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Jessiemabrune a écrit
Tout ce que je peux te dire, c'est que j'ai entendu les mêmes histoires que toi à ce sujet.
Est-ce qu'elles sont vraies ?
Je ne sais pas.
Je l'espère, pour ton pote.
Merci, ça me touche vraiment.
De mon côté, ça va aller. Peut-être pas tout de suite, mais c'est normal. Je vais lever mon verre en pensant à lui. Je vais continuer et ça ira.
Prends soin de toi aussi,
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Dernière modification par marnowi (07 août 2026 à 09:27)
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marnowi a écrit
Je peux à peine imaginer ce que c'est que de se retrouver en face de quelqu'un déterminé à mourir.
Ce n'est pas la première fois qu'un être cher essaye de mourir. Mais c'est la première fois que quelqu'un a qui je tiens y parvient. Après deux semaines dans le coma, je l'ai vus venir, mais ça change pas le fait d'avoir une sensation totalement irréelle. J'ai jamais remis en question sa volonté de mourir, mais je crois que je n'avais pas vraiment réaliser que sa mort serait réelle, du moins pas comme ça.
A force de décaler "l’échéance" de sa fin, j'avais forcément l'espoir qu'elle n'arrive pas. Même si il a tout fait pour nous dire de ne pas en avoir.
marnowi a écrit
Je pense personnellement que ton ami a voulu t'épargner. Il a dû se dire que ce serait moche pour toi de te retrouver à côté de lui en train de mourir, puis mort. Et de devoir gérer l'appel pour le signaler, éviter les accusation de non-assistance à personne en danger, etc etc.
Peut-être aussi qu'il s'est dit que c'était entre lui et lui.
Je peux comprendre son choix.
Probablement, oui. J'espère que la solitude dans laquelle il l'a fait, c'était ce qu'il lui fallait. Sa vie n'était pas belle. J'aimerais penser qu'il n'a pas choisis d'être seul à contre cœur.
Je suis soulagée qu'une ambulance ait pu arriver avant que son corps ne se dégrade. De ce que j'ai compris, les deux semaines de travail des soignants ont servis a essayé de le "stabiliser". Mais les séquelles cérébrales semblaient irréversibles dès sa prise en charge. Il voulait absolument que son corps soit en bon état après sa mort pour faciliter le deuil de quelques personnes.
marnowi a écrit
Concernant sa mort par overdose d'opiacés, ça te soulagera peut-être un peu de savoir qu'il s'agit généralement effectivement d'une mort douce. J'ai déjà fait une overdose d'opiacé, et j'ai tout simplement glissé vers l'inconscience. Il a dû ressentir une montée plutôt apaisante, puis s'endormir. Et sa respiration s'est ralentie jusqu'à s'arrêter.
Merci. J'espère de tout coeur qu'il était apaisé. C'était pas dans ses habitudes.
Si ce n'est pas indiscret, tu n'as pas ressentis d'angoisse ou de détresse lors de ton overdose ? Tu n'as pas sentie la perte d'oxygène ?
C'est peut-être pas rationnel, mais j'ai peur qu'il ait eu le sentiment d'étouffer.
marnowi a écrit
Comment te sens-tu?
Dévastée parfois, le reste du temps, je me sens vide, j'attends la fin du rêve. Mais je crois que j'ai juste besoin de temps pour accepter que ce soit vrai. On vide sa maison, on s'aide comme on peut. Je ne sais pas si ça aide ou si ça empire le deuil. Je suis un peu perdue.
Je ne m'attendais pas à ce que les procédures soit suspendus. Apparemment, l'ouverture d'une enquête c'est systématique en cas de suicide. Mais personne ne sait ce qu'il se passera ensuite, ni quand. Des gens analysent le corps, on ne sait pas quand on pourra organiser une cérémonie.
J'ai l'impression que tout est stagnant.
Merci pour ton message en tout cas, ça me touche, et ça aide, vraiment.
Prends soin de toi,
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Opus incertum a écrit
'ai perdu un jeune proche il y a quelques années avec des circonstances similaires.
Il y a une autopsie et nous avons récupéré son corps trois jours après sa mort.
Je comprends. Mais les deux semaines de comas étaient déjà interminables. Maintenant, plusieurs jours après sa mort officielle (quatre ou cinq jours je crois ?) on a aucune nouvelle.
