Hello!
J'imagine dans quelle situation horrible tu dois te retrouver, pendant une bonne partie du mois...
Ma réponse est forcément biaisée, car j'ai eu une forte addiction au
Tramadol, qui a duré très longtemps, et que je gérais de plus en plus mal sur la fin.
Pour moi, je dis bien, Mconcernant, je ne me voyais pas me tourner vers l'
héroïne, même si l'envie ne manquait pas.
Je suis juste une grosse trouillarde, je ne savais pas où aller, à qui demander un filon, je ne connais personne qui consomme, et mon addiction au
Tramadol s'est construite sur le principe que j'ai pu, durant de nombreuses années, m’en procurer autant que je le désirais, sans limites (je travaillais en réanimation, pharmacie open bar, c'était même moi qui était chargée de ranger les arrivages quotidiens...
Excepté pour les stupéfiants, le
Tramadol n'en était pas un à l'époque, il n'y avait strictement aucune comptabilité, le
Tramadol, qui était beaucoup utilisé dans mon service arrivait par boîtes entières, toutes les nuits (je travaillais de nuit aussi, cela me permettait de ne jamais me faire remarquer quand je chipais dans la pharmacie...)
Il en arrivait même trop, au point que l'on ne savait plus où ranger les boîtes!
À ce rythme, durant 10 ans, après une découverte extrêmement marquante avec le
Tramadol, pour un simple mal de crâne je précise, de manière très pernicieuse, et sans que je m'en rende réellement compte (je savais bien que quelque-chose clochait, de devoir augmenter régulièrement ma dose pour retrouver les effets du début), pour autant, j'étais jeune, je n'avais aucune confiance en moi ou presque, et le
Tramadol, en plus de me faire me sentir terriblement bien, cette molécule balayait aussi toutes mes inhibition, je parlais avec tout le monde, je m'intéressais sincèrement à ce que l'on me racontais, en plus, alors qu'à la
base, je suis ultra sélective sur le plan amical, je privilégie toujours la qualité plutôt que la quantité, je suis casanière, aussi, et beaucoup trop d'attitudes, de personnalités me fatiguent, m'usent, me vident.
Mais avec le
Tramadol, pfffuit, je devenais hyper sociable, et ecoutais les histoires de tout le monde. Je les écoutais avec grand intérêt...
Bref, je m'étends...
Ce que je tenais à te dire/le plus important:Ayant fait l'autruche bien comme il faut pendant des années, je n'étais pas rencardée du tout, et je ne savais même pas que j'avais droit à un
TSO, au vu de ma consommation longue, et à très fortes doses sur la fin.
Comme une gourde=|, je ne connaissais même pas l'existence des
CSAPA (j'ai vraiment honte de cela, d'avoir autant fait l'autruche, de peur de ce que je découvrent me rendent malade d'angoisse), et encore moins que l'on pouvait bénéficier d'un
TSO pour une addiction au...
Tramadol!
Et pourtant, j'y avais bien droit, tout comme TU pourrais en bénéficier également pour ta dépendance à la
Codéine!

Alors, il faut que ce soit un choix, réfléchi, en accord avec ton "toi" intérieur (le désir réel de te séparer du produit.
Parfois, ce désir est ambigu, et il n'y a aucune honte à cela!
Il faut juste se laisser le temps de cette introspection, tout en étant totalement transparente avec toi-même.

Laisses-toi le temps.
Mais surtout, et cela m'inquiète, ne te laisses pas souffrir trop longtemps.
Ce que ton médecin te prescrit pour le mois te tient combien de temps?
Et comment t'organises-tu lorsque tu te retrouves en manque?
Tu dois passée des journées et des nuits sacrément mouvementées, et encore, c'est rien de le dire.
Combien de jours maximum passes-tu dans cet état? Tu arrives à faire les choses basiques du quotidien ou pas du tout les premiers jours..?
Je suis très contrariée de te savoir en manque plusieurs fois par mois, ou même une seule fois, c'est bien trop atroce.
Je suis de tout coeur avec toi, tiens-nous au courant de ta décision, et surtout, n'hésites pas, je suis là, ici sur le forum, ou en MP.
Vraiment, je me répète mais n'hésites pas!

Myna