avec cette relation qui me fait souffrir. Mon psychanalyste me dit souvent quelque chose qui m’a beaucoup marquée : selon lui, mon père a longtemps été ma véritable drogue. J’ai passé une grande partie de ma vie à attendre son amour, sa reconnaissance et son attention, comme on attend un produit qui nous manque.
À une époque, je mélangeais tout ce que je trouvais : Rohypnol, méthadone, cocaïne et bien d’autres substances. Les doses étaient très élevées et les mélanges extrêmement dangereux. Aujourd’hui, même si les envies existent encore, ma vie a profondément changé.
Je suis heureuse. Heureuse parce que j’ai la chance d’avoir à mes côtés un homme extraordinaire qui m’aime, me soutient et veille sur moi. Grâce à lui, à mon suivi thérapeutique et au travail que j’ai accompli sur moi-même, je ne fais plus les crises de colère qui ont longtemps rythmé ma vie. Je peins, je danse et j’ai appris à mieux gérer mes émotions.
Je reste lucide : si je me retrouvais totalement seule face à moi-même, il est possible que je replonge dans cet engrenage. Mais aujourd’hui, je tiens bon parce que j’aime et que je suis aimée.
Je vous remercie sincèrement tous d’avoir partagé une partie de vos histoires avec moi. Cela me fait du bien de parler avec des personnes qui comprennent réellement ce que représente une addiction. Malgré la présence constante de mon compagnon, je me suis souvent sentie seule avec ce combat, notamment parce qu’il n’a jamais connu le monde de la drogue.
Je ne maîtrise pas encore très bien les messages privés sur le forum, mais si vous souhaitez m’écrire, ce sera avec grand plaisir que je vous répondrai.
Et pour finir sur une note plus légère, aujourd’hui c’est mon anniversaire. J’ai reçu quelques cadeaux, dont un livre, mais le plus beau cadeau reste l’amour que je reçois chaque jour de mon compagnon.
Je vous embrasse tous et vous remercie encore pour votre bienveillance, votre soutien et le temps que vous avez pris pour me lire.
Hors ligne


En ligne

En ligne

Hors ligne

Thalie a écrit
Merci Marla??
Je n’ai pas encore droit au MP mais je te contacterai dès que possible ♥️
Avec plaisir.
Un conseil : il faut accumuler un certain nombre de messages pour avoir accès aux MP (c'est pour éviter que des mecs se pointent juste pour demander des plans, je pense).
Donc je me sentirais un peu moins seule dans ma micro-republique des cabossés de la vie (je m'autoproclame Shlag, car j'y mets aucune connotation négative. Donc bienvenue au Schlagistan !!!).
ÉDIT : JE ME SUIS LONGUEMENT CONFIÉE SUR MON VÉCU DANS UN PAVÉ DES ENFERS, MAIS JE ME SUIS SOUTENUE QUE JE POUVAIS ENVOYER DES MP À THALIE MÊME SI ELLE PEUT PAS ENCORE RÉPONDRE.
DONC DÉSOLÉE LA COMMU, MAIS CE PASSAGE EST CENSURÉ. (
J'ai déjà eu une remarque type "tu soutiens les méchants trafiquants" style tu es une mauvaise personne.
Mais je rappelle que nous sommes sur un forum DE DÉLINQUANTS REVENDIQUÉS. Oui tout insérés qu'ils soient, les consommateurs comettent un DÉLIT. Donc bienvenue du côté de la barrière qui peut sembler à certains dégradant et honteux. ON EST DANS LE MÊME BATEAU LES GARS. Avoir une boussole morale (être contre le viol, le meurtre...) c'est normal et nécessaire. Mais moi, je le revendique TANT QU'IL N'Y A PAS D'ATTEINTES À LA PERSONNE (hors légitime défense) LES DÉLITS J'EN AI RIEN À FOUTRE. Et oui.
Et le coup de reprocher au trafiquant innofensif, à la prostituée tranquille de PARTICIPER À DES RÉSEAUX QUI SÈMENT LA MORT ET LA DÉSOLATION SUR LEUR PASSAGE, C'EST DÉGUEULASSE. A ce moment là le petit consommateur, je le trouve limite plus responsable des dérives du narco traffic que le dealer zen. C'EST NOUS LES USAGERS QUI SOMMES LA RAISON D'ÊTRE DE CE SYSTÈME. C'EST NOUS QUI ENGRAISSONS DES CARTELS MEUTRIERS AUX METHODES TERRORISTES. Pas le maillon insignifiant de la chaîne.
Et qd l'État fait une spot de pub en mode "les consommateurs sont des criminels qui ont du sang sur les mains" ça hurle au scandale.
Ben très bien. Mais ayez la même tolérance pour les autres. Tant que tu fais de mal à personne, tu n'es pas un être diabolique et déviant.
Stop à la discrimination sur la base d'une morale sociétale entretenue par les médias et la communication de l'État.
Voilà, je sors du cadre de la RDR pour défendre une autre cause, donc je ne demande pas à la commu d'être d'accord, je valider. C'est pas la raison d'être de l'association.
Mais juste un peu de cohérence. C'est un forum de délinquants, pourquoi juger indistinctement les autres ?
Dernière modification par MarlaAmazone (Hier à 13:46)
En ligne

Hors ligne

Je suis même allée en Hollande -1000km et 3000e de budget mes petites économies pour le permis ont pris une méchante claque- pour pouvoir enfin putain fumer du crack et apaiser ce foutu craving qui me poursuit à chaque instant. Et donc j'ai cramé 2 mois de salaire à plein temps ... Pour que dalle elle faisait rien fumée. Et même le cannabis a pas modéré la déception, les coffee c'est de la rigolade par rapport au bon shit de quartier, j'avais arrêté de fumer un an. Ben leur beuh et shit me faisaient absolument que dalle.) En ligne

Hors ligne