Simplement quelques photos, somme toutes bien banale, de mon jardin, en ce débutde printemps, ma saison favorite.
Pour moi, ces photos ne sont pas banales, j'en prends chaque année.
Toutes ces fleurs, j'en découvre de nouvelles chaque jour, le chant de certains oiseaux que l'on entend plus en automne/hiver.
Toute cette vie qui bouillonne, éclosions par milliers.
Et ce soleil, qui réchauffe tout.
Le ciel, immensité bleue, certains jours, sans la moindre "tâche nuageuse"
Depuis toute petite, le printemps me réjouit. Puissamment.
Il me donne de nouveaux espoirs.
Et cette année, je me contente de profiter, de chaque jour, de chaque heure, de chaque instant.
J'ai hautement conscience des chances que j'ai eues, que le tempsnpasse vite, trop vite, et qu'être là, à fouiner dans les fleurs, en étant en bonne santé, ainsi que mes proches, ne serait-ce que cela, est tellement précieux, oui, je le dis, fouiner dans les fleurs de son jardin, tout en étant en bonne santé, et ayant une vie sans aucune embûche matérielle, amoureuse, en ayant également deux filles magnifiques qui font ma plus grande fierté, de par ce qu'elles deviennent, tour cela, oui, j'ai vraiment la notion aiguë que c'est rare, et que c'est une chance immense.
J'en ai toujours eu conscience, très fort.
Mais mon cerveau était encore trop parasité, que je ne parvenais pas à profiter pleinement de tout ce qui m'a été accordé.
Aujourd'hui, je suis enfin délestée. Plus libre, beaucoup plus libre.
Je ne parle pas de perfection, non.
Mais je me sens infiniment mieux, libre, comme si toutes les chaînes qui entravaient mes pieds, m'empêchant de marcher normalement, s'étaient détachées, les unes après les autres.
Bien sûr, il y a encore du travail, beaucoup de travail de "reprogrammation de mon cerveau", mais je suis parvenue à une stade de la Route où tout est plus clair, là où les longues montées pleines d'embûches ont disparu.
Je ne me sens plus sur un fil, sans filet, au-dessus d'un vide abyssal, comme cela était le cas auparavant, lorsque je me sentais bien, heureuse.
Je me l'interdisait inconsciemment, et dôc, dès que je me sentais légère, bien, j'avais l'impression que je pouvais basculer à tout instant dans le vide, que j'allais "payer" ce bonheur, si chèrement acquis, pourtant, à l'époque.
J'ai parfaitement compris la façon dont je m'étais construite, conscience de l'absurdité de ce fonctionnement aux effets pervers, implacablement insatisfaisant, mais je n'ai connu que cela durant la totalité de mon enfance et adolescence, et dire qu'il est très difficile de sortir du cercle vicieusement de cette façon de fonctionner est très dur est encore bien loin de la réalité exacte.
C'est terriblement difficile. Voilà. On peut s'entendre sur ce terme. Terriblement difficile.
Je n'ai pas fini de travailler sur moi, pas du tout, mais le parcours que j'ai effectué m'apporte déjà une lumière interne que je n'attendais plus.


