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cependant a écrit
Du coup, que tu te retrouves en manque à cause du médecin qui ne veut pas assumer ce qui a initié, je trouve ça extrêmement violent !
Je rejoins totalement Cependant.
C’est comme avec la mise sur la liste des médicaments stupéfiants du Tramadol et de la codéine: avant cette décision, ça prescrivait joyeusement, dans tous les sens, j’en suis témoin, je me suis sortie juste à temps d’une énorme et très longue addiction au Tramadol. J'ai pu m’en faire prescrire pendant une longue période très facilement.
Et pour ceux qui n’ont pas eu le temps, ou tout simplement la possibilité comme moi, de trouver une solution avant la date effective de la loi se sont retrouvés avec des médecins qui leur avaient joyeusement prescrit du Tramadol (je parle du Trama car c'était mon combat, mais il en a été exactement de même pour toutes les préparations à base de codéine), la nouvelle loi faisant planer sur eux un contrôle accru en cas de prescription, hop, on coupe les vannes, certains médecins ayant prescrit sur des années ce type de molécules à des patients ont refusé net de continuer, du jour au lendemain.
Je peux te dire que j’en ai entendu des vertes et des pas mûres, au CSAPA dans lequel je suis passée (1 an avant la prise d'effet de cette loi) du Tramadol à la Méthadone.
OrgaWZ a écrit
En tout cas ton médecin il/elle a oublié le serment d’Hippocrate je crois !
J'allais écrire la même chose.
J'ai remarqué avec dégoût à quel point il est facile pour certains médecins de contourner le serment d’Hippocrate.
Je pourrais te raconter une ou deux petites histoires pas piquées des vers, qui prouvent que ce serment, en lequel j’avais bêtement foi auparavant, ne représente en réalité pas grand-chose, et se contourne sans vergogne.
C’est PRÉCISÉMENT LE CAS DE LA MÉDECIN QUI TE SUIS.
Tu dis "Elle n'aime pas ça du tout."
Mais et toi, tu aimes peut-être te retrouver à être soit obligée de souffrir un peu tout le mois, en respectant les posologies visiblement insuffisantes (elle ne doit clairement pas savoir les douleurs atroces que cause une endométriose, celle-là
), ou bien essayer de te soulager tant bien que mal, en te retrouvant "en rade" en fin de mois, avec un traitement qu'il est IMPOSSIBLE d'arrêter du jour au lendemain?
Un chevauchement n'est pas un "risque" que prend le médecin, il doit simplement être capable de le justifier en cas de contrôle.
Dans ton cas, c'est très simple.
Tu ne t’es pas juste foulé le petit doigt, hein.
L’endométriose est de plus en plus mise sur le devant la scène comme une affection MAL PRISE EN CHARGE au niveau de la douleur, et on sait maintenant à quel point elle peut être douloureuse, vicieuse et polymorphe.
Donc te laisser te démerder avec un traitement visiblement insuffisant, tout en NIANT ta douleur, si je te lis bien, elle a DÉCRÉTÉ que l’Oxynormoro "agit sur les douleurs chroniques", c’est vrai, mais a t-elle pensé à revoir le dosage? Visiblement, non. Ah, et "Il faut que tu arrêtes..." Cette phrase me met dans une colère noire.
Il faut que tu arrêtes quoi? D’avoir mal?
D’oser le dire?
C’est typiquement le genre d’ignominies que tant de médecins se permettent, sachant parfaitement détenir "le pouvoir", si je puis m'avancer sur ce terrain, on se permet de penser à ta place, ET d'évaluer TA douleur à TA place.
Je bous de bon matin (il est 6h25, et je suis déjà remontée comme une pile!
)
C'est intolérable, et j'espère que tu en as conscience.
Donc:
-Premièrement, s’agit t-il de ton/ta médecin traitant(e)?
Et si tu allais voir un peu ailleurs, tu dis être dans un désert médical, donc j'imagine que tu n’as pas vraiment de choix, je demande juste au cas où...
-Deuxièmement je suivrais les conseils de Cependant.
cependant a écrit
mais perso si je me retrouvais dans la même situation, vu que j'habite en ville en ce moment, j'irais à une distribution gratuite de méthadone (ça dépend des villes, il n'y a que dans les grandes villes de France.
Est t-il possible de faire un peu de route jusqu'à une ville disposant de ce type d'accueil?
