Bonsoir,
La 1ère fois que j'ai pris de l'
héroïne, j'avais 17 ans, une grosse sinusite, mal de crâne, chez un pote. Il m'a filé une petite trace de marron en m'expliquant que cela allait régler mon problème.
Eh bien en effet je n'ai plus eu mal du tout, mais surtout j'ai ressenti un apaisement comme je n'en avais jamais ressenti. Plus de problème, plus d'anxiété, plus de dépression, juste un bien être complet.
A tel point que je me suis dit que n'importe quoi pouvait se passer devant moi, on pouvait me jeter dehors, buter quelqu'un devant moi, rien n'aurait eu d'importance face à cet apaisement et ce bien être.
Le lendemain, je n'ai souvenir d'aucune dépendance ou d'état négatif particulier.
Je n'ai jamais retrouvé cette sensation de la 1ère fois, j'ai par contre été très attiré par les
opiacés depuis et j'en ai consommé pas mal, du
Tramadol, de l'
oxy, des bulbes de
pavots, de l'
opium, du
skénan, etc.
Et puis encore de l'
héroïne, de la marron, sûrement de mauvaise qualité, et à chaque fois, j'en avais plus rien à foutre de tout. La teuf ? Aucun intérêt, je tape des traces dans le camion, d'autres prod ?Pourquoi faire, etc. Juste en consommant une nuit ponctuelle, sans manque derrière.
Puis j'ai connu le dark, j'ai choppé mon propre gramme (1er Silkroad !) et j'ai tapé pendant une semaine mais quand le gramme fut fini, ce fut abominable. J'ai cru que je m'étais empoisonné, des angoisses paroxystiques, des cauchemars permanents avec des visions de l'enfer de Jérôme Bosh où je sentais des démons me torturer, entrecoupés d'une insomnie totale, la pensée dans de la glu, des neurones qui hurlaient leur souffrance, les
jambes sans repos (horrible), à transpirer toute la journée tout en grelotant et ça pendant 4 ou 5 jours, interminable, je me suis dit plus jamais ça.
Le temps a passé, et je me suis dit qu'il suffisait de consommer quelques jours et de stopper, sauf que quand j'en ai, impossible de me raisonner, je finis mon gramme.
J'ai ensuite eu la possibilité de choper de la blanche pure, à prendre des dosages dangereux, à gerber pendant des jours et des jours, ou à m'endormir sans m'en rendre compte (pas loin de l'OD ?) puis les horribles souffrances de retour une fois le produit fini, et rebelotte, à me dire plus jamais ça.
J'en ai repris ces dernières années, pour gérer la
descente de
crack, mais à chaque fois, 2 jours après, je suis totalement épuisé, je ne dors pas, la pensée complètement figée, avec l'impression qu'elle ne se remettra plus en route, déprime et angoisse.
L'effet est vraiment fantastique, mais quel combat pour le quitter, même en sachant ce qui m'attend derrière ! Et puis une trace c'est tellement vite pris et hop, apaisement, plus rien à foutre de tout, peu importe ce qu'il se passera demain.
Et puis du coup, avec cet apaisement, comme plus rien n'a d'importance, je suis devenu complètement passif dans ma vie.
Je prends donc conscience que je vais devoir faire le deuil de ce produit qui créé une telle sensation que tout est réglé et que tout est simple, parce que même pris ponctuellement, mon cerveau se souvient et qu'après la plénitude, c'est l'enfer ou en tout cas, un énorme rebond, je paye au centuple le plaisir que j'ai pris.
Bref, à toi de voir ce que tu veux faire. Tu ne vas pas devenir dépendant physiquement en une soirée, mais tu te souviendras de ce que ce produit à crée comme sensations ce soir là, et selon ta fragilité, ça peut donner envie d'y revenir. Puis quand la dépendance est installée, la suite est tellement horrible que la peur d'arrêter est là, et donc on continue, juste pour éviter que la souffrance arrive.
Il y a bien sûr les
TSO maintenant et de nombreux addictologues considèrent de par leur expérience que c'est la seule solution pour que les personnes dépendantes ne replongent sans cesse. Evidemment, beaucoup résistent, se disant qu'ils vont réussir à contrôler une conso ponctuelle, ou pas reprendre. Les addicto attendent alors que le processus d'acception se fasse, car le plus souvent, la personne y revient, si elle n'a pas de
TSO, et elle finit par dire oui. Ce n'est pas impossible de ne pas y revenir, de gérer des conso ponctuelles, mais je ne pense pas que ce soit le plus courant.
Cela en dit long du pouvoir addictif de cette molécule. Après, chacun sa sensibilité, ses forces et faiblesses, donc on ne peut pas savoir.
La semaine dernière, je me suis dit de consommer juste 1 jour, j'en ai consommé 3, puis j'ai balancé ce qui me restait me disant que je n'y arriverais pas, j'ai pris du
Tramadol vendredi, samedi et dimanche puis stop aujourd'hui, eh bien même si j'ai connu pire, j'en chie, je suis épuisé, ma pensée est bloquée, etc, et c'est très compliqué de travailler et d'organiser des réunions dans cet état. Je prends sur moi mais j'appréhende les jours qui vont venir (vais-je dormir cette nuit ?) car j'ai de grosses réunions à piloter.
Et pourtant, je sortais de 10 jours à pas dormir +
jambes sans repos d'une précédente conso avec tentative de diminuer avec de la métha et du
Tramadol, mais rien à faire, quand j'arrête tout, j'en chie, est-ce que ce plaisir vaut tant de souffrance ? Vraiment, là, personnellement, je me dis que non.
200mg de blanche pures arrivent dans quelques jours, vais-je réussir à en prendre juste 1 jour puis l'oublier ? Il va falloir se rendre à l'évidence et tourner la page afin de redevenir actif dans ma vie. Elle ne changera pas toute seule, et en tout cas sans rien faire, elle va plutôt se dégrader de plus en plus.