[ Gérer sa consommation ]
Risque de rechute dans les benzos si usage en descente ?

#1 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
30 juin 2026 à 21:41
Hello tout le monde,
J'ai fini mon sevrage de benzo il y a un mois à peu près. Par fini je veux dire 0.
Mon problème est le suivant : avant j'utilisais systématiquement les benzos pour lisser les effets des autres drogues : sommeil, descente, anxiété ect...
Par exemple je m'autorisais à redore parce que je savais que j'aller effacer la descente de MD. Je m'autorisais à taper de la C de temps en temps parce que si je décidais de dormir à 00h je prenais 4 Xanax et j'en parlais plus.
Sauf qu'avec ce sevrage je me suis rendu compte d'a quel point les benzos accrochaient et à quel point c'était dur de s'en sortir.
Ma question est : est il possible que je redeviennes accro aux benzos en quelques prises seulement ? Je ne parle pas d'addiction psy mais physique : de revenir aux symptômes de manque que j'avais avant.

J'ai pris 3 fois exceptionnelles depuis 1 mois, à chaque fois le samedi soir après une session K, C... tjrs du Xan car demie vie courte mais je suis inquiet de redevelopper une tolérance. Ça me ferait chier dans les 2 cas car je ne veux plus de benzos réguliers et je n'ai pas envie d'arrêter toutes mes consos.
Si vous avez d'autres solutions je suis preneur : mon problème N1 c'est le sommeil, j'ai envie d'avoir un bon sommeil, de pouvoir faire mes nuits même quand je consomme, ça m'aide à retrouver un équilibre psy solide, à re grossir, à re faire du sport.

Merci beaucoup drogue-peace

Dernière modification par Benzotrip (30 juin 2026 à 21:41)


Psychedelic experience is only a glimpse of a larger reality. But a glimpse that can be useful - Aldous Huxley ; The Doors of Perception, 1954

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#2 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
30 juin 2026 à 23:21
Bonjour Benzotrip,
Bravo pour ce sevrage complet des benzo, c'est une sacré victoire d'avoir réussi à arrêter ces substances qui accrochent comme aucune autre !!

Je ne suis pas médecin mais je ne pense pas que des prises ponctuelles de benzo puissent créer une dépendance. Je ne consomme plus du tout de benzo mais quand je le faisais, c'était ponctuellement et je n'ai jamais développé de dépendance ou de tolérance.

Cependant, attention, de mon expérience, le cerveau se souvient, et quand tu as été dépendant à une substance, tu redeviens dépendant à cette même substance beaucoup plus rapidement. Le chemin de la dépendance, quand le cerveau connaît la substance, il le reprend beaucoup plus facilement. Je connais cette pente avec le tabac et la came.

Mes 1ères conso de came, lorsque j'étais jeune, je ne voyais pas ce qui conduisait à être dépendant car je pouvais taper toute la nuit et passer à autre chose pendant des semaines ou des mois. Aujourd'hui, mon cerveau accroche beaucoup plus vite et je reproduis beaucoup plus facilement les conso qui me mettent dans la dépendance et je trouve que celle-ci arrive beaucoup plus vite qu'avant.

Pour garder le contrôle, je note mes conso dans un tableur. Ainsi, tu pourrais vérifier que tes prises de benzo restent ponctuelles mais surtout qu'elles restent liées à des situations que tu as choisies (comme la gestion de la descente d'autres produits). Comme cela, tu verrais si tu commences à en prendre plus souvent, à plus haute dose, ou bien si tu t'autorises à en prendre dans des situations que tu n'avais pas prévues à l'origine et tu peux redresser la barre !

Cela ne veut pas dire tout interdire, il ne faut pas se flageller de faire des écarts, nous ne sommes pas des machines ! Mais tu peux voir la tendance, et si elle se poursuit, et donc être alerté. Est-ce que tu en prends de plus en plus souvent, est-ce que tu augmentes les doses, est-ce que tu en prends dans de plus en plus de situations ?

Pour ma part, quand j'en prenais, je savais que ce que je gagnais, j'allai le perdre derrière. Par exemple si je prenais une benzo car je n'arrivais pas à dormir, le lendemain, le problème était encore plus important, et je n'arrivais plus à dormir, et si j'en prenais plusieurs jours, là je devenais totalement insomniaque, des jours et des jours, une insomnie crée artificiellement !
Pareil pour les angoisses. Si j'en prends, derrière quand ça fait plus effet, rebond ++ des angoisses, et si j'en prends plusieurs jours, l'arrêt va être affreux. Donc je préfère avoir parfois des problèmes pour m'endormir, je me lève du lit et je fais autre chose. Si je dors pas c'est que ma dette de sommeil est pas assez grande ou que je suis préoccupé, donc je me lève et fais autre chose 1h ou 2. Idem pour les angoisses, je ne suis pas une plante verte, c'est normal qu'il se passe des choses en moi et que des fois ça soit pas agréable, parfois je suis tendu, inquiet, etc, ce n'est pas une raison pour tout tasser avec une molécule, car si je tasse, je tasse tout, y compris les émotions positives !

