Cannabis – Comment ne pas devenir accroc  ? 



J'ai donc découvert le cannabis il y a 1 mois et demi. Heureusement. Si j'avais su à  16 ans qu'il est possible de ne plus ressentir de peurs, d'angoisses, qu'une journée peut être ensoleillée par la perspective de fumer le soir, je n'aurais jamais poursuivi d'études, je pèserais 150 kilos, je vivrais chez ma mère en jogging tâché de mayonnaise. Bref.

Voilà  mon souci  : j'ai peur de devenir dépendant. En fait, non. Je suis dépendant je pense. Je le suis depuis mon premier joint, quand j'ai ressenti cette paix intérieure que je n'avais plus connu depuis si longtemps. Depuis que je fume, je ne prends plus d'anxiolytiques le matin, le joint de la veille au soir me suffit. Je ne passe plus mes nuits en cauchemars épuisant qui me laissent pantelant et KO au réveil, bref, je vais mieux.

Mais lorsque je lis le forum cannabis, je me rends compte que des gens veulent arrêter, qu'ils sont devenus accrocs.

D'où mes questions  : comment ne pas devenir totalement accroc  ? Qu'est-ce que « trop fumer  »  ? A quel moment faut-il se raisonner sur sa consommation  ? Quel est la limite à  ne pas passer pour ne bénéficier que des effets bénéfiques de l'herbe  ?
Pour le moment, je fume 2 joints le soir en semaine (un en rentrant du boulot, l'autre 1 heure avant de me coucher) et 4 le week-end. Je ne sais pas s'il y a une échelle des effets du cannabis comme pour la Salvia mais je ne recherche pas à  dormir mais juste à  être extrêmement relaxé et laisser mes idées se porter par elle-mêmes. Avec une musique planante et devant la cheminée

Merci d'avance pour votre aide

Catégorie : Réduction des risques - 11 octobre 2015 à  12:34



Commentaires
#1 Posté par : Mammon Tobin 12 octobre 2015 à  00:31
En se posant des règles strictes, mais 99% du temps on fini par les briser...

Si tu ne fumes que le soir sans augmenter les doses (c'est ça qui est bien avec le cannabis, contrairement à  beaucoup d'autres drogues la tolérance n'augmente pas énormément), c'est déjà  bien...
Mais si tu n'as commencé qu'il y a 1 mois et demi et que tu es déjà  à  2 joints quotidiens ça fait déjà  pas mal, c'est bien que tu fasses ton bilan maintenant.

Si tu commences à  te poser ce genre de questions (qu'on s'est tous déjà  plus ou moins posé au tout début) essaye d'arrêter une dizaine de jours pour voir comment tu tiens le coup sans weed... ça te permettrai de mieux voir où tu en es.

Si tu peux éviter de passer aux douilles ça serait pas plus mal aussi, c'est ptêt plus économique mais c'est assez addictif comme mode de consommation, et ça esquinte + le corps que les joints en général.

Pour le reste je ne sais sais pas, qu'est-ce que "trop" fumer, ça dépend d'un individu à  un autre, quelqu'un pourra gérer sa vie tranquille en fumant tous les jours alors qu'un autre deviendra une loque qui joue à  LoL toute la journée.

à  bientôt sur le fofo
Tobin

 
#2 Posté par : Egzoset 13 octobre 2015 à  23:26
Salutations Robert,

Robert Paulson a écrit

J'ai donc découvert le cannabis...  Voilà  mon souci:  j'ai peur de devenir dépendant. En fait, non. Je suis dépendant je pense.

Prenons pour acquis que cela puisse effectivement s'avérer dans la réalité, il n'en reste pas moins qu'au bout du compte il ne s'agit pas d'un scénario expérimenté par la majorité des gens.  Je me rappelle vaguement la mention de statistiques du genre 1 ~ 2 % concernant le sujet annoncé dans le titre, ensuite il y avait aussi un témoignage vidéo sur YouTube d'un ex-policier converti à  la cause pro-cannabique, lequel expliquait qu'on a plus de chances de ce casser le cou dans l'escalier chez-soi comparativement au risque de mourir d'une overdose de "Marie-Juana", comme les bigots aiment l'appeler...  La dépendance en tous les cas n'atteint qu'une ridicule marge de la population ne justifiant pas de tuer bêtement un fuyard qui se sent soudainement "serré" alors qu'il transporte de l'huile de cannabis, par exemple.

Euh...  Si maintenant le gars émerge d'une ethnie on est pas sortis d'l'auberge - et ça s'adonne que la scène que je relate sans trop bien me la rappeler fesait justement référence à  un citoyen, euh...  "pas de souche", on va dire.  Cela se passait en France il y a à  peine quelques années.  Les gens de la localité avaient manifesté, etc.  Des histoires comme ça il en pleut quand on sait où chercher, à  condition que les médias y fassent écho...

