Retour au LSD - des remarques et des questions

#1 
biki homme
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Hier à 01:43
Bonjour à toutes et tous, merci de me lire,

Plusieurs années que je lis avec attention les forums de PA, mais première fois que je passe le cap de m'inscrire et de partager avec vous mon/mes expériences,
ce message sera peut être un peu long, un peu décousu aussi sans doute, dans la mesure où je ne suis pas sur ni d'attendre une "réponse" mais peut être ait davantage le besoin d'extérioriser tout cela, de le coucher sur papier, et d'avoir vos retours si jamais vos expériences peuvent éclairer les miennes

Un peu de contexte déjà ! Homme cis, bientôt 29 ans, circa 60kg, sportif, bonne santé physique, relativement bonne santé mentale depuis un an. assez habitué aux psychotropes, consommation quotidienne très importante de cannabis, consommation de cocaïne occasionnelle (malheureusement pas tant occasionnelle à certains moments de ma vie, mais rien d'hardcore non plus), et pas mal d'expériences avec MD/taz and co durant la fin de mon adolescence (pas touché depuis biiiiiien longtemps car traitement AD pendant assez longtemps et belle parano des crises seroto), ait testé la ketamine mais très peu fan, et une mini expérience d'une semaine de micro dose sous psylo, mais rien de concluant. Accessoirement, un an que je suis sous prescription de metylphénidate (equasym 20MG LP une fois par jour (equasym = équivalent quasym dans le pays dans lequel j'habite))


Première prise de LSD à mes 16 ans, dans un set and setting absolument horrible, dans ma chambre d'adolescent, parents dans la pièce d'à côté. j'accueillais des amis revenant de l'hadra festival, qui me filent un carton, sans que je n'ai aucune idée de son dosage. teubé comme un ado de seize ans, je le gobbe entierement - et me retrouve plongé dans 15h de trip ULTRA intense au sein duquel j'oscille entre le kiff et le flip. au delà des visuels (ultra vener), grosse dissolution de l'égo, il n'y a plus d'objet ni de sujet, juste une continuité mystique qui me relie au monde. je sors de ce trip sous le choc, non pas au sens négatif, mais plus "woa, une autre ontologie est possible, j'ai l'impression qu'on m'a menti depuis ma naissance". je me rappelle arrêter au moins six mois MD/taz/bédave tant j'avais phasé sur la puissance du L, et je me rappelle aussi me prendre des sévères retours d'acide aux premiers pétards que je m'étais fumé a posteriori. je suis aussi sorti de cette expérience avec une pupille littéralement plus grosse que l'autre, chose qui est resté plusieurs années avant de disparaitre. Mon opthalmo m'avait demandé lors d'un RDV avec mes parents si je m'étais pris un choc ou un trauma cranien, c'était assez fun (non) que de devoir trouver une explication rationnelle à tout cela sans me cramer. Je finis par reprendre du L à mes 17/18 ans à une ou deux reprises, puis finis par rencontrer des problèmes de santé mentale (TDAH non diag à l'époque + dépression) qui m'éloignent de cette substance et me font finir par me dire que bon, c'est trop fort pour moi comme substance, ou tout du moins que je suis peut être trop faible pour elle. Sans rancunes, je me défonce à d'autres choses, moins intenses, moins intéressantes, et surtout qui demandent moins d'investissement et moins de don de soi.


