[ Effets ]
Le plaisir de l'héroïne vs les autres drogues

#1 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
23 août 2026 à 21:32
Hello,

Voilà, je commence à faire le tour des drogues : K, L, C, MD, Weed et j'en passe.
De toutes les drogues il y en a une incontournable, la reine des drogues : l'Héroïne.
Je m'interroge bcp sur cette drogue car c'est peut-être la plus connue mais la moins hype en ce moment, très diabolisée.
Déjà es-ce une drogue qui permet de rester fonctionnel ? Genre d'avoir du plaisir opi mais de kiffer chez soi, de parler normalement... (par normalement j'entends dans le débit et dans les propos lol) ?

Et ensuite les effets (en sniff) : es-ce vraiment si incroyable ?
Par rapport au premier taz par exemple, à cette montée orgasmique d'amour et de paix - es-ce comparable ? supérieur ?
J'avoue avoir envie de goûter mais j'ai assez peur de l'image qui lui ait collée, je sors d'une dépendance/sevrage benzo, c'est pas pour en attaquer un à l'héro.

C'est aussi une consommation qui serait compliquée à assumer en tant que jeune je trouve : taper des taz en soirée ça passe...l'héro c'est pas la même !
Je sais que bcp de topics existent dessus mais ils sont si contradictoires et parfois ancien que je m'y perds, puis ici je pourrais poser mes autres questions si je saute le pas !

Merci et Take Care drogue-peace

Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

Hors ligne

 

Salut smile

Alors ici nous ne te conseillerons pas de consommer de la drogue mais j'avoue que la curiosité est humaine !

Lorsqu'on a fait le tour des drogues il y a 2 réactions possibles souvent contraires : j'ai fait le tour j'en ai assez vu j'arrête là.

Ou bien : j'ai envie d'en expérimenter davantage je n'en ai pas fini !

Pour ma part faire le tour complet des drogues ne m'intéresse pas je t'invite à lire certains témoignages déjà existants sur l'hero qui m'a longtemps fasciné aussi ! lol

J'ai toujours eu "envie" de savoir. Comme une impression de passer à côté de quelque chose...

Mais à la fin du chemin si tu lis beaucoup de témoignages je trouve que comme beaucoup de drogues, l'effet s'épuise et toi avec merci-1

Donc j'aurais tendance à déconseiller de vouloir faire le touriste parce que le voyage ne se passe pas toujours comme prévu et la compulsion n'est plus un voyage mais une prison drinks

Donc libre à toi de t'amuser comme je l'ai fait avec beaucoup de substances (les RC, la C, la MD, les psychés, les dépresseurs, GHB etc...) mais selon moi si tu n'en ressens pas le besoin et que le profil du produit est très à risque (addictif) il vaut mieux éviter de jouer aux explorateurs... drogue-peace

Bien sûr je ne parle que de mon expérience et je n'ai jamais testé l'héroïne, le crack et la meth par exemple car, justement les effets ont l'air "trop bons" pour être vrais drugs

La suite de l'histoire on la connait c'est souvent une sensation qui ne te quitte jamais vraiment...


Après pour t'aider pose toi la question : est ce que je veux connaître une sensation que rien n'égale dans la réalité et dont je risque de ne plus pouvoir me passer ou après laquelle je risque de courir toute ma vie, ou comme solution pour m'apaiser ? coke-sniff

Généralement ça donne des pistes !

Pour finir évidemment tu es libre de disposer de ton corps et ton esprit comme tu l'entends, l'expérience est un bien précieux mais l'est il autant que les risques ? wine

À toi de voir ! Et j'espère que tu auras des témoignages "frais" car je suis aussi curieux des témoignages puisque je ne compte pas tester cette drogue je veux au moins en savoir plus comme toi ! rasta

La carte, le territoire

Hors ligne

 

Usager terrestre a écrit

Salut smile

Alors ici nous ne te conseillerons pas de consommer de la drogue mais j'avoue que la curiosité est humaine !

Lorsqu'on a fait le tour des drogues il y a 2 réactions possibles souvent contraires : j'ai fait le tour j'en ai assez vu j'arrête là.

Ou bien : j'ai envie d'en expérimenter davantage je n'en ai pas fini !

Pour ma part faire le tour complet des drogues ne m'intéresse pas je t'invite à lire certains témoignages déjà existants sur l'hero, drogue qui m'a longtemps fasciné aussi ! lol


J'ai aussi du mal parfois à ne pas voir de contradiction dans les témoignages mais c'est toute la rencontre avec le produit qui est incertaine ! drapeau-blanc

J'ai toujours eu "envie" de savoir. Comme une impression de passer à côté de quelque chose...