Bref, oui ça se peut que tu aies tiré le gros-lot d'une sinistre loterie, mais...  Car il y a toujours mieux et pire:  ça aurait pu être pire, y'en a qui développent des allergies!

%-b

Robert Paulson a écrit

Je le suis depuis mon premier joint...  ...  ...comment ne pas devenir totalement accroc?

D'abord faudrait au moins faire l'effort d'éliminer définitivement l'état de poly-toxicomanie, alors ça veut dire abandonner la combustion incluant la fumée des joints de "pot".  C'est déjà  assez de défi en soi de tenter de s'initier au cannabisme sainement sans en plus y combiner les nombreux poisons issus de matières végétales brûlées en cendres, en goudron et j'en passe, etc.

Autrement dit, le joint même sans cannabis dedans demanderait qu'on s'y attarde avec sérieux.  Voilà  pourquoi il me semble tout naturel d'insister de prime abord sur l'importance de vaporiser plutôt que de fumer - et il y a plus!

Le mode de consommation donne forme au profil de consommation je dirais, un joint que j'allume va brûler jusqu'au bout, à  moins de s'adonner à  un rituel, comme de laisser s'éteindre son joint de hashish 2 ~ 3 fois lorsqu'il se trouve dans un ustensile conservant la fumée.  Ce que je fis à  une époque et c'était sale/répugnant quand j'y repense!

Il reste que l'idée que j'amène ici est surtout affaire de rituel, à  toutes fins pratiques.  Car avec des joints j'ai souvenir de n'avoir pas eu grand contrôle malgré mon accessoire à  fumer.  Par rapport à  aujourd'hui y'a peu de comparaison, ma pipe commence à  refroidir dès le moment où je la repose alors il n'y a pas d'effet "locomotive" prononcé.  Le temps, l'effort et les ressources investis dans l'obtention de la bouffée "parfaite" n'obligent pas à  y donner suite indéfiniment jusqu'à  extraction complète du bol cannabique.  Au contraire!

Avec un ballon, dirons-nous, ou sinon un joint dans votre cas...  on ne retire pas de plaisir sans se rendre vulnérable à  la tentation de passer à  travers:  l'abus prend racine dans le mode de consommation lui-même, le ballon comme la cigarette procurent tous deux plus d'une inhalation à  la fois et ça ne garantit pas la répétitivité du dosage d'une fois à  l'autre - mais au moins on sait qu'on a des chances de finir la journée un brin amorti dans l'fond du sofa.

Or moi j'ai une théorie relative à  l'interférence prohibitionniste relativement aux moyens de consommation, dans un premier lieu, puis plus généralement la motivation commerciale, faut-il le dire!  Éh oui, c'est qu'elles se vendent à  prix d'or ces petites machine-là !

Robert Paulson a écrit

Qu'est-ce que « trop fumer » ?

Fumer c'est déjà  trop.

Au-delà  de ça, on parle "tolérance" et alors ça me fait rappeler comme l'obsession d'un objectif utopiste car en abusant de son niveau de tolérance le consommateur de cannabis en altère la valeur toujours un peu plus jusqu'à  réaliser le dépassement d'un plateau au-delà  duquel l'expérience cannabique devient autre.  Et ainsi on en arrive à  manquer la cible puis on s'entête à  la façon d'un joueur impulsif, etc...  Comme en quête de la douce illusion d'un mirage au milieu du désert.

Évidemment si c'était à  refaire je souhaiterais avoir moi-même la chance de m'y prendre autrement pour une première initiation, lorsque l'aventure est encore nouvelle.  Aujourd'hui il y a la réelle possibilité de subvenir enfin à  un besoin né il y a une bonne trentaine d'années, l'effet locomotive en moins.  Quoique...

;-)

Robert Paulson a écrit

A quel moment faut-il se raisonner sur sa consommation?

Quand malgré tout on s'adonne à  trop consommer je pense personnellement que pour certaines personnes il vaut mieux aller au bout de la conclusion sans trop tarder, pour mieux reprendre pied ensuite, en s'éduquant soi-même.  D'où une autre idée choquante, celle que des fois les jeunes auraient besoin d'être accompagnés et même guidés plutôt qu'envoyés en centre de "ressourcement" (i.e. reprogrammation) individuelle avec peine à  purger en collectivité et j'en passe.  C'est pas parce que Jésus-Christ s'est fait connaître à  travers le globe qu'il faut lancer la mode, hein!...