Je n'ai pas besoin de voir son corps, ni même de cérémonie, pour faire le deuil. Mais j'ai l'impression que tout son entourage et le mien est en suspend. J'ai remis les pieds chez lui pour aider sa famille à jeter quelque trucs. Tout est à l'arrêt, tout le monde a juste l'air d'attendre.
Je vois bien, il y a des gens qui ne sont pas sûrs. Ce n'était pas quelqu'un de banale. Il utilisait des surnoms différents selon où et avec qui il était, il segmentait sa vie en permanence. Et souvent il disait qu'un jour, il partirait d'ici sans donner de nouvelles. Il plaisantait beaucoup sur l'idée de repartir à zéro ailleurs, de simuler sa mort. Il était pas banale.
Il est mort, il n'y a aucun doute à avoir. Mais j'en connais qui ont besoin de voir le corps pour s'assurer qu'il nous a pas fait un coup foireux. D'autres, qui ne le connaissaient pas de la même façons que nous, ne semblent pas croire qu'il a réellement pus en finir. Les différentes versions qu'il a laissé de lui ne sont pas forcément cohérentes.
C'est un deuil étrange, personnes n'a l'air de se comprendre. D'une certaine manière, ça l'aurait peut-être fait marrer. Ou alors, il ne l'aurait pas vu comme ça. Je sais pas. Il a laissé une lettre, surtout pour demander à ce que personne n'annule les travaux prévu dans sa cuisine. Je me demande si c'est vraiment ce à quoi il pensait à la fin, ou si il a voulu laisser comme dernière trace quelque chose qui lui ressemble beaucoup trop.
Enfin bref, il va manquer à beaucoup de gens de façons très différente. C'est pas facile pour se réunir, mais j'imagine que ça va tenir son souvenir en vie pendant plus longtemps encore.
Opus incertum a écrit
Le médecin légiste ainsi que le thanatopracteur ont disséqué le corps sans laisser de traces apparentes.
C'est bien. Je ne vois aucun aspect sacré à un corps mort. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. J'espère que le corps semblera en paix pour ceux qui auront besoin de le voir.
Opus incertum a écrit
Je te souhaite de tout cœur d'être patiente et de suivre le chemin, ton chemin.
Fraternellement,
Merci. J'espère que tu as pus suivre le tiens également. Merci d'avoir partagé ton expérience avec moi.
Prends soin de toi,
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cependant a écrit
C'est vraiment ce que la personne voulait ?
Ca, je n'en doute pas au moins. Suicidaire depuis toujours, sûr de lui depuis la mort de la personne pour qui il restait en vie. Je me demande bien sûr si, avec le temps, il aurait vu les choses différemment. Mais après une vie entière à ne plus vouloir exister, je suis sûre que oui, c'est ce qu'il voulait.
J'imagine que ça allège les choses. Je ne sais pas, c'est la première fois que je suis confronté à ça.
cependant a écrit
Pour avoir vécu des situations proches et différentes, j'en suis venue à me dire que ce sont des questions qui nous appartiennent pas. Elles n'appartient qu'à la personne, et finalement peu importe si c'était quelque chose qu'elle aurait voulu éviter à un autre moment, dans ce moment c'est ce qu'elle a choisi et même si c'est extrêmement douloureux on ne peut qu'accepter, même si, même si pourrait y avoir dix milles même si et s'en attendre finalement n'arrange rien quand le moment arrive.
Quand quelqu'un meurt, les questions qui restent appartiennent aux vivants. Mais elles sont en générale assez stériles.
Parmis ces proches qui ont du mal à croire qu'il ait mis fin à ces jours, il y en a qui nous demande s'il en parlait, si on avait vu. Oui, bien sûr. Mais eux aussi, juste ils ne l'ont pas vu de la même manière. Après des dizaines d'hospitalisation, de force ou non, dans sa vie. Après des dizaines de tentatives, tout le monde avait vu. Il n'y a rien à reprocher à personne. Tout le monde se pose les questions qui leur viennent, même si elles ne servent à rien.
J'espère quand même que les gens sauront accepté son geste. Pas tant pour mon ami, mais pour eux.
cependant a écrit
Et se retrouver avec ce vide silencieux et trop bruyant de la vie qui continue
J'en ai les paumes moites et les yeux humides, j'enngarde parfois une énergie insoupçonnée dans la gestion de ce qu'il y a à faire, dans le soutien réciproque de ce qui restent.
Et ce n'est que comme ça qu'on peut poursuivre, avec un morceau de coeur figé à toujours en suspens de ce qui ne sera jamais autre-chose de ce qui a été...
