Les opiacés au quotidien

#1 
Bingé homme
Nouveau membre France
11 juillet 2026 à 11:35
Bonjour à tous,
Je lance cette discussion car je suis à la recherche de conseil.
J’ai 23 ans, de mes 14 à mes 18 ans je consommais de la codéine et du tramadol, de mes 18 ans à mes 21 ans de l’odsmt et depuis 2 ans je prends de l’ic 26 methiodone.
Pourquoi je suis tombé dedans ? Un problème de santé qui m’a laisser immobile 5 mois, des douleurs toute l’année qui ont suivi donc les opiacés étaient mon soulagement.
Cependant maintenant ils sont devenus mon bonheur et sans eux je ne fais rien, je prends aucun plaisir à rien, je n’ai envie de rien, etc.
Je suis rarement sans produit mais par exemple jusqu’à lundi ( au minimum ) je n’aurais pas d’ic 26 car le colis a pris du retard.
J’ai des dicodin pour ne pas avoir le symptôme de manque mais ce qui m’inquiète le plus c’est que si je n’ai pas la dose nécessaire pour avoir l’effet que je recherche je ne suis pas bien.
Je fais des études, je travail à côté mais une pensée me reviens de plus en plus en tête, si à 23 ans j’en suis là, que mon bonheur dépend d’une substance, j’en serais où dans 10 ans ?
Si des personnes qui sont passer par là ont des conseils je suis preneur, merci à ceux qui apporteront une réponse

Édit : j’ai une passion que j’aime vraiment et avec laquelle je prends énormément de plaisir en temps normal, aujourd’hui je n’ai pas ce qu’il me faut donc j’ai 0 envie de consacrer ne serait ce que une minute à celle ci ( et ça c’est encore plus inquiétant que le reste )

Dernière modification par Bingé (11 juillet 2026 à 11:37)

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#2 
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cependant
Modo bougeotte
11 juillet 2026 à 17:17
Salut,

C'est impossible de te dire où tu en seras dans 10 ans...
Mais toi même tu dis que tu t'actives, tu  réalises tes objectifs pro, il n'y a pas de raisons que tu sois ailleurs que là où tu veux aller :)

En gros j'ai l'impression que tu dis que ton bonheur dépend d'une molécule, mais ilme semble que c'est une vision un peu réductrice

J'avoue moi aussi ça fait plus de dix ans que je prends des opiacés, à coté de ça aussi je réalise des choses, j'ai des plaisirs et je ne le mets pas en compétition

Juste je me dis que ma vie ça ne sera pas meilleure sans...
Que, certes, la tolérance m'inquiète parce que j ai appris avec le temps que c'est quelque chose qui contribue à mon équilibre

Même si j'ai tout fait en sorte pour que ce ne soit jamais un empêchement, mais au contraire un support et parfois échappatoire

Bref, l'alléger de la culpabilité pour moi c'est le premier pas pour bien vivre...et qui vivra verra :)

fugu kuwanu hito niwa iwaji

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#3 
Bingé homme
Nouveau membre France
11 juillet 2026 à 18:38

cependant a écrit

Salut,

C'est impossible de te dire où tu en seras dans 10 ans...
Mais toi même tu dis que tu t'actives, tu  réalises tes objectifs pro, il n'y a pas de raisons que tu sois ailleurs que là où tu veux aller :)

En gros j'ai l'impression que tu dis que ton bonheur dépend d'une molécule, mais ilme semble que c'est une vision un peu réductrice

J'avoue moi aussi ça fait plus de dix ans que je prends des opiacés, à coté de ça aussi je réalise des choses, j'ai des plaisirs et je ne le mets pas en compétition

Juste je me dis que ma vie ça ne sera pas meilleure sans...
Que, certes, la tolérance m'inquiète parce que j ai appris avec le temps que c'est quelque chose qui contribue à mon équilibre

Même si j'ai tout fait en sorte pour que ce ne soit jamais un empêchement, mais au contraire un support et parfois échappatoire

Bref, l'alléger de la culpabilité pour moi c'est le premier pas pour bien vivre...et qui vivra verra :)

Merci sincèrement pour ton message

Pour être honnête ce qui m’inquiète c’est les choix que je vais faire.
J’étais en couple, elle ne savait pas que je prenais des opiacés, c’était une fille très bien mais je préférais prendre ma dose et en profiter ( chaque coucher de soleil je prends de l’ic 26, je prend ma voiture et je vais dans des endroits où il n’y a personne, la plupart du temps je suis à la campagne ).
Et ça c’est fini en rupture parce qu’il y avait trop de cachoterie.

