
Sociophrenic a écrit
On entre la dans les abysses des effets dissociatifs de la ké.
J’ai pour ma part trouvé (je parle encore une fois en JE) un combo selon moi miracle qui amènera à cet état si recherché pour certains, si beau et exaltant qu’est le Hole.
Il s’agira de l’association Kétamine et cannabis, c’est pour moi une des synergies les plus potentes que j’ai pu expérimenter.
Cela se déroule en plusieurs étapes : chacun de mes holes sont préparés, minutieusement.
Arrivé chez moi un peu tard, je prépare directement le setup : je roule mon joint, je prépare ma K et mon petit tube de sérum phy pour me rincer les naseaux avant/après, je prépare les albums qui vont s’enchainer, la bouteille d'eau a coté du lit. Je commence la playlist en prenant ma première trace, que je juge au pif (!) à 50/60mg, avec Valoverunt, de Bank Myna. Un groupe de post-rock expérimental assez contemplatif, ce qui colle très bien au moment. Je fini de tout préparer et me pose à ma fenêtre pour allumer mon joint. Seule une infime partie de la lune est éclairée par le soleil, me laissant donc apercevoir un fin croissant que j’admire de longues minutes en tirant quelques lattes. C’est en me disant la Lune me semble si proche pour un objet si lointain, et en m’imaginant le Soleil, de l’autre côté de la Terre, dont les rayons se reflètent sur cette fine surface, que je comprends que le top départ de cette session a déjà été discrètement lancé.
Je sais que la weed que j’ai, que j’ai la chance d’obtenir chez le producteur directement, est particulièrement forte. En général, deux trois bouffées suffisent à me faire bafouiller. Je monte donc à 6. Et quand le froid se fait un peu trop désagréable pour que le bruit des criquets et le spectacle offert par la lune et les nuages qui l’entourent ne suffisent plus à l’ignorer, je file me plonger sous les couvertures.
La deuxième trace, qui doit être à 100mg, est là, mais ce n’est pas encore son tour. Je me laisse emporter doucement par la musique quelques instants, je profite de ces sensations un peu nouvelles, j’apprends à découvrir la synergie entre le cannabis et la K. C’est très agréable, la montée est un faux-plat : je ne me rends presque pas compte que je suis perché. Évidemment, aller pisser me fait comprendre que j’ai déjà fait un peu de dénivelé et certaines perceptions sont déjà pas mal altérées, mais c’est pas encore le parcours du combattant.
Vient le moment ou les effets de la première trace semblent doucement s’en aller, et où je me lance pour la suite des événements. On passe sur la 2e trace et le 2e album, EIMURIA, du même groupe. Petit à petit, je me sens glisser dans des sensations à la fois connues et nouvelles. L’effet des deux substances ne m’est pas étranger, mais cette interaction est pour le coup agréablement étrange. C’est la que la description devient plus difficile. Les souvenirs sont vagues et imprécis, les mots pour décrire les sensations difficiles à trouver. C’est comme une impression de glisser, ou de s’enfoncer, de s’enliser ? Ce que j’apprécie particulièrement, c’est d’avoir en tout temps l’impression d’être complètement ok avec la tournure que peuvent prendre les événements, quelle qu’elle soit. Les variations de rythme et d’intensité de la musique me font voyager.
Les yeux fermés, je vois des couleurs qui dansent et se meuvent au gré du son et de mes envies je me rappelle à quoi est du ce phénomène : la K vient complètement chambouler la manière dont fonctionne les systèmes sensoriels du cerveau. Yeux ouverts ou fermés, les images restent : pas de doute, les yeux sont devenus inutiles pour voir, mon cortex visuel se débrouille très bien tout seul. Est-ce que j’y peux quelque chose de penser à cela, j’ai passé 5 ans de ma vie à travailler sur traitement des sons et des images par le cortex cérébral, forcément ça reste. Et cette pensée me fait m’imaginer, presque ressentir, tous les changements qui se produisent bien littéralement dans ma tête.
Au fur et à mesure que la musique passe, je me sens partir de plus en plus loin. Tout se transforme autour de moi, je m’enlise et m’embourbe encore plus dans un nuage très confortable. Je me laisse faire, de toute façon je suis là pour ça. Je passe un moment à voyager à travers les sons et les couleurs sans vraiment chercher à comprendre, contemplatif de ce qu’est capable de produire mon esprit. Le troisième album commence : II, du groupe Arrm. Un album instrumental d’un petit groupe tirant ses influences de la drone, de l’ambient et du jazz. Un mélange aussi intriguant que celui qui s’empare de mon cerveau.