Merci de partager ça avec moi.
J'espère que je garderais son souvenir le plus fort possible. J'espère que les pleurs seront sains. J'espère que je continuerais de penser à lui avec le sourire, sans qu'une partie de mon crâne refuse totalement sa perte.
J'essaie de ne pas penser à ce qui aurait pu être. A regarder le tableau globale, je ne pense pas que ça aurait pu finir autrement.
cependant a écrit
Courage
Merci,
prends soin de toi,
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Opus incertum a écrit
J'ai accepté sa décision alors qu'il n'était qu'à l'aube de sa vie.
Je suis sincèrement désolée pour toi. Mon ami avait tout juste la trentaine. Même si je sais que sa décision était prise, qu'il avait cherché des portes de sortie toute sa vie et qu'il n'y en avait jamais eu, une partie de moi a quand même du mal à comprendre qu'une vie puisse être si courte.
Je ne l'ai connu que quatre ans. J'aurais aimé davantage, mais c'était largement suffisant pour comprendre et respecter profondément son geste. Malheureusement, parfois, des gens vivent ce qu'on ne doit pas vivre. Et parfois, on préfère arrêter.
Opus incertum a écrit
Ayant été confronté au suicide d'un proche sans signe annonciateur cela à ajouter des difficultés à comprendre son geste.
Par contre la douleur est égale.
Je vois. Encore une fois, je suis désolée que tu ai vécu ça.
J'espère que la famille de mon ami arrivera à faire son deuil même si elle ne comprends pas forcément le geste.
Opus incertum a écrit
Sa perte est présente au quotidien mais comme l'a souligné Cependant Cela ne nous appartient pas.
J'ai choisi d'apprendre la patience, d'accepter les choses qui ne m'appartiennent pas ainsi que les conséquences de cette disparition.
Le temps est une des clés du deuil.
J'ai peur de réaliser tout ce que sa perte va entraîner. Je me demande qui je vais appeler, qui va m'appeler, avec qui je vais boire, avec qui je vais me convaincre de rester sobre. Bref, j'ai peur de voir son absence partout.
Opus incertum a écrit
Je me souviens qu'en attendant le rapatriement du corps je partais marcher le matin et l'après-midi dans la nature.
Cela m'a éviter de broyer du noir et de commencer à vivre sans lui entouré d'arbres, de fleurs, de piaillements d'oiseaux.
J'essaie de sortir un peu. Mais j'y arrive pas vraiment. A chaque fois que j'essaye de faire quelque chose, je me sens perdue. Je crois qu'il faut que je prenne le temps de faire des petits pas pour sortir de cette sensation de brouillard qui a tout figé.
Merci encore de partager ton expérience avec moi,
Prends soin de toi,
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LaRieuse17 a écrit
Si ce n'est pas indiscret, tu n'as pas ressentis d'angoisse ou de détresse lors de ton overdose ? Tu n'as pas sentie la perte d'oxygène ?
C'est peut-être pas rationnel, mais j'ai peur qu'il ait eu le sentiment d'étouffer.
Bonjour La Rieuse,
Non, rien du tout de mon côté, ni angoisse ni perte d'oxygène. Juste l'inconscience.
Si je ne m'abuse, on utilise aussi des opiacés pour sédater des personnes en fin de vie.
S'il a pris une boîte entière, je n'ai que peu de doutes sur le fait qu'il s'est endormi assez vite et qu'il n'était déjà plus conscient quand sa respiration s'est ralentie.
Prends bien soin de toi.
Je suis en train de lire un livre qui s'appelle "au bonheur des morts", qui s'élève contre l'injonction à "faire son deuil", comme on le dit dans nos contrées occidentales.
Ce livre me fait beaucoup de bien. Si jamais....
Je t'envoie toutes mes pensées,
Marnowi
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marnowi a écrit
Bonjour La Rieuse,
Non, rien du tout de mon côté, ni angoisse ni perte d'oxygène. Juste l'inconscience.
Si je ne m'abuse, on utilise aussi des opiacés pour sédater des personnes en fin de vie.
S'il a pris une boîte entière, je n'ai que peu de doutes sur le fait qu'il s'est endormi assez vite et qu'il n'était déjà plus conscient quand sa respiration s'est ralentie.
Merci beaucoup, vraiment.
Je vais peut-être jeter un coup d'oeil à ce livre, sait-on jamais. Mais j'ai du mal à lire quoi que ce soit depuis quelques jours.
Prends soin de toi,
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