Les seuls avec qui j’arrive à garder le masque c’est mes parents.
Mon frère à sombrer totalement, il a tout perdu et mes parents disent que c’est à cause de la drogue ( c’est surtout parce qu’il a un problème mentale ) donc je cache tout pour pas les détruire.

C’est rassurant de savoir qu’il y a des gens comme toi qui consomment depuis longtemps mais qui réussissent quand même leur vie parce que pour les gens comme moi, l’avenir est floue et on a pas mal d’inquiétude.


Dernière chose, je me suis beaucoup isolé, je vois toujours de temps en temps 2 amis que je considère comme mes frères mais d’un point de vue social ma vie n’a rien à voir avec celle que j’avais.
Et je ne sais pas si c’est normal mais la solitude ne me dérange absolument pas, au contraire même.

Ma vie c’est : étudier, travailler, se droguer, profiter seul des choses qui me procure du bonheur

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Coucou Binge salut ,

Je suis aussi un consommatrice d'opi' depuis mes 19 ans (j'en ai 44), avec une seule vrai pause complète de presque trois ans, et quelques pause plus courtes d'un an / un an et demi (grossesses)

Pas tout à fait la même situation que toi puisque pour moi, ce n'est pas tous les jours mais plutôt des sessions pour kiffer, absolument indispensable à mon équilibre.
(Mon seul arrêt longue durée de trois ans ne m'a fait aucun bien et j'ai finis quasiment suicidaire)


Je fais des études, je travail à côté mais une pensée me reviens de plus en plus en tête, si à 23 ans j’en suis là, que mon bonheur dépend d’une substance, j’en serais où dans 10 ans ? Si des personnes qui sont passer par là ont des conseils je suis preneur, merci à ceux qui apporteront une réponse

Je n'ai pas de boules de cristal, mais il me semble que c'est une question d'équilibre personnel.

Tu fais des études, tu travailles, tu as même une passion, tu sais ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas, et tu ne sembles pas avoir particulièrement besoin d'autres personnes pour être bien et avancer, donc je ne vois aucune raison pour que tu ne puisses pas faire ce dont tu as envie.

À moins que cette évolution de ta vie sociale t'inquiètes ?

Je te pose cette question car personnellement, je suis plutôt une solitaire.
Pas complétement asociale lol, mais les interactions "normales" me fatiguent alors que les rares avec des personnes que j'apprécie valent de l'or.
Et je sais que c'est un mode de fonctionnement jugé "anormal" ou "inquiétant" pour beaucoup.
Est-ce que c'est quelque chose comme ça qui te pousse à t'interroger ?

Je suis peut-être complètement à côté de la plaque, alors n'hésites pas à me le dire.

Biz'
Prends soin de toi


Respecter quelqu'un, c'est l'accepter comme il est. Pas comme tu voudrais qu'il soit.

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#5 
Bingé homme
Nouveau membre France
11 juillet 2026 à 20:41

Jessiemabrune a écrit

Coucou Binge salut ,

Je suis aussi un consommatrice d'opi' depuis mes 19 ans (j'en ai 44), avec une seule vrai pause complète de presque trois ans, et quelques pause plus courtes d'un an / un an et demi (grossesses)

Pas tout à fait la même situation que toi puisque pour moi, ce n'est pas tous les jours mais plutôt des sessions pour kiffer, absolument indispensable à mon équilibre.
(Mon seul arrêt longue durée de trois ans ne m'a fait aucun bien et j'ai finis quasiment suicidaire)


Je fais des études, je travail à côté mais une pensée me reviens de plus en plus en tête, si à 23 ans j’en suis là, que mon bonheur dépend d’une substance, j’en serais où dans 10 ans ? Si des personnes qui sont passer par là ont des conseils je suis preneur, merci à ceux qui apporteront une réponse

Je n'ai pas de boules de cristal, mais il me semble que c'est une question d'équilibre personnel.

Tu fais des études, tu travailles, tu as même une passion, tu sais ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas, et tu ne sembles pas avoir particulièrement besoin d'autres personnes pour être bien et avancer, donc je ne vois aucune raison pour que tu ne puisses pas faire ce dont tu as envie.