Rester "sans rien" pendant plusieurs jours, de peur de déranger cette chère docteure n’est pas envisageable.
Soit tu as la possibilité de faire de la route pour accéder à une distribution de Méthadone, soit, et je pense que c’est ce que je ferais à ta place: Tu la sollicites.
Oui, une fois de plus.
Qu’elle soit contente ou non, tu t’en tamponnes.
C’est SON travail que de soulager la douleur de ses patients. Tu n'es pas dans le mésusage, à demander des chevauchements tous les 4 matins sans réelle justification, non, TU AS MAL!
(Je suis désolée pour l'emploi intempestif des majuscules, mais cette situation me met hors de moi!
)
Ne la prends pas "frontalement", ce genre de toubibs détestent être contredit, je sais, c’est horripilant, mais mieux vaut pour mettre toutes les chances de ton côté, la brosser dans le sens du poil.
As-tu son email? À ta place, encore une fois, j’essaierais de pondre un mail où tu expliques ton désarroi vis-à-vis de ces demandes de chevauchement, mais que tu es devant une situation insoluble, les douleurs étant trop violentes, tu es systématiquement obligée de consommer plus que ce qui t’es prescrit, en insistant bien sur le fait que c’est dans l'unique but de soulager ta douleur, et certainement pas pour un usage récréatif, que tu ne sais plus comment faire, que la douleur hante tes journées, qu'elle "gère ta vie", et que tu te retrouves dans l'obligation de surconsommer un tout petit peu, et que tu ne peux pas te retrouver à court du jour au lendemain, que le sevrage brutal te terrorise, et à juste titre: ce sevrage, sec, est purement infernal.
Gardes bien une copie de ce mail/SMS, et dis-nous ce qu’elle te répond.
Tu es couverte jusqu'à quand, là?
Crois-tu que c’est normal, humain, de se retrouver à préparer un sevrage sec, en faisant le plein d’Immodium et en se préparant à la souffrance physique et psychologique IMMONDES provoquée par ce genre de sevrage brutal?
Elle ne peut légitimement pas te laisser ainsi.
Dans ton mail/SMS, insistes bien sur le fait que tu es terrorisée par cette perspective (n'importe qui le serait, crois-moi.)
Elle ne pourra pas ignorer ta demande.
Vraiment, je suis de tout cœur avec toi, et je croise les doigts pour que tu sois entendue, à savoir que cette "médecin" reconnaisse que sa prescription est insuffisante, et que c'est précisément de ce fait que tu te retrouves à devoir demander des chevauchements régulièrement.
Viens nous donner des news, et puis nous sommes là, à tout moment, n'hésites surtout pas si tu te sens mal, ici tu ne seras jamais jugée, mais épaulée, écoutée!
Vraiment, ton histoire me prend aux tripes, je vais suivre avec attention la suite des événements, en espérant de tout coeur que les choses vont bouger pour toi. Plein de Biz, Myna
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Non mais O.M G:,je n'imagine même pas ce que cela doit être.
Le manque est une de mes plus grandes terreurs, et l’idée d’un sevrage sec me colle des angoisses violentes rien que d’y penser.
Alors un double sevrage sec opiacés-benzos, j'avoue que je ne sais même pas comment on tient. Comment on passe au travers d'un truc pareil.
Comment on tient debout déjà.
Si je ne m’abuse, ces deux sevrages sont connus pour être les plus difficiles (et dangereux pour ce qui est du sevrage sec aux benzodiazépines...)
Tu prenais des dosages importants (de benzos, de Méthadone, des deux) ou plutôt light lorsque tu t’es retrouvé dans cette situation proprement infecte?
Cette expérience a du être... Terrible, et le mot est bien trop faible, je n'ai pas le bon adjectif, plusieurs me viennent à lesprit: immonde, affreux, infernal, ingérable, atroce, abominable...
Et la liste est loin d'être exhaustive.
Tu as du faire preuve d’une très grande force pour traverser cela.
Et je suis désolée que tu aies eu à vivre pareille horreur.
Prends bien soin de toi!
