J’ai fait mes premiers pas avec la
Ké il y a quelques mois , pour des soirées pur son techno pour commencer. Ça matche bien ces deux là. J’ai découvert une élasticité corporelle que je ne soupçonnais même pas. Tu vois le moment où tu te dis : y'a vraiment des os dans mon corps sans déconner ??? Avec la sensation de fondre comme de la cire devant une flamme. Tous mes bobos sont annulés, et c’est comme une renaissance dans un nouveau corps qui s'opère.
Je suis là, légère et vaporeuse.
Le
lsd m’avait déjà permis de passer à un cran supérieur dans le lâcher prise sur le son. Avec la K, je suis vraiment sur du high level. Je ne suis plus qu’une onde.
En fin de soirée, ça ne doit pas être très beau a voir cependant. Aux yeux d’une personne lambda, si jamais nous nous faisions surprendre, nous aurions bien du mal à vanter les bienfaits de cette substance.
Lors de mes premières soirées, quand j’en arrivais là, je m'arrêtais tout simplement, et je partais pour un bon gros dodo bien mérité.
Les 2 premières expériences de mon mari m’avaient suffisamment refroidie. Sa plongée dans des contrées assez angoissantes m'avaient amenée à regarder cette substance du coin de l'œil, comme une porte vers une expérience bien morbide. Aucune envie d'y plonger ne me traversait l'esprit.
J’ai freiné des quatre fers la première fois où j’ai commencé à me sentir partir un peu plus loin que prévu, ce qui m’avait plongée dans un mal être léger certes, mais malgré tout suffisant pour me poser la question d’un retour vers cette substance.
Mais le goût de la perche est plus fort que tout.
La vie à jeun c’est déjà très bien, mais avec une pincée de piment en plus, c’est bien plus savoureux.
Et les récits d’expérience, lus ou entendus par ci par là, ont fini par éveiller ma curiosité.
Et c’est comme ça que j’en suis arrivée à poursuivre l’expérience, en position allongée (après 3 ou 4 heures de danse tout de même à chaque fois), bien installée dans mon lit, les yeux fermés.
Une plongée dans l’expérience de la matière, où le peu qui reste du moi navigue comme une amibe. Une pensée basique subsiste. Que suis-je vraiment et où suis-je? Et peu importe au final, tout est tellement doux, alors que...wtf??? Je suis dans un espace infini aride, pas très amical. Et pourtant , même les cailloux auxquels je me heurte parfois me font des caresses!
Ça, c’est mon entrée dans la matière
Kétamine, quand je suis encore au niveau 2 ou 3 ? Des Instants de bien être tellement intenses ...
Au niveau suivant, les souvenirs deviennent plus flous. Je sais juste que je m’évapore encore plus, dans un environnement plus ouvert et léger, avec une chute parfois, dans un espace infini. Je visite des pièces minimalistes, mais petit à petit, la végétation commence à faire son apparition. Très clairsemée pour commencer, puis de plus en plus dense pour poursuivre mon voyage.
A ce stade, je peux encore ouvrir les yeux et me raccrocher à la réalité, même si je serais bien incapable de sortir de mon lit.
Une des choses qui m’a troublée (mais qui m’a beaucoup plu) est le fait d’avoir vécu une sorte de pont vers la plus belle de mes expériences sous
lsd de cet été.
Le niveau supérieur, je ne l’ai atteint et ne l'ai cherché qu’il y a peu. Je me sentais tellement bien dans ce monde, que j’ai enchaîné plusieurs petites traces sans crainte.
Je me souviens juste que je n’étais pas déçue du voyage, mais je ne peux malheureusement rien en rapporter. Je sais juste que les décors étaient plus complexes, et qu’un monde totalement nouveau s'ouvrait à moi, avec la sensation de m’évaporer totalement. J’ai franchi une porte, et à ce moment là je savais qu’il était trop tard pour prévenir mon mari, qui me semblait être dans une autre dimension que la mienne, alors qu’il était là, contre moi. Et je me suis laissée aller pour en retirer tout ce qui pourrait être positif.
Les souvenirs sont tellement vagues, mais l’envie d’y retourner est bien là !
J’ai tenté avec l’IA de recréer le type d'environnement dans lesquels j'évolue (au commencement), et je trouve que le résultat est assez proche.
J’y retourne demain, après trois semaines d'abstinence de toute substance (l’alcool ne compte pas hein!!!). Je ne sais pas encore où cela m’emmenera, ni même quand je saurai m’arreter. Car une fois dedans il y a un goût de reviens-y assez difficile à maîtriser.
En image :






