Bonjour,
Nous avons déjà parlé de la
double vie sur le forum, nous avons aussi abordé la question de
cacher sa conso pour ne pas être stigmatisé dans le milieu pro, amical, familial. Ces deux topics contiennent beaucoup de témoignages sur ce que c'est que d'être une personne utilisatrice de drogues et ce que ça implique dans notre vie de tous les jours.
Il me semble qu'il y a une autre partie de la question qui n'a pas été explorée en tant que telle; celle du coming out en tant que
PUD, le moment où on envisage de ne plus le cacher.
On sait que ça peut impliquer un changement de regard, voire même une perte de statut (et c'est cette même perte de statut qui définit ce qu'est la
stigmatisation). Ca peut impliquer des remarques désobligeantes :
"t'es en retard au travail ? C'est parce que t'es en
descente !"
"t'es de mauvaise humeur ? C'est parce que t'es en manque !"
"t'as plus d'énergie aujourd'hui ? C'est parce que t'as pris un truc !"
etc etc...
D'un coup, on n'a plus de personnalité avec nos hauts et nos bas, tout devient symptôme de la consommation. C'est ce que l'on appelle l'essentialisation.
Nous aimerions avoir vos retours et vos expériences sur cette fameuse équation :
-Quels sont vos critères pour décider si une personne est suffisamment "safe" et ouverte d'esprit pour recevoir cette information ?
-L'avez-vous déjà dit, et si oui, à qui ? Avez-vous déjà regretté d'avoir fait ce pas en avant ? Ou au contraire, est-ce que cela a été une libération ?
-Comment gérer le "après" ? Avez-vous remarqué des différences de traitement une fois la parole libérée ?