Myna
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! C’était en plein été et la chaleur aide pas en plus. À vrai dire je ne sais même pas comment j’ai tenu, j’ai fait tous les hostos de Barça le mieux que j’ai eu c’est deux valium 5mg, pour que j’en sois réduit à simuler une crise d’épilepsie il en faut. Je crois que le pire dans tout ça c’est les benzos, la métha bon c’est comme une grosse grippe bien carabinée, mais le manque de benzos pour moi c’est le pire du pire. Entre les tremblements, les attaques de panique à répétition, les nuits sans sommeil... ça m’a marqué à vie je crois, c’est ma pire expérience dans tout ce qui est lié aux produits ! Heureusement y’a une auberge de jeunesse où j’ai aterri qui était tenue par des baba cool j’ai pu y trouver quelques bons joints d’herbe, ça m’a bien aidé.
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Petitchat_09 a écrit
Je pourrai toujours aller demander une avance minime à la pharmacie pour tenir mais je l'ai deja fait une fois et je veux pas les deranger.
Salut,
Ce n'est pas "les déranger", ils font leur travail ! À ma pharmacie il me l'ont dit clairement, si jamais je me retrouvais dans une situation où je n'ai pas pu avoir mon ordo, ils ont le droit (voire même le devoir au vu de la situation où on peut se retrouver en manque à cause d'un médecin !) de dépanner...
Et vu qu'en plus le prochain rdv sera avec une remplaçante aucune crainte vis à vis de ton médecin.
Sincèrement, ce n'est pas agréable de " quémander " à la pharmacie, mais souffrir à cause du manque+douleurs c'est juste inconcevable pour moi.
Et surtout, je pense que j'ai tout à y gagner à me défaire de la culpabilité. Si je vais chez le médecin/pharmacie en me sentant fautive (fautive de quoi ? D'avoir initié un médoc qu'on m'a proposé, alors que la littérature scientifique démontre clairement qu'une tolérance existe bel et bien ? D'avoir mal comme le disait Mynight ?), l'autorité qu'ils exercent me fera tomber encore plus dans l'auto stigmatisation...alors que les fautifs, ceux qui manquent de compétences sont eux
Un médecin ou pharmacien est payé pour l'énorme responsabilité de *prescrire* (c'est à dire une injonction à suivre un conseil) une molécule, c'est le minimum qu'il le fasse a) en connaissance de cause b) en assumant ses actes et en assurant à la personne qui suit de ne pas souffrir
Les pharmaciens aussi jurent de ne pas laisser dans la souffrance les patient, la continuité thérapeutique n'est pas un caprice !!
Vraiment, aujourd'hui c'est samedi, la pharmacie est encore ouverte, elle ne le sera pas demain, je t'invite à leur présenter la situation, tu ne les déranges pas (même s'ils peuvent te faire croire cela !), c'est leur travail...
Du courage
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Petitchat_09 a écrit
Petit update apres passage à la pharmacie où je leur ai expliqué le problème ! Ils m'ont dépannée de 5 cp et demandé de rappeler mon medecin lundi pour lui expliquer et avancer la consultation ! Bon du coup ça me divise mon traitement par 2 entre aujourd'hui et demain mais au moins je ne suis pas sans rien..
Désolée je n'avais pas vu ton message !
C'était la meilleure choses à faire, même si ce n'est pas idéal d'avoir à peine le minimum c'est bien un soulagement par rapport à une rupture de traitement...
Maintenant sur les boites le marquent en rouge "Attention ça peut enduire une dépendance", ce message n'est pas adressé qu'à nous, c'est aussi pour les soignants, qui se rendent compte des réalités physiologique de la tolérance ou dépendance et ils agissent de conséquence pour trouver des solutions !
Tu n'as pas à culpabiliser, de toute évidence tu n'as pas été bien accompagnée... Mais j'espère sue tes prochains rdv se passeront mieux !
Tiens nous au jus
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cependant a écrit
Petitchat_09 a écrit
Je pourrai toujours aller demander une avance minime à la pharmacie pour tenir mais je l'ai deja fait une fois et je veux pas les deranger.
Salut,
Ce n'est pas "les déranger", ils font leur travail ! À ma pharmacie il me l'ont dit clairement, si jamais je me retrouvais dans une situation où je n'ai pas pu avoir mon ordo, ils ont le droit (voire même le devoir au vu de la situation où on peut se retrouver en manque à cause d'un médecin !) de dépanner...
Et vu qu'en plus le prochain rdv sera avec une remplaçante aucune crainte vis à vis de ton médecin.
Sincèrement, ce n'est pas agréable de " quémander " à la pharmacie, mais souffrir à cause du manque+douleurs c'est juste inconcevable pour moi.