Mais à la fin du chemin si tu lis beaucoup de témoignages je trouve que comme beaucoup de drogues, l'effet s'épuise et toi avec merci-1

Donc j'aurais tendance à déconseiller de vouloir faire le touriste parce que le voyage ne se passe pas toujours comme prévu et la compulsion n'est plus un voyage mais une prison drinks

Donc libre à toi de t'amuser comme je l'ai fait avec beaucoup de substances (les RC, la C, la MD, les psychés, les dépresseurs, GHB etc...) mais selon moi si tu n'en ressens pas le besoin et que le profil du produit est très à risque (addictif) il vaut mieux éviter de jouer aux explorateurs... drogue-peace

Bien sûr je ne parle que de mon expérience et je n'ai jamais testé l'héroïne, le crack et la meth par exemple car, justement les effets ont l'air "trop bons" pour être vrais drugs

La suite de l'histoire on la connait c'est souvent une sensation qui ne te quitte jamais vraiment...


Après pour t'aider pose toi la question : est ce que je veux connaître une sensation que rien n'égale dans la réalité et dont je risque de ne plus pouvoir me passer ou après laquelle je risque de courir toute ma vie, ou comme solution pour m'apaiser ? coke-sniff

Généralement ça donne des pistes !

Pour finir évidemment tu es libre de disposer de ton corps et ton esprit comme tu l'entends, l'expérience est un bien précieux mais l'est elle autant que le fait de se sentir apaisé et libre ? wine

À toi de voir ! Et j'espère que tu auras des témoignages "frais" car je suis aussi curieux des témoignages puisque je ne compte pas tester cette drogue je veux au moins en savoir plus comme toi ! rasta


La carte, le territoire

Hors ligne

 

#4 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
24 août 2026 à 19:40
Bonsoir,
La 1ère fois que j'ai pris de l'héroïne, j'avais 17 ans, une grosse sinusite, mal de crâne, chez un pote. Il m'a filé une petite trace de marron en m'expliquant que cela allait régler mon problème.

Eh bien en effet je n'ai plus eu mal du tout, mais surtout j'ai ressenti un apaisement comme je n'en avais jamais ressenti. Plus de problème, plus d'anxiété, plus de dépression, juste un bien être complet.

A tel point que je me suis dit que n'importe quoi pouvait se passer devant moi, on pouvait me jeter dehors, buter quelqu'un devant moi, rien n'aurait eu d'importance face à cet apaisement et ce bien être.

Le lendemain, je n'ai souvenir d'aucune dépendance ou d'état négatif particulier.

Je n'ai jamais retrouvé cette sensation de la 1ère fois, j'ai par contre été très attiré par les opiacés depuis et j'en ai consommé pas mal, du Tramadol, de l'oxy, des bulbes de pavots, de l'opium, du skénan, etc.

Et puis encore de l'héroïne, de la marron, sûrement de mauvaise qualité, et à chaque fois, j'en avais plus rien à foutre de tout. La teuf ? Aucun intérêt, je tape des traces dans le camion, d'autres prod ?Pourquoi faire, etc. Juste en consommant une nuit ponctuelle, sans manque derrière.

Puis j'ai connu le dark, j'ai choppé mon propre gramme (1er Silkroad !) et j'ai tapé pendant une semaine mais quand le gramme fut fini, ce fut abominable. J'ai cru que je m'étais empoisonné, des angoisses paroxystiques, des cauchemars permanents avec des visions de l'enfer de Jérôme Bosh où je sentais des démons me torturer, entrecoupés d'une insomnie totale, la pensée dans de la glu, des neurones qui hurlaient leur souffrance, les jambes sans repos (horrible), à transpirer toute la journée tout en grelotant et ça pendant 4 ou 5 jours, interminable, je me suis dit plus jamais ça.

Le temps a passé, et je me suis dit qu'il suffisait de consommer quelques jours et de stopper, sauf que quand j'en ai, impossible de me raisonner, je finis mon gramme.

J'ai ensuite eu la possibilité de choper de la blanche pure, à prendre des dosages dangereux, à gerber pendant des jours et des jours, ou à m'endormir sans m'en rendre compte (pas loin de l'OD ?) puis les horribles souffrances de retour une fois le produit fini, et rebelotte, à me dire plus jamais ça.

J'en ai repris ces dernières années, pour gérer la descente de crack, mais à chaque fois, 2 jours après, je suis totalement épuisé, je ne dors pas, la pensée complètement figée, avec l'impression qu'elle ne se remettra plus en route, déprime et angoisse.

