Bonjour tout le monde 
C'est bien la première fois que je poste sur ce forum, pourtant cela fait quelques mois que je navigue en sous-marin sur pas mal de sujets qui m'ont, sans même participer à la discussion, beaucoup apporté. Donc déjà, merci à toutes les personnes investies et qui permettent cette entraide bienfaisante ici <3.
Maintenant je vais me présenter un petit peu, si je fais les choses à l'envers n'hésitez pas à me le dire et je déplacerai le sujet ? Je vous avoue qu'il y a tant de catégories que je me perds un peu et ne connais pas exactement le fonctionnement du forum donc toute remarque est la bienvenue en ce sens ?
J'ai 32 ans, maman de deux enfants, malade chronique depuis 10 ans maintenant (fibromylagie et adénomyose) et dépressive (dépression sévère et sous traitement depuis aussi longtemps que je m'en souvienne avec beaucoup de faux diagnostics). Je n'ai jamais été une consommatrice régulière de produits, quand j'étais au lycée il m'arrivait de fumer quelques
joints mais ce n'est jamais aller au delà. J'ai toujours été anxieuse, surtout en société, et dépressive depuis le collège environ (mon psy à finit par dire que c'était mon cerveau qui était fait ainsi et voilà ??♀️) mais je m'y accoutumais, j'étais ainsi et il fallait juste que je m'adapte à la société. Je suis devenue maman à 20 ans, et mes maladies chroniques invalidantes ont commencées trois ans environ après mon premier accouchement et 1 an après mon deuxième. On m'a prescrit du contra mal 50mg,et ce fut le début d'une longue relation entre cette molécule et moi.. ?
Comme toutes les personnes qui ont eu ce traitement au début pour des douleurs vous le savez, on ne sait pas à quel point cette substance sera addictive, à quel point elle va changer notre vie. Au début en bien, les effets sont très agréables on se sent revivre sans douleur et avec un sentiment de flottement incroyable qui nous rend heureux et prêt à gravir des montagnes, on se dit que wow ce médicament est magique, je ne ressens plus autant mes angoisses habituelles et me sens plus sociable également, bref, le bonheur. Et puis le seuil de tolérance augmente, donc les douleurs sont moins bien soulagées, alors on augmente pour retrouver les effets que l'on connaît et que l'on aime. Et l'escalade vers les montagnes n'est pas celle que l'on imaginait.. elle n'est pas libératrice et excitante, elle devient un gouffre, un puits à angoisse (faire le tour des médecins, des pharmacies, passer le pas des fausses ordonnances, mentir encore et encore pour avoir sa dose car vivre un syndrome de
sevrage c'est l'horreur absolue, presque un traumatisme à chaque fois que cela se produit).
J'ai fini par trouver un autre médecin traitant, à qui j'ai expliqué tout mon parcours et les problèmes que j'ai eu avec la secu et les diverses pharmacies dans lesquelles j'ai été (Black listée partout du coup), et là je l'ai vu comme mon sauveur, il était compréhensif et à accepté de m'aider à diminuer et me sortir de là. Au début j'étais soulagée, heureuse, j'ai tenté la diminution mois par mois (j'étais à environ 1g de trama par jour à coup de 3x200mgLP à chaque prise, il y a eu des fois où c'était même 1,2g.. mais en moyenne j'étais aux alentour des 900mg) et je suis très difficilement arrivée à 600mg/24h (150mgLP x4 par jour). Mais le rideau est tombé avec mon médecin traitant.
Et oui, pendant ce parcours il y a eu des fois où les crises de douleurs étaient si intenses que je prenais un peu +, je me retrouvais donc à court plus vite, et je devais courir sos medecins et pharmacies de garde pour combler (je prenais pas plus, même largement moins par ex 100mg LP matin et soir je demandais) c'était simplement pour tenir jusqu'au prochain rdv, car vraiment le syndrome de
sevrage j'en ai des angoisses terribles donc j'essaie de l'éviter au maximum. Et malheureusement cette course au dernier moment chez d'autres médecins et d'autres pharmacies a de nouveau alerté la secu qui a téléphoné au
doc et ils ont conclu de passer un contrat entre les 3 parties pour m'en tenir à un seul docteur, une seule pharmacie et des prélèvements sanguins à jeun pour voir si le taux de trama correspond au dosage prescrit du moment, à faire plusieurs fois tout au long du
sevrage.
À partir de cet instant, de ce contrat, même si mon médecin était au courant de mes difficultés, il m'a traité comme une toxico qui se foutait bien de sa tronche. Pourtant je lui ai à chaque fois envoyé des mails pour lui dire quand j'étais obligée de voir un autre
doc en urgence etc, il faisait le compréhensif et puis boum maintenant que lui aussi doit des comptes à la secu, il me flique et l'empathie du début s'est petit à petit transformée en froideur absolue et aucune envie de me comprendre ou d'entendre mes souffrances psy et physiques.
Aujourd'hui j'ai eu rendez vous pour renouveler l'ordonnance, il m'a fait culpabiliser de ne pas baisser les doses assez vite (ça ne fait que 6 mois et j'ai des douleurs intenses..), il m'a dit que je n'avais pas le droit d'annuler des rdv même en cas d'urgence avec mes enfants (ce qui est arrivé une fois, ma fille s'était ouvert le front.) qu'il s'en fichait, que je devais faire passer ce contrat avant tout le reste, que c'était une priorité absolue. Je croyais avoir trouvé mon salut, finalement je suis effondrée, je n'ai plus confiance en lui (j'avais déjà bien du mal avec les soignants à force alors là c'est pire maintenant) et je me sens nulle, bonne à rien et j'ai l'impression que je ne suis qu'une addicte menteuse et arnaqueuse aux yeux des médecins ça me brise et je suis terriblement angoissée à l'idée des prochains rdvs avec lui a venir..
J'ai donc contacté le
csapa de ma ville, j'ai eu une dame adorable au téléphone qui m'a dit de rappeler début septembre pour l'ouverture des nouveaux créneaux de rdv et qu'elle pourra m'en donner un à ce moment là. Donc lundi j'appelle et je prie pour que ce soit courant septembre, car j'ai hâte d'être comprise et accompagnée, plutôt que jugée et stigmatisée..
Du coup, ce très très long message (vraiment désolée ?) pour vous demander comment s'est passé votre premier entretien en
Csapa ? Les délais varient entre chaque centre mais généralement votre suivi est régulier ou très espacé ? Et le rendez-vous avec le médecin addictologue se passe quand généralement ? Je vous remercie infiniment de m'avoir lue, déjà si vous êtes arrivés jusqu'ici, et de toute réponse que vous pourriez m'apporter, j'ai besoin de soutien je vous le cache pas je me sens terriblement démunie..
Merci d'avance ♥️
Dernière modification par meumeuh (Aujourd'hui à 03:38)