Et surtout, je pense que j'ai tout à y gagner à me défaire de la culpabilité. Si je vais chez le médecin/pharmacie en me sentant fautive (fautive de quoi ? D'avoir initié un médoc qu'on m'a proposé, alors que la littérature scientifique démontre clairement qu'une tolérance existe bel et bien ? D'avoir mal comme le disait Mynight ?), l'autorité qu'ils exercent me fera tomber encore plus dans l'auto stigmatisation...alors que les fautifs, ceux qui manquent de compétences sont eux
Un médecin ou pharmacien est payé pour l'énorme responsabilité de *prescrire* (c'est à dire une injonction à suivre un conseil) une molécule, c'est le minimum qu'il le fasse a) en connaissance de cause b) en assumant ses actes et en assurant à la personne qui suit de ne pas souffrir
Les pharmaciens aussi jurent de ne pas laisser dans la souffrance les patient, la continuité thérapeutique n'est pas un caprice !!
Vraiment, aujourd'hui c'est samedi, la pharmacie est encore ouverte, elle ne le sera pas demain, je t'invite à leur présenter la situation, tu ne les déranges pas (même s'ils peuvent te faire croire cela !), c'est leur travail...
Du courage
Oui comme je disais juste au dessus, j'ai suivi vos conseils et j'ai été à la pharmacie qui m'a dépanné 5 cp et demandé d'appeler mon medecin lundi matin pour avancer le rdv (ils vont appeler aussi).
Bon je suis obligée de bien diminuer donc un peu de symptômes de manque mais moindre !
Et donc je vais demander un rdv des lundi et expliquer ce qui se passe à la remplaçante..
De toute façon c'est la dernière fois qu'ils auront à me faire un renouvellement vu que le prochain rdv sera avec le medecin generaliste/addicto que j'ai trouvé récemment, ouf.
Je vais essayer de ne pas culpabiliser lundi surtout mais c'est plus fort que moi. Mon medecin traitant m'a tellement infantilisée, c'est trop bisarre. Je suis d'ailleurs contente qu'elle soit en vacances..
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Petitchat_09 a écrit
Oui comme je disais juste au dessus, j'ai suivi vos conseils et j'ai été à la pharmacie qui m'a dépanné 5 cp et demandé d'appeler mon medecin lundi matin pour avancer le rdv (ils vont appeler aussi).
Je te souhaite que cette baisse ne soit pas trop dure !
Et surtout que tu puisse trouver des solution sur le long-terme
Perso, ça m'a vraiment soulagée d'avoir une sécurité...
Courage
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OrgaWZ a écrit
@Mynight : Merci pour tes mots touchants. Moi je prenais 4 seresta 50 et un noctamide, et 120mg de métha par jour, à l’époque. Et je confirme, c’est ignoble je ne souhaite pas ça même à mon pire ennemi. Même quelqu’un qui vote à droite je lui souhaite pas ça
! C’était en plein été et la chaleur aide pas en plus. À vrai dire je ne sais même pas comment j’ai tenu, j’ai fait tous les hostos de Barça le mieux que j’ai eu c’est deux valium 5mg, pour que j’en sois réduit à simuler une crise d’épilepsie il en faut. Je crois que le pire dans tout ça c’est les benzos, la métha bon c’est comme une grosse grippe bien carabinée, mais le manque de benzos pour moi c’est le pire du pire. Entre les tremblements, les attaques de panique à répétition, les nuits sans sommeil... ça m’a marqué à vie je crois, c’est ma pire expérience dans tout ce qui est lié aux produits ! Heureusement y’a une auberge de jeunesse où j’ai aterri qui était tenue par des baba cool j’ai pu y trouver quelques bons joints d’herbe, ça m’a bien aidé.
Je suis glacée, je te jure, rien qu’en te lisant.
Disons que le manque me terrorise depuis le jour où j'ai réalisé que j'étais bien accrochée au Tramadol, il y a des années de cela.
J'avais voulu faire un "état des lieux": je n'ai pas été déçue du voyage.
Je prenais de grosses doses (4 x 200LP, je sais, c’est 2 fois la dose maximale recommandée pour un adulte... C'était la résultante de plusieurs années de dépendance, avec un accès libre et illimité au produit.)
