Expérience affectée par l'énergie (LSD) / Les Blogs de PsychoACTIF
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Expérience affectée par l'énergie (LSD) 



13 Aout 2021

On est vendredi matin et on savait qu’on allait tripper ce jour-là, John voulait vraiment tripper, et ces derniers jours il a retrouvé une certaine énergie. Il est environ 11h je crois, je donne un carton de 150µg de 1cP à John, je voulais vraiment avoir son avis dessus, et de mon côté je décide de reprendre la même chose que la semaine d’avant, 250µg de LSD. J’étais pas trop chaud pour tripper, surtout aussi tôt mais je me suis dit balec, je vais avec le flow et comme ça je réexpérimente avec la tolérance.

On part aller se promener autour de l’île. Je vois que John a beaucoup plus d’énergie que d’habitude, ce qu’est bien, enfin. Il faisait pas super beau à ce moment mais qu’est-ce qu’on peut y faire. On marche pendant une bonne heure. Les effets commencent à apparaitre. Je sens que je peux marcher pendant des heures autant que je pourrai juste m’affaler par terre. On décide de faire demi-tour et on retourne sur la plage où ses parents ont la petite cabane. On continue notre chemin et on part sur la partie droite de la plage, en longeant la côte. On se repose un peu et John me pousse à faire des exercices de respirations. Je me prête au jeu et je sens que ça joue sur la montée des effets. On continue de marcher encore plus loin et on trouve le spot parfait. On dépose nos affaires et on se pose en bord de falaise. On a une vue parfaite, devant et derrière nous. On reste peut-être une heure à cet endroit assez paradisiaque. On discute, on essaye d’exprimer ce que l’on ressent, ce que le LSD nous offre. John arrive avec beaucoup d’idées d’entreprises, ce qu’il fait depuis la veille je dirai. Je suis allongé et je le vois debout devant moi, stimulé, en train de venir avec toutes ses idées, le ciel bleu derrière lui. C’est très cinématique. Je remarque des tracers apparaître, mais c’est comme si c’était normal maintenant. Depuis quelques trips, après celui sous 1cP, j’ai l’impression que les visuels sont moins présents, ou en tout cas que c’est maintenant quelque chose d’assez banal.
Après un petit bout de temps, John propose qu’on roule un petit joint de pure beuh. Je suis partant, sachant que ce n’est pas nécessaire. Ça me prend un temps fou pour le rouler. Objectif réussi, le pète est allumé. On le fume, tranquillement. J’ai pas l’impression de le sentir m’affecter physiquement. Et en termes d’effet, ça reste assez léger, mais je le sens quand même me peser un peu. On chill sous le soleil brulant. Puis d'un coup, John décide de partir tout seul. Je le laisse faire ce qu’il a à faire, je comprends. Du coup, je me dis autant retourner à la plage et me balader. Je me sens assez tendu, et surmené par une certaine parano. C’est assez étrange et inconfortable. J’ai envie de me retrouver seul pour une raison mais je ne sais pas laquelle. Je me dis que marcher est la meilleure solution, et que tout le monde devrait se promener quand ça ne va pas. Je sais exactement où je veux aller, au même spot que la dernière fois, en hauteur sur la falaise, sur la partie gauche de la plage. Je grimpe toutes les marches et j’arrive complètement essoufflé en haut de la falaise. Un homme dans sa cinquantaine me voit dans cet état et fait une remarque. On commence à discuter et on sympathise. On marche d’ailleurs dans la même direction. Il me raconte un peu de sa vie et aussi de l’histoire de l’île. Puis, de nulle part, John arrive du sens opposé. John essaie de suivre la discussion mais n’y arrive pas et décide de repartir vers la plage. Je remercie le vieil homme pour son temps, le laisse tranquille et je repars avec John.

J’ai tout de suite compris que ça n’allait pas, qu’il n’allait pas bien. On se pose en bas des marches, sur un banc à l’ombre. Il me raconte ce qu’il s’est passé, qu’il a vu une dame chelou en train de cueillir des framboises, et qu’il avait l’impression qu’il allait mourir et qu’il était dans l’état le plus faible qu’il ait jamais connu, et puis qu’il a ensuite vomi. Il s’est remis à marcher et c’est là qu’il m’a vu avec le type, en train de discuter. Il a compris qu’il fallait pas fumer en plein peak, ça l’a même inquiéter de refumer plus tard. En bref il a fait un mini bad, et j’ai l’impression que ça l’a remis sur pied, qu’il a l’air plus vivant et libre. Il a vu ce qu’il y avait derrière la lumière et il savait qu’il ne voulait pas mourir. Et en même temps, il y a quelque chose d’assez d’extatique derrière tout ça, sur le fait de lâcher prise et de se donner au moment, à la chose. On descend sur la plage et on se pose sur les galets. On continue de discuter, et je remarque vraiment la différence entre le LSD et le 1cP à travers son récit. Le 1cP crée vraiment cette danse. Comme avec le LSD, ça met une aiguille sur tout, et dès qu’on fixe quelque chose, tout devient qu’un, on fond avec tout, et on peut apprécier cette danse que le 1cP projette, qu’il nous fait voir. Et c’est pareil en termes de sensation, cet effet d’extase est une danse océanique, qui vient puis disparait, pour revenir à nouveau. Je commence à avoir faim, ou plutôt je sais que mon corps à faim et que je dois manger quelque chose. Je sors ma banane de mon sac et dès le premier croc, je sens la bouchée changer de texture et de saveurs à chaque mouvement de mâchoire. Et cette banane, j’ai l’impression, m’a vraiment remis sur pied, alors que je croyais l’être déjà. Encore une fois, la sensation d’effet cinématique s’est vraiment fait ressentir à nouveau sur la plage.
On continue de chiller sur la plage encore un petit moment, puis on décide de se rediriger vers la maison, sachant qu’on est encore bien défoncé. On prend notre temps, on se balade tranquillement, en faisant des détours. On se pose devant la maison et on profite encore des derniers rayons de soleil et de l’air frais. Après ça, on rentre et on finit la beuh à travers le bang. John veut retester la DMT que j’ai ramené. Ca lui fait un petit quelque chose. Je prends une légère taffe dessus, mais c’est vrai que je ne sens pas grand-chose en termes d’effet. Le goût est très présent par contre. Après ça, on se cale à l’intérieur, on chill, on écoute de la musique, puis on se fait à manger, un bon repas bien sympa, et après ça on s’est fait le film Ratatouille. Juste avant le film, je savais que je n’en avais pas besoin mais je m’étais roulé une clope. J’aime bien fumer après un trip, et ici il restait que du tabac et je trouve que les trois premières taffes sont assez particulières. En revenant d’un trip, on remarque mieux les saveurs, le goût des choses, et ici juste trois taffes suffisent, puis poubelle.

