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Quand on allait bicrave des tazs au Gibus 



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Comment s’amuser, jeune et fauché.
Petit billet...Interlude léger, trou normand, ou respiration, pas à bout de souffle, ni de conneries. Du coke (comme ça que disait mon épouse, américaine)  à l’âme.

Le mercredi soir, 2000, au Gibus, rue du faubourg du Temple, c’est soirée Trans ou Trans Goa, love exta , touche moi, j’aime ça...tu vooooihaaans. Oui je vois bien !

Y a tout les mecs des tiékars qui viennent vendre. Et surtout, c’est gratuit, avec une clientèle, jeune, gourmande et nombreuse. Il y en a pour tout le monde.

Moi j’ai pas de thune, je trouve un paille qui m’avance 10 et m’en offre 3 dessus. Cher, mais moi et mes deux compères et sœurs, ça nous met bien.

D’autant que, quand tu vends, tu as toujours une lascive fille tactile, mais aussi des gars qui te remercient en disant « waw c’est smooth », bah non c’est du mitsubishi, ah non ce sont des « bites » aujoud’hui.
-Les roses ? C’est de la demer!
J’t’ai rien proposé, frère, tu viens à moi et tu fais un rapport du cours du nasdaq, et du taux de MDMA?
-Non le MD c’est comme la synthé, j’aime pas tu vois, j’préfère les mister freeze.

Ca tombe bien je n’ai que des pilules de MDMA, on disait bonbons, à Paris.
Mon ignorance a été levée dans ce cas, un peu, par le testing, technoplus. Dommage, reviens Léon y a du bon à la maison.

Oui, si j’ai bien compris, il n’existe pas de synthétique. Déjà un exemple, la méthadone est synthétisée, opioïde non opiacé. Certes.
Mais la production millénaire d’opium, la centaine d’années d’isolation de la cocaïne dans la coca, est simplement un don du ciel, des molécules que nous fabriquons et utilisons, avec le chanvre et mille et un NC (natural chimical, si l’on y pense, opposer chimie et nature n’a pas vraiment le sens qu’on lui prête.

-« c’est cher 70 »
-« c’est de la  végé » là soit c’est moi qui n’y connais rien, soit c’est lui.

La « synthétique » vendue dans la rue ou sur le web serait, un mélange de substances, tendant à mimer l’effet de la C? Sinon tu vas chez le dentiste, bois 1l tasses de café, deux nuits blanches et tu speedes par fatigue.

Donc si je me trompe, dites le. Pas de vente ni de grand commerce de synthé. Késako coco? La coke est fabriquée avec de la coca, transformée en pâte base, puis en cocaïne. Enjoy synthétique à l’eau !
Nul.
La rumeur en 1999, « du MD c’est pas du taz », (c’est bien mieux et onéreux), ou bien « c’est du taz, mais pur… ». La phrase « t’as pas du MDMA plutôt ? Ne soulève rien de plus que du vent, c’est comme la végé, on paierait plux cher et est-ce selement possible de faire des cocaïnes de labo, sans coca ?
-Du MDMA plutôt? Plus cher tu veux dire ? Et je m’appelle pas Pluto, surtout à 23h.

Pour répondre à la demande, j’avais à vendre du taz de cité fait en Belgique, du MDMA en poudre, en gélule, et de « l’artisanal » (zéro). Plus la C, la H, le shit, la beuh, l’héroïne, ça en fait des choix, et des milliers de francs. Ca c’est quand je pouvais investir quelque dix de ci, et dix de ça etc.
Quel intérêt avec la production de coca et son prix bas, de chercher autre chose. Jouer du synthé-pipo végé ??

Et l’héroïne, la morphine, la cocaïne, malgré les attaques de la drug task force, sont produites en quantités croissantes (ou chocolatines).
A partir de plantes, qui s’adaptent à tout, même au défoliant et se déplacent aisément en graine. S’acclimate.
Introduit en Amérique (qui a volé un tiers de son territoire au Mexique, avant de faire produire le pavot pour la morphine). Dans le Sinaloa, frontière avec la partie du Mexique devenue américaine first, en deuze. Ils ont leur stock,saturé.
Qui déborde de coke en stock dans nos ports, sur nos cotes.
L’héro est meilleure en Europe que la black tar, des US, mais on trouve à Brooklyn, de la grise en képas de 10s, dans la rue, pas top.


La végé, c’est comme le « sum » et ta reum, c’est pour te dire « je sais pas ce que je vends, mais  ce qu’il faut dire au client, ah oui « elle base à O.9 sans mentir ouallah, sur la tête de moi je mens pas » (je suis juste un commercial qui croit en sa propre « blague »). Je parle pas de moi, petit poisson empoisonné, seul ou « avec le son ».
De la tchatche.

Sinon t’as Steve le traveller, qui revient de Chefchaouène, avec du super hash sans THC, pour 40e le g !! Et il fait des taz artisanaux à 30 euro ! Trop super ! Tu veux de la rachacha ? C’est moi qui l’ai fait, un soir de pleine lune, nue sous mescaline, tu vois les bouts de shakras dedans.

Et, il reste du parfum de Shakira, sur les plaques de Cocaïne débarquée hier, de Medelin.

Quand je suis entré dans le camion de testing, j’étais un peu vendeur, et j’ai sorti de l’héro, des tazs de « merde » bites roses de mon quartier (finalement les meilleurs, moins chers, mais moins vendus), des artisanaux, sans caféine, ni mdéamine, d’Ada, air cocaïne et c’est déjà pas mal, brown sugar, beu, shit.
Il y avait du MD en poudre et gélule (faites par moi…). Bon ça fait dealer qui a tout. Tout ce qui était vendu par des consommateurs était moins bon. Sauf l’héroïne. Moins c’était cher à l’achat, pour moi, plus les couleurs étaient vives, et le révélateur très réactifs. Mais les clients n’ont pas confiance quand ce n’est pas assez cher!