L'effet est vraiment fantastique, mais quel combat pour le quitter, même en sachant ce qui m'attend derrière ! Et puis une trace c'est tellement vite pris et hop, apaisement, plus rien à foutre de tout, peu importe ce qu'il se passera demain.

Et puis du coup, avec cet apaisement, comme plus rien n'a d'importance, je suis devenu complètement passif dans ma vie.

Je prends donc conscience que je vais devoir faire le deuil de ce produit qui créé une telle sensation que tout est réglé et que tout est simple, parce que même pris ponctuellement, mon cerveau se souvient et qu'après la plénitude, c'est l'enfer ou en tout cas, un énorme rebond, je paye au centuple le plaisir que j'ai pris.

Bref, à toi de voir ce que tu veux faire. Tu ne vas pas devenir dépendant physiquement en une soirée, mais tu te souviendras de ce que ce produit à crée comme sensations ce soir là, et selon ta fragilité, ça peut donner envie d'y revenir. Puis quand la dépendance est installée, la suite est tellement horrible que la peur d'arrêter est là, et donc on continue, juste pour éviter que la souffrance arrive.

Il y a bien sûr les TSO maintenant et de nombreux addictologues considèrent de par leur expérience que c'est la seule solution pour que les personnes dépendantes ne replongent sans cesse. Evidemment, beaucoup résistent, se disant qu'ils vont réussir à contrôler une conso ponctuelle, ou pas reprendre. Les addicto attendent alors que le processus d'acception se fasse, car le plus souvent, la personne y revient, si elle n'a pas de TSO, et elle finit par dire oui. Ce n'est pas impossible de ne pas y revenir, de gérer des conso ponctuelles, mais je ne pense pas que ce soit le plus courant.

Cela en dit long du pouvoir addictif de cette molécule. Après, chacun sa sensibilité, ses forces et faiblesses, donc on ne peut pas savoir.

La semaine dernière, je me suis dit de consommer juste 1 jour, j'en ai consommé 3, puis j'ai balancé ce qui me restait me disant que je n'y arriverais pas, j'ai pris du Tramadol vendredi, samedi et dimanche puis stop aujourd'hui, eh bien même si j'ai connu pire, j'en chie, je suis épuisé, ma pensée est bloquée, etc, et c'est très compliqué de travailler et d'organiser des réunions dans cet état. Je prends sur moi mais j'appréhende les jours qui vont venir (vais-je dormir cette nuit ?) car j'ai de grosses réunions à piloter.

Et pourtant, je sortais de 10 jours à pas dormir + jambes sans repos d'une précédente conso avec tentative de diminuer avec de la métha et du Tramadol, mais rien à faire, quand j'arrête tout, j'en chie, est-ce que ce plaisir vaut tant de souffrance ? Vraiment, là, personnellement, je me dis que non.

200mg de blanche pures arrivent dans quelques jours, vais-je réussir à en prendre juste 1 jour puis l'oublier ? Il va falloir se rendre à l'évidence et tourner la page afin de redevenir actif dans ma vie. Elle ne changera pas toute seule, et en tout cas sans rien faire, elle va plutôt se dégrader de plus en plus.
Reputation de ce post
 
Merci pour ce retour précis - Benzo
 
Super témoignage merci
 
témoignage détaillé qui vient de l'expérience. VégéK

En ligne

 

#5 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
24 août 2026 à 22:51
Coucou Silae,

Merci beaucoup pour ton retour précis, structuré et touchant (comme d'hab wink).
Je comprends mieux ce produit à présent ainsi que son pouvoir insidieux.

Déjà, j'espère vraiment que tu vas arriver à trouver un peu de repos après ces jours difficiles et à revenir à ton état souhaité.
T'as pas un peu de Valium pour faire passer la pilule ?

De mon côté j'avoue que ça me fait rêver mais j'ai très peur du côté "refuge" que je pourrais y trouver si je replongeais.
Déjà, la K me sert de planque alors que niveau sommeil/reins/vessie/brouillard metal c'est pas le top.
Je suis arrivé à m'en passer 1 mois puis je consomme - de 1g/15j sur 3 prises environ.
Je vais essayer de substituer par de la weed mais bon je suis pas fan et c'est pas le sujet.

Silae a écrit

La teuf ? Aucun intérêt, je tape des traces dans le camion, d'autres prod ?Pourquoi faire, etc. Juste en consommant une nuit ponctuelle, sans manque derrière.

- Alors cette partie... ça serait dire à quel point ça colle à ce côté que je recherche mais dont j'ai peur !
J'ai pas envie de me retaper un sevrage affreux, c'est pas le plan...
Je pense que je finirai par craquer mais ça serait bien que ce soit pas pdt mes premières années d'études où j'ai du temps.