Dix ans se passent, et on arrive au moins de juin dernier. Je recroise mon ancienne coloc (qu'on appellera SWIHER)  avec qui j'habitais quasi une décennie auparavant dans une autre ville (et accessoirement dans un autre pays), et elle me dit qu'elle a un plan teuf pour le soir. On se décide à y aller, elle, moi, et mon coloc actuel (qu'on appelera SWIHIM). Pour rajouter du pavé au pavé, je sortais à ce moment là d'un mois très compliqué - mission salariale intense et épuisante et déboires amoureux m'ayant amené à devoir décliner les avances d'une relation que j'avais, à mon grand dam de la décevoir et de lui faire du mal malgré toute l'affection non amoureuse que je porte pour elle. Autant dire, encore une fois, un bon set bien débilos et surtout pas recommandé.  Long short story, la teuf est organisée le jour d'une maxi tempête ultra hardcore, mais débiles comme nous sommes, on y va, et y arrivons sur les coup d'1h du matin - PILE au moment où la tempête commence. On retrouve sous une pluie battante (mais genre, vraiment) à tenir collectivement la bache au dessus du sound, et à s'abriter avec les autres gens de la teuf. Une heure de tempête hardcore (on apprendra plus tard que celle ci aura causé plusieurs morts dans notre ville, autant dire qu'on a eu un peu de chances à être comme des gogols sous un arbre en plein milieu d'un champ), et petit à petit, la pluie se calme et le son commence vers 2h/2h30. Entre temps, Swihim nous sort un carton (acheté dans son pays d'origine qu'est la ... suisse !) et nous propose de le partager. Swiher prend un huitième, et Swihim et moi nous partageons le reste du carton. J'avoue, même a posteriori, ne pas trop savoir à ce moment précis le pourquoi du comment qui me pousse à accepter, mais soit, allons y. La teuf est excellente, 100 personnes environ, des sets incroyables, des DJ qui osent pousser le son ailleurs que dans un son de teuf (vous en connaissez beaucoup, vous, des DJ qui jouent du rock ou de la footwork en teuf ?), et surtout, je me retrouve petit à petit à réaliser que je suis complètement en train de monter. Je ne bouge littéralement pas de devant le son de 2h du matin à 8h du matin, ait assez peu d'hallus mais suis pris dans un état de plénitude incroyable. Je sors de la teuf dans un état d'apaisement et de calme que j'ai rarement voire jamais vécu, et profite du trajet retour pour réaliser que, quand même, j'ai de jolis textures qui bougent un peu devant moi même si cela reste très très léger. Arrivé chez moi, je m'endors comme un bébé, après avoir retrouvé SWIHIM qui, lui, par contre, semblait boucler un peu de manière négative et paranoïaque.

Le lendemain, je me réveille, et je phase. Je suis encore dans cet état de plénitude et de calme incroyable. Je ne bédave quasiment pas tellement l'angoisse qui d'habitude m'habite est complètement absente. Bref, je phase.

Tout cela attisant ma curiosité, je me rebranche sur PA/PN et épluche la RDR pour le LSD. Ni une, ni deux, je me retrouve à commander du 1CP sur le net, et à faire le tour des copains copaines savoir qui aurait pas un plan. Me retrouve donc assez vite avec en ma possession deux cartons d'1CP LSD à 100 microns, et deux cartons de LSD25 (suisse, encore une fois, mais à dosage et conservation inconnus).

La semaine suivante, me retrouve à manger un demi carton en solo pour aller me balader dans les bois. Aucunes hallus (ce qui n'était d'ailleurs pas l'objectif), mais un grand sentiment d'apaisement, très agréable, très doux.

Deux semaines après, rebelotte, 2x quart de carton avec un pote, on zingue mais la, bizarrement, très peu d'effet, là où mon pote lui est carrément dans un autre monde. Me retrouve au bar avec des potes (dont Swiher) et des anciens collègues de taff, on se tartine à la bière, mais je ne retrouve pas les effets apaisants qui m'avaient plu lors des deux dernières expériences. D'ailleurs, personne ne capte ni ne soupçonne à ce moment là que je suis sous carton. Avec du recul, j'étais relativement plus extraverti qu'à l'habituée, mais je ne saurai pas si cela a un rapport avec le L ou non.

Et là, deux semaines après (le week end dernier, à l'heure où j'écris ces lignes), micro-festival, 200 personnes, que des ami.e.s ou ami.e.s d'ami.e.s, lieu de dingue dans la forêt, très chouette musique, scéno magnifique.... Bref m'étais bien dit que ce serait l'endroit optimal pour tripper, et du coup, je décide pour une fois que d'augmenter un peu la dose pour en profiter. Me retrouve à prendre (en plusieurs fois hein!) l'équivalent de 1,5 carton (du fameux 1CP dosé à 100microns) - et rebelotte comme à la teuf, sentiment de défonce et d'apaisement, mais très peu/pas de visuels. La musique est trop chouette, mais à un moment, j'ai un espèce de sentiment de "trop plein" et je me retrouve à aller me coucher (sans trop savoir pourquoi) assez tôt. J'arrive curieusement très facilement à m'endormir, mais je me réveille le lendemain matin dans un état de fatigue mental et physique ULTRA hardcore. Je n'arrive à rien, et me retrouve à devoir siester toute l'aprem pour retrouver un peu d'énergie (sachant que ni mon corps ni mon esprit ne m'autorisent d'habitude à dormir en journée, hyperactivité oblige). Me restais encore un carton pour le lendemain, mais mon état de fatigue me démotive à le prendre, j'en offre la moitié à un collègue et finit par chopper un demi de C pour tenir le deuxième jour. Cela me déçoit un peu de moi même puisque même si j'en prends et en apprécie la défonce, conceptuellement, je déteste la cocaine dans ce qu'elle represente, fait aux gens et à la société, et que si je ne pouvais ne plus jamais prendre de stimulants et me cantonner aux psychédéliques, je le ferai volontiers (mais je suis encore un peu faible psychologiquement et c'est quand même pratique la C quand on est introverti comme je le suis)


