J'ai lancé des pierres pour un sevrage mais je n'en ai pas envie / Les Blogs de PsychoACTIF
Blogs » Unposcaille » 

J'ai lancé des pierres pour un sevrage mais je n'en ai pas envie 



Franchement j'ai honte.
J'ai lancé des pierres un peu partout pour obtenir des renseignement pour me sevrer car je suis bientôt à cours de prod et je ai pas d'argent pour en acheter (je sais même pas si j'ai assez d'argent pour payer la fac, mais au pire pour ça mes parents m'aideront, car je n'ai plus droit aux bourses).

J'étais dans une bonne pente où j'avais bien espacé les conso, arrêté de me faire du mal et retrouvé un équilibre psychique. J'avais commencé de petites activités qui me permettaient de mettre à profit mes talents et gagner un peu d'argent. Comme de toute façon je ai plus d'argent pour acheter de la drogue et que mes réserves se tarissent bien vite, je pensais que c'était le moment idéal. Les étoiles étaient alignées. Je me sentais mieux dans ma peau. Puis l'activité que j'ai commencé est devenu une corvée, j'ai pas le moral, je me sens isolée car tous mes amis travaillent et n'ont donc pas le temps de traîner avec moi autant qu'avant (je n'ai que deux amis dans ma ville). En fait j'en ai quatre, mais c'est difficile de les voir car ils habitent dans des endroits moins accessibles ou préfèrent des moyens plus indirects comme la visio, ce que je respecte. Toutes mes dernières interactions avec des gens sont ma mère, mon grand père et nous sommes en deuil de ma grand mère. Mes dernières sorties étaient pour des funérailles et mes seules autres interactions irl consistent en du personnel médical. J'ai un mémoire à finir cette année mais je n'ai plus l'envie. Je ne me sens pas de travailler (ma famille de m'y oblige pas) car rien que des activités comme sortir la poubelle ou faire la vaiseelle me paraissent insurmontables. J'ai peur de tout, même de sortir pour des loisirs. Je vois un psychiatre qui n'est pas très efficace mais est le meilleur de ma petite ville. Ma sœur m'a dit qu'elle me paierai les séances chez ma psycho mais je n'ai pas envie d'y retourner car ça fait des années que je vois des psychiatres différents et rien ne change. Je fais de l'exercice. Je mange bien. Je médite une heure par jour. Mais je fais de lhypersomnie et bien que j'ai des hobbies je n'ai pas le courage de m'y mettre. Parfois ça me fait même peur. Alors je passe ma journée à ne faire que des corvées ménagères. J'ai recommencé à me faire du mal et à fumer.

Évidemment, je n'ai plus du tout envie de me sevrer, même si je n'ai pas le choix. C'est mon seul refuge. Le seul moment où je me sens bien. Même la méditation ne m'aide plus, à part pour dormir. Je fais beaucoup de cauchemars. Mes proches et mon psychiatre sont au courant. J'ai juste envie de me laisser m'enfoncer. Je me dis que vu mon état psychique, c'est sans doute mieux que je n'aie bientôt plus accès aux paradis artificiels. Mais putain, j'ai pas envie. Si seulement l'argent tombait du ciel. Heureusement j'en gagne un peu grâce à mes activités et j'aurais peut être une aah mais rien n'est sûr. Dans tous les cas ça ne suffira pas.

Les gens me pointent mes qualités, comment je suis gentille, que j'ai un grand cœur, que j'aide tous mes proches et que je les rends heureux... Paradoxalement, même si je me sens comme une merde j'ai conscience de ces qualités. C'est peut être égoïste, mais je me demande a quoi ça sert de rendre les gens heureux et d'arriver à aider si je ne peux pas le faire pour moi. Je voudrais vivre sans addictions (je considère aussi d'autres comportement comme l'addiction aux achats en lignes qui m'a conduit à la ruine et la mutilation), mais en même temps, je n'ai pas envie. Personne ne peut faire les efforts à ma place. Personne ne peut aider quelqu'un qui se laisse dépérir, je pense que si j'ai tenu bon jusque là c'est grâce au peu de bonnes habitudes que j'ai maintenir (je zappe les douches et le brossage de dents mais pas le sniff du soir) et a mes proches pour qui je sais que je dois rester lucide en ces temps de crise.

Je suis même incapable de vivre seule. Ma mère est partie trois jours et je ne supportais aucun aliment, la seule chose qui passait c'était les glaces à l'eau. J'ai 24 ans et j'ai de la chance qu'ils ke me poussent ni à travailler ni à finir mes études si ça me fait du mal (ai fini deux fois en hp pour avoir travaillé et une fois à cause des études). Si je vivais seule je ne sais pas si mon corps tiendrait et je je détruirai avec de la drogue et des medocs. J'ai honte de celle que je suis. Pas a cause de la drogue, même si j'aimerais arrêter le mensonge. Je voudrais juste connaître la paix Je j'ai brièvement connu ces derniers mois. D'ailleurs quand je vais bien je gère très bien la drogue, j'aimerais ne pas sombrer totalement pour pouvoir retrouver cette relation quand les choses se seront arrangées car avec moderation, ça m'a toujours apporté des expériences intéressantes et agréables.

Désolé, j'avais vraiment besoin de vider mon sac. Ça fait du bien. Si vous êtes encore là merci.

Catégorie : Tranche de vie - 07 septembre 2022 à  02:19



Commentaires
#1 Posté par : prescripteur 07 septembre 2022 à  08:48
Bonjour, je pense qu'il est important, comme le dit, l'article suivant de reprendre un peu de contrôle sur sa journée. De plus en plus il y a en psychiatrie des "pairs aidants" qui soutiennent pour la programmation du quotidien. Peux etre y a t il dans ton coin une association d'aide ?

https://acteurdemasante.lu/fr/sante-men … a-journee/

http://www.ch-epsan.fr/epsan/pair-aidant.html

Amicalement

 
#2 Posté par : Unposcaille 07 septembre 2022 à  22:59
Bonjour,
Je vais regarder tout ça, ça m'a l'air d'être une très bonne piste. Ça m'aidera les jours où je ne suis pas à l'hôpital de jour... J'ai aussi un dossier mdph en cours, il devrait être traité d'ici deux mois, peut être m'aideront-t-ils a faire ça. J'y ai mentionné comme souhait d'avoir une personne pour m'aider à l'organisation de mes journées. J'ai un diagnostic médical qui atteste de ces difficultés. En attendant, me rapprocher d'une association en attendant le traitement du dossier ne pourra que me faire du bein car je pense que j'en suis au stade où j'ai besoin de me faire aider.

Prescripteur, je tiens à vous remercier du fond du coeur. Vos réponses sont toujours d'une grande aide et m'ont beaucoup aidé depuis que je suis sur le forum. Merci de votre dévotion à conseiller, aider et renseigner les usagers. Merci.

Remonter

Pied de page des forums