Théorie psycho-bizarroides sur ce foutu rebond avec Tramy

Catégorie : En passant
11 juillet 2026 à 09:00

Saluuut salut,

Bon, ben, ça y est, mon cerveau a trouvé un nouveau terrain de jeu passionnant : comprendre d'ou vient ce foutu ressentis de rebond après prise de Trama.

Je n'ai pas "trouvé", mais j'ai pleins d'hypothèses marrantes et comme j'avais envie de rigoler aujourd'hui (et qu'il fait un temps de chien et que je m'emmerdais un peu), j'en ai fais un article... Pour ceux qui auront le courage de lire un pavé pareil.

Voici donc le fruit de mes réflexions (ou de les délires, comme vous voulez)


Le pic, le plateau, et ce PUTAIN de rebond à 6-8h au moment de s'endormir : une hypothèse pharmaco-foireuse

Bon.
Petit disclaimer avant de commencer : ce qui suit est une théorie bricolée à partir de données PK publiées, d'un cas clinique sur un tout autre médicament, et de mon propre organisme qui sert de labo depuis un moment.
Rien n'a été testé en clinique.
Personne ne va me filer une bourse de recherche pour ça.
Vous êtes prévenus.

1/ Le mystère du soir

Rappel du pattern : prise, 30 minutes de rien, puis le début d'effet, pic vers 1h30-2h, plateau tranquille, ça redescend doucement... et puis là, PAF, entre 6 et 8h, souvent pile quand je commence à somnoler, un truc débarque.
Chez moi c'est très spécifique : des vagues électriques qui partent des membres et remontent vers le crâne, plus le cœur qui décide de faire du sprint alors que je suis allongée.
Charmant. (non)

Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un autre témoignage similaire sur le fofo, mais avec une "couleur" plutôt opi si j'ai bien compris, alors que moi c'est 100% noradrénaline, rien à voir.
Précision : chez moi c'est stable, toujours la même famille de sensation, seule l'intensité bouge.
(délicieux la plupart du temps, hyper désagréable la dernière fois quand j'étais crevée).

J'ai voulu comprendre pourquoi.
(oui, toujours cette foutue curiosité)
Spoiler : je n'ai pas la réponse définitive, mais j'ai un candidat sérieux.

2/ Un peu de plomberie moléculaire (promis, ça va vite)

Le tramadol, c'est un double mécanisme, ça ok :

- Le tramadol lui-même, qui bloque la recapture de sérotonine et de noradrénaline (et fait un peu d'opioïde en option, mais fauché).

- Le M1 (O-desméthyltramadol), produit par le foie via le CYP2D6, qui lui est un vrai bon agoniste opioïde ( environ 300 fois plus affine pour le récepteur μ que la molécule mère si j'ai bien compris. )

Sauf que ces deux composés ne vieillissent pas à la même vitesse :
- le tramadol a une demi-vie d'environ 6,3h,
- le M1 environ 7,4h.

Une petite heure d'écart, rien de dramatique en soi.

Mais ça veut dire qu'à + 6h ou +8h après la prise, le tramadol s'est déjà pas mal vidé alors que le M1 traîne encore un peu plus.

Le rapport M1/tramadol grimpe donc avec le temps, même si tout redescend en absolu.

3/ La théorie : ce n'est pas un rebond, c'est un changement de casting

Mon hypothèse, c'est que ce qu'on ressent au rebond n'est pas une remontée de concentration (rien ne remonte, tout continue de baisser), mais un changement de la composition de l'effet ressentis : la partie opioïde qui prend le pas sur la partie sérotonine/noradrénaline à mesure que cette dernière s'efface plus vite.

Et ce glissement de dominance, on le perçoit comme un "événement" alors que c'est juste deux courbes qui ne descendent pas à la même vitesse.

Mais bon, ça n'explique pas pourquoi ça paraît presque plus fort que le pic initial.
Pour ça, j'ai trois sous-théories :

1. L'effet "chuchotement dans une pièce silencieuse" : au pic, on est encore éveillé, le bruit de fond neurologique est élevé, le signal doit se battre pour se faire remarquer.
Quand on commence s'endormir, le bruit de fond chute et le même signal (ou même un signal plus faible) devient soudain beaucoup plus audible.
Rien n'a changé en intensité réelle, juste en ressentis.

2. La tolérance qui joue les traîtres : si la partie SNRI se désensibilise plus vite après son pic, l'effet initial serait en fait un peu écrêté sans qu'on s'en rende compte, alors que la bascule vers le M1 plus tard arriverait sur un terrain "neuf", donc perçue à 100%, sans filtre.

3. Le système qui dépasse la ligne avant de se stabiliser : quand un inhibiteur de recapture chute vite, le système peut passer transitoirement sous la ligne de base plutôt que de juste revenir à zéro, et un signal de manque, le cerveau, ça l'écoute toujours plus fort qu'un signal de plaisir de même taille. Merci l'évolution.

4/ Et pourquoi c'est noradrénaline chez moi et opioïde chez d'autres ?

