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Groschacha a écrit
Ma vie tourne autour des consommations. De la drogue. Ce que je lis, les podcasts que j’écoute, les séries que je regarde, mes Moleskine remplis d’histoires de conso, de gramage de sub de valium de Lexo de Xanax de ritaline de Seresta, entre quelques pages sur le yoga et les quelques moments où ça va (souvent parce que j’ai consommé). Putain mais c’est ça ma vie
Hé! Tu serais pas le genre de personne qu'on appelle "les passionnées". Je crois qu'on est beaucoup à être comme ça ici ^^. Moi aussi j'ai des passions spéciales ; les maladies, la mort, le handicap, la politique et surtout la psychologie..
Et bien sûr... les drogues !!! Attends faire de la RDR, faire ses études là dedans alors que j'ai un énorme passif de consommation, que j'ai été hospitalisée, que je switch d'un traitement à un autre, que j'ai déclaré "un trouble psy" et que je suis reconnue adulte en situation de handicap...
Est ce que c'est parce que mon frère est mort quand j'étais enfant ? Est ce que c'est parce que j'ai été abusée sexuellement? Est-ce que c'est parce que j'ai grandi dans un milieu où ça consommait?
Probablement. J'ai l'intime conviction que c'est une manière de retrouver une forme de pouvoir d'agir sur sa vie que de s'intéresser à ce qui nous a, en partie, façonné. Je crois même que c'est le combat de ce forum. Alors oui je suis une PUD mais attention ! Je suis une PUD très informée !
Et même si ajd je consomme différemment, que j'ai pris du recul et surtout mis de la distance avec certains prods bah c'est un sujet qui reste omniprésent. Ça fait parti de mon parcours et j'y tiens ! Oui je suis une passionnée, une vraie et j'en suis pas peu fière
.
Je comprends parfaitement ton questionnement, j'ai parfois le même et en plus à la clinique addicto ils m'ont dit "non mais vous êtes un cas d'école vous. Une addict qui veut faire carrière en addicto. C'est comme mettre un enfant devant un paquet de bonbons et de lui dire de ne pas y toucher." Wow paye ta comparaison claquée au sol x).
Ben tu vois ce genre de discours, c'est ce qui me donne encore plus envie de persévérer. Rien à prouver, c'est mon milieu et je L'AIME.
Sinon,
Groschacha a écrit
Le subutex ne me sert pas de traitement de substitution, il est ma nouvelle héro, sauf qu’à part en moyens detournés il ne fait presque aucun effet (contexte : je parle du shoot)
Il serait donc, peut-être, intéressant de te pencher sur un TSO plus compatible avec l'IV. Oui je sais, on est France, mais il y'a quand même des solutions et pour cela je laisse la place à d'autres forumers qui sont dans cette situation
. Et un travail sur soi aide aussi beaucoup. Je fais une analyse depuis à peu près 2 ans et j'ai l'impression d'avancer à une vitesse folle. Tout ce que j'ai déjà travaillé seule toutes ces années, ben encore une fois j'arrive à en faire/dire qqch!!!
Je crois que c'est mon let motiv. Comment regretter en allant de mieux en mieux ? Je peux pas, je profite !
Voilà mon ti message de soutien sista. J'ai envie d'écrire one love mais je veux pas qu'on me prenne pour une hippie donc je le garde pour moi. ^^
Prends soin de toi et à bientôt sur le forum !
À +:)
Dernière modification par Myozotis (Hier à 11:02)
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Groschacha a écrit
J’hésite à poster mon post, je me trouve ridicule…
AMHA tu as bien fait de le poster, merci à toi de partager cette petite fenêtre ouverte vers une partie assez intime je trouve de toi. Je ne trouve rien de ridicule à cela, que ce soit dans la forme comme dans le fond.
Groschacha a écrit
Ma vie tourne autour des consommations. De la drogue.
ça me fait écho. je sais pas quel âge tu as, moi j'ai 46 ans. Dont 30 ans de consommations et au delà de centre d'intérêt fort, central, sur la thématique
Groschacha a écrit
Si je veux avancer, je dois changer de regard sur tout ça. Mais comment ?