C’était un trip assez mouvementé, et en même temps plutôt chill. On a beaucoup marché autant qu’on a passé beaucoup de temps à être allonger. Je voulais voir à quel point la tolérance allait jouer sur le trip et c’est difficile à dire. J’ai pas l’impression que la tolérance était vraiment présente. J’ai remarqué aussi que lorsqu’on trippe, l’expérience est affecté par l’énergie des autres. Je me souviens d’un trip avec AAA et BBB en avril je crois où ça ne faisait aucun effet sur AAA et derrière les effets étaient très minimes pour BBB et moi, alors que ça faisait presque deux semaines que BBB n’avait pas trippé. Et c’est pareil ici. John avait 150µg de LSD, avec une énorme tolérance en lui, et ça l’a pourtant envoyé très loin, et je sens que ça a beaucoup joué sur mon expérience sensorielle. Certes, j’étais plus lucide je pense, mais quand même, je pense que l’énergie joue un grand rôle, surtout lorsque celle-ci est en harmonie avec son entourage. Et à part ça, j’ai remarqué qu’à travers un trip, John et moi arrivons à beaucoup mieux communiquer. J'y avais jamais vraiment cru avant mais il est vrai qu'il est sur le spectrum d’Asperger, j'ai vraiment vu les signes ces dernières semaines, et cette fois-ci c’était beaucoup plus facile de communiquer et de passer un bon temps. J’ai cru que ça allait continuer comme ça mais malheureusement, le lendemain il a repris du LSD, mais ça ne lui a pas fait grand-chose, et ensuite le jour d’après, il en a repris et idem. J’écris ce TR une semaine après l’expérience donc je ne me souviens plus exactement de tout, mais je me souviens d’avoir passé un très bon moment et d’avoir eu la chance de créer une forte connexion avec John ce jour là mais qui s'est ensuite dissipé les jours suivants. Le sujet entre les psychédéliques et l'autisme m'intéresse beaucoup en ce moment, et j'aimerai bien savoir comment ça affecte ceux qui sont très présents sur le spectrum d'Asperger. Je sens, en tout cas à travers mon pote John, que sa condition s'amplifie pas par nature mais par nourrisson, par comment il décide d'agir avec le fait de savoir qu'il a l'Asperger et qu'il se limite à ça. Je sens que le Covid a énormément joué un rôle sur la personne qu'il est devenu aujourd'hui, autant que sur moi également et le monde entier, et à quel point ça a affecté notre santé mental. Bref, pour finir je sais aussi que j’ai envie de faire une pause avec les substances « artificielles/chimiques » et que j’ai vraiment envie de tester les champignons, et de rester dans le naturel. Voilà, petit TR pour moi, il n'y avait pas grand chose à dire et j'espère que cette année de TR vous a plu. Je vais faire une pause et partir pour un moment indéterminé, du coup je vous dis à très bientôt et prenez soin de vous.


Catégorie : Trip Report - 25 août 2021 à  00:30

#amis #énergie #LSD #Nature #Psychédélique #trip report



Commentaires
#1 Posté par : Cub3000 27 août 2021 à  10:59
J'adore tes TR qui sont chaque fois des épopées très bien narrées où tu parviens bien à faire ressentir l'expérience intérieure du LSD ! Mais je suis sidéré à chaque fois par les dosages que tu expérimentes en restant relativement tranquillou, perso j'ai des expériences très similaires à ce que tu décris ici en prenant simplement 50 à 75 µg de 1CP-LSD...250µg pour moi c'est de la science-fiction, j'ose même pas imaginer la perche que je prendrais à ce dosage là wink

 
#2 Posté par : Bon Vivant 29 août 2021 à  23:07
Merci bien, ça fait plaisir! Et là ici c'est 250µg de LSD, c'est mon pote qu'est sous 150µg de 1cP. Effectivement, sinon j'aurai pas été dans le même état haha

Par contre, je trouve intéressant d'aller parfois assez loin dans les dosages. On se rend compte qu'il n'y avait pas forcément de raison d'avoir peur ou d'être anxieux. Et c'est vrai que depuis mon trip sous 1cP, il y a un mois et demie, quand je prends du LSD, j'ai l'impression que c'est presque banal maintenant, comme si c'était normal, c'est assez particulier. C'est pour ça que j'ai envie de faire une petite pause depuis peu. En général je suis très réceptif aux drogues et j'ai pas besoin de prendre des grosses doses pour me satisfaire mais dernièrement, j'ai remarqué que 250µg reste un bon petit trip alors qu'avant ça m'envoyait beaucoup plus loin. Tout dépend du contexte aussi, de l'énergie collective, de ma tolérance et où je me trouve.

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