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Anniversaire chimique 



C'est un anniversaire. Le tien. Le nôtre.
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Tu es sans doute l'être que j'ai le plus aimé, le plus fort, peut-être aussi le plus mal.
Comme si l'amour, quand il était très fort, pouvait être mauvais. Paradoxe. L'amour immense peut-il déconner ?
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Pourquoi notre immense amour s'est il effondré ainsi ?
Etait-ce la drogue, qui nous a pourtant rapprochées? C'est vrai, je me souviens des dimanches après-midi, si tristes. Je partais de chez toi, tu étais triste. C'était un moment horrible au carré. Nous avions la veille ou l'avant-veille connu les sommets empathiques. Puis, le dimanche, c'était à chaque fois comme un effondrement.
Nous avons connu ces sommets. Et puis nous avons divergé. Sous prod, moi j'étais complètement abruti, toi, tu restes encore lucide. L'enjeu crucial de rester lucide dans les perches. La pleine conscience. Je crois que je n'y suis pas souvent arrivé. Je suis passé à côté. Ce n'est pas grave ! cette pleine conscience , on peut l'exercer dans la vie, quand on l'a entre-découverte. Tu me l'as expliqué. J'ai le sentiment que tu as vécu des choses plus pleinement. J'en suis heureux pour toi. Et pourtant tu étais plus malheureuse. Comme si cette conscience plus aiguë te rendait plus fragile au lieu de te rendre plus fort. Pourquoi n'as-tu pas été plus fort ? Pourquoi tu  t'es effondrée, nous avec, moi avec ?
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Je pensais avoir tout compris, avec toi. Avec nous. C'est pourquoi, comme j'ai l'impression de n'avoir rien compris avec les autres, j'étais plus dans le juste. Tu m'auras rappelé que, quoi qu'on fasse, quoi qu'on vive, quelle que soit l'intensité, il y a toujours une part de mystère.
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Plus rien.
Mais c'est un anniversaire... Alors je me souviens.
Avec toi, je pense que je suis devenu véritablement un homme. C'était en germe avec les autres, mais avec toi ça s'est accompli.
Tu m'as laissé le droit aux souvenirs.
Je me souviens rarement de ton visage ... Ce que j'ai en moi, moi qui suis sourd, c'est ta voix. (Je me souviens pourtant de la dernière fois que je t'ai vue chez toi. Ton gilet noir à pompon, tes cheveux tirés. La lumière du couloir qui aura été un lieu si important pour moi.) Mais ce qui reste, bizarrement, c'est ta voix. Ta voix comme une chanson, une prophétie , douce et violente,  une question de vie ou de mort. Jamais ne n'oublierai mon retour du néant: « Tu veux un peu de jus de pomme François ? ». Et puis tes sanglots lorsque nous nous sommes rendus les clés, « Cette clé, tu l'avais fait faire pour moi ».
Alors au son de ta voix...
Alors je veux me révolter.
Je veux me révolter contre ton interdiction de nous faire vivre encore. Je pense que tu t'es donnée complètement, je crois que tu m'en veux, je crains que tu me haïsses. Les derniers mots que tu as écrit était d'une telle violence. Je t'ai brisé le cœur. Et mon âme ne le supporte pas.
Pourquoi m'as-tu interdit de te reconstruire ? Pourquoi m'as-tu interdit la magie ? Pourquoi nous sommes nous interdits l'amour plein et entier, infini, celui auquel nous croyons ...
Parfois je me demande si ce que nous avons vécu n'était qu'illusion, une fausseté de drogués. Il faut bien se poser la question. Mais nous savons que c'est faux. Toi-même tu t'es posé la question. Mais tu sais bien que c'est faux. Ce que nous avons vécu est Vrai. Nous avons vécu le sommet de l'amour, nous le savons bien. Ne serait-ce pas le reste qui  serait illusion ? Nous avons promené dans les sous-bois nos méandres, comme nuls autres sauf les poètes, et nous avons été la poésie et la musique de l'amour.
A s'en rassasier peut être...
Mon ami plénière, je veux aimer le monde comme on s'est aimé, et c'est pour ça que je suis parti.
Mais je veux cheminer avec toi et t'inviter sur ma route.
T'invoquer en silence comme on évoque un dieu.
Et souffrir à nouveau pour sentir ton absence.
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Catégorie : Carnet de bord - 03 octobre 2022 à  00:11

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