Je me noie et respire
dans une marée d'écume blanche poudreuse et chaude
Floconneuse sans frissons éteints calmés par le cotonneux côteau raide à couper aux coûteux aiguisés de larmes tranchantes, comme lames effilées, qui déchirent la chair lointaine d'astres impossibles à rejoindre d'une nuit sans crépuscule, ni aube, à éclairer les minuits
minutes trop rapides, trop lentes, s'étirent et s'entremêlent dans l'écume blanche, rassurante, chaude, étalée en lignée sur un miroir qui brille d'étoiles invisibles
trop de vagues dans la marre
la mer n'est plus cambouis placide iridescent mais chaudron, trop chaud, trop froid, nauseux et verdâtre comme un feu rouge qui ne donne jamais son feu vert pour le départ d'escarbilles
échardes implantées dans les chairs de corps trop loin de mes doigts, engourdis par une pluie de cailloux effrités à réchauffer le vide sidéral de soirées sans but, je butte contre les chaines qui emmêlent mon coeur transpercé vif

la douleur revigore, la vie doute si arraisonnée sans raison dans un port miné
Aiguilles qui piquent cousent bouts éparpillés de morceaux d'instants d'une vie entre parenthèses.
Sortir d'un labyrinthe typographique à coup de hachette exclamative, virgules autour des yeux au point central rétréci par le baume beau, bon, blanc, marron ou noir caramel, aux élans cramés, végétale chlorophylle extraite de me plans de vie de ville introuvable.
Et quand bien même elle serait dénichée, il faut attendre un Godot, des Tartares dans un désert de tempêtes

Sable de cailloux qui râpe abrasif et qui craque sous la carte dans un craqueler que Mozart ne pourrait pas égaler à mes oreilles, trop sourdes aux mots lénitifs de liens bien trop friables
sable de biscuits trop cuits
Langues emmêlées dans mots prisonniers entre les dents blancs, bancs et palais de requins qui entourent trop près, enchevêtrés sans lapper clitos gonflés pulsants
plaisirs qui explosent à des années lumières des jours brumeux de ce calendrier troué
Muscle méchant de mèche avec les masques de droiture sur autoroutes d'artères pendant que tout court, trop court trop long, cette montée
descente d'aspérités, fusée de missiles et élec rationnée, factures empilés impayés
guerre tourmente tourbe qui ne réchauffe pas dans un foyer
cheminée inexistante pourtant braises ardentes lave dans les veines
graines qui germent sur les rebords de fenêtre aride le long des boulevards
Odi et amo, j'aime et je hais, dans une rage portée par l'amour
armoire de squelettes et poudre ressuscité de tapis volants
Mon coeur ma cure de curare amer, seul moyen pour apprécier les rares sucreries de vie
poésies les matins endormis engourdie par des cachets cachés au chevet de nuits éveillées
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J'ai gerbé ces mots après avoir lu Armes Miraculeuses d'Aimé Césaire
Aucune prétention à lui arriver à la cheville, aucune prétention à fonder une puditude où on revendiquerait une assignation oppressante pour la retourner en identité révoltée...(quoique on est en train de la faire avec la drogologie)
Mais il y a un peu de tout ça !
Et juste pour mettre les choses au clair, si malheur il y a, les drogues n'y sont pour rien, au contraire, douces bouées oasis
Mais c'est nécessaire de faire ressortir la noirceur pour la changer, c'est necessaire de régurgiter des mots passés au mixerur de ma cervelle pour qu'ils ne pourrissent à l'intérieur
Et c'est bien plus les injustices, inégalités, oppressions qui me taraudent, qui m'embourbent
Je ne veux pas tomber dans la psychologisation individualisante (et encore moins dans une pathologisation psychiatrisante), alors je partage ici
Pour que le savoir commun puisse se nourrir même des prises de tête individuelles, pour que chaque bribe de souffrance soit un ressort à faire grimper plus haut plus fort une action collective qui transforme les désespoir en espoir pour des jours meilleurs (malgré le magma obscurantiste à la mode)
Certes, ça pourrait donner de l'eau au moulin aux images des drogués au fond du trou – ce pourquoi j'ai hésité à poster. Ce n'est pas ma lecture !
Oui, il y a des moments où ce n'est pas la joie, mais ils étaient amplifiés quand je ne consommaits pas, maintenant, ils sont là mais j'en fais quelque chose
Faites en ce que vous voulez, mais vous en servez pas pour nous stigmatiser davantage !!
PS. Photos en
CC BY NC SA cependant 2025