Les deux premiers jours, je n'étais pas bien du tout, mais ce n'était rien en regard de la seconde nuit, à tourner sans discontinuer dans mon lit, avec des impatiences ingérables dans les jambes, et même mes mains, puis, le fameux troisième jour, "l'entrée en enfer" dans beaucoup de sevrages.
J'ai passé la journée entière prostrée sur mon canapé, je dis bien prostrée, sans pouvoir faire quoi que ce soit, comme si une chape de plomb m'était tombée dessus, rendant chaque geste terriblement difficile à accomplir, voir impossible, j'avais toujours des impatiences, qui allaient crescendo, mon esprit était comme englué dans une masse grise, noire, de ruminations et d’angoisses terribles.
Je ne voyais qu'une faible lueur au bout du tunnel: je pouvais me procurer de nouveau du Tramadol le soir.
Je m'accrochais à cette idée, comme à une planche de bois au milieu d’un naufrage en plein océan, en pleine nuit (d’ailleurs, je grelottais alors qu'il faisait plus de 20° dans la pièce.)
Voilà le premier épisode qui a fait naître chez moi, la peur panique du manque.
C’est aussi à ce moment là que j'ai réalisé que non, je ne pouvais plus arrêter puis reprendre du Tramadol comme bon me semblait, comme j'avais pu le faire durant les années précédentes (environ 4 ans, je pouvais prendre, puis arrêter brusquement le Tramadol, à peu près sans soucis. J'avais dépassé ce stade, j'étais bien "accrochée" cette fois, et le réaliser a été une horreur. Presque aussi douloureux que le manque vécu pendant ces trois jours.)
J'ai pu me débarrasser du Tramadol il y a deux ans et demi, grâce à un CSAPA vraiment top, où j’ai pu faire une induction à la Méthadone.
Je faisais tellement l'autruche, durant toutes mes années de dépendance au Trama, que je ne savais même pas, et j'ai honte de le dire, même ici, que j’avais droit à un TSO... J'avais bien conscience de prendre un opiacé de synthèse, mais je pensais que les TSO étaient strictement réservés aux usagers d'héroïne. Je ne cherchais même pas d’infos sur le net, tellement j'étais sûre de moi. Il faut le faire, pour faire l'autruche au niveau où je l’ai fait, et durant autant de temps...
Je me tenais une bonne couche de bêtise je trouve, quand même, car si j'étais sortie de cet état de déni, j'aurais été en CSAPA bien plus tôt.
Je me sens bête, vraiment con, quand j'y repense et j'ai du mal à me comprendre, rétrospectivement. Bref.
Pour continuer sur le thème de la peur panique du manque, au départ, et tant que j'ai été sous Méthadone sirop, donc 1 an, autant elle me réussissait à la perfection et plus jamais je n'ai eu la moindre envie de Tramadol, ni le moindre craint.
En revanche, je métabolise la Métha assez vite, et la forme sirop ne parvenait pas à me couvrir sur 24h, même avec une prise fractionnée, une le matin, et une en fin d'après-midi: je me réveillais systématiquement en "début de manque".
Autant dire que j'en ai un souvenir pas des plus agréable...
Je me rappelle, je préparais tout: mes lunettes (je porte des lentilles, mais je n'arrivais pas à les mettre, comme j'étais en début de manque...) une pince pour attacher mes cheveux, et je me ruais dans la cuisine pour avaler ma dose matinale, qui mettait précisément 50mn à commencer à faire effet. Avant cela, j'étais assise à attendre que ça passe, à moitié roulée en boule.
Et encore, ce n'était que le TOUT DÉBUT du manque. De là, mon angoisse de me retrouver en manque a tourné à l'obsession, ou presque.
Ce n'est plus une simple peur, mais une terreur. Une terreur absolue.
Sachant que ce que je ressentais avant que ma dose du matin fasse son effet, n'était que les prémices du manque, (je baillais un peu, mais sans plus, c'était surtout un ressenti interne atroce), je me suis dit que je n'étais absolument pas capable de supporter le "vrai manque". Le plat de résistance, si je puis me permettre.
J'ai commencé à mettre de côté pour avoir une journée de rab sur mon traitement, et je constitue en ce moment deux journées supplémentaires de rab. J'aimerais à terme, avoir constitué une semaine de traitement en rab.