Là, mon hypothèse (encore plus théorique) c'est que le système qui craque en premier chez chacun serait celui qui est déjà le plus sollicité en temps normal.

Moi : hypervigilance de base, cerveau à trois cent tours/minutes, cœur qui tourne autour de 100 au repos, système nerveux qui ne sait pas ce que "chill" veut dire.

Bref, mon système noradrénergique est déjà en surrégime H24, donc c'est logiquement lui qui craque en premier au moindre déséquilibre pharmacologique, plutôt que le système opioïde qui, chez moi, doit être en PLS dans un coin à regarder ailleurs.

Quelqu'un avec un tonus opioïde endogène plus costaud (question de génétique, densité de récepteurs, tout ça) verrait probablement plutôt SON système à lui répondre au même déséquilibre.

Bref, le rebond révélerait peut-être moins une propriété universelle du tramadol qu'un miroir de notre propre physiologie de fond.
Ce qui est quand même une pensée vaguement flippante je trouve.
Ou intéressante.

5/ Un indice qui n'est pas juste sorti de mon chapeau

Le syndrome de sevrage des IRSNa (genre venlafaxine) coche quasiment toutes les cases de ce que je connais : sensations électriques qui remonte dans le crane, tachycardie, palpitations.

Et il y a même un cas clinique publié où un patient en sevrage brutal de venlafaxine a vu ses symptômes disparaître en quelques heures après une prise d'atomoxétine (un médicament qui bloque spécifiquement la recapture de la noradrénaline), ce qui pointe assez clairement vers une origine noradrénergique de ce genre de syndrome. (Si j'ai bien compris)

Le tramadol a une composante SNRI similaire (en plus court et en plus bordélique avec l'opioïde qui traîne autour), donc un mini-sevrage NA interdose, causé par le tramadol qui se casse plus vite que le M1, c'est plausible.

Emprunté à une autre classe de molécules, donc à prendre avec des pincettes, mais pas inventé de nulle part non plus.

6/ Ce que je NE dis PAS

Je ne dis pas que c'est l'explication parfaite.

Personne n'a mesuré le ratio M1/tramadol en temps réel en le croisant avec une échelle de ressenti séparant NA et opioïde, encore moins avec un génotypage CYP2D6 en prime. lol

Tout ce que j'avance là c'est de la déduction à partir de courbes PK publiées et d'un raisonnement par analogie avec une autre classe de médocs.

Mon échantillon, c'est moi (constant dans le temps, ce qui est un point pour la cohérence interne) plus un autre retour sur le fofo (ce qui est un point contre la validité externe).

Si ce protocole existe un jour, ce sera probablement financé par un chercheur PK curieux et un peu maso, parce que le tramadol est une vieille molécule hors brevet et qu'aucun labo n'a d'intérêt commercial à financer ce niveau de finesse mécanistique.

Donc, si quelqu'un d'autre reconnais ce pattern : rebond au moment de s'endormir, toujours la même famille de sensation d'une prise à l'autre, ce serait intéressant à comparer, en particulier sur la tonalité (NA vs opioïde) et sur le terrain de base
(hypervigilant ? plutôt zen ? cœur qui bat comme un moteur diesel au repos ?).

Rappel :
Ça reste une hypothèse hautement spéculative et possiblement très délirante, pas une vérité à graver dans le marbre, mais je suis curieuse et catme chatouille un peu de ne pas comprendre.

Commentaires
Salut,

Merci pour ton post mi sérieux, trés specialisé et ironique !

En vrai ils en savent rien sur comment le paracétamol marche, alors que c'est une des molécules les plus utilisées (tout au moins en France)...du coup, répondre avec le degré de finesse à ta question, heureusement qu'il y a les savoirs experientiels !!!

Par contre, je n'arrive pas bien à comprendre à quoi tu fais référence : une sorte d'augmentation d'effets à +8h ?
Tu as pris en compte les effets de la fatigue/sommeil et interactions opi/sommeil ?


Coucou Cependant salut ,

Le paracétamol ??? surpris
Ils ne savent pas exactement comment ça fonctionne ?
Euh... Ok.
Tout va bien.
(Là je suis un poil choquée)

Par contre, je n'arrive pas bien à comprendre à quoi tu fais référence : une sorte d'augmentation d'effets à +8h ? Tu as pris en compte les effets de la fatigue/sommeil et interactions opi/sommeil ?

Aïe, désolée, je n'ai pas été assez précise.

Avec le Trama, moi, je prend presque toujours vers 13h / 14h, à jeun.
Normalement, vers 19h je suis déjà bien, bien redescendu et quand je vais me coucher vers 21h / 22h, je ne ressens plus rien (subjectivement).

Mais au moment où je commence à m'endormir, je ressens systématiquement l'impression d'une remontée nette, comme si j'avais redrop et que ça repartait pour un tour.

D'un point physio, ça n'a aucun sens.
La concentration plasmique ne peut pas remonter comme ça.
(Pour autant que je sache)
Donc je suppose que ça doit être une question de ressentis subjectif.