Tu as fait un énorme chemin donc si c'est que tu souhaites, c'est important que tu mettes en place une stratégie claire et efficace (tu peux l'écrire si besoin) pour garder au loin la dépendance à cette drogue qui est d'autant plus insidieuse que beaucoup la considèrent comme un médicament, qui n'a rien à voir avec les substances illégales, alors que la légalité n'est absolument pas un critère pertinent pour mesurer la dangerosité d'un produit : cf l'alcool, le tabac, les antipsychotiques, les benzo, etc, vs les psychédéliques par exemple !

Encore bravo, beaucoup de gens renoncent à arrêter les benzo car c'est très dur de vivre sans quand on commence à en prendre régulièrement, et se retranchent derrière l'idée que c'est un médicament prescrit par un gentil médecin qui veut du bien à ses patients et que je suis malade, un dérèglement de mon cerveau qu'il faut absolument réguler (pas de désordre !), pas le choix ! Donc que c'est acceptable versus les vilains drogués qui prennent des produits interdits pour leur jouissance personnelle, bouh, coupable, pas bien de se faire plaisir, moi je me soigne, je suis un adulte responsable qui écoute son médecin !

Dernière modification par silae (30 juin 2026 à 23:27)

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#3 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
Hier à 00:03
Hello Silae, comment tu vas ?
T'es vraiment adorable à chaque fois, t'es hyper gentil, tu prends le temps de répondre en profondeur, vraiment je te remercie du fond du coeur pour tes interventions.
Merci pour ton retour d'expérience interessant.

Je m'excuse par avance de mon message assez brouillon

L'idée du tableur est bien pour tout suivre précisément, je ne sais pas si j'aurais la dextérité de le tenir mais je peux très bien me faire une note de suivi, c'est ce que j'ai fait pendant mon sevrage.
Concernant les leviers de la dépendance, je pense connaître les miens : j'accroche à une substance si elle me donne de l'amour, de la confiance ou du soulagement de l'anxiété.
Pour les benzo ça va surtout être le troisième mais j'ai maintenant une approche assez voire très méfiante à leur égard.
Je les utilise car pour l'instant j'ai rien trouvé de mieux pour le sommeil post substance mais j'ai arrêter de les utiliser pour le reste parce que oui on le paye et très vite, même le sommeil n'est pas réparateur sous BZB mais bon c'est mieux que rien...
J'ai surtout peur de rester accroché physiquement, par exemple d'avoir des re déclenchement de douleurs, de crises de manque, de troubles neuro type perte de mots...
Par exemple hier j'ai pris des Xan après la C (oui c'était lundi et pas samedi, je bossais pas et j'ai pas fêté ce WE) ce matin je me suis levé et c'était cool, le Xan faisait encore effet, nuit en apparence parfaite, pas d'angoisse ect... (le cerveau se souvient) et même si moi je ne veut pas retomber dedans j'ai peur que mon cerveau re déclenche la sonnette manque.

Je pense aussi que mon problème est que j'essaye tout le temps de jouer sur le fil : je me drogue mais je travaille, je suis retourné vivre chez mes parents pdt les vacances, je veux rester productif le lendemain. En gros c'est du "en même temps" et on voit bien ce que ça donne lol
En gros il faudrait que je puisse avoir une journée de travail productive, une soirée seul à la maison = cool = soirée C ou K mais demain réveil 7h donc Xanax à 23h30 et dodo à 00h et en plus je veux un sommeil réparateur et un lendemain en forme...j'exagère à peine. Donc je demande l'impossible et je peux pas vraiment bien m'organiser comme je veux de jour comme de nuit.
Je devrais commencer la Ritaline jeudi et j'en prends déjà de ce qui m'avais été prescrit n'importe comment en Janvier/Fevrier depuis 2/3j. Je porte pas mal d'espoir là dedans pour réguler mon anxiété, mon sommeil et mon impulsivité. C'est un peu tôt pour le dire mais ça à l'air de marcher, j'en ai pris et ça fait le même effet que les benzos sur mon anxiété : j'arrête de partir dans tout les sens en pensant à plusieurs choses en même temps avec soucis + ça coupe l'envie de consommer le reste (sauf la clope que j'ai arrêté). Mais bon je vais m'en méfier aussi. Je suis entièrement d'accord avec l'aspect légal ou pas...

En gros je pense identifier mes mécanismes ou une partie mais je suis assez faible sur l'endiguement. Je sais que je ne me laisserai pas replonger dans la consommation massive que j'avais avant de BZB mais je suis pas prêt à re supporter des symptômes de sevrage en conso ponctuelle.
Je suis preneur si des gens ont des expériences de rechute benzo ou s'ils sont passés de conso régulier à ponctuels.

