[ Craving ]
La solitude et le craving

#1 
Benzotrip homme
Nouveau Psycho France
Hier à 18:39
Bonjour à tous,

Certains ici connaissent déjà ma situation mon sevrage principal est celui de benzo qui suit son cours avec un plateau.
J'ai découvert il y a peu (1an) les merveilleux psychoactifs récréatifs : MD, K, Morphine, Tramadol, amphets et récemment L.
Le seul que j'ai refusé de conso est la C car me connaissant j'y foncerai tête baisée.
Ma condition est que je suis "étudiant", seul dans 20m2 et sans "filet" -> pas de famille unie, fils unique, pas de maison : mes 2 parents vivent à 200km l'un de l'autre et sont tous deux en cours de déménagement = cartons et bordel -> rien de fixe, rien de rassurant...
Il y a 4 ans ma vie était sur des rails (stabilité, famille, adolescence insouciante et pleine de connerie entre 13 et 15 ans).
Il y a 2 ans il y avait dégradation mais la déflagration était contenue et surtout je pensais pouvoir tout absorber sans broncher.
J'étais encore au lycée quand je faisait des stages dans des banques "prestigieuses", dans des institutions politiques de haut rang ect... alors que je viens de la classe moyenne : j'étais torpillé ; ET ALORS REGARDEZ COMME JE FLOTTE BIEN ! Je me blindais derrière un égo bien que la confiance en moi était fragile => J'y arriverais quoiqu'il en coûte.
Depuis, j'ai régulièrement été torpillé par des évènements imprévisibles de la vie et des décisions qui ne sont pas les miennes... ça arrive, je ne vais pas pleurer.
Le coup de grâce à été cette année : J'ai raté mon année car j'ai eu des problèmes de santé pour lesquels j'ai du m'absenter sur un cursus très exigeant.

Je vis donc seul dans ma "prison dorée" = dépression brutale, j'ai fini par céder.
Sauf que j'ai cédé plus loin que mes proches l'auraient imaginés, de façon brutale et que je me suis biensur jeté dans les bras des substances qui m'étaient offerte avec une grande disponibilité.

Je "romantise" énormément la drogue, c'est presque une amie, même si elle me fait du mal dans mon utilisation.
J'aime ce qu'elle procure, je l'aime parce qu'elle me soulage, je l'aime parce que son amour est inconditionnel, je l'aime parce que chacune est différente, je l'aime car elle me permet de m'évader, elle m'a permit d'avancer sur moi même, de grandir.

Cette consommation n'est plus raisonnable et là où je suis servant partisan de la légalisation de la plupart des psycho ; dans ma configuration actuelle elle me dé-sert.

On se casse plus vite les dents contre certaines substances que d'autres en fonction de soi : les descentes aux enfers après les taz ont fini par me calmer (pour l'instant), au bout de 2 mois fini la morphine et le tramadol (manque de stock)...
Il me reste donc la K et le L.
On garde une tolérance importante au L pendant ± 1 semaine donc ma solution était la K sauf que je commence à payer le coût physique (mal à la vessie) et psychique : parano, craving intense, brouillard...

J'ai un psychaitre, une addicto... mais à chaque fois c'est : "mettons ça en place, super, vous vous gérez très bien seul" : oui je suis lucide mais être lucide ce n'est pas pouvoir s'aider seul - pas tout le temps en tout cas.
Ce qui m'a énormément aidé c'est l'échange avec d'autres gens, le partage d'expérience de vie, pas les blouses blanches.

Alors désoler d'étaler ma vie ici, je sais que vous n'êtes pas psy.
Simplement : Comment gérez vous votre craving seul ? au delà de nommer 5 couleurs...

Avez vous des témoignages à partager ?

Merci du fond du coeur.

Edit : Pour les dosages je suis passé d'1g par semaine à 5g/semaine puis à + d'un gramme par jour.
Hier j'ai tapé 3g dans la soirée (6h) et j'ai cru mourrir alors que j'ai l'habitude des K-Holes...

NB : Sur les références a mon milieu et vers là où je me dirigeais dans mes études ce n'est pas de la SPUD, j'étais un enfant (16ans), je suis à peine un adulte et j'ai vécu un "downfall" que je n'imaginais pas. Je ne dit pas que c'est à cause de mes conso.
C'est juste le contexte. - Je fais parti des PUD, je ne compte pas arrêter de consommer complètement et je suis conscient que c'est MON mode de conso qui est problématique pour moi.

Dernière modification par Benzotrip (Hier à 21:49)


Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

Hors ligne

 

#2 
marnowi femme
psycho-fan France
Aujourd'hui à 06:30
Salut Benzotrip,

Ton post m'a touchée, alors j'ai envie de te répondre, au moins pour te dire que t'es pas tout seul, même si de ton post émane justement une certaine solitude.

Si j'ai bien compris, tu kiffes les prods mais tu vis actuellement une perte de contrôle. Et bien ce n'est pas une fatalité je crois.

Tu identifies très bien tout ce que les prods t'apportent. Ils sont une réponse avant d'être un problème. Ils t'apportent quelque chose. Mais tu estimes aujourd'hui que la balance bénéfices/risques n'est plus en ta faveur, notamment à cause des répercussions sur ta santé. C'est bien ça?