Je trouve que tu poses bien les choses: une bonne partie de ce que tu racontes semble lié au regard que tu portes sur toi dans le sens de comment tu te regardes/considères/"juge". Et donc comme tu le dis en creux, je me suis moi-même déjà posé cette question, partant de ce constat, que j'ai pu parfois penser de façon simple comme qu'il y a deux voies: 1/Sans, mais sans envie de cette voie 2/Avec, mais en devant trouver comment faire pour que ce soit vivable. Finalement, mon chemin est surtout passé par changer mon appréhension de tout cela/moi-même, ce qui n'est pas passé vraiment par un déclic mais plutôt par un continuum évolutif lent avec des déclics. Ce chemin est passé par des lectures et des rencontres, aussi par des projets et des choses réalisés, ou plutot la prise de conscience et le changement de regard sur moi-même. je crois aussi que les rencontres et les lectures de témoignages de chemins 1/ ET 2/, ont participé à ca.
Groschacha a écrit
je fais du sport, beaucoup de yoga, j’écris, je dessine, je fais des trucs quoi, je passe pas la journée à regarder le plafond. Mais j’avais besoin d’écrire
Et donc tu écris aussi. Tu réalises des choses. Et tu as en quelque sorte une "passion", un centre d'intéret biographique, qui t'as amené à vivre, à expérimenter, à apprendre et connaitre pleins de choses j'en suis sur. Ca me fait écho. A un certain point/moment, j'en étais arrivé pour moi-même donc à la question que, au fond, si je venais à porter un regard positif sur ce "trait" de vie/de personne en fait ma vie aurait une toute autre saveur. Et s'en est suivi un long chemin de "dé-moralisation" de cette question, pour finalement réussir à me concevoir, me regarder, "m'apprécier" autrement que sous l'angle du jugement comme étant celui qui faut pas être, qui fait pas ce qu'il faut, qui est malade etc. c'est passé par réaliser combien je pouvais placer de morale, de valeur symbolique, dans la norme sanitaire, médicale, et de comment mon "évaluation" de moi-même par cette norme, ce prisme, venait sculpter mon être, mon corps, ma conception de moi-même. Au delà de mes ressentis, de mes émotions, de mes expériences, et même en venant les définir quelque part, les cadrer. Au delà de mes conditions de vie concrètes. Et au final arbitrairement.
Aujourd'hui je me concois sans que mes consos/mon parcours/ce trait ne vienne faire "ma valeur", sans que je me conçoive réduit au jugement moral qui peut être porté dessus. Sans que je ne juge mon parcours par le regard sanitaire sur cet aspect la, que je me réduise à ce prisme là. Et finalement au-delà de porter un regard positif sur mon rapport aux drogues, ça m'a plutôt fait que pour moi je ne me concois plus comme réduit au jugement moral négatif qui pourrait etre porté à mon rapport aux drogues. Ce qui a fait que finalement ni chemin 1/, ni chemin 2/, je ne pense plus que la question soit là. Ma vie n'est pas honteuse, ou gachée etc ou indigne au pretexte de mon histoire et rapport aux drogues, je suis un individu finalement tout autant comme un autre que avec ses singularités/particularités comme un autre. C'est comme ca aujourd'hui, ca sera sans doute, ou peut-être, ou pas, différemment plus tard, au fond peu importe la question n'est pas là, n'est plus là, pour moi.
Groschacha a écrit
trauma [...] je sais qu’il faut avancer, qu’on ne choisit pas ce qu’on a vécu
je partage un passé avec ces expériences, dont je porte le poids/l'empreinte profondément, qui ont participé à sculpter ce que je suis, malgré moi. J'ai mis du temps à accepter de l'explorer, à m'en apaiser, à l'accepter, et pour moi ça a été un tournant dans justement la question de changer de regard sur moi-même. C'est d'ailleurs quelque chose qui est toujours potentiellement en cours je crois, dans le sens ou j'imagine une évolution potentielle sur toute la vie sur cette question
Groschacha a écrit
J’ai tout le temps envie de consommer, malgré les 18mg de Subutex
As tu déjà eu un autre TSO, méthadone ou morphine? si oui, ou si tu as une expérience de ces molécules, te laissent elles avec ce même ressenti quand tu les consommais? je te dis ca car dans mon expérience toutes les consos ne me satisfont pas de la même manière, et parfois déplacer mes consos d'une molecule A à une B m'a apporté plus de satisfaction personnelle, au delà de la question de leurs effets psychoactifs d'ailleurs
Au fond, peu importe le chemin que tu suivras, je te souhaite d'en trouver un qui t'apportera plus de sérénité et d'apaisement. Tu n'y a pas moins le droit que d'autres. Tu n'es pas moins digne que d'autres.
Force à toi

.
et je te partage une citation venant de PA qui m'a travaillé longtemps et a participé à mon chemin:
"Accordons le droit d'être des gens biens."
Dernière modification par Plotchiplocth (Aujourd'hui à 14:00)
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