À moins que cette évolution de ta vie sociale t'inquiètes ?

Je te pose cette question car personnellement, je suis plutôt une solitaire.
Pas complétement asociale lol, mais les interactions "normales" me fatiguent alors que les rares avec des personnes que j'apprécie valent de l'or.
Et je sais que c'est un mode de fonctionnement jugé "anormal" ou "inquiétant" pour beaucoup.
Est-ce que c'est quelque chose comme ça qui te pousse à t'interroger ?

Je suis peut-être complètement à côté de la plaque, alors n'hésites pas à me le dire.

Biz'
Prends soin de toi

Salut, merci bcp pour ton message

Pour répondre à ta question je suis solitaire et ça ne me fais pas de mal, je me sens 100x mieux quand je suis seul que quand je suis avec des gens ( sauf mes parents qui sont des personnes exceptionnelles, ils s’ouvriraient les veines pour leurs enfants ).
Un exemple, une soirée avec des anciens collègues il y a 3 semaines, j’étais invité, j’y suis aller, je suis parti à 1h car je me faisais chier et que je voulais du silence.
Et pourtant j’avais pris ma potion magique, tout allait bien dans ma tête mais je voulais être seul.

Ça ne me dérange pas, au contraire mais je pose énormément de question.
Quand je regarde les personnes de mon âge je vois que j’ai quasiment rien en commun ( les gens que j’ai côtoyer, c’est pas une généralité ).
Et le pire, ils prennent de l’alcool en soirée jusqu’à faire un coma mais ils se sont limite moqué d’un très bon amis qui fume un petard le soir
Dernière chose, j’ai deux amis qui sont comme des frères, les deux fument des petard
D’après les clichés les gens diraient que c’est nous qui seraient bizarre, qui auraient pas d’avenir et ainsi de suite.
C’est les seuls personnes avec qui on parle d’avenir, de projet et ainsi de suite.

Pour revenir à ta question, tout cela me va très bien mais j’ai l’impression d’être bizarre.
Si on apprenait ce que je consomme on me verrait comme le cliché d’un toxico qui est quasiment sdf.
Ça m’inquiète aussi de savoir que je préfère prendre ma drogue et peindre plutôt que d’entretenir une vie sociale comme tout le monde.
Bref, c’est énormément de chose mais je me sens différent des gens de mon âge et je me questionne sur les potentiels conséquences de la solitude.
J’ai une question, toi qui est solitaire, tu l’as vécu comment ? Tu as vu des conséquences ?

Je te remercie sincèrement pour ton message, c’est un plaisir de parler avec des personnes comme toi

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Ça m’inquiète aussi de savoir que je préfère prendre ma drogue et peindre plutôt que d’entretenir une vie sociale comme tout le monde.

Ah bah moi mon plus gros kiff c'est opi' + écrire (ou peindre) lol

J'en connais quelques autres qui fonctionnent aussi comme ça, notamment une nana rencontré il y a quelques mois branchée champi ou LSD + dessin.
Tout comme moi, elle préfère largement ça a une soirée Mainstream.
Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça.
On a bien le droit d'avoir nos préférences et aussi le droit de ne pas aimer ce qu'aiment la majorité, non ? wink

J’ai une question, toi qui est solitaire, tu l’as vécu comment ? Tu as vu des conséquences ?

Euh, je pourrais te dire "c'est génial, aucune conséquence négative" mais ce serait un sacré mensonge.

Personnellement, ça me fait du mal si je dois porter un masque social "parfait" trop longtemps et faire semblant d'être ce que je ne suis pas, sans pouvoir équilibrer à côté avec mes sessions et quelques relations sociales que je choisis (presque tous aussi "anormaux" que moi.)
Attention : "anormaux" au sens purement ethymologique "hors norme", zéro jugement de valeur.
Dans ce cas, le moral plonge, souffrance psychologique qui augmente, je vais mal.

Par contre, j'ai remarqué un effet positif qui m'a étonné : apparemment, le combo "étiquette artiste / passionné par un truc" + "sociabilité limité", ben, ça intrigue les gens plus proche de la norme et au fil des années, ça me permet plus d'excentricité.
On met mon comportement sur le compte d'un "tempérament artistique original" et pas sur ma conso' que je garde soigneusement secrète IRL.

