Bonjour,
que dire ? 35 ans, pied à terre en Ardèche avec mon petit atelier.
Sous
méthadone 40mg, uniquement, depuis 2010.Je prend ma gélule comme le diabétique prend son insuline. Suis sous métha depuis trop longtemps et malgré que je mène une vie normal, ne suis plus heureux. C'est comme ci j'étais un observateur apathique. Je ne sais plus si ce qui me provoque une passion viscérale est le fruit de la métha ou de moi ou des deux mais dans ce cas pourquoi tout disparaît après quelque temps(le plaisir, la passion, celle qui te fait avancer comme la carotte avec l'âne). Ce que je dis est trop bizarre, je sais mais bon. Je ne me sent pas dépressif et ne prend pas de régulateurs ni d’antidépresseurs mais j'aimerais bien vivre une aventure, partir en vacance voir la mère, aller en montagne, pouvoir sourire à pleine dents, être heureux d'être simplement là et avec les autres.
Le
LSD me manque aussi, cette sensation du voyage spirituel et de la rencontre avec autrui.
Sinon, tout à violemment déraillé l'année de mes 13ans où je suis devenu accro à l'
héro par injection. Mise en place du
subutex. Sale période !
Année 2010, en pleine rue à Aubagne sur le trajet du matin pour aller en formation (horticulture) la bulle de sang qui était dans ma cage thoracique a éclatée et trou noir. En effet, j'étais très mal depuis deux mois mais seul en tente dans un camping pour suivre une formation. Me suis réveillé aux soins intensifs de la Cardiologie de Lyon Louis Pradel où suis resté un an. 1ère chose que l'on me dit est que je vais mourir à cause d'un champi au coeur ! LOL
Staphylocoque dorée à cause des injections.Je voulais mourir.J'avais personne, pas de famille pas d'amis, juste moi et l'hôpital. J'ai vécu des comportements de la part d'anesthésistes et de professionnelles de santé qui m'ont fait beaucoup de mal. En pleine opération suite à pneumothorax, l’anesthésiste m'avait endormi avec un antagoniste à la métha. j'ai vécu la pire crise de manque sous anesthésie générale qui a durée jusqu'à mon réveil et quelques heures après. Eux aussi s'en souviennent ! J'étais lucide mais enfermé dans mon corps dans le noir, avec un froid qui m'a instantanément figé et des aiguilles dans tous le corps qui me piquaient au rythme de la pression sanguine et j'entendais tous ce qu'ils disaient.La deuxième fois, c'était pour une fibroscopie par le nez et pareil, la dame m'injecte un calmant qui m'a immédiatement mis en manque mais d'une force. La violence du jugement envers la toxicomanie, je ne l'ai ressenti qu'en milieu médical et d'une manière qui n'est souhaitable à personne. Là j'ai compris que j'étais fichu à vie. Qu'il y avait aucun espoir de revenir à une structure du cerveau normale (si je puis dire) comme avant tout ça. La douleur est telle que c'est du masochisme que de se l'infliger (pour moi). La solution du
sevrage classique est depuis, inenvisageable. J'ai essayé 3 fois de moi même. On était pas loin de trainspotting...
Bref! Suis resté un an à Dieulefit en convalescence après un remplacement de la valve tricuspide. Réopéré pour la changer en 2015. Et doit repasser sur le billard une 3e fois dans un an ou deux.
Me suis reconstruit, mène une vie tout à fait banale mais il me manque l'énergie, la passion, l'excitation. J'ai trouvé ma voie, mon moyen d'expression au travers un Savoir-faire qui me comble mais n'y prend plus goût alors que c'est littéralement ce pourquoi je suis fait. Et j'y ai fait beaucoup de sacrifices, impossible de me dire, passe à autre chose. Veux seulement retrouver le plaisir de la vie.Mais vous savez, les hommes ne sont jamais décevant. Les promesses d'apprentissages non tenues, une formation qui n'a pas tenue ces promesses. Le temps avance, les droits diminues, la France vire à droite... L'art et la liberté d'expression devient un combat et ça me saoule.
Je fume un peu de
weed et comme ne conduit pas et que je fait bien mon travail, n'ai aucune honte à fumer.Me suis fait à l'idée que la
méthadone, dans mon cas, c'est à vie sauf nouveau protocole de
sevrage indolore (il n'est pas interdit d’espérer un peu ! ). Les drogues dures sont derrières moi.
Mais ça ne veut pas dire que je me sent épanouis ni la sensation d'avoir gagner un combat. MDR
Juste, j'anticipe le traitement et partir en vacance à l'étranger ou genre, prend ton sac, tes pinceaux ton parchemin et va faire Compostelle est impossible sous métha. Vous voyez ce que je veux dire ?
Merci en tout cas de m'avoir lu.
Merci de votre attention.
Dernière modification par Mathi (Aujourd'hui à 16:08)