Première Expérience Avec Des Psychédéliques (4-AcO DMT) / Les Blogs de PsychoACTIF
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Première Expérience Avec Des Psychédéliques (4-AcO DMT) 



Mon nom est Bon Vivant et j'ai 25 ans à l'heure où j'écris ce post. Voici le premier post de mon journal psychédélique.

J’ai grandi dans la campagne, en Normandie avec mes parents, dont ma mère qui est anglaise. Depuis ma naissance, j’ai eu la chance de toujours pouvoir aller en Angleterre régulièrement et librement, visiter ma famille et surtout de grandir avec le fils de sa meilleure amie, qu'on va appeler ici John. Il est né seulement 3 semaines après ma naissance. Depuis qu’on est né, on se voit plusieurs fois dans l’année, et on a réussi à créer une relation que je n’ai jamais retrouvé ailleurs. On est comme des frères.


Août 2020, je vais en Angleterre pour la première fois depuis un an (je ne pouvais pas à cause de mon travail à l’époque). Je loge comme d’habitude chez lui. Il vit chez ses parents, et c’est toujours un plaisir de rester chez eux. Lorsque j’arrive, il me dit qu’il a réussi à obtenir des champignons hallucinogènes, sous forme synthétique (4-AcO DMT) et 1 gramme de DMT (N-N Diméthyltryptamine). Deux ou trois ans avant d’arrivée, j’avais découvert ce qu’était de la DMT et le monde des psychédéliques mais seulement à travers des articles, des récits, ou des témoignages. A partir de là, je n’avais qu’une seule envie, de tout tester.

Les parents de John s’étaient achetés une petite cabane de plage dans l’année. Ils vivent sur une île, au sud du Dorset. Cette cabane est située sur une petite plage de galet, isolé du reste de l’île. On est parti un dimanche midi à la cabane, les champignons dans le sac, avec de quoi manger et boire. Les champignons se présentaient sous forme de poudre marron. Le 4-AcO DMT est considéré comme le champignon synthétique parce qu’on retire le composant chimique du champignon, la psilocybine. Certains disent qu’il n’y a aucune différence avec les vrais champignons, d’autres disent qu’il y a une différence (comme quoi c’est plus intense et inconfortable). John me met 35mg dans un verre d’eau. Je n’ai aucune idée du dosage et je lui fais confiance, bien évidemment. Il avait déjà essayé plusieurs fois avant et décide de prendre 70mg, qui, après m’être renseigné, est une dose extrêmement élevée (c’est déjà considéré comme une dose héroïque à partir de 45mg).

Je bois mon verre, juste après m’être mangé un sandwich au thon. Je le prends sans même réfléchir à la suite. Parce que même si on pense être prêt pour les psychédéliques, en réalité on ne l’est jamais. C’est bien plus grand que ce que l’on imagine. Plusieurs minutes passent et je décide de sortir et me fumer une roulée. John me demande si je commence à sentir quelque chose. Je ne sens toujours rien. Arrivée à la fin de la cigarette, je sens mon estomac agir différemment. Je me dis que c’est juste du placebo, que mon cerveau me joue des tours et que je digère mal le sandwich. J'ai appris plus tard que la nausée n'est que la première étape du trip et qu'elle disparait par la suite. Je retourne dans la cabane et je m’assois sur le transat. John est également assis dans son transat, juste à côté de moi. Il commence à méditer.
Et là, je m’aperçois que ce qu’il se déroule dans mon estomac s’accroit. Je deviens faible, ma respiration devient lourde, et mes yeux se ferment. Je commence à me sentir troubler, mal à l’aise. Et là des formes apparaissent. Je rouvre les yeux. Ils se referment. Une petite pyramide apparait. Je rouvre les yeux. Ma respiration est très forte et rapide. Je suis affalé et c’est fini, mes yeux sont une tombe. Un dôme s’ouvre sur moi, avec une perspective sombre et infinie. Je flotte et je suis prisonnier. L’architecture se forme autour de moi. Un trou au loin s’ouvre, et une forme arachnide surgit et vient vers moi. Une tête féminine sort du dessus et prend forme, avec une couronne sur la tête. Plus elle avance vers moi, plus cette forme grossit et grandit pour devenir une femme, une femme plus grande que tout. Elle tend ses bras et me porte, tout en continuant à me diriger vers l’arrière. Plus on avance, et plus le dôme devient un tube qui s’ouvre vers la lumière. Et la sensation était tout simplement intenable à la fin. J’ai réussi à ouvrir mes yeux. Soit parce que j’ai atteint la fin du tube, que j’ai atteint la lumière, un lumière blanche très intense, soit parce que le moi d’ici avait besoin de reprendre goût à cette réalité et que je devais revenir ici afin de me rassurer, de revenir par peur.
J’ai donc réussi à revenir mais pas pour longtemps. Je pense avoir eu la chance d’ouvrir mes yeux seulement pendant une ou deux secondes. Parce qu’ensuite mes yeux se sont refermés à nouveaux, d’une façon incontrôlée. Pendant cette chute des paupières, j’avais peur de retourner à cet endroit qui me semblait si terrifiant. Et soudain, j’arrive dans un environnement naturel, sur une falaise, près d’un océan calme, avec des arbres autour. C’est presque le coucher de soleil, et les couleurs sont magnifiques. Au centre se tient une pergola avec une architecture rappelant celle de la Grèce Antique. Et sous ce pergola se tient cet être blanc, flottant délicatement sur place. Il a une forme ovale, avec un centre noir, et un voile qui le recouvre sur les côtés. Et il m’attire vers lui, comme un aimant, très doucement. Je me sens en sécurité, comme un enfant. Il s’élargi sur les côtés, comme s’il essayait de m’engloutir. Avant même de pouvoir le laissé me toucher, je reviens à moi et je suis de retour à la réalité. Je me penche vers l’avant, j’attrape le bac qu’ils utilisent pour faire la vaisselle, je le vide doucement, et je me mets à vomir (je ne savais pas qu'il fallait prendre la substance avec un estomac vide). Et c’est le meilleur vomi que je n’ai jamais eu. Je sors John de sa méditation, il est surpris et me demande si je vais bien. Je me souviens de lui répondre que c’était exactement ce qu’il me fallait. On sort le bac, et John veut savoir ce qu’il s’est passé. J’ai envie de tout lui raconter, mais je n’y arrive pas. Je me mets à rire, et soudain, je me mets à pleurer. Je craque. Je me ressaisis. J’ai compris plus tard que j’étais tout simplement surchargé d’émotions d’un coup. Je viens d'avoir une percée.

