Les boissons au
cannabis ouvrent une piste inattendue face à l’alcool
Auriane Polge
Les boissons au
cannabis attirent l’attention des chercheurs en santé publique. Une étude récente s’est penchée sur leur possible rôle dans la réduction de l’alcool. Les premiers résultats ouvrent une piste de réflexion sur les stratégies de consommation à moindre risque.
Les boissons infusées au
cannabis pourraient devenir un outil inédit de santé publique. Face aux méfaits bien connus de l’alcool, certains chercheurs envisagent une alternative plus douce. Une étude américaine récente s’est penchée sur l’impact de ces nouvelles consommations sur les habitudes alcoolisées. Les premiers résultats suggèrent qu’elles pourraient favoriser une réduction, voire un remplacement progressif de l’alcool. Cette idée est encore marginale, mais elle pourrait bien gagner du terrain.
Les boissons au
cannabis réduisent la consommation d’alcool chez certains usagers
Les boissons au
cannabis intéressent les spécialistes de santé publique. En janvier 2026, une étude menée par l’Université de Buffalo a analysé les effets de ces produits sur les habitudes de consommation d’alcool. Les chercheurs ont interrogé 438 adultes ayant consommé du
cannabis au cours de l’année écoulée. Un tiers déclarait avoir testé les versions à boire, souvent à faible teneur en
cannabidiol (CBD).
D’après l’article publié sur SciTechDaily, les personnes adeptes de ces boissons déclaraient boire moins d’alcool qu’avant. La moyenne passait de 7 verres par semaine à 3,3 après introduction des boissons au
cannabis. Elles étaient aussi plus nombreuses à dire remplacer l’alcool par le
cannabis, par rapport à celles qui consommaient d’autres formes. Pour les auteurs, cette réduction s’expliquerait par la similarité des usages. Lors d’un apéritif, la gestuelle reste identique, seul le contenu du verre change.
Ce phénomène reste limité, mais il ouvre une piste. Plutôt que d’imposer l’abstinence, les chercheurs évoquent une stratégie de
réduction des risques. En misant sur un produit perçu comme moins nocif, certains usagers pourraient réduire les dommages liés à l’alcool. Ils y parviendraient sans changer brutalement de mode de vie.
Les boissons au
cannabis intéressent les chercheurs en santé publique
Les boissons au
cannabis ouvrent de nouvelles perspectives en matière de
réduction des risques. Cette approche, encore minoritaire en santé publique, cherche à limiter les effets nocifs des substances plutôt qu’à imposer l’abstinence. L’alcool, bien que légal, reste l’un des produits les plus dangereux. Il est responsable de près de 200 pathologies, dont plusieurs cancers. Dès lors, remplacer une partie de sa consommation par une alternative moins nocive devient une piste sérieuse.
Les chercheurs voient dans ces boissons un outil potentiellement efficace. Contrairement aux huiles ou aux inhalations, elles s’intègrent aux mêmes moments de sociabilité que l’alcool. C’est ce que montre une étude parue dans le Journal of Psychoactive Drugs en janvier 2026. Les participants déclaraient souvent remplacer leur bière ou leur cocktail par une boisson infusée, servie dans des canettes similaires. Cette continuité d’usage facilite la transition.
Selon les auteurs, la plupart des produits contenaient 10 mg ou moins de cannabinoïdes. Ce dosage modéré limite les effets psychoactifs tout en produisant un effet relaxant. Pour l’équipe de recherche, ces boissons méritent d’être explorées davantage. Elles pourraient devenir un outil complémentaire dans les politiques de santé visant à réduire les méfaits liés à l’alcool.
Les chercheurs appellent à encadrer l’usage des boissons au
cannabisMême si elles attirent de plus en plus l’attention des chercheurs, les boissons au
cannabis restent un marché émergent. Celles-ci sont encore loin de faire l’unanimité. L’étude montre que certains usagers déclarent avoir réduit leur consommation d’alcool depuis l’introduction de ces produits. Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L’échantillon repose sur des réponses volontaires, sans représentativité statistique, et les effets observés n’ont pas été suivis dans le temps.
Les auteurs eux-mêmes soulignent plusieurs limites. Le dosage des boissons varie. Les contextes légaux changent d’un État à l’autre. Quant aux effets d’une consommation régulière, même modérée, de
THC ou de
CBD, ils restent encore mal connus. En l’état, elles ne constituent pas une solution miracle. Elles pourraient toutefois s’inscrire dans des stratégies de
réduction des risques. Encore faut-il qu’elles bénéficient d’un encadrement clair et de recherches complémentaires.
En France, où la consommation d’alcool reste un enjeu majeur de santé publique, ces produits ne sont pas autorisés. La législation actuelle interdit toute boisson contenant du
THC. Pourtant, le sujet pourrait nourrir les débats à venir. Des campagnes comme le Dry January montrent un intérêt croissant pour des formes de consommation plus modérées. Dans ce contexte, les boissons au
cannabis pourraient, un jour, devenir une option crédible. Cela vaut notamment pour les jeunes adultes. Encore marginale, cette piste mérite d’être suivie. Non comme une
substitution automatique, mais comme un outil parmi d’autres pour accompagner une évolution des habitudes.
EN BREF
En janvier 2026, l'Université de Buffalo a mené une étude sur les boissons au
cannabis et leur impact sur la consommation d'
alcool.
Les boissons au
cannabis ont réduit la consommation d'
alcool de 7 à 3,3 verres par semaine chez certains usagers.
Les boissons au
cannabis pourraient devenir une alternative crédible pour réduire les méfaits de l'
alcool, mais nécessitent un encadrement et des recherches supplémentaires.
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Auriane Polge