Si je craque de façon exceptionnelle un jour et que j'ai pas l'occasion de prendre à côté peut-être que ça sera mieux ?
A vrai dire je n'ai aucune idée de si j'avance dans mes consos de manière éclairée ou complètement inconsciente, comme les yeux bandés dans une pièce noire...
Découverte de jeunesse ? Je crois gérer et en fait je cons régulièrement ? Je suis victime du discours de diabolisation de la drogue ? La vérité c'est que je n'en ai aucune putain d'idée...

J'espère que j'aurais une bonne étoile, qu'un jour je n'y penserai plus tous les jours, les prises deviendrons exceptionnelles et que la vie suivra son cours (même si je vais très bien actuellement).

Pour tes 200mg ma question va peut-être sembler bête mais pourquoi ne les garderai tu pas de côté un temps ? Comme une bouteille de champagne qu'on garde pour un jour particulier : une occasion, une soirée qui s'y prête particulièrement ?

Je garde en tête ce passage :

Silae a écrit

Et puis du coup, avec cet apaisement, comme plus rien n'a d'importance, je suis devenu complètement passif dans ma vie.  Je prends donc conscience que je vais devoir faire le deuil de ce produit qui créé une telle sensation que tout est réglé et que tout est simple, parce que même pris ponctuellement, mon cerveau se souvient et qu'après la plénitude, c'est l'enfer ou en tout cas, un énorme rebond, je paye au centuple le plaisir que j'ai pris.

Si t'as besoin de papoter tranquille, mes DMs sont ouvert tu le sais !
Prends soin de toi heart

A +

Reputation de ce post
 
Merci pour ta bienveillance

Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

Hors ligne

 

silae a écrit

Bonsoir,
La 1ère fois que j'ai pris de l'héroïne, j'avais 17 ans, une grosse sinusite, mal de crâne, chez un pote. Il m'a filé une petite trace de marron en m'expliquant que cela allait régler mon problème.

Eh bien en effet je n'ai plus eu mal du tout, mais surtout j'ai ressenti un apaisement comme je n'en avais jamais ressenti. Plus de problème, plus d'anxiété, plus de dépression, juste un bien être complet.

A tel point que je me suis dit que n'importe quoi pouvait se passer devant moi, on pouvait me jeter dehors, buter quelqu'un devant moi, rien n'aurait eu d'importance face à cet apaisement et ce bien être.

Le lendemain, je n'ai souvenir d'aucune dépendance ou d'état négatif particulier.

Je n'ai jamais retrouvé cette sensation de la 1ère fois, j'ai par contre été très attiré par les opiacés depuis et j'en ai consommé pas mal, du Tramadol, de l'oxy, des bulbes de pavots, de l'opium, du skénan, etc.

Et puis encore de l'héroïne, de la marron, sûrement de mauvaise qualité, et à chaque fois, j'en avais plus rien à foutre de tout. La teuf ? Aucun intérêt, je tape des traces dans le camion, d'autres prod ?Pourquoi faire, etc. Juste en consommant une nuit ponctuelle, sans manque derrière.

Puis j'ai connu le dark, j'ai choppé mon propre gramme (1er Silkroad !) et j'ai tapé pendant une semaine mais quand le gramme fut fini, ce fut abominable. J'ai cru que je m'étais empoisonné, des angoisses paroxystiques, des cauchemars permanents avec des visions de l'enfer de Jérôme Bosh où je sentais des démons me torturer, entrecoupés d'une insomnie totale, la pensée dans de la glu, des neurones qui hurlaient leur souffrance, les jambes sans repos (horrible), à transpirer toute la journée tout en grelotant et ça pendant 4 ou 5 jours, interminable, je me suis dit plus jamais ça.

Le temps a passé, et je me suis dit qu'il suffisait de consommer quelques jours et de stopper, sauf que quand j'en ai, impossible de me raisonner, je finis mon gramme.

J'ai ensuite eu la possibilité de choper de la blanche pure, à prendre des dosages dangereux, à gerber pendant des jours et des jours, ou à m'endormir sans m'en rendre compte (pas loin de l'OD ?) puis les horribles souffrances de retour une fois le produit fini, et rebelotte, à me dire plus jamais ça.

J'en ai repris ces dernières années, pour gérer la descente de crack, mais à chaque fois, 2 jours après, je suis totalement épuisé, je ne dors pas, la pensée complètement figée, avec l'impression qu'elle ne se remettra plus en route, déprime et angoisse.

L'effet est vraiment fantastique, mais quel combat pour le quitter, même en sachant ce qui m'attend derrière ! Et puis une trace c'est tellement vite pris et hop, apaisement, plus rien à foutre de tout, peu importe ce qu'il se passera demain.