Je suis alors de retour dans notre réalité, après ces 10 minutes intense, avec maintenant 3 à 4 heures de trip devant moi. Au début tout était bleu. Tout. C’était magnifique. Je me suis baladé un peu partout sur la plage. J'observais les gens autour. Je revenais au cabanon, et observais la faune, la nature, les insectes. Parfois je fermais les yeux, et les hallucinations étaient extrêmement plus solides et saturées en couleur. Des visuels en mouvement continue, avec des textures très palpables. Je suis ensuite resté environ une heure allongée près du cabanon, regardant le ciel, admirant ce que le soleil m’offrait, et les peintures faites à travers les nuages. J'aperçois un visage derrière le soleil. C'est lui qui me fait apprécier mon trip, je le sens au plus profond de moi. Il me sourit. Je voyais la géométrie dans chaque chose, chaque objet, chaque concept. Le concept du temps a disparu. Je suis euphorique pendant tout le trip. Tout est magnifique. Mon cœur est chaud, très chaud, mais jamais d’une façon désagréable. Le voyage est intense mais poétique. John est resté durant tout le trip assit dans le transat. Quand je suis revenu vers la fin de mon voyage, il restait encore une heure pour John. J’en ai profité pour essayer de comprendre tout ce qu’il s’est déroulé.

Il faut savoir que lorsque l’on prend des psychédéliques, on ne contrôle rien. On peut encore contrôler son corps et sa volonté. Mais ça ne sert à rien face à l’incontrôlable force des hallucinations et de la conscience. Une fois que le voyage commence, il faut se laisser guider. Et pour cela, il faut tout simplement lâcher prise. Si quelqu’un fait un « bad trip », même si un bad trip sera aussi bénéfique, c’est parce qu’il ne lâche pas prise, il veut rester dans la réalité qui lui est familière. Son égo prend le dessus et l’empêche de se laisser emporter. C’est l’égo qui veut te préserver comme un cocon, il ne veut pas que tu voies une certaine vérité, sur toi-même ou sur l’univers, et en lâchant prise, on détruit une couche de l’égo.
C’est très difficile de retranscrire un trip, non pas seulement par rapport aux hallucinations, mais surtout par rapport aux sentiments et aux émotions qui naissent en nous durant ce voyage. Je pourrai essayer de raconter chacun de mes trips en détail et de décrire visuellement l’immensité de la chose, mais cela ne servirait à rien. Chacun à sa propre expérience, et à la fin du voyage, on est en accord, on aura vécu la même chose, mais chacun sous un différend angle.
Ce qui s’est passé au tout début du trip s’appelle une percée. La percée se déroule seulement, en principe, lorsque l’on prend de la DMT. Beaucoup de personnes disent qu’après avoir pris de la DMT, ils étaient témoins de leur naissance et de leur mort. Ce que j’ai vu dans ma percée était une naissance, et une forme de la mort. Je me souviens avoir dit à John que si ça c’était la mort, ça ne me dérange pas de mourir. Parce que le sentiment était extrêmement puissant, réconfortant, je me sentais comme à la maison en quelque sorte. Et je savais qu’il ne me voulait pas du mal, tout le contraire même. Et c’est pour ça que j’ai craqué quand je suis revenu. Mon cerveau et mon cœur avait beaucoup trop d’informations à traiter et à analyser. C’était comme un rite de passage, organisé par cette forme blanche flottante, pour m’apprendre à lâcher prise, et de profiter du trip à suivre.

