


J’ai changé d’environnement, de rythme, de repères, presque de vie.
Ah bah, décidément, j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de profils sur PA qui choisissent cette option quand ils veulent tout arrêter.
(Impression peut-être totalement subjective, je précise)
Je continuerai de te lire avec plaisir.
Biz'
Prends soin de toi
Thalie a écrit
Il y a aussi mon regard sur les autres qui a changé. Parfois je me sens méfiante, j’ai l’impression que les gens ne sont pas toujours sincères, qu’ils se jugent entre eux, qu’ils cherchent à profiter les uns des autres. Quand je sens des regards sur moi, je ne le vis pas toujours comme un compliment, parfois je le ressens comme une intrusion, comme si j’étais observée ou jugée.
Moi aussi la déconfiture a été assez importante suite à un burn out , des surinvestissements dans des collectifs et des usages thc trop conséquents .Tu parles d'impression mais en fait je crois que oui, les gens sont très souvent jugeants, moralisateurs .Le culte de l'apparence, du corps parfait, de la bien pensance, de la norme bien exiguë, surtout ne pas faire de vagues ..
Ça en devient difficilement supportable . C'est une impression que je partage.
Nous sommes dans une société du spectacle, on aime bien se mettre ds des cases et pensons a la mise en scène de la vie quotidienne (howard Becker, sociologue interactioniste.) , on fait tous semblant ou genre, dans nos role sociaux, des qu on sort dans la rue.
Pas facile de faire avecnos particularités quand on sort du moule ou qu on aime bien être critique .
Ps facile de vivre ailleurs et autrement quand on s est construit dune. Certaine manière, avec un certain corps, et des fois avec des produits qui nous aidaient . L'ambivalence et humaine..
Mais je lis plein de belles choses dans tes textes.
Bonne journée

Thalie a écrit
Quand j’ai arrêté les drogues, quelque chose d’étrange et de magnifique a commencé à revenir doucement : les couleurs, les odeurs, le goût des aliments. Des choses simples que j’avais presque oubliées. J’avais l’impression de redécouvrir le monde avec mes sens d’enfant. Un café, un parfum, un rayon de soleil pouvaient avoir une intensité incroyable.
Salut,
perso c'est ce que je ressens quand je vais bien, drogues ou pas drogues...même voir, même si je ne vais pas bien j'arrive mistérieusement à apprécier et sauter comme une gamine face à un bon plat, l'odeur des fleurs sur la route, un son qui me parle...
Bref, je n'ai jamais opposé "vraie vie" vs drogues, car dans mon cas les drogues en font constamment partie...et je comprend donc bien ce que tu décris.
En fait quand je dis qu'elles en font constamment partie, ce n'est pas forcément que j'en prends tout le temps, il y a des moments où "naturellement", j'en ai moins envie, j'en ai moins à disposition etc. Mais je m'en suis jamais empêchée si le besoin se faisait ressentir, ce qui avait l'avantage de m'alléger les épaules d'une culpabilité que pour mieux n'a pas lieu d'être et paradoxalement peut être (au regard de la société tout au moins), me donnait aussi moins envie de consommer (parfois j'ai juste tellement la flemme d'appeller un dealeur que je repousse à demain, puis après demain etc). Et ça m'arrive aussi de réfuser des propositions, car je sais que si je voudrais je peux le faire.
Personnellement c'est la seule façon de vivre que j'ai trouvé pour apprécier au même temps les petites choses de la vie quotidienne et les drogues, sans en faire une contrapposition !
Par contre, je sais aussi, qu'à niveau physiologique, mon corps a parfois des problèmes et ce n'est pas facile avoir de l'énergie. Et dans ce cas, ça ne sera pas une trace de speed qui va me recharger. J'aimerais aussi retrouver de l'énergie pour ne pas collapser sur un canap après une journée de taf, de me remettre à des travaux que je repousse de jour en jour ou garder des contacts avec les personnes. Des fois j'aimerais juste pouvoir trouver un bouton "pause", l'activer pour dormir 5j de suite, me recharger les batteries et recommencer avec l'énergie qu'il faut pour ne pas voir des montagnes partout. Mais ce bouton n'existe pas, même si parfois je le mime avec de la meuh pour me prendre des vacances de ma tête. En vrai, j'ai vu aussi que parfois prendre l'air, partir, ça m'a fait du bien : pendant le voyage (et au retour pendant un tout petit moment) j'avais un émerveillement constant et l'envie qui me permettait de ne pas sentir la fatigue qui s'encrouste
Je te souhaite de la retrouver cette énergie et de profiter de beaux (grands & petits) moments :)