Pour info, je bosse, je suis mariée depuis 18 ans, mère de famille nombreuse, donc objectivement plutôt stable il me semble. smile

Par contre, le fait de ne pas être fan des activités qui attirent les personnes de ma génération m'a peut être fait louper des opportunités.
Enfin, je suppose.
Pure spéculation de ma part.

Bref, dans le fond, je pense qu'on est pas tous identiques (Bonjour l'évidence lol) et que ce n'est pas un crime de ne pas se reconnaître dans l'archétype de ce qu'on est sensé être et aimer, selon les critères de la société.

Et heureusement, non ? T'imagines une société de clones ? Qu'est ce qu'on s'emmerderait


Respecter quelqu'un, c'est l'accepter comme il est. Pas comme tu voudrais qu'il soit.

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#7 
Bingé homme
Nouveau membre France
Hier à 15:10

Jessiemabrune a écrit

Ça m’inquiète aussi de savoir que je préfère prendre ma drogue et peindre plutôt que d’entretenir une vie sociale comme tout le monde.

Ah bah moi mon plus gros kiff c'est opi' + écrire (ou peindre) lol

J'en connais quelques autres qui fonctionnent aussi comme ça, notamment une nana rencontré il y a quelques mois branchée champi ou LSD + dessin.
Tout comme moi, elle préfère largement ça a une soirée Mainstream.
Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça.
On a bien le droit d'avoir nos préférences et aussi le droit de ne pas aimer ce qu'aiment la majorité, non ? wink

J’ai une question, toi qui est solitaire, tu l’as vécu comment ? Tu as vu des conséquences ?

Euh, je pourrais te dire "c'est génial, aucune conséquence négative" mais ce serait un sacré mensonge.

Personnellement, ça me fait du mal si je dois porter un masque social "parfait" trop longtemps et faire semblant d'être ce que je ne suis pas, sans pouvoir équilibrer à côté avec mes sessions et quelques relations sociales que je choisis (presque tous aussi "anormaux" que moi.)
Attention : "anormaux" au sens purement ethymologique "hors norme", zéro jugement de valeur.
Dans ce cas, le moral plonge, souffrance psychologique qui augmente, je vais mal.

Par contre, j'ai remarqué un effet positif qui m'a étonné : apparemment, le combo "étiquette artiste / passionné par un truc" + "sociabilité limité", ben, ça intrigue les gens plus proche de la norme et au fil des années, ça me permet plus d'excentricité.
On met mon comportement sur le compte d'un "tempérament artistique original" et pas sur ma conso' que je garde soigneusement secrète IRL.

Pour info, je bosse, je suis mariée depuis 18 ans, mère de famille nombreuse, donc objectivement plutôt stable il me semble. smile

Par contre, le fait de ne pas être fan des activités qui attirent les personnes de ma génération m'a peut être fait louper des opportunités.
Enfin, je suppose.
Pure spéculation de ma part.

Bref, dans le fond, je pense qu'on est pas tous identiques (Bonjour l'évidence lol) et que ce n'est pas un crime de ne pas se reconnaître dans l'archétype de ce qu'on est sensé être et aimer, selon les critères de la société.

Et heureusement, non ? T'imagines une société de clones ? Qu'est ce qu'on s'emmerderait

Je suis totalement d’accord avec « le masque social », sourire quand on ne le désire pas, sortir quand on ne le veut pas et ainsi de suite est pesant à la longue.

Désolé de te prendre de ton temps mais j’ai une dernière question.
Quand je ne prend rien j’ai l’impression d’être vide, je n’ai envie de rien et je ne fais rien, je ne consacre pas une seule minute à ma passion et ainsi de suite.
Je fais une seule chose, je prends des lyrica pour me détendre un peu et dormir 2-3 heures.
Par exemple, depuis vendredi je n’ai plus rien ( retard de colis ), je reçois mon colis demain ou mercredi normalement mais depuis vendredi sa se résume à boulot, lyrica ( + dicodin ou Izalgi en dose minimale pour ne pas avoir le manque physique ), musique et dodo.
Est ce que ça t’arrive aussi ? Est ce que c’est normal ? Est ce que je dois consulter ?