Bref ; TLDR - 3615 my life - pourquoi autant de différence entre mon trip d'il y a dix ans et mes trips actuels ? pourquoi n'ai je pas de visuels à des doses quand même assez fortes là où les gens avec qui j'ai partagé ces différents trips en ont eu à des doses inférieures ?
Autant, à ma seconde "reprise", j'aurais pu comprendre (une seule semaine ne séparant les deux trips, dose prise assez faible, et caetera), mais avec un carton et demi dans le museau, ça me surprend quand même. Je ne dirai pas que cela m'embête dans la mesure où j'apprécie justement énormément les effets "non visuels" du L (peut être davantage que les effets visuels justement), mais cela me questionne quand même fortement sur comment mon corps réagit à la substance. Le tout en sachant que, oui, j'ai un vrai lacher prise sur la défonce et que je ne pense vraiment vraiment pas avoir inconsciemment "retenu" le trip (sans même vraiment savoir si cela aurait été possible.
J'ai une maxi tolérance au cannabis (pour ne pas dire que je ne suis jamais défoncé quand je bédave), et je me demandais si cela pouvait jouer ? J'ai aussi passé quand même pas mal d'années sous différents traitements par AD et quelques mois sous traitements lourds anti psychotiques et autres quand mon ancien psychiatre jouait à l'apprenti sorcier avec ma santé mentale (avant que je ne découvre le méthylphénidate), et pareil, je me demandais si cela pouvait jouer. Je précise aussi que je ne prends pas méthylphénidate/Equasym les jours où je bouffe du carton pour éviter tout problème cardiaque ou d'hypertension (ou autre).


Enfin, et sans que ce soit très important, je crois avoir un peu fait peur à mes ami.e.s proches durant ces deux derniers mois en leur racontant tout cela. Non pas qu'ils soient anti-drogues ou anti-LSD (et ce même bien au contraire pour certains d'entre eux), mais disons qu'ils ont un peu flippé de me voir revenir à une substance aussi puissante en m'ayant connu à d'autre époque beaucoup beaucoup beaucoup plus fragile psychologiquement que ce que je ne suis maintenant. Mais à la fois, j'ai aussi essayé de leur expliquer - et ils l'ont compris, même si cela ne les a pas entièrement rassuré (voire l'inverse) le caractère antidépresseur que je trouvais au L et force a été de constater pour eux l'apaisement dans lequel cela m'a mis lors de mes premiers redrop de bientôt trentenaire.


Bref, TLDR - 3615 my life bis, tout cela avait besoin de sortir, et ça m'a fait du bien de coucher tout cela sur clavier. Je vais laisser un peu de temps au temps, pas de trip prévu à l'heure actuelle et ce n'est pas prévu d'en prévoir (woa, la phrase de teubé), mais où du coup je ne sais plus vraiment comment je l'appréhenderai. Si j'ai une culture assez paranoïaque de manière générale, et que je suis bien porté RDR, je continuerai bien à manger mes huitième par huitième, mais bon, si un demi carton de LSD25 ne me fait rien et qu'un carton et demi d'1CP LSD ne m'amène pas à un plateau visuel, cela me fait me questionner sur ma résistance (physique? psychique ?) à la substance, là où justement je n'ai pas l'impression d'être physiquement un gros modèle (pour ne pas dire que je suis bien keuss et pas très lourd), et qu'encore une fois, je vois des ami.e.s (plus en chair d'ailleurs!) autour de moi se manger des cartouches telles que celles que je me suis prise à mes 16 ans, mais avec des doses qui moi ne m'amènent pas si loin que ça.


Voila, tout cela me questionne, merci et bravo à celles et ceux qui seront arrivés jusque là, et si jamais vos expériences peuvent être des lumières à mes questionnements sur mon rapport à la substance et à son dosage, c'est au plaisir de vous lire.

Et aussi, merci à toute l'équipe du forum ainsi qu'à tous les membres qui ont pris le temps de participer aux échanges ici et qui m'ont permis de me documenter, cette fois sur le L, à d'autres moments sur d'autres substances. C'est une vraie mine d'or que vous construisez de par vos messages, et si seulement tous mes proches consommateurs/consommatrices pouvaient avoir la même intelligence que celle que je lis ici dans leur rapport à la défonce et à la RDR, alors je serai rassuré. D'ici là, je prêche et essaie de pratiquer la bonne parole de la RDR, du non croisement de produits, et du care dans la défonce. Autant de choses qui n'auraient pas été possibles sans autant de lectures ici bas. Donc, encore une fois, merci.


Biki

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