Être assis sur la plage à observer les vagues me donne envie d’aller nager, et me voilà en train d’essayer, ou plutôt de réussir, à interagir avec ce son et ces lumières. Je tends mes mains et semble pouvoir jouer avec. J’explore cet endroit quelques instants, puis me sent remettre les pieds sur le sol la réalité que j’avais quitté quelques instants auparavant. Hors de question que le voyage se termine maintenant.
Heureusement j’avais anticipé ce moment. Pour ne pas rallumer la lumière, j’ai prévu la frontale, et sa lumière rouge me permet de préparer deux petites traces de sable blanc, de la même taille que la première. Ne sait-on jamais, je préfère y aller par pallier.
Le marchand de sable passé, je m’enfonce dans une nouvelle vague de rêves surréalistes. La lumière de ma frontale est restée allumée. Je la tiens dans une main. Dans l’autre, la télécommande de mon ampli. J’ai la sensation de maitriser le son (en tout cas, j’augmente le volume de la musique), et l’image : mes doigts jouent avec la lumière de la frontale pour créer des visuels qui me paraissent bien plus somptueux que de simples ombres. Les formes prennent vie, dansent, disparaissent, d’autres viennent. Les interactions entre les informations créées de toute pièce par mon cortex visuel et celles qu’il reçoit véritablement de mes yeux se mélangent, se confondent et me fascinent.
Le 4e album commence, la 4e trace est sniffée, et le combo des deux et va me faire vriller encore un peu plus. Advaitic Songs, Om. Là, c’est le coup de grâce. Les effets de la K sur le son est bien présent, je perçois bien depuis un moment que les fréquences parfois se mélangent dans ma tête. Je perçois malgré tout le rythme lent, hypnotique, de la musique, reprenant des accents liturgiques et orientaux. L'architecture du son est familière, je connais bien l'album, mais je la sens ébranlée par l'altération de mes sens. Ces musiques me happent, m’emmènent avec elles dans leur univers, et je les suis, parfaitement consentant, plongeant cette fois littéralement, pour ce que j’en ressens, dans les limbes de ma conscience. Tout s’effondre mollement, agréablement. Je tombe à l’infini dans une chute douce, et tout autour de moi, l’indescriptible chaos de mon esprit m’enveloppe d'une couverture sombre et réconfortante.
Je ne suis pas en mesure de description plus détaillée de ce moment. J’étais là, mais pas trop non plus. J’étais bien en tout cas.
La musique s’arrête. Mon esprit s’amuse encore. Le silence n’est pas un problème, je prends le temps d’écouter le vide. Et sans vraiment que je ne m’en rende compte, je passe des rêves au sommeil.
Je note quand même que le lendemain matin, j’avais un peu la tête dans le guidon, signe que j’avais pas mal tapé sur le cannabis. J’ai dû prendre 250-300mg de K au total aussi, une quantité qui ne m’est pas inconnue, mais au-dessus de ma moyenne habituelle. Une paire de cafés pour s’en remettre d’ici midi je suis parfaitement réveillé, encore impressionné par ce que j’ai vécu la veille.
J’ai eu ma dose, comme on dit, et je sens que je n’ai plus besoin/envie de me mettre une perche ces prochains jours. Auparavant, j’avais déjà fait un mélange avec des champis. Ils étaient un peu vieux et plus très puissants, j’ai donc voulu les booster avec un peu de cannabis. Au début c’était formidable, je suis parti dans une transe qui m’a fait beaucoup de bien, mais à mesure que l’effet psychédélique s’amenuisait, je tombais dans des boucles de pensées assourdissantes qui m’ont épuisé et qui semblaient ne jamais se finir. J’ai donc mis un peu de coté les mélanges au cannabis, par crainte de retomber dans des spirales similaires. Je suis donc très satisfait de cette nouvelle expérience, que je n’aurais pas pu découvrir dans les autres personnes de ce forum, et viens ainsi partager la mienne sur ce mélange que j’aurais autrement surement hésité à tenter.
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