Hello.
Je rejoins les membres qui t'ont répondu.
Je n'ai jamais consommé de
codéine, mais je suis sortie il y a maintenant deux ans et demi, d’une très longue dépendance à son acolyte: le
Tramadol.
Je trouve, avec le recul, que la dépendance aux
opiacés tels que la
codéine, ou le
Tramadol, est sacrément vicieuse.
Au départ, je prenais un comprimé de 150LP de Topalgic (son nom à l'époque), uniquement lorsque je me sentais un peu en manque d'énergie au travail, ou quand je ne me sentais pas "up".
Une ou deux fois par mois, disons. Et ce rythme s'est maintenu pas mal de temps, je dirais deux ou trois ans.
Puis, les choses ont "évolué", dans le mauvais sens du terme, sans même que je sache ni pourquoi, ni comment: pas d'élément déclencheur, rien qui se soit passé dans ma vie qui m'aurait causé un mal-être par exemple, qui aurait justifié une accélérationde ma consommation, sans que je me rende réellement compte de la situation, je me suis d'abord retrouvée à en rapporter chez moi, alors que durant les 1ères années, je n’en prenais qu'au travail (c’était d'ailleurs là que je me "fournissais", sans comptes à rendre, ni limites...)
Ensuite, les prises se sont rapprochées, mais sans que je prenne conscience du danger, les choses m'ont parues gérables, sans danger réel, vraiment, durant un long moment.
Et puis, sans que j'ai eu le temps de dire ni ouf, ni merde, je me suis retrouvée à consommer quotidiennement, à réaliser que j'étais totalement dépendante, tant psychologiquement que physiquement, et que je me voyais contrainte d'augmenter les doses pour continuer de ressentir les mêmes effets.
J'ai eu énormément de mal à gérer cette addiction, à ne jamais dépasser la deadline que je m'étais fixée: ne jamais toucher à l’héro. Je savais que je ne pourrais pas gérer cette conso.
Je me suis débattue des années et des années avec ça, je ne souhaite cette poisse a personne.
En poussant enfin la porte du
CSAPA le plus près de chez moi, il y a 2 ans et demi, on m’a sauvé la mise, si je puis dire.
Je suis sous 140mg de
Méthadone (ce qui n’est pas rien), ce que je vis infiniment mieux.
Cette molécule m’a permis non seulement d'arrêter du jour au lendemain le
Tramadol, sans jamais avoir eu la moindre envie, depuis, de reconsommer (craving), mais elle m’a également fait beaucoup de bien au niveau psychologique, grâce à son effets très antidépresseur et anxiolytique.
Je ne dis absolument pas que c’est ce qui va t'arriver, je te fais juste part de mon propre parcours, qui a démarré par une consommation très similaire à la tienne, même plus espacée...
Encore une fois, nous sommes tous différents, et nous ne sommes pas tous égaux face aux substances.
Je tenais juste à te mettre en garde, la dépendance aux
opiacés s'installe de façon très pernicieuse, et s'en dépatouiller ensuite est une vraie plaie.
C’est extrêmement difficile d’en venir à bout, sans
TSO.
Personnellement, je n'ai pas eu le courage, et je ne l'aurai jamais, de passer par le
sevrage, même progressif.
Je m'oriente vers une prise de
TSO à vie, je la vis très bien, heureusement, et j'ai une vie que le "fil à la patte" du
TSO n’incommode pas.
Mais sur ce point également, nous sommes loin d'être tous égaux!
Mélatonine2 a écrit
Ça ne veut pas dire que consommer occasionnellement est impossible, mais c'est que je m'interroge sur la démarche. Vouloir passer d'1x par semaine la codéine à 1x par semaine l'héroïne me paraît être tout sauf une escalade anodine
Je terminerai par cette citation de @Melatonine2, qui est très juste.
Et comme cela a également été très justement mentionné, la "baisse d'effet" que tu ressens actuellement avec la codéine, ce n'est pas parce que l’héroïne est un produit beaucoup plus puissant que cela ne se reproduira pas, bien au contraire.
La tolérance est justement, un problème rencontré avec les produits les plus puissants.
J'ai connu une personne avec qui j'ai pris du Tramadol, une fois, en récréatif, elle a pris le même dosage que moi (le fameux Topalgic 150LP), qui l’a rendu malade comme un chien et l’a fait dormir pendant 12h (je ne m’en remettais pas, même si elle a voulu tester d’elle-même, la même dose que moi, mais je croyais tout de même l'avoir empoisonnée, je me suis sentie si mal! Bref, je n’ai pas revu cette connaissance durant un an et demi suite à cette épisode. Lorsque nous nous sommes revues, elle tapait du Fentanyl, et se plaignait justement de ne pas pouvoir accéder financièrement à davantage de produit, car ce qu’elle consommait en Fentanyl ne lui suffisait plus...
Je n’en revenais pas.
Prends bien soin de toi surtout!:witch:
Dernière modification par Mynight (Hier à 17:44)