Retournons en boite de night, après la transaction…

Ce mec qui vient te voir toutes les cinq minutes avant que ça monte, n’a d’égal que celui qui persiste toute la nuit, 
-« ça fait rien ton truc »,
demande un remboursement, incessant, ses pupilles se dilatant tellement...mais il n’en démord pas.
-« Y a rien dedans ».
- C’est dans ta tête qu’il n’y a rien dedans... »
-rends moi mon argent ».
Alors là, j’ai pas intérêt à perdre l’argent, il appartient à un psychopathe et il faut lui ramener. Quand c’est ta marchandise, là c’est autre chose, jackpot, ou poto au poteau…

J’ai retrouvé mes dealers du collège, et d’autres connaissances, non fans de trans Goa. L’ambiance était ouverte et sympa. Mais la discrétion de mise.

Les videurs, surtout dans cette boite, mythique, qui faisait les mercredis déjà, Punk, en 83, (Ciao Pantin), sont des durs à cuire.

D’ailleurs, ils ont pris le cuir de mon ami, yougo comme le physio, il fait deux mètres, comme le physio, et il fut puni, pour avoir fourgué des extazis. Humilié. Et oui, il y a ceux qui sont autorisés par la maison, dès qu’il y a un mec pas discret bam, en slip.

Dur d’être discret quand tu fais deux mètres, en plus, tout le monde te cherche la bagarre (ceux qui savent se battre, et ont quelque chose à prouver, tout les jeunes de ce monde de cités). Après la plupart du temps, heureusement, c’est que de la gueule.
Mais le taulier veille, pas bon, quand c’est Brazo et son flingue, avec sa matraque télescopique.  Le charmant videur Zlatko fait le tri et pas de préférence nationale.
Donc attention.

Mais, s’il y a une heure, et un endroit pour chaque consommateur, et produit, par exemple 24/24 le caillou est facile à trouver. Pas la peine de baser. Les terrains s’enchaînent , et les VTC- TTC (tas ta c), prennent le relais pour la C. Pas se lasser.
Le gars qui a essayé quelque temps, sait que le client servi vite, achète vite et plus, sans autre limite que sa CB ou la générosité du dispatcheur (celui qui envoie les livreurs, il y a peut-être moyen de moiyenner...
S’il est sur son T Max, c’est toi qui l’as payé ! Il peut bien te faire briller les chromes et se la jouer magnanime fidélité, c’est sur qu’avec ses prix...

Pour qui veut se faire sa com’pour boire, on peut prévoir les entrées de concert, mieux les teufs. Tu trouves un vendeur, tu négocies, tu trouves des acheteurs (tu as dit ouvertement au vendeur, « je te trouve des clients, je gagne une com », de toute façon il ignore le prix de vente final.

Ce n’est jamais beaucoup. Mais de nombreux groupes veulent des stimulants, au début de la nuit.
Leur apporter ça tout de suite, sans qu’il se soucient de trouver un bon plan, alors qu’il n’est pas dur mais peu sûr, d’avoir ce qu’on vend, juste là, devant. Si on veut vendre une drogue, pour en acheter une différente, c’est autre chose.
Il faut vendre tout ce qu’on peut pour marger, mais bon, tout n’est pas disponible et fiable. Vendre c’est pas du tout marrant ni valable, c’est rémunérateur, mais bon, vite gagné, vite dépensé. Après, le mieux est de vendre des choses que tu ne prends pas.

C'est un peu pitoyable tout ça vu d'aujourd'hui, ou je ne serais plus qu'un cave, qui ne demande qu'à se faire carotter.

La vente de rue, la prochaine fois. Les bipeurs! Tatoo!
Les années 94-96 et l'arrivée ostentatoire du portable!!

Je ne suis pas un voyou,
c’est juste que j’ai été compressé entre la loi et mon addiction, entre deux boulots. Deux boulots par jour. Et je ne parle pas de deal. Ca finit mal.

Pour moi, l’argent, c’était des perles comme du club med, des billets de Monopoly.
Argent=came.
Mais came de camé n’égale pas argent.
Au début oui, et puis le shit ça va tu dépasse pas 25 g de conso par semaine. L’héro, je suis tombé dedans quand j’ai commencé à en vendre. Bien fait pour moi? Pourquoi moi ?
Dieu seul le sait!

Catégorie : En passant - 19 janvier 2020 à  00:35

#boîte #deal #drogues #nuit #paris



Commentaires
#1 Posté par : L'étranger 21 janvier 2020 à  11:12
quelle super histoire, c'est hyper bien écrit ! ça devait être tout un monde les boites dans les 90's

Posté par : L'étranger | 21 janvier 2020 à  11:12

 
#2 Posté par : Mascarpone 26 janvier 2020 à  12:29

ismael77 a écrit

L’héro, je suis tombé dedans quand j’ai commencé à en vendre.

La même lol


ismael77 a écrit

Pour moi, l’argent, c’était des perles comme du club med, des billets de Monopoly.
Argent=came.

Tout pareil! drugs

C'est tellement ça! A l'époque, l'argent n'était qu'un moyen d'avoir de la came, rien d'autre! Juste un ticket pour un tour de manège...


Posté par : Mascarpone | 26 janvier 2020 à  12:29

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