Merci

Dernière modification par Benzotrip (Hier à 00:06)


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#4 
Benzotrip homme
Psychoexplorateur France
Hier à 00:08

silae a écrit

Idem pour les angoisses, je ne suis pas une plante verte, c'est normal qu'il se passe des choses en moi et que des fois ça soit pas agréable, parfois je suis tendu, inquiet, etc, ce n'est pas une raison pour tout tasser avec une molécule, car si je tasse, je tasse tout, y compris les émotions positives !

Exact !


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#5 
Mynight femme
Psycho junior France
Hier à 07:50
Hello!

Tout d'abord, je tenais, moi aussi, à te féliciter pour ton sevrage total et effectif.
Je pense que tu le sais: le sevrage aux benzodiazépines est un des plus difficiles, un des plus compliqué à obtenir.
Tu peux être carrément fier de ce que tu as accompli là, c'est un petit exploit, et je pèse mes mots!smile

Justement, parce que je suis très admirative, je me permets, en premier lieu, de citer Silae:

silae a écrit

cerveau se souvient, et quand tu as été dépendant à une substance, tu redeviens dépendant à cette même substance beaucoup plus rapidement. Le chemin de la dépendance, quand le cerveau connaît la substance, il le reprend beaucoup plus facilement.

Malheureusement, c'est une vérité universelle, en ce qui concerne la prise de produits, quels qu'ils soient.

Alors certaines substances t'en tiendront moins rigueur, mais les benzos ne ratent pas, en général, lorsqu'on a le malheur de remettre ne serait-ce qu'un tout petit doigt dedans.
Le cerveau ne se souvient que trop bien, même des années après un sevrage (et dans ton cas, ton sevrage est récent, si j'ai bien compris?)
Je vais te dire une chose: je n'aime pas donner de conseils, car nous sommes tous tellement différents, en ce qui concerne notre rapport au produit, notre état psychique "de base" aussi, nous avons tous une solidité, et aussi une fragilité, mais toujours différentes d'une personne à l'autre.
Mais il y a des constantes, notamment dans l'action de certains produits, comme les benzos, qui sont des substances très bien connues.

De plus, tu penses y avoir recours pour lisser les effets de descentes. Donc tu ne réutiliserais pas qu'une seule fois des benzos.
Je ne sais pas à quelle fréquence tu consommes, et quelle serait donc ta fréquence d'utilisation de benzos pour atténuer les symptômes de descente.

Avant tout, je ne peux que te comprendre, j'y penserais aussi, vraiment, si je consommais des produits me provoquant des descentes, je suis incapable de supporter ce type d'effets (descente.)
Je serais plus que tentée, comme toi, d'avoir recours aux benzos pour calmer le jeu.

Pèses surtout bien le pour et le contre.
-Quel impact négatif avait ta consommation de benzodiazépines sur ta vie avant ton sevrage.
-Souviens toi de ce que tu as "gagné" en parvenant à diminuer, puis stopper complètement (encore une fois, c'est remarquable, compte tenu de lz difficulté connue de ce sevrage.)
-Est-ce que tes autres consos t'apportent? Sont-elles ultra bénéfiques?
-Est-ce que cela mérite que tu mettes en péril ton sevrage, ta sobriété aux benzos?
-N'y a-t-il pas d'autres produits qui pourraient t'aider à ne pas supporter de plein fouet la descente? Je pense aux neuroleptiques, à petites doses. Le Tercian par exemple, à sa dose minimale (20mg je crois, et encore, si je me souviens bien, le comprimés de 20 est sécable, mais à vérifier!)

Encore une fois, ici sur PA, et aussi dans la vie, je n'aime pas dire "T’as qu'à faire ci, ou essayer ça!"
C'est trop délicat, chaque personne, chaque histoire, sont si différentes les unes des autres...

J'ai juste envie de te dire: dans la mesure de ce qui est possible, essaies avant tout de "protéger" ce que tu as accompli.
Quand je parle de peser les pour, et les contre, c'est vraiment dans un et un seul but: te protéger, et sauvegarder ce que tu as réussi à faire pour aller mieux, pour te sentir mieux.
Et aucun jugement de ma part ne viendrait entacher quelconque décision prise, car encore une fois, nous ne vivons pas tous sous le même ciel, et nos chemins sont tous très différents.smile

Je ne te souhaite qu'une chose: te porter le mieux possible.heart

À bientôt j'espère, passes une belle journée. Myna


✨️·˚*Fall seven times, get up eight.*°.✨️

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#6 
silae homme
Adhérent PsychoACTIF France
Hier à 09:15
De mon côté, j'ai totalement arrêté les benzo pour les descentes ou les problèmes de sommeil car ils aggravent mes problèmes de sommeil (rebond +++) et le lendemain je suis totalement dans le pâté (même avec des benzo à demi vie courte), l'impression que ma pensée est dans de la glu et c'est vraiment très désagréable, j'attends juste que le produit s'évacue, et je le ressens vraiment comme une chose qui colle dans mon cerveau et qui ne s'en va pas, je n'aime pas du tout.

Donc moi, pour les descentes, je préfère 1000x les opiacés ! Bien sûr, ce n'est pas une recommandation.

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