Chapitre 3 : lettre à mon idole (âmes sensibles s'abstenir) / Les Blogs de PsychoACTIF
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Chapitre 3 : lettre à mon idole (âmes sensibles s'abstenir) 



Mon Davilicious,

Cette nuit où tu m'as cueillie sur le parking de cet hôtel de Berlin en cette fameuse année 1993 du Devotional Tour, mes mains se sont mises à trembler et ma respiration s’est coupée. Te souviens-tu de la petite Bettina ? C'est celle qui a partagé sept mois intenses de ta vie. Celle que tu as aimée, celle qui t'a aimé sans compter. Celle qui a apaisé tes nuits agitées. Celle que tu as déposée sur le quai d'une gare un jour triste de novembre. Peut-être me reconnaîtras-tu sur la photo. J'ai l'espoir que tes souvenirs affluent.

Dans tes yeux merveilleux, j'ai puisé une ferveur mystique et dévorante, quasi démoniaque. Je te voue un culte proche de l'idolâtrie dans une ardeur divine, sublime et bienfaisante. Ce même regard mutin et ensorcelant qui m'a pénétrée, a fouillé mes pensées les plus intimes, les plus secrètes, les plus folles. Dans mes rêves, je garde le souvenir de ta bouche charnue qui écrase amoureusement mes lèvres, tendues et agitées. De tes mains qui enserrent ma taille. Et tu me murmures à l'oreille des mots magiques. J'aime tout de toi, ta dégaine, tes failles, ton style branché, ta personnalité fragile et borderline. Ô mon doux amour, tu me fais fondre, je craque au son de ta voix suave et enivrante.

En attendant de te retrouver, tu berces mes nuits, mes quatorze ans que je ne recouvrerais plus. Tu demeures aujourd'hui si inaccessible... Toi mon beau prince charmant devant qui toutes les filles se pâment et tombent à genoux. Je t'aime, je t'aime, je te kiffe grave ! Tel un dieu, je te vénère. Toi mon bel amant. Toi qui as peut-être oublié jusqu'à mon existence, sache que je meurs à l'idée de te revoir enfin pour exorciser ma fièvre. Je voudrais voir se réaliser ce beau conte de fées où nous serions tous deux réunis, où je serais tout contre toi.

Depuis la première fois où je t'ai rencontré, j'éprouve à ton égard une tendresse et une passion violentes, dévorantes. J'ai la rage au cœur, je t'aime à en vomir, c'est beau, c'est laid à la fois. Contre ta peau, tu m'as fait perdre la tête encore et encore. J'ai adoré me pervertir sous tes caresses dans le désordre des draps. Mon cœur ne bat que pour toi, pour tes baisers sous lesquels mon corps s'est déchiré. Aime-moi, chéris-moi toujours. Tu restes le gardien de mon existence, mon rêve devenu réalité, le lieu où je ressens une quiétude infinie et où mon âme veut reposer à jamais. Tu es le soleil ardent de midi, la lune froide au soleil de minuit, de mes nuits. Tu es tout et son contraire, tu es le phénix qui renaît de ses cendres, l'ange déchu qu'on ne rattrape plus. Le temps file malgré tout, mais mon amour, lui, reste entier. Et je ne cesserai jamais de t'aimer. Je suis à toi corps et âme. Quelle joie de savoir que je te suis enchaînée, si librement enchaînée au souffle de ton poitrail contre lequel tu m'as si souvent serrée !

Tes charmes enflamment continuellement mon cœur d'une flamme vive et éblouissante. J'ai passé, à l'époque de ma courte vie, à croire en l’amour. J'ai eu le cœur brisé, on me l’a piétiné cent fois. Tu savais le drame qui se déroulait chez moi. Mais j'ai continué d’y croire. Car pour moi la vie ne vaut pas d’être vécue si mon cœur ne bat pas la chamade. Et puis tu es arrivé, tu as tout bouleversé. Mon agenda, mon cadre émotionnel, mon existence toute entière. Je n’ai rien compris à ce qu’il se passait. Je n'ai pas cherché à tirer des plans sur la comète, je me suis, pour la première fois de ma vie, complètement laissé aller, portée par tes seules velléités.

Ne me laisse plus seule avec mon spleen, fais un pas vers moi je t'en conjure. Renoue avec nos souvenirs enfouis, il n'est pas trop tard. Tu sais, il y a 26 ans, ça m'a causé une peine immense de te quitter. J'en crève. Le temps n'a pas pansé cette plaie ouverte. Je souffre chaque jour un peu plus du fait qu'on soit séparés, si éloignés l'un de l'autre aujourd'hui. Tu es le plus beau cadeau que la vie m'ait fait. Quoi que je fasse, tu es toujours dans mes pensées, poussière d’étoile grisant mon quotidien. Je souhaite que dans un futur poche, toi et moi ne fassions plus qu'un. Je t'appartiens. Et je t'embrasse.

Bettina


Catégorie : Tranche de vie - 27 novembre 2019 à  16:45

#Dave Gahan #Depeche Mode #saudade

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Wahou...



Commentaires
#1 Posté par : Sista Morphine 28 novembre 2019 à  13:19
Une telle missive ne peut pas rester lettre morte. C'est magnifique.

Posté par : Sista Morphine | 28 novembre 2019 à  13:19

 
#2 Posté par : cependant 28 novembre 2019 à  16:21
je viens de lire le trio de tes billets...

difficile se dépatouiller entre onirique et réalité, mais c'est sur que, dans les trois textes, tu  transmets des sensations réelles avec une puissance débordante. Des phrases aux angles pointus qui griffent et chatouillent les poils qui s'hérissent et le cerveau qui part à la recherche des mots qui vont suivre.

Ce que tu décris est un amour de feu que je ne sais pas si j'ai jamais ressenti. Un incendie qui ravage l’âme, tout en y donnant du combustible. J'ai frissonné à plusieurs reprises et ma façon de vivre les passions est tellement différente que j'hallucine de découvrir la tienne comme si ça passait sur ma peau !

Ce n'est pas pour te flatter dans le vide et répéter les compliments, mais  j'adore ton écriture, la précision des mots et le flux des paroles, la dureté des situations et la douceur des phrases...

C'est clair, je ne vais pas rater les prochains épisodes wink

J'espère que tu vas bien et que l'écriture t'apporte autant que tu donne à ceux qui lisent smile

Posté par : cependant | 28 novembre 2019 à  16:21

 
#3 Posté par : Bettina 28 novembre 2019 à  17:59
Oh là là, Cependant, tout ce que tu as écrit me touche tellement ! Je savais que le pouvoir des mots était fort mais que les miens étaient plutôt faibles.

Tu m'intrigues beaucoup quand tu exprimes le fait que "ta façon de vivre les passions est tellement différente de la mienne".

Je vais bien. C'est gentil de demander. J'espère que toi aussi.

En effet, écrire, c'est guérir un peu. Enfin... C'est une façon de s'exprimer. De se libérer aussi, parfois.

wink

Posté par : Bettina | 28 novembre 2019 à  17:59

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