Donc, parfois quand on ne sait plus où s'arrêter autant passer de l'autre côté du miroir.  Après 2 jours à  inhaler sans plaisir on commence à  regarder à  l'addition après plusieures épisodes du genre.  Puis vient la vapo qui bouleverse tout ça en procurant un bouquet d'arômes et de goûts qui à  eux seuls semblent justifier soudain un tel divertissement.  En fait moi je m'attends à  ce qu'on voit émerger un marché alternatif du cannabis voué à  ceux qui recherchent d'abord une expérience qualitative, presque à  la façon du thé Japonais, ainsi que j'aime bien l'illustrer.  D'ailleurs le vapo-bâton au CBD aurait été prêt pour entrer en France dès Noël dernier si je ne m'abuse.  De là  imaginer un substitut du tabac sans THC ou très peu il n'y a qu'un pas.

Mais il demeure une difficulté:  le dosage et donc la méthode de consommation.  D'où mon conseil, vaut mieux prendre ses distances d'avec le joint et regarder ailleurs!

Robert Paulson a écrit

...je ne recherche pas à  dormir...

Bon alors avant tout je trouve qu'un joint invitant justement à  le fumer jusqu'au bout ça fait une bien piètre stratégie, surtout si tu fais partie du 1 ~ 2 % des malchanceux!!

Bonne journée, au plaisir!!   drogue-peace


 
#3 Posté par : Robert Paulson 15 octobre 2015 à  10:00
Merci à  vous deux pour vos réponses !
Alors, en ce qui concerne le breack, je pars demain à  l'étranger pour une petite semaine. Je n'emporte pas de beuh, comme ça je fais une coupure.
Pour ce qui est du joint, je ne suis pas "fixé" dessus, c'est à  dire qu'un autre mode de consommation pourrait l'aller. Je m'étais acheté un vaponic. Mais ce truc n'est pas pour moi, je n'y arrive pas. Du coup, je pense me tourner vers un Vital dont on peut régler la température.
Sinon, je pense être dépendant psychologiquement, mais fumer m'apporte un tel soulagement par rapport aux angoisses...
En tous cas, encore merci de m'avoir répondu !

 
#4 Posté par : psychodi 15 octobre 2015 à  13:48
salut

tu es passé, si j'ai bien saisi, d'un "anxiolytique" le matin...à  2 joints le soir...transfert d'un comportement à  un autre, à  visée d'anxiolyse...avec un produit qui se "substitue" à  l'autre...tu te traites autrement, donc...avec peut-être moins d'effets secondaires pour la beuh...donc certains avantages, non ?

je vais dans le même sens qu'Egzoset : fumer est dangereux pour la santé, donc peut-être serait-il pertinent de trouver un autre mode de consommation + safe de ta weed...surtout que tu découvres un peu le champ immense des consommations de cannabis et de ses vertus thérapeutiques...

est-il donc plus à  risque d'être "accroc" à  des médicaments ou à  de la weed ? je n'ai pas de réponse (enfin, j'ai mon point de vue de militant pro-cannabis) mais il me semble que pour l'instant, faute de trouver d'autre moyen de soulager quelque chose en toi de pas super Tennessee, c'est un compromis acceptable...

pour ne pas tomber dans "1 ou 10 %" de gens dépendants physiologiquement (j'en fait partie et ai des symptômes désagréables dès que je ne consomme pas quotidiennement, je m'en accommode mais j'ai encore trop d'avantages et de plaisir à  consommer pour avoir la motivation à  changer ça), la recommandation de faire des pauses de plusieurs jours régulièrement est pertinente...restera la question de gérer le "quelque chose" sans substrat, sans attachement à  un autre produit (mais la substitution par le sport, le sexe ou autre, ça pourrait être une option ?)

le risque de l'addiction selon moi : n'en n'avoir qu'une...si on en a plusieurs, à  tour de rôle, est-ce encore de l'addiction ou une manière de gérer un peu les difficultés de la vie comme on peut sans trop se nuire à  soi et/ou aux autres ?

bonne cogitation

psychodi

 
#5 Posté par : Robert Paulson 15 octobre 2015 à  14:48
De plusieurs anxiolytiques par jour (le pire, c'est quand tu dois en prendre dès le lever: tu sais que la journée sera longue !) aux joints. Et je suis également sous antidépresseur.

Sinon, petit edit de ma réponse au dessus: finalement, j'emmènerai de quoi fumer. Juste au cas où je me mettrai à  flipper. Me suis roulé un joint par soir. Et promis, au retour, je m'achète le Vital !

 
#6 Posté par : niaboc 20 octobre 2015 à  14:01

Robert Paulson a écrit

je n'aurais jamais poursuivi d'études, je pèserais 150 kilos, je vivrais chez ma mère en jogging tâché de mayonnaise.

Putain! J'ai cru que tu parlais de moi! j'ai pas le brevet, je fais bientôt 150 kg, j'habite seul avec maman dans un très vieil appartement où je vis en jogging... mais je n'aime pas la mayonnaise! ouf...


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