Et puis du coup, avec cet apaisement, comme plus rien n'a d'importance, je suis devenu complètement passif dans ma vie.

Je prends donc conscience que je vais devoir faire le deuil de ce produit qui créé une telle sensation que tout est réglé et que tout est simple, parce que même pris ponctuellement, mon cerveau se souvient et qu'après la plénitude, c'est l'enfer ou en tout cas, un énorme rebond, je paye au centuple le plaisir que j'ai pris.

Bref, à toi de voir ce que tu veux faire. Tu ne vas pas devenir dépendant physiquement en une soirée, mais tu te souviendras de ce que ce produit à crée comme sensations ce soir là, et selon ta fragilité, ça peut donner envie d'y revenir. Puis quand la dépendance est installée, la suite est tellement horrible que la peur d'arrêter est là, et donc on continue, juste pour éviter que la souffrance arrive.

Il y a bien sûr les TSO maintenant et de nombreux addictologues considèrent de par leur expérience que c'est la seule solution pour que les personnes dépendantes ne replongent sans cesse. Evidemment, beaucoup résistent, se disant qu'ils vont réussir à contrôler une conso ponctuelle, ou pas reprendre. Les addicto attendent alors que le processus d'acception se fasse, car le plus souvent, la personne y revient, si elle n'a pas de TSO, et elle finit par dire oui. Ce n'est pas impossible de ne pas y revenir, de gérer des conso ponctuelles, mais je ne pense pas que ce soit le plus courant.

Cela en dit long du pouvoir addictif de cette molécule. Après, chacun sa sensibilité, ses forces et faiblesses, donc on ne peut pas savoir.

La semaine dernière, je me suis dit de consommer juste 1 jour, j'en ai consommé 3, puis j'ai balancé ce qui me restait me disant que je n'y arriverais pas, j'ai pris du Tramadol vendredi, samedi et dimanche puis stop aujourd'hui, eh bien même si j'ai connu pire, j'en chie, je suis épuisé, ma pensée est bloquée, etc, et c'est très compliqué de travailler et d'organiser des réunions dans cet état. Je prends sur moi mais j'appréhende les jours qui vont venir (vais-je dormir cette nuit ?) car j'ai de grosses réunions à piloter.

Et pourtant, je sortais de 10 jours à pas dormir + jambes sans repos d'une précédente conso avec tentative de diminuer avec de la métha et du Tramadol, mais rien à faire, quand j'arrête tout, j'en chie, est-ce que ce plaisir vaut tant de souffrance ? Vraiment, là, personnellement, je me dis que non.

200mg de blanche pures arrivent dans quelques jours, vais-je réussir à en prendre juste 1 jour puis l'oublier ? Il va falloir se rendre à l'évidence et tourner la page afin de redevenir actif dans ma vie. Elle ne changera pas toute seule, et en tout cas sans rien faire, elle va plutôt se dégrader de plus en plus.

Merci pour ce témoignage qui confirme mes craintes sur ce produit ! drogue-peace

Les effets ont l'air très accrocheurs mais j'ai apprécié le détail dans lequel tu es rentré pour décrire du positif au négatif tous les effets de la substance et également comment tu as géré l'addiction ou envie de reconsonsommer par la suite !

Ça démystifie beaucoup la chose drogue-peace

À+ et merci encore heart

Dernière modification par Usager terrestre (25 août 2026 à 12:10)


La carte, le territoire

Hors ligne

 

#7 
avatar
cependant
Modo bougeotte
Hier à 18:22
Salut,

Alors mon témoignage sort un peu des ceux connus...

Le première fois que j'ai pris de l'hero, j'ai détesté !
Déjà à l'époque je ne connaissait qu'alcool, stims, cannabis et champis, avec l'héroïne, j'ai d'abord eu l'impression que je n'étais pas défoncée.
"Juste" une chaleur, mollesse, apaisement que je n'arrivais pas à mettre en lien avec le produit, mais surtout nausée et vomis qui m'avaient retournée.
Pendant des années, je n'ai donc pas pris les fois qu'on m'en proposait en disant que ce n'était pas pour moi et je ne comprenais pas l'engouement envers cette drogue !

Puis, c'est en passant par des opiacés beaucoup moins forts, comme de la rachacha à des dosages qu'aujourd'hui je peux définir homéopathique que j'ai apprivoisé les effets !

Là j'étais dans une dimension semi onirique, dans un cocon chaleureux où tout était facile et simple.
La lumière aussi plus chaleureuse et douce, j'étais détendue et parfois même efficace !
Pendant une bonne dizaine d'années j'ai donc consommé des opiacés de façon occasionnelle, avec des dosages assez bas, tout en changeant souvent de molécule (codéine, tisane de pavot, kratom, opium, tramadol).