J'ai traversé une période comme ça récemment avec l'injection de c. Une des meilleures choses que j'ai faites, je crois, c'est d'accepter où j'en étais à ce moment là: il se passait quelque chose, il y avait quelque chose qui se jouait, possiblement quelque chose à régler. Et bien j'allais donc m'autoriser à vivre cette période. Hors de question de partir sur un sevrage, ou de m'agresser pour arrêter.

J'ai pu en parler à mon conjoint et à quelques amis proches qui ne m'ont pas jugé ni demandé de m'arrêter. Ca a été très précieux. Est-ce que tu es entouré? Des amis? Un frère ou une soeur sur qui tu peux compter?

Mais déjà, le fait d'accepter que c'était une période de ma vie, avec la certitude que ce n'était pas obligé de mal finir, lâcher la culpabilité, arrêter d'être obsédée par ma conso, ça m'a libérée d'un gros poids.

Je me suis autorisée à expérimenter quelques petits trucs pour espacer mes consos: confier le prod à mon conjoint, mais sans me mettre de pression avec des objectifs de durée, et avec la certitude que je pouvais le récupérer sans la moindre réflexion ou regard gênant quand je changeai d'avis. Me donner 24h pour récupérer. Des fois ça ne marchait pas et c'était pas grave, des fois ça marchait et je me félicitais pour ces petites pauses.

J'observais beaucoup: à quels moments j'en avais le plus envie, à quels moments de la journée le craving était le plus fort.... Essayer de mieux comprendre ma conso, mes déclencheurs, etc.

Tu parles aussi de ton contexte, et c'est sur lui que tu peux le plus agir. Et par ricochet la conso peut se transformer. Je n'ai pas compris si tu avais recommencé ton année? Une année c'est pas grand chose, tu peux t'en remettre et la rattrapper.
Mais en as-tu vraiment envie?
Je lis la description que tu fais de ce milieu, et ça n'a pas l'air de te faire grimper aux rideaux, si?
Est-ce que tu as pensé à bifurquer sur autre chose?
Le boulot on y passe quand même beaucoup de temps quand on en a un, autant que ce soit quelque chose qui ait du sens pour nous?

Tu évoques aussi des problèmes de santé: est ce que tu es remis? Ca peut jouer sur le moral très fort la santé, où en es tu à ce niveau-là?

Les prods t'apportent du plaisir et du soulagement qui sont accessibles immédiatement. Est-ce que tu as d'autres sources de plaisir? Et de soulagement?
J'aurais envie de te conseiller de te blinder le plus possible de ce côté là. Accorde toi ce temps pour trouver ce qui te fait plaisir, ce qui te fait vibrer même! Et ce qui peut te soulager. Remettre un peu le corps en mouvement, ne serait-ce qu'une petite sortie par jour.
Est-ce que tu as une perspective un peu réjouissante sur le court ou moyen terme, comme une sortie, des vacances, quelque chose qui te fasse "changer d'air" au sens propre?
Pour moi, les choses ont pu s'aligner après quelques mois de réflexions et d'expérimentations lors d'un départ en vacances

PsychoActif m'a aussi beaucoup apporté, j'ai ouvert un blog et je venais (un peu moins en ce moment) y déposer mes peurs, mes envies, mes petites réussites.... Avec ce sentiment grandissant de faire partie d'une communauté. Le sentiment d'appartenance, ça fait partie de nos besoins fondamentaux après tout.
Et puis ça m'aidait à avoir confiance en moi, et au fait que je tenais le bon bout, les choses allaient s'améliorer, pas besoin de tout ce stress et de cette culpabilité mortifères.

Voilà quelques premières pistes, mais en tous cas rassure toi: c'est une phase et tu peux retrouver ta liberté de consommer comme tu le souhaites.

Est-ce que ça te parle?

Bien à toi,

Marnowi

Ca pourrait être encore pire...

Hors ligne

 

Remonter
Pour répondre à cette discussion, vous devez vous inscrire

Sujets similaires dans les forums, psychowiki et QuizzZ

logo Psychoactif
11
Après l'arrêt, le vide et la solitude... 
11720 vues, dernier message : 24 décembre 2006 par annebauer

logo Psychoactif
6
[ Craving ]
Craving ritaline  
2552 vues, dernier message : 28 janvier 2024 par Tyler27

8
[ Craving ]
Essai sur le craving et le sevrage 
 0, 4013 vues, dernier message : 17 décembre 2021 par Doo-J

logo Psychoactif

Psychoactif » Forums » Decro - Sevrages... et après ?
 » [ Craving ] La solitude et le craving

Psychoactif
Psychoactif est une communauté dédiée à l'information, l'entraide, l'échange d'expériences et la construction de savoirs sur les drogues, dans une démarche de réduction des risques.

 
logo Don Soutenez PsychoACTIF

Droit d'auteur : les textes de Psychoactif de https://www.psychoactif.org sont sous licence CC by NC SA 3.0 sauf mention contraire.


Affichage Bureau - A propos de Psychoactif - Politique de confidentialité - CGU - Contact - flux rss Flux RSS