Depuis mon passage à la forme gélule, qui a été une bénédiction (pour moi, enfin sur mon organisme, la Méthadone sirop est la variante LI, et la forme gélule, la variante LP. Plus jamais je ne me suis réveillée mal, je suis couverte plus de 24h, largement, surtout avec 140mg.)
Je suis descendue sans aucune difficulté à 130mg, pour garder précieusement les 10mg économisés chaque jour, afin de constituer des journées à 120/130mg "au cas où".
J'ai beau être HYPER prévoyante et rigoureuse, je ne voyage pas, si je bouge, c'est pour des week-ends en France ou en Suisse avec mon homme, le "fil à la patte" que représente un TSO ne me dérange pas, au vu de mon rythme de vie.
Mais la terreur du manque ne m’a jamais quittée, malgré toutes les précautions que je prends.
Je me dis toujours "Et si"...
Je ne pense pas être de taille à pouvoir supporter, encaisser un manque d’opiacés, sachant que je prends, de plus, une dose relativement élevée de Méthadone, et que ma dépendance aux opiacés remonte à 18 ans, si je compte mes années Tramadol+le temps passé sous Métha jusqu'à aujourd'hui.
OrgaWZ a écrit
Je crois que le pire dans tout ça c’est les benzos, la métha bon c’est comme une grosse grippe bien carabinée, mais le manque de benzos pour moi c’est le pire du pire. Entre les tremblements, les attaques de panique à répétition, les nuits sans sommeil... ça m’a marqué à vie je crois, c’est ma pire expérience dans tout ce qui est lié aux produits !
Je ne préfère même pas imaginer ce que tu as vécu, non, vraiment, pour moi, ça représente l'enfer, dans sa définition la plus absolue.
Si je comprends bien, tu t’es payé un manque concomitant de Méthadone + manque de benzos?
Les deux cumulés, mais, comment tu faisais pour ne serait-ce que tenir debout et aller faire le tour des urgences? Où puisais-tu la force?
L'expérience a du être d’une telle violence que oui, je veux vraiment bien te croire sur parole quand tu dis que c'est ce que tu as vécu de pire en ce qui concerne les prods...
OrgaWZ a écrit
Heureusement y’a une auberge de jeunesse où j’ai aterri qui était tenue par des baba cool j’ai pu y trouver quelques bons joints d’herbe, ça m’a bien aidé.
Non mais attends, je rigole toute seule, dans ton cas, par chance tu es tombé en bonne compagnie!
Simplement il s'était agi de moi, je n'aurais MÊME PAS PU trouver le moindre réconfort, car je réagis terriblement mal au THC. J’ai pu m’en rendre compte sur plusieurs essais, dont le dernier a été le pire: dépersonnalisation, angoisse majeure (crise d'angoisse avec dépersonnalisation selon le psy qui me suivait à qui j’en ai parlé), mais aussi parano intense, perte de contact avec le réel, et sensation de distorsion spatio-temporelle.
Le THC est un véritable poison pour moi...
Sans indiscrétion, combien de temps es-tu resté sans Métha ni benzos?!?
Merci pour le partage de cette expérience malheureuse en tous les cas, pouvoir échanger sur cette peur, ou plutôt peur panique/terreur de tout ce qui touche de près ou de loin au manque est important pour moi.
Portes toi bien surtout, et excellent week-end à toi!:witch:
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cependant a écrit
Ce n'est pas "les déranger", ils font leur travail ! À ma pharmacie il me l'ont dit clairement, si jamais je me retrouvais dans une situation où je n'ai pas pu avoir mon ordo, ils ont le droit (voire même le devoir au vu de la situation où on peut se retrouver en manque à cause d'un médecin !) de dépanner...
Je rejoins totalement Cependant.
Les pharmaciens n’ont pas qu’un rôle de délivrance, mais aussi d'aide et d'accompagnement, surtout autour d’une personne suivant un traitement de ce type.
Il s'agit de leur DEVOIR, ni plus, ni moins, que de te dépanner, de ne surtout pas te laisser dans le mal pendant 3 jours.
On a tendance à penser, à se dire que 3 jours, au fond, qu'est-ce que c'est, pas grand-chose au fond.
Mais c'est là qu'il y a erreur: 3 jours lorsque la vie suit son cours, effectivement, cela passe très vite.
Mais 3 jours en manque d’opiacés, c'est tout autre chose. Il y a une dimension qu'il est, à mon sens, importante à prendre en compte: en état de manque ou même de début de manque, le temps se distord.