La dépendance physique est une chose mais la dépendance psychologique que j’ai aux opiacés me paraît assez anormal.
Quand je prend de l’ic 26 j’ai envie de peindre ( oui je suis un grand de fan Warhammer ), de lire, de jouer, d’étudier, je bosse sans réticence mais quand je n’ai rien mon cerveau passe en mode survie et je fais uniquement les choses qu’il faut pour garder le masque social dont tu parles ( boulot, sourire et discuter jusqu’à trouver une excuse pour partir ).

En tout cas je te remercie pour tes messages, les personnes comme toi qui ont de l’expérience apportent énormément de conseil et de réconfort aux jeunes dans ma situation ( et on en a besoin )

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#8 
Jessiemabrune femme
Nouveau Psycho French Polynesia
Hier à 19:21

Désolé de te prendre de ton temps mais j’ai une dernière question.

Ah bah non alors ! Pas de "désolé" !
C'est justement à ça que sert le fofo : transmettre nos expériences, le savoir empirique, au cas où ça puisse servir à d'autres.
wink

Quand je ne prend rien j’ai l’impression d’être vide, je n’ai envie de rien et je ne fais rien, je ne consacre pas une seule minute à ma passion et ainsi de suite. Je fais une seule chose, je prends des lyrica pour me détendre un peu et dormir 2-3 heures. Par exemple, depuis vendredi je n’ai plus rien ( retard de colis ), je reçois mon colis demain ou mercredi normalement mais depuis vendredi sa se résume à boulot, lyrica ( + dicodin ou Izalgi en dose minimale pour ne pas avoir le manque physique ), musique et dodo. Est ce que ça t’arrive aussi ? Est ce que c’est normal ?

Je ne sais pas si c'est normal, mais ce que je peux te dire, c'est qu'avec les opi "pur" que moi j'ai testé (donc un peu codé, beaucoup plus héro), je n'avais envie de rien les quelques jours suivant une session.

Pour l'héro ça remonte à un moment maintenant et je ne prenais pas de note donc je ne suis plus certaine des chiffres, mais de mémoire, durant les quatre ou cinq jours suivant, le monde était "plat" : j'arrivais à me forcer à remplir mes obligations, mais tout m'emmerdait et je n'avais envie de rien, même pas écrire.

En fait, je n'avais envie que d'une seule chose : une autre session.
(Comme c'est surprenant lol )

Par contre, le weekend suivant, donc six / sept jours plus tard, ça allait mieux. Je pouvais à nouveau écouter de la musique avec plaisir, écrire, retrouver du plaisir ailleurs.

J'ai toujours considéré que ça faisait partie du package : je kiffe deux jours, je paie la facture pendant une petite semaine ensuite.

Si toi, tu as l'habitude de consommer tous les jours, il me semble normal que tu aies une phase "down" sans motivation ni envie de rien, si brutalement tu es "à sec" plusieurs jours de suite.

Je ne veux pas jouer les emmerdeuses, mais est-ce que tu as déjà essayé de faire volontairement des pauses sans aucune conso' pour voir comment tu les supportais (les pauses) et combien de temps il te fallait pour retrouver de la motivation pour autre chose ?
Ça pourrait te donner de bonnes indications pour savoir si tu considères que ta conso' est ok ou si tu trouves qu'elle est problématique.

En tout cas, n'hésites pas à nous tenir au courant.

Biz'
Prends soin de toi

Ps : Warhammer ? 40.000 ou l'ancien monde ? Moi j'avais les Elfes Sylvain et les Hommes Lézards lol

PPS : d'autres ici ont beaucoup, beaucoup plus d'expérience et surtout de connaissances, que moi. Mais quand je peux apporter un petit quelque chose, c'est avec plaisir.


Respecter quelqu'un, c'est l'accepter comme il est. Pas comme tu voudrais qu'il soit.

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#9 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
Hier à 20:59
Hello,
J'ai exactement la même expérience que Jessiemabrune et cela semble correspondre à ce que je connais des effets biochimiques de la came sur notre cerveau.

Quand j'en consomme, même 1 jour, à J+2 je suis totalement à plat, déprimé, et motivé par rien et ça dure quelques jours. Et si je consomme sur plus longtemps, cette conséquence est démultipliée.

L’héroïne se transforme en morphine quand on la consomme ce qui active nos récepteurs opioïdes qui sont normalement stimulés par les endorphines (une molécule comme la morphine mais qui vient de l'intérieur de notre corps), entre autres.

Donc quand on prend de la came, surtout sur le long terme, le corps produit moins d’endorphines et les récepteurs se désensibilisent car ils sont trop stimulés, c’est un mécanisme de régulation de la cellule.
 