Au fur et à mesure du temps, j'ai compris les effets positifs et j'ai réussi à maitriser les effets secondaires.

Et là, j'ai repris une trace d'hero. Ce n'était plus la même chose, je savais à quoi m'attendre !
Et j'ai de plus en plus apprécié.
Voici un billet de cette époque : https://www.psychoactif.org/blogs/Ceci- … html#b4090

J'ai aussi à ce moment là arrêté le cannabis, remplacé de plus en plus par des opis. Les choses de la vie ont fait en sorte que l'accès au produit était plus facile et peu à peu j'ai apprécié les traces au réveil, capables de transformer une journée, qui me donnent la pêche et me permettent de dépasser une angoisse que je portais en moi depuis bien longtemps.

C'est vrai qu'à ce moment n'était pas facile de décider : continuer à consommer en ayant les effets positifs qui m'aidaient ou prendre des distances pour ne pas développer une dépendance.
J'avoue que pour moi, en ayant commencé avec des très petites doses, ce n'est pas allé si vite, j'ai eu le temps de voir et considérer là où je voulais aller, ce que je trouvais qui me faisait le mieux.
Certes, ça n'a pas été toujours facile, mais je sais ce que je cherche.

J'ai décidé à un moment d'avoir un tso, dans l'optique de gérer ma conso en gardant les cotés positifs.
Je fais régulièrement des sessions came plus ou moins longues (même si la tolérance a augmenté, j'ai eu accès à des meilleurs plans et avec des pauses, j'arrive à ressentir les effets que je cherche).

J'ai toujours eu tendance à anticiper, à prévoir à amortir mes sessions (sans ou avec tso, j'ai fait des descentes douces). En plus de 15 ans (je crois les doigts !!), je n'ai jamais vécu du manque à la trainspotting car j'ai réussi à ne pas me mettre dans la situation de vouloir tout arrêter d'un jour à l'autre.

Certes, je connais maintenant les symptômes du manque, j'arrive presque à en apprécier certains (la facilité de jouissance pas ex), car je sais qu'à la clé je peux retrouver le confort que je cherche.
J'ai toujours réussi à gérer aussi le coté financier (même si des fois ça fait une passion  un peu chère...) et je m'en suis plutôt servie pour bosser que comme quelque chose qui m'en empêchait.

Ça m'a servi aussi à gérer le craving/gérer d'autre prods comme le crack et finalement aussi à maintenir une vie sociale dans des moments où sans je n'aurais plus parlé à personne.

Certes, parfois j'ai également vécu la stigmatisation, mais grâce à PA et la réflexion collective, je me sens outillée pour ne pas la subir et m'affirmer !

Je ne veux pas inciter, comme tout dans la vie, rien n'est blanc rien n'est noir, mais juste apporter un témoignage que j'espère va contrebalancer un peu la diabolisation permanente du produit et de ses consommateurs, souvent vu comme des déchets humains qui n'ont plus le choix.

Grâce à la force collective de l'affirmation de nos droits, la confiance dans le partage des stratégies et des outils, j'ai une consommation qui me convient...
Reputation de ce post
 
Témoignage complet et d'expérience. VégéK

fugu kuwanu hito niwa iwaji

Hors ligne

 

#8 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
Hier à 21:29
Bonsoir,
Que nos expériences soient différentes, j'y vois la force de ce forum. Ca serait dommage de s'en tenir à un discours unique quand on peut lire de multiples histoires de rencontres d'individus avec un produit.

Le discours unique, le discours médical, on le trouve partout sur internet, aucun intérêt de le reproduire ici. C'est bien sûr utile de connaître les mécanismes physiologiques, mais c'est dommage de de lire uniquement une description de notre corps comme une machine, identique à une autre, sans rien à dire de plus.

Benzotrip, merci pour ton message, j'évite les benzo car je n'aime pas les effets, ça me met la pensée dans de la glu et ma pensée, j'en ai besoin pour me raccrocher à quelque chose. Et même un Seresta 10, qui a pourtant une demi vie ultra courte, me met tout le lendemain dans un état semi comateux.

Le soucis bien sûr c'est que pas dormir, être en petit manque, c'est souffrir, et c'est bête de souffrir, d'autant que ça ne sert vraiment à rien, il n'y a pas de rédemption dans la souffrance, rien d'utile ou de positif à mon avis...

Bref, j'ai survécu ces quelques jours en reprenant un peu de Tramadol mais je vais essayer de le stopper vite, et finalement, la blanche devrait arriver samedi, on verra.

