J'avais envie de partager ici ce que je vis depuis 2 jours. C'est tout frais, mais mon conjoint m'a rappelé que toutes les victoires méritaient d'être célébrées, ce que j'avais d'ailleurs déjà écrit sur ce blog.
Donc je suis rentrée de vacances il y a 2 jours, et mon cerveau a vite fait le lien avec une récompense pour ces 2 semaines de sobriété. Mais sans grand enthousiasme.
ALors j'ai racheté un gramme, et j'ai préparé un shoot. Peu d'excitation pré-shoot. En vrai je ne me sentais pas très bien, trop en décalage avec ce qui se passait au rez-de-chaussée (= famille en train de récupérer du voyage devant un animé).
J'envoie, et rien. Pas le début d'un effet wahou. Aucun plaisir.
Au final je m'y suis reprise à 3 fois, à 3 moments différents. J'étais surprise, mais même pas plus frustrée que ça. En fait je trouvais ça presque logique, aligné avec tout ce qui me traversait depuis mon changement de contexte salutaire, aka les vacances et tout ce que j'avais pu vivre:
Le sentiment d'arriver au bout de quelque chose. La certitude que le corps commence à passer à la caisse et ne veut plus de ça. L'envie d'accéder au plaisir autrement, de faire d'autres choses, avec les miens mais pas que.
L'idée que le destin m'avait ramenée à cette phase de compulsion, telle que j'avais pu la vivre il y a 15 ans, avec la possibilité d'y mettre de la conscience. De l'expérience. Des compétences. Et de pouvoir enfin régler mon rapport à la conso.
Je ne vise pas l'abstinence. J'aime consommer. Mais je voulais pouvoir reprendre le contrôle de ma conso.
Bien sûr ça fait 2 jours et qui sait, peut-être que demain j'aurais un
craving de fou et que j'en rachèterai.
Ca n'enlève rien à ce que je vis aujourd'hui.
Je peux imprimer cette sensation, et la re-convoquer en cas de besoin.
Même si ce n'était pas tout à fait la fin de cette phase, ça en prend le chemin, et ce chemin c'est moi qui l'ai tracé, à la force de mes petits bras marqués.
Il n'y a pas eu de sauvetage, ni de déclic-miracle. J'ai pu mettre tout ce que j'avais appris et apprenais encore au service de mon rétablissement, en ayant la chance d'être accompagnée par un conjoint qui a accepté d'être un co-pilote présent mais silencieux, qui m'a laissée traverser ce que j'avais à traverser, et ajuster.
Ca s'appelle retrouver et exercer son pouvoir d'agir, voire son agentivité.
Pour le reste, on verra bien demain comment ça se passe...
Marnowi