Il peut paraître eccessivement long. Et pour peu que l'on fasse une "fixette" dessus, cela peut devenir un véritable enfer à supporter.
Non, 3 jours, c’est beaucoup, dans ton cas.
Tu sais, j'avais le même type de réactions que toi avant: "Ne pas déranger", "Ne pas embêter le médecin"... Au point où j’en étais arrivée limite à m'excuser de respirer, hein.
Tiens, pour parler de ta médecin,
Petitchat_09 a écrit
Rien que le fait de me dire que je vais encore devoir appeler pour avancer mon rdv de 24h ben j'ai la boule au ventre. Et j'ai peur que la remplaçante me fasse la morale ou en tout cas, ne m'ecoute pas non plus. Enfin bon.
J'ai plus qu'une hate c'est de rencontrer l'addicto avec qui j'ai rendez-vous en octobre pour pouvoir passer à autre chose.
Mais comme je te comprends!!!
J'ai tendance à réagir exactement comme toi.
La peur de me faire sermonner par le médecin/psychiatre etc...
J'ai fait un gros travail sur moi (c’est un travail qui tourne autour de la prise de confiance en soi, pour commencer, tout part de là ma belle...
)
Aujourd'hui, je ne dis pas que je suis parvenue à tout résoudre, c'est la raison pour laquelle je vais démarrer une psychothérapie (TCC) en parallèle de mon suivi avec ma nouvelle psychiatre addictologue, il me manque encore des outils pour gravir les dernières marches du travail que j'ai entrepris il y a longtemps déjà.
Donc vraiment, je comprends tellement ton appréhension, ta peur, vis-à-vis de la remplaçante, de ta médecin habituelle, de la pharmacie, si tu savais comme ça me parle!
Et pourtant, je t'assure que les choses peuvent bouger, changer.
Mais, et j'en viens à ce que je voulais aborder hier sans en avoir eu le temps:
Es-tu bien certaine d'être correctement dosée?
Je me trompe peut-être, mais en te lisant, c’est une des premières choses qui m'est venue à l'esprit.
Tu te retrouves bien trop souvent dans des situations ee chevauchement, et ce n'est pas normal.
C'est inconfortable au possible pour toi, et si tu étais correctement couverte, cela ne devrait pas arriver.
Depuis que mon traitement est parfaitement ajusté + Méthadone en gélules et non plus sirop, à 140mg, je ne me retrouve plus jamais avec des fins de mois à jongler avec le peu qui me restait comme c'était le cas lorsque je prenais encore du Tramadol (je n’y avais plus accès librement, c'était un psychiatre quibme le prescrivait, et forcément,ma tolérance ayant terriblement augmenté, la prescription qui datait de 4 ans auparavant n'était absolument plus suffisante, donc je me retrouvais toujours à me rationner en attendant le renouvellement suivant, à prendre sur moi pour ne surtout rien demander au psychiatre, (j'avais cet espèce de syndrome de la "bonne élève" face aux médecins, il fallait et c'est encore le cas, que tout soit bien carré, pas un débordement, pas un chevauchement. C'est très contre productif comme attitude, et cela nous ralentit, ne nous aide absolument pas! Il faut essayer à tout prix de se distancier de cela, et je sais combien c’est difficile, j'ai pas mal avancé mais je suis encore en plein dedans, c’est une des raisons pour laquelle je vais enfin entrer en psychothérapie.
Les médecins et pharmaciens sont là pour nous soigner et nous aider, à la base, et on a tendance à l'oublier, encore une fois de par la stigmatisation des personnes sous TSO, ou prenant des traitements opiacés, comme si nous étions suspectés PAR DÉFAUT de mésusage!!!
Ça me révolte à un tel point que c’est une des données qui m’a permis de travailler sur le fait de, comme je le disais, limite m'excuser de respirer l'air de l'officine lorsque j'allais à la pharmacie (d’ailleurs, je suis parvenue à établir une franche relation de confiance avec l'équipe de ma pharmacie, et je sais qu'au moindre problème, ils me dépanneraient sans hésitation, et font déjà tout pour me faciliter la vie: préparation à l'avance de mes traitements pour que je n'ai pas à attendre lorsque je viens, sachant que je prends 3 molécules classées stupéfiants, la Méthadone donc, la Ritaline et la Prégabaline/Lyrica.