Avant tout cela, j’avais également une boule autour du cœur, une boule de frustration, d’anxiété contrôlée, de stress, et je la sentais physiquement me pesait sur le cœur (j’ai appris plus tard que je ne suis pas le seul et que si vous vous rendez compte, c’est un bon début). Après cette expérience, la boule à disparu. Et ce n’est que le début. Mes croyances ont changé d’une minute à l’autre. Je pense que j’étais athéiste avant tout cela. J’ai toujours cru que l’univers est bien trop grand pour que quelqu’un puisse diriger tout cela, et qu’on ne peut seulement se restreindre à notre existence. Mais j’ai compris que finalement l’univers est contrôlé, par la conscience, et nous reviendrons là-dessus dans un autre post.


Donc voici ma toute première expérience sous psychédéliques. J'ai sûrement survolé certains sujets, ou même oublié certains. J'espère que pour un premier trip report, il reste assez clair et surtout qu'il ne vous a pas découragé à tester si vous faîtes vos recherches dessus. L'expérience fut absolument incroyable et bénéfique du début jusqu'à la fin. Si vous n'avez toujours pas eu la chance de tester des psychédéliques, je vous recommande fortement de bien faire vos recherches avant, sur le sujet mais également sur vous même. Est-ce le bon moment? Comment suis-je intérieurement en ce moment? Une des étapes fondamentales lorsque l'on prend des psychédéliques est de bien choisir son entourage et son environnement. Avec qui on le prend? Et où? Il faut être avec des personnes de confiance, dans un endroit confortable. Qu'est-ce que je recherche à travers cette expérience? Est-ce que je le fais pour m'amuser ou pour en apprendre plus sur soi? Par curiosité ou pour guérir?


Peace x Bon Vivant


Catégorie : Trip Report - 14 novembre 2020 à  19:11

#4-AcO-DMT #champignon #première expérience #trip report

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Commentaires
#1 Posté par : Cobe 15 novembre 2020 à  11:25
Très cool comme TR, les première fois c'est toujours magique !

Par contre essaye de te renseigner un peu plus avant de te lancer là dedans, ton pote qui te file 35mg pour une première fois et qui s'enfile 70mg derrière c'est un peu n'importe quoi quand même... Même si au vu des effets décris je doute que ce soit du 4-aco-dmt ou alors il était pas très pur (c'est souvent le cas quand la poudre est marron il me semble).

Aussi parler de champignons synthétiques est un abus de langage, un trip au 4-aco-dmt et au champi n'a rien à voir, il y a des dizaines d'alcaloïdes plus ou moins importants qui entrent en jeu dans un trip au champi (psilocine, psilocibine, baeocystine etc...).

Aussi évite les vieux poncifs du style "si vous faites un bad trip laissez vous porter, c'est votre égo qui vous empêche d'avancer" ou "les bad trips sont bénéfiques", c'est souvent des discours qu'on entend de la part de personnes en pleines lune de miel avec les psychédéliques, mais généralement avec l'expérience on se rend vite compte que ce sont des foutaises, si c'était aussi simple que ça ça se saurait wink

Hâte de lire tes prochains TR en tout cas !
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+ 1 pour les dosages abusés ! Pour une 1ère, ~ 12 mg c'est déjà bien... TS

Posté par : Cobe | 15 novembre 2020 à  11:25

 
#2 Posté par : Bon Vivant 15 novembre 2020 à  12:07
Merci pour le feedback!

Ouais, je me souviens que c'était assez marron, et je l'ai pas précisé dans le post, mais mon pote l'avait déjà fait plusieurs fois avant, et à l'époque, il n'avait jamais d'hallucinations, même sous DMT. Il commence tout juste à percevoir des visuels. Mais c'est un cas rare.

Et c'est pour ça que je mets que c'est pas vraiment pareil. J'ai lu des témoignages de gens qui ne trouvent aucunes différences entre les champis et le 4-Aco, et d'autres où ils le font une fois et ça suffit.

Et yes absolument, c'était surtout pour conclure mon ressenti des cette première expérience, c'est pour ça que je précise bien de faire des recherches ensuite avant de tester. J'ai récemment repris de la DMT et c'était pas un bad trip, mais ça pourrait s'en rapprocher.

Encore merci, les prochains arrivent bientôt!

Posté par : Bon Vivant | 15 novembre 2020 à  12:07

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