Pourquoi ne pas consommer tous les 6 mois ? Eh bien ça serait en effet top pour ressentir un max d'effets, pas de manque, etc, mais il faut résister à la tentation, et c'est pas évident quand le produit est dans un tiroir, toujours immédiatement disponible, il suffit d'une journée un peu dure et je peux ne plus tenir ce que je m'étais fixé, et m'autorise un soulagement mais ça va très vite derrière, pour moi, quelques jours de conso et je douille sévère quand je stoppe. Mon cerveau se souvient, je ne pense pas que le manque arrivait si vite quand j'étais plus jeune, là je réagis super vite.

Ma 1ère fois à l'héro, je m'en souviendrais toute ma vie, j'avais vraiment le sentiment qu'on pouvait me pisser dessus, et que ça n'aurait pas eu d'importance. Donc je me suis dit que forcément, ce produit pouvait attirer d'autant plus lorsqu'on a une vie pas facile ou qu'on va mal, quelque soit la raison.

J'ai ensuite beaucoup consommé des tisanes de bulbes de pavot comme toi Cependant, et j'adorais ça, 15h d'effets (quel plaisir quand tu as fait une nuit pleine de plaisir et de rêves, et de se réveiller juste quelques heures après s'être couché en plein forme et avec encore beaucoup d'effets). Pour le coup, je n'ai jamais été en manque de ces conso là, mais c'était ponctuel ou quelques jours de suite.

La kétamine a pu aussi lors de certaines sessions me procurer un sentiment d'apaisement ++, je dirai que les opiacés peuvent créer cela mais en plus tu as l'effet opiacé de grosses vagues de plaisir physique, d'une pensée ultra fonctionnelle et clean (selon la dose). L'autre différence, c'est qu'une bonne came que tu prends le soir, l'effet sera encore là le lendemain, c'est long !

Plutôt que l'héro directe qui accroche quand même vite, pourquoi ne testes tu pas d'autres opiacés moins forts ? Bien sûr, il faut se donner aussi des règles selon ce que tu veux, car ces produits peuvent tous créer une forte dépendance au bout d'un moment, voir notamment les témoignages de personnes qui ne peuvent plus se passer de Tramadol...

Des molécules comme la codéine, le Tramadol, l'opium, le skénan (morphine), voir l'oxy (qui fait des ravages aux USA, il faut être prudent avec celui-là)... Ce n'est bien sûr pas une recommandation de ma part.

A toi de voir, le soucis de l'héro, c'est que c'est ultra compliqué d'en prendre ponctuellement et de raisonner quand on en a, les autres opioïdes, je trouve que c'est plus simple, les effets n'étant pas aussi rapides et intenses, si on arrive à rester loin de la dépendance physique bien sûr, là c'est autre chose.

Bonne soirée,

En ligne

 

#9 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
Aujourd'hui à 18:01
Hello,
Merci cependant pour ton retour ! C'est cool d'avoir plusieurs expériences !
Je comprends Silae, moi aussi maintenant que ma tolérance est redescendue je me rends compte que les benzos me mettent dans la glue, même le Xan 0,5 le lendemain ! Pourtant je garde la tolérance croisée avec l'alcool...
Le seul que j'aime encore c'est le Valium parce qu'il est particulièrement relaxant : quel pied ! Bref, ici n'est pas le sujet.

Pourquoi je n'essaie pas d'autres opis : par manque d'occasion !

Les médecins prescrivent plus de codéine, la morphine c'est du pallier 3, pour en avoir c'est la galère et le tramadol j'en ai eu à la pelle après un accident, ça a peut-être booster ma tolérance mais je trouve pas ça fou.
Ça a un côté taz en étant moins agréable et avec une petite descente, je kiffe pas trop le coté norarénaline/sérotonine.

J'ai pas de plug pour les opi donc il faudrait que je commande sur internet mais en ce moment je vis pas seul donc moyen en boîte aux lettres. Puis j'ai pensé faire d'une pierre de coup et commander de l'oxy et de l'adderall sur le DW mais j'ai peur qu'il y ait du fentanyl dedans vu que ça viens des States.
Je vais donc essayer de choper un plug qui fait des opi dans ma ville.

Pour la dépendance vis à vis des opi, je me méfierai mais avec la morphine et le tramadol j'ai pas eu de problème alors que j'en ai bouffé quotidiennement pendant 3/4mois et que j'en ai abusé 2/3x à quelques semaines d'écart.

Bonne soirée,
A +

Dernière modification par Benzotrip (Aujourd'hui à 18:02)


Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

Hors ligne

 

#10 
avatar
VégéK homme
Nouveau Psycho France
Aujourd'hui à 20:31
Salut, très intéressants vos témoignages, merci pour le partage!

