°•Il fallait que Ça revienne me tourmenter.•°

Catégorie : En passant
Aujourd'hui à 09:15

Ça, avec un C majuscule, ce sont les idéaux, les modèles qui m'ont accompagnée, et rendu la vie impossible durant toute mon adolescence, et durant les 13 ans de vie d'adulte qui ont suivi, durant lesquels j'ai souffert de TCA chroniques, et sévères.

Alternance entre periodes de restriction, puis de boulimie, à savoir (désolée pour les détails pas franchement glamour), la boulimie avec purge systématique (à raison d'une crise par jour minimum, parfois jusqu'à trois), a fini par devenir constante, au bout de 4/5 ans.
Je prenais, entre autres aberrations, des diurétiques (une fois de plus, le fait de pouvoir me servir dans la pharmacie des services dans lesquels j'ai travaillé ne m'a vraiment pas aidée. Je prenais des diurétiques franchement dangereux (fuite de potassium, Burinex, Lasilix...) juste pour m'assécher et voir 2 à 3 kgs de moins sur la balance (sachant parfaitement qu'il ne s'agissait que d'eau et uniquement d'eau perdue), furtivement, car le corps se dépêche de reprendre l'eau perdue, donc l'effet ne dure que quelques petites heures.
Tout me parait absolument ridicules aujourd'hui (mais lorsqu'on est aux prises avec les TCA, qu'ils ont envahi toute notre existence, on a bien conscience par exemple, de l'inutilité des diurétiques, mais on ne peut littéralement pas s'empêcher d'en prendre, et mes TCAQ sont médicalement considérés comme une addiction, peu le savent.)

Mon corps est très solide, je n'ai gardé strictement aucune séquelles de ces 13 ans de maltraitance.
Même mes dents sont restées nickel et blanches malgré les vomissements quotidiens, sur des années (peut-être aussi parce que j'avais chopé sur le net une "technique", celle de boire énormément d'eau avant, et pendant la crise, ce qui épargne l'œsophage et les dents de l'acidité des sucs gastriques.)

Je le remercie, mon corps, chaque jour qui passe, et j'essaie, depuis 8 ans que je suis en rémission, d'en prendre le plus soin possible.

Mais il y a une chose que je n'ai jamais pu dépasser, c'est de parvenir à accepter un poids normal.
Et de laisser tomber mes idéaux, égéries aux allures diaphane, plus maigres que minces.
Je ne me compare pas, rien que du fait que même si j'ai une ossature fine, elle n'est pas ultra fine comme celles de ces personnes, et que sans être petite du tout, je mesure 1m68, et elles au minimum 1m80, voire beaucoup plus, ce qui allonge énormément la silhouette.

MAIS, je ne peux pas me retirer de la tête, ni cesser de tenter d'atteindre une silhouette vaguement proche de ces filles.

En ce moment, je ressens une sorte de "revival" qui me fait très nettement suer, pour ne pas être grossière.

Et forcément, je me sens tellement un éléphant dans un magasin de porcelaine, lorsque je me compare.
Et forcément aussi, je me surveille sans arrêt dans le miroir, j'avais déjà commencé il y a environ deux trois semaines, à réduire mes apports alimentaires qui sont déjà extrêmement bizarres en regard d'une alimentation normale, et depuis 4 jours maintenant, j'ai passé la vitesse supérieure en diminuant, encore davantage, mes apports journaliers.
Pour autant, "ça" ne va pas assez vite pour moi.

Il faut impérativement que j'arrête, pour commencer, de me scruter dans la glace.
Mes sensations, à fortiori dans mes vêtements, suffisent amplement à savoir si ça baisse ou non.
Et patience, mon dieu, patience!
Je n'en ai aucune, cette fois.
J'ai l'impression d'être tellement loin de ce vers quoi je tends, que je voudrais perdre 1 kg par jour minimum (même si je sais que c'est complètement contre-productif, excessif,  je sais tout cela, par coeur...)
Je voudrais que les nouvelles quantités que je m'autorise deviennent ma nouvelle norme (la seule et unique technique pour ne pas reprendre.)

On peut se dire, en me lisant: "Ça y est, elle est repartie comme en quarante."
́Non, même pas. L'idée par exemple de me purger ne me traverse pas l'esprit, et si j'y pense, cela me paraît inconcevable.
Mais ça m'incommode, me monopolise l'esprit, et me fait me sentir immonde.

En fait, que ce soit concernant ce problème, mais aussi par rapport au fait que je dois rééduquer mon cerveau dans un tas de domaines, j'ai, plus que jamais hâte de déménager en région Parisienne et de commencer une psychothérapie avec un(e) psychothérapeute.
Je ne me vois pas démarrer ici, pour devoir tout re raconter quelques mois plus tard à un(e) nouveau thérapeute.
Les choses peuvent aller vite, cela se précise, pour le nouveau poste que mon mari prendra en RP (l'entreprise dans laquelle il travaille a tellement de branches, dans toute l'île de France, que je ne sais absolument pas où nous allons emménager. Ce que nous savons, c'est que nous nous éloignerons de Paris au maximum, nous souhaitons investir dans une belle maison, dans la grande couronne. Nous avons besoin de calme et de verdure!)

Je sais que les choses ne prendront pas plus d'un an, et encore, c'est un très grand maximum, et qu'elles peuvent aussi se précipiter.
Tout est possible.

Nous sommes prêts à investir dans cette thérapie, nous avons les moyens, largement, donc je considère que c'est un investissement au long terme.
Un investissement qui finira de changer ma vie, même si mon quotidien n'a plus rien, mais vraiment plus rien à voir avec mon quotidien d'il y a quelques années.
J'ai la chance de pouvoir me donner cet outil de plus.

D'ailleurs, cela me prendrait un post complet si je développais, mais le fait que l'immense majorité des psychologues n'adhèrent pas au programme proposé par l'état (dont je ne me souviens plus du nom, merde), qui permet un remboursement de huit séances par an (ou peut-être plus, je ne me suis pas tenue au courant plus avant), remboursées par la sécu. Même si je n'estime pas devoir en bénéficier, par principe, je trouve cela odieux.

Par exemple, dans mon coin, j'ai fait le test, j'ai contacté 20 psys en tout. Sur les 20, AUCUN n'adhèrent à ce programme.

Donc encore une fois, nous nous précipitons vers un système de santé à deux vitesses, sur le mode Américain, depuis un bon moment déjà. .
Tu as les moyens, alors tu peux te soigner et bénéficier de tous les outils nécessaires.
Tu ne les as pas? Tu te démerdes.
Je vais m'arrêter là, sinon je vais m'échauffer de bon matin, cela fera peut-être l'objet d'un post, quand je me serai remise à jour en ce qui concerne ce fameux programme, je voudrais tenter de connaître le pourcentage de psys y participant. Il doit être ridiculement bas, j'en suis convaincue.
Pourquoi exactement? Ça aussi, j'aimerais parvenir à le savoir, au fil de mes recherches.

Je rajoute une ou deux photos des fameux modèles, idéaux, qui me hantent depuis si longtemps maintenant, cela permet de se faireune idée...

https://i.goopics.net/800/tigkow.jpg

https://i.goopics.net/800/1cbuxi.jpg

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