Ça fait environ 4 ans que je suis tombée dans les drogues et honnêtement j’ai été très loin. J’ai connu les stimulants, l’alcool, le
cannabis, les médocs, les mélanges, les surdoses, les malaises, les moments où tu te retrouves par terre à te dire que t’as peut-être été trop loin cette fois.
Aujourd’hui j’ai environ 4 mois sans drogues dures, 4 jours sans
alcool et 2 jours sans
beuh. C’est pas parfait, j’ai eu des rechutes, mais j’essaie de plus voir ça comme “j’ai tout gâché”. Je repars juste de là où j’en suis.
J’ai été hospitalisée, énormément shootée aux médocs aussi. Mes prefs c’était clairement la
Ritaline LI et le
Concerta, mais j’ai aussi eu des traitements pour l’alcool etc. Au final pendant des années je cherchais toujours un truc pour changer mon état : être + stimulée, + calme, oublier, ne plus penser, ne plus ressentir.
Et c’est ça le piège. Sur le moment ça peut te donner l’impression que tout est mieux, mais après tu payes tout. Argent, santé, sommeil, mémoire, relations, temps, dignité parfois. J’ai failli mourir plusieurs fois, j’ai fait des trucs de dingue, je me suis mise dans des situations ultra dangereuses, j’ai vécu des violences sexuelles dans des moments où j’étais trop vulnérable pour me protéger. Et malgré tout ça je continuais.
Le pire c’est qu’à la fin tu consommes même plus forcément pour être bien. Tu consommes juste pour pas être mal. Pour éviter le vide, le manque, l’angoisse, la
descente. Et quelques heures après t’es exactement au même point, voire pire.
Je veux pas faire la morale ni dire que “si tu consommes t’es foutu”, parce que je sais très bien que quand t’es dedans c’est pas aussi simple. Mais perso j’ai compris que si je continuais comme avant, ça finirait forcément très mal. Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, mais un jour.
Et si y a un truc que j’aurais aimé qu’on me dise avant, c’est que la vie sobre est pas vide. Au contraire. Tu récupères ton temps, ton argent, tes souvenirs, tes matinées, tes projets, ta liberté. Tu recommences à apprécier des trucs tout simples sans avoir besoin d’être défoncé pour les ressentir.
C’est pas facile tous les jours, y a des
cravings, des rechutes, des moments où t’as envie de tout envoyer chier. Mais franchement, si vous saviez à quel point la vie sobre peut être belle après avoir passé des années à survivre au lieu de vivre.
Je suis encore au début, j’ai encore énormément de chemin, mais pour la 1ère fois depuis longtemps j’ai envie de voir la suite.
Dernière modification par Anonyme_E (09 septembre 2026 à 13:27)