Perso le premier opioïde que j'ai pris dans ma vie est l'héro, du brown, en chassant le dragon. C'est à dire brulé sur de l'allu en aspirant la fumée avec une paille en allu.

C'est quelque chose qui m'a marqué définitivement par le plaisir et l'apaisement que ça m'a procuré, comme tu le décris Silae.
Avant ce jour là ce prod m'a toujours attiré, à travers la pop culture (Drugstore Cowboy, Trainspotting, Kurt Cobain, Charlie Parker, L627 etc..)

Mais connaissant les risques d'addiction et cotoyant une scène de conso assez hard, j'ai fait gaffe. Je me suis fixé comme règle de ne jamais consommer 2 jours de suite, et je me suis aperçu au fil des années que ce n'était pas suffisant, donc la règle à évolué en "Ne pas consommer un opi plus de 2 fois sur une période de 8 jours roulants. "
Et ce qui m'a dissuadé de consommer trop fréquemment est aussi la baisse du plaisir au fil des prises.

Pendant des années, j'ai consommé à ce rythme (2 à 5 fois par mois environ), en snif uniquement, ce que je pensais être de l'héroïne blanche mais qui était en fait du fentanyl.

Impossible de maîtriser la tentation avec ce produit. Je peux avoir de l'opium, de l'oxycodone, de la mitragynine, du kratom, sans y toucher pendant 3 semaines.
Par contre si j'ai de l'héro ou du fentanyl ma volonté s'émousse, y'a pas de bouteille de champagne qu'on sort pour la grande occasion, c'est la compulsion qui prend le dessus drugs
J'en suis arrivé à des situations ridicules (aller enterrer ma came dans les bois, et aller la déterrer en pleine nuit à la frontale 1 semaine avant la date prévue par exemple).

Mais j'ai réussi à gérer tant bien que mal. En plus de 20 ans de conso d'opi je n'ai jamais connu le manque, et j'ai switché vers le kratom puis la mitragynine. Parfois consommés avec de la C (mon petit speedball léger)

Mais les opis peuvent vraiment avoir une influence durable sur une vie, même sans addiction physique, l'addiction psychologique reste là en ce qui me concerne.

Donc je trouve que tu te poses les bonnes questions Benzotrip et je t'invite à faire attention.

@Silae: tu utilises toujours un coffre avec ouverture programmée dans le temps? Qu'est-ce que tu pourrais nous dire sur les avantages/inconvénients de cette méthode stp?

En ligne

 

#11 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
Aujourd'hui à 21:14
Eh bien la boite ça a pas du tout marché pour moi, fallait juste payer 20 balles pour avoir un code pour l'ouvrir alors ça commençait à me coûter cher, et puis un jour je l'ai défoncée.

La meilleure solution pour moi, c'est juste de pas en avoir, ou en tout cas, juste pour les jours prévus, et après, envoi aux copains ou je balance (et oui, même de la blanche du triangle d'or à 95%).

En ligne

 

Remonter
Pour répondre à cette discussion, vous devez vous inscrire

Sujets similaires dans les forums, psychowiki et QuizzZ

11
Quel RC ou autres est le plus proche de l’hero 
 5, 7590 vues, dernier message : 05 avril 2018 par charliz

56
[ Test colorimétrique ]
Tester fentanyl et dérivés dans l'héroine (et autres) 
 5, 58525 vues, dernier message : 29 janvier 2024 par cependant

logo Psychoactif
14
Vivre sous hero comparé aux autres opiacés, avantages et inconvenients 
 5, 9715 vues, dernier message : 10 octobre 2015 par Acid Test

logo Psychoactif

logo Psychoactif

logo Psychoactif
[ QuizzZ ]
Risquez vous une overdose d'opiacé ? (heroine, morphine, methadone)
21863 personnes ont déja passé ce quizzz !

logo Psychoactif
[ QuizzZ ]
Testez vos connaissances sur les overdoses d'opiacés
22132 personnes ont déja passé ce quizzz !

Psychoactif » Forums » Opiacés et opioïdes » Heroïne
» [ Effets ] Le plaisir de l'héroïne vs les autres drogues

Psychoactif
Psychoactif est une communauté dédiée à l'information, l'entraide, l'échange d'expériences et la construction de savoirs sur les drogues, dans une démarche de réduction des risques.

 
logo Don Soutenez PsychoACTIF

Droit d'auteur : les textes de Psychoactif de https://www.psychoactif.org sont sous licence CC by NC SA 3.0 sauf mention contraire.


Affichage Bureau - A propos de Psychoactif - Politique de confidentialité - CGU - Contact - flux rss Flux RSS