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Le manque 



Le manque n'est pas une absence. C'est une boules de réaction qui vient remplir et te remplir, a te faire déborder de douleurs et d'émotions...

Le plus dur pour moi quand j'arrive a cet état, ce n'est pas les frissons qui balancent mon corps de haut en bas, ni les spasmes qui tordent mon estomac de douleur, ni les cauchemars qui hantent mes rêves..
Le plus dur, c'est ce tsunami d'émotions. Alors que ta cage thoracique semble se compresser, je décompresse.. toutes les émotions se relâchent et me submergent. L'air d'une chanson suffit a faire éclater mes sanglots, un simple souvenir et je rie a en pleurer..Les larmes chaudes fusent sur mon visage, telles des émotions qui debordent. A l'antipode d'un effet de LSD qui semble t'alléger et te vider, je me rempli et étouffe de ce trop plein d'émotions.
J'essaie alors de revenir au moment présent, mais mon corps est trop douloureux.
Je tente des techniques de respirations cardiaques mais mes poumons brûlent a chaque respiration.
Alors une simple table, une image ,un sifflement échos du monde extérieur, un souvenir.. tout n'est plus qu'émotions. Elles m'agrippent ,m'écorchent et me lacére..
Envahit , immergée, j'ai l'impression me noyer..

Catégorie : En passant - 04 mai 2020 à  14:40



Commentaires
#1 Posté par : Junon 09 mai 2020 à  19:12
Le manque, j'aurais beaucoup à dire dessus, je l'ai théorisé malgré moi depuis toute ces années. Tu as beau être sous tso, avoir arrêté la came le manque te rattrape inévitablement chaque matin, pour te rappeler sa présence macabre et douloureuse.
Je connais ses premiers effets par coeur, quand le manque pointe le bout de son nez : yeux qui pleurent, nez qui coule, estomac retourné.
Je me lève alors le soleil m'agresse, brûle mes yeux. Je sue drôlement sous mon t-shirt, une sueur âcre, acide, à l'odeur particulière et reconnaissable. C'est comme ça chaque matin.

Moi ce qui me gêne le plus parmi la multitude de symptôme de manque ce n'est pas les douleurs en elles mêmes, qui ne sont pas les plus difficiles à gérer. Le plus dur selon moi c'est l'insomnie, l'esprit qui travail, reste éveillé, qui est sollicité non stop,ne t'accordant aucun repos, une heure de sommeil tout au plus si tu as de la chance, sinon tu vis ces douleurs sans échappatoire.
Le temps semble ralenti, les secondes deviennent des minutes, et les pensées qui reviennent sur la came, de manière obsessionnelle. Une seule prise du remède effacerait tout, te remettait sur pied en un claquement de doigt. Les crampes au ventre sont comme des coups de couteau, comme un miroir brisé dont les milliers d'éclats se planteraient dans votre chair. Et pour finir les coups de chaleur intenses entrecoupés de sueurs froides, qui remontent tout le long de ta colonne vertébrale.

Je n'ai jamais tenu plus de 3 jours, le manque m'a traumatisé, quand mon addicto m'a proposé TSO ou sevrage d'une semaine dans une unité hospitalière mon choix était vite fait. Plus jamais cette douleur, si l'enfer existait le manque en serait un aperçu.

Posté par : Junon | 09 mai 2020 à  19:12

 
#2 Posté par : Thelma 29 juin 2020 à  13:50

a écrit

Plus jamais cette douleur, si l'enfer existait le manque en serait un aperçu.

Je découvre seulement ton post..Tu contes joliement ta session de torture.. et la vivre tous les matins doit être épuisant..

moi la douleur je m'y fait pas mais je peux l'accepter grâce à une médication adéquat..
Mais en manque je me sens comme étouffée par tout ce que j'ai pu refoulé..il faut dire que cela fait si longtemps maintenant..une partie de ma vie a courir après la dépendance et l'autre a la fuir..

Hier est trop tard et demain est foutu..comment vivre a présent?...


Posté par : Thelma | 29 juin 2020 à  13:50

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