Je leur envoie la photo de mon ordonnance quelques jours avant, et ensuite, je passe, je n'ai plus qu'à ce qu'ils valident le tout avec ma Carte Vitale, le sac est déjà prêt, je n'ai plus qu'à le prendre et partir!
Mais lorsque je prenais du Tramadol, j'avais sans cesse peur, car je ne parvenais jamais à tenir 28 jours, je tenais péniblement 21, et comme je me refusais à oser demander le moindre chevauchement de prescription au psychiatre, je me pointais avec le bide qui faisait des nœuds dans tous les sens, la nausée et la gorge serrée au point que je pouvais à peine parler, pile à 21 jours révolus, sachant qu'il était toléré de renouveler une ordonnance au bout de 21 jours... Mais à chaque fois, je n'étais jamais tranquille, comme c’est au bon vouloir des pharmaciens (certains refusent de renouveler avant 25 jours, d’autres 21, etc), même si je les connaissais, je me disais que si je tombais sur unetelle ou unetelle, et qu’elle se décide à me faire des histoires, jugeant que 21 jours, surtout pour du Tramadol, c’est trop peu... Je me rappelle qu'à cette époque j'y allais un lundi matin, et j’en angoissais tout le week-end rien qu'à l'idée de devoir aller à la pharmacie de lundi matin. Tout un poème. 
Ne restes surtout pas dans ton coin en te disant que "ça va aller", que tu vas tenir durant ces 3 jours. C'est injuste. Tu n'as pas à subir cela, ce qui de plus, se produit car la médecin qui te suis est dans l'incapacité, sûrement par excès d’ego (bien des psychiatres ont cette particularité en commun!) pour admettre qu’elle devrait revoir sa prescription.
Petitchat_09 a écrit
J'ai plus qu'une hate c'est de rencontrer l'addicto avec qui j'ai rendez-vous en octobre pour pouvoir passer à autre chose.
Effectivement, c'est une excellente chose, ce rdv.
Tu pourras tout remettre à plat, et avec un spécialiste cette fois.
Ta médecin ne s’y connaît pas, c’est évident, mais ne le reconnaîtra jamais...
Je te souhaite réellement de trouver avec cet addicto le bon traitement, les bonnes posologies, pour que tu puisses enfin être soulagée, stable, et libérée se cette situation anxiogène au possible.
cependant a écrit
Sincèrement, ce n'est pas agréable de " quémander " à la pharmacie, mais souffrir à cause du manque+douleurs c'est juste inconcevable pour moi.
Et surtout, je pense que j'ai tout à y gagner à me défaire de la culpabilité. Si je vais chez le médecin/pharmacie en me sentant fautive (fautive de quoi ? D'avoir initié un médoc qu'on m'a proposé, alors que la littérature scientifique démontre clairement qu'une tolérance existe bel et bien ? D'avoir mal comme le disait Mynight ?), l'autorité qu'ils exercent me fera tomber encore plus dans l'auto stigmatisation...alors que les fautifs, ceux qui manquent de compétences sont eux
Nous sommes bien d'accord.
C’est bien trop souvent le patient qui subit les conséquences de la méconnaissance du corps médical, et des pharmaciens et préparateurs, voire ignorance de tout ce qui touche à ces produits, de labprise en charge de la douleur, des addictions, le tout s’accompagnant en plus, dans certains cas, de stigmatisation (l'un induit l'autre de toute manière...)
Il faut bien remettre les choses à leur place: le plus souvent, la faute, la situation qui a été générée, leur incombe dans la plupart des cas.
Dans le cas présent: il s'agit de ta médecin, qui fait mal son travail, je me permets de le dire, en regard debtout ce que tu exprimes ici.
Je suis révoltée, une fois de plus.
Comme tu le dis, et heureusement, tu ne te retrouves pas "sans rien", et j’en suis vraiment soulagée pour toi, je surveilles le post depuis que tu l’as créé.
Mon dimanche s'annonce bien, le fait que tu sois "couverte" y contribue.
Je ne sais que trop ce que c'est pour m'être retrouvée plusieurs fois dans des situations similaires, et je t'envoie encore une tonne de soutien.
Et surtout, n’hésites pas à venir ici, tu ne seras pas jugée, bien loin de là, et oui, ça fait un bien fou de pouvoir parler librement de ce genre de choses sans craindre d'être jugé/stigmatisé.
Passes un très bon dimanche!
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