On le sait moins mais l’héroïne permet aussi une forte libération de dopamine, c’est ça qui fait la sensation de plaisir, de récompense, de motivation. Et là pareil, les récepteurs se désensibilisent donc notre système de récompense devient paresseux, il lui en faut toujours plus pour réagir et les trucs normaux de la vie deviennent totalement insuffisants pour qu'il y trouve le moindre intérêt.

Donc quand j'arrête la came, plus rien de m’est agréable, je n’ai plus aucune motivation, je suis épuisé et complètement déprimé, l’inverse de ce que j’éprouvais sous héroïne, comme un retour du balancier.

Cela peut aussi s’accompagner chez moi d’un grand stress, je suis irritable, j’ai des insomnies, des cauchemars, etc (juste au niveau des symptômes psychiques).

Le problème est que si on a désensibilisé pendant très longtemps son cerveau, le retour à la normale peut être extrêmement long, je pense que c'est ça qu'on appelle parfois le PAWS, le syndrome de sevrage prolongé.

Le cerveau n’arrive plus à produire suffisamment de dopamine et d’endorphine et en plus, les récepteurs sont totalement désensibilisés donc ce qu’il reçoit ne suffit pas. Donc on est déprimé, sans énergie, stressé, etc, et ce qui nous procure habituellement de la joie et nous donne de l’énergie, bah ça suffit plus, et on peut finir par reconsommer car supporter ça quelques jours ça va, mais quand ça dure des semaines, ça peut être insupportable et démoralisant, on se dit qu’on s’en sortira jamais, donc on retape, et en faisant ça on remet une pièce dans la machine.

C’est pour ça qu’il y a certains addictologies qui considèrent que les chances d’arrêter la came sans traitement de substitution suite à une conso de long terme sont quasi nulles, et ils ont de multiples expériences de gens qui refusent de prendre des traitements pendant des mois, mais qui finissent par accepter car ils voient bien qu’ils reconsomment à chaque fois au bout d’un moment car c’est trop dur et que cela dure trop longtemps.

Je consomme pour ma part ponctuellement, mais j’essaye d’être vigilant et de pas consommer au long court, car désapprendre à son cerveau à ressentir du plaisir, du bonheur, de la motivation, à avoir de l’énergie au naturel, et que cela peut mettre des semaines ou des mois à revenir, cela me fait quand même bien flipper.

Désormais, par contre, je ne fais plus d'arrêt sec, j'ai bien compris que souffrir, ça me traumatise la cervelle et que ça sert à rien. Donc je prends de la métha quelques jours en diminuant rapidement (et à la limite je passe sur du tram quand j'ai bien baissé la métha pour finir le sevrage tranquilou). Et je suis autonome, pas besoin d'aller quémander mes molécules à un médecin, à me soumettre à sa bonne volonté et à écouter sa morale, j'achète ce dont j'ai besoin sur le dark.

Pour le cerveau, il faut pas se dire que c’est en mode on-off. C’est long, mais on récupère progressivement, et on peut récupérer plus vite en mettant certaines choses en place dans sa vie (alimentation, sommeil, sport, etc). Et pour ma part, cela ne m’empêche pas de taper de temps en temps même si je garde quand même tout cela en tête : en consommant, je désensibilise ma cervelle à être heureux de ce qui m’arrive dans ma vie, à m’intéresser aux choses de ma vie, à avoir de l’énergie pour faire les choses, et ça bien sûr, je l’ai connu, donc je veux l’éviter au maximum.

En tout cas, le fait que tu ne ressentes plus de plaisir à tes activités lors de tes arrêts de conso, me semble bien correspondre au fonctionnement du produit, pas à une particularité individuelle.

Pour ma part, quand je consomme de la came, je deviens totalement passif, je vois plus personne, j'arrête mes activités, je reste chez moi, etc. Bah oui, la came me comble et rien d'autre n'arrive à sa cheville, pourquoi je continuerais tout ça ? Sauf que rien faire de ma vie, ça la fait pas avancer, et souvent même, en faisant rien, elle peut aussi s'empirer, j'ai donc bien pris conscience du piège que pouvait être ce produit pour moi.

Dernière modification par silae (Hier à 21:05)

Reputation de ce post
 
Super explication, claire et précise. J

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