Mais du coup, j'aimerais bien comprendre comment mon cerveau arrive à "lire" l'équilibre des molécules ou l'évolution de l'équilibre peut-être, et à traduire ça en "ça remonte".

À priori, je crois que c'est en partie parce qu'au moment où on s'endort, on a moins toutes les stimulations de la journée qui masquent peut-être les ressentis subtiles et que du coup, on a l'impression de les ressentir plus fort + écart de demi-vie + système nerveux pas super bien calibré pour moi, mais c'est de la pure conjecture.

Pour la fatigue, apparemment plus je suis fatiguée plus je ressens le "rebond" (le terme n'est pas correct mais je n'en trouve pas d'autres) fort.

Mais là encore, c'est vraiment subjectif.

J'ai finis par retrouver le témoignage similaire dont tu parlais dans un autre échange et si j'ai bien compris, elle (ou "il" je ne sais plus) parlait d'une impression de re-montee au moment de s'endormir (comme moi), mais aussi d'un réveil en panique plus tard avec des effets opi très très marqué.
Ça, je ne l'ai pas vécu donc je ne peux rien dire.
(Ou alors, ça ne m'a pas réveillé)

Breeeef, je crois que je n'ai pas finit de me faire des noeuds au cerveau.
Je devrais peut-être me lancer dans la philo lol


#3
Blow
Nouveau membre 
12 juillet 2026 à 08:56
Coucou Jessie,

c m est arrivé pas avec du tramadol mais avec infusion pavot cet effet "rebond"
Prise a 11h du mat... Super tout laprem.. et début de soirée ça redescent... mais au moment de coucher jsé pas vers 22h ou minuit grosse grosse montée. Rebelote et limite + que les douces vagues qui m'avaient accompagné jusqu'ici.
J'ai flippé, jambes qui tremblaient limite, sueurs, et vomi.... puis c passé. Clairement ça sentait la surdose mais a h + 12 'c assez improbable non?
Le lendemain j'ai écrit un long texte pour ma rappeler de cette exp. ... Et je l'ai déchiré parce qu'il m'avait fait flipper ,meme de le relire .


Du coup je ne pourrais pas te donner mon exp au long cours.
Et puis c pas trama... Donc m.. mon témoignage vaut rien !
Il y a ce terrain de base, intéressante théorie , sur  notre caractère ( flexible et arrangeant, fonceur , passif agressif etc... ).
En tout cas c'est ultra intéressant cette histoire de décalage des molécules et d'absorption/demies vie. Merci de te triturer le cerveau (avec plaisir) pour nous et pour toutes tes réflexions. Perso j'aime bien !
Bises


Coucou ma belle salut ,

Ah mais c'est super intéressant ce que tu dis !

Si tu as connu ça aussi avec du pavot, c'est peut-être pas du tout une histoire de demi-vie et de ratio entre deux molécules distinctes.

En fait, ton témoignage pointerait plutôt vers le côté "quand on commence à s'endormir, le bruit de fond diminue et on ressent subjectivement plus fort sans ces bruits de fonds" (chuchotements dans une pièce silencieuse)

Merde, ça ouvre plein d'autres questions.

Est-ce que c'est plus spécifiques aux opi' et assimilés ? Est-ce que le même ressentis existe aussi pour d'autres type de molécules ? Est-ce qu'il y a un lien avec notre profil de base (plus chill, plus nerveux, etc...) ?

Pfff, ça vaudrait presque le coup de lancer un questionnaire anonyme lol


#5
Blow
Nouveau membre 
12 juillet 2026 à 09:55

Jessie  a écrit

En fait, ton témoignage pointerait plutôt vers le côté "quand on commence à s'endormir, le bruit de fond diminue et on ressent subjectivement plus fort sans ces bruits de fonds" (chuchotements dans une pièce silencieuse)

Témoignage sur une fois c pas évident. Les autres fois moins dosées, les infusions étaient  passent nikel ( j'ai une très faible tolérance aussi. )

En gros comment on métabolise les prods de manière individuelle c aussi à prendre en compte.

C est tres spécifique. Mais de manière collective, ça serait en effet intéressant.
Et très pointu comme recherche, mais la science "dure " ( Oula j'aime pas ce mot) aurait du mal à entendre "caractère de base" . ,) je suis chaud, j'ai un peu de temps. On peut se lancer. Faut juste un financeur!


Oh bon sang !

J'imagine la tête d'un potentiel financeur si on lui explique l'objectif du questionnaire lol

- À quoi ça va servir ?
- Pure curiosité, monsieur !
- Et ça va rapporter de l'argent ?
- Pas un centime !

Pas sûre que ce soit très "vendeur" lol

Édit : et avec les infusions plus faiblement dosé, aucun effet "rebond" pour toi ?
J'ai repris mes notes, l'effet "rebond" est systématique pour moi avec le Trama, mais il n'est désagréable ou flippant que si je suis vraiment épuisée ou si j'ai forcé sur les dosages.

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