Toxicommune, Toxicommun !

Catégorie : Opinion
Hier à 20:40

#Politic\Myth\Toxic\Integer\Unity\Babel
#Near 12000 char

#Exception Code 0x80000001: INTEGER_OVERFLOW


L'Un Tox Icône de la tour de Babel




Parce que pour savoir lire, il faut d'abord savoir dé-lire, en ce jour, je fais sécession radicale avec le discours comme-Un. Je me retranche dans mon coin de blog, j'arbore mon bonnet de Toxic-comme-Ane, et je m'auto Con-Sacre "Bouffon d'la frappe".

A vot'santé, et à mes risques et périls ! drinks

Quelque part dans la matrice, je me love dans le flux de data qui m'inonde, et je m'extrais des chaînes de caractère qui tissent le discours ambiant, pour m'le détendre un peu, m'amuser, et m'inventer des chemins de traverse.

N'importe qui aurait pu produire ces chaînes signifiantes, ce sont les maillons du discours courant, qui tourne en boucle comme un disque rayé. Ici, je me déchaîne pour le faire dérailler, sans emmerder personne avec mes pavés, ni faire dévier les sujets, ou m'épuiser dans de stériles polémiques...

Quelque part dans la matrice, faute de frappe, les data gueulent, et les codes sont "apprendre", des fonctions, des mises de leurs algorithmes, démissionnaires du vide...

Quelque part dans la matrice, faute de frappe, les data gueulent, et les codes sont "à prendre", des fonctions démises de leur algorithme, des missionnaires du vide...

0x01/ DATA> Est ce que le terme "Tox" voue choque ?

Ce qui me travaille, c'est con, se voue au stigmate, bien plus qu'au choc... Comment de simples mots peuvent-ils, à ce point, posséder nos corps, et nous en déposséder ?

Pour moi, c'est exactement comme le terme "Addiction", aujourd'hui beaucoup plus à la mode : de mon point de vue, c'est kifkif pareil. L'histoire se répète, en tant qu'effet symptomatique de la panique morale face à la jouissance PsychoActive.

Ce qui me choque, ça n'est pas le mot, c'est la chose indicible qu'il exprime. Et les pratiques sociales que cette chose innommable impliquent.

a) Politiquement, Sociologiquement, et Médicalement, la notion de "Toxicomanie" véhicule des représentations qui donnent un verni scientifique à la prohibition. Ca fournit une grille de lecture facile à plaquer sur la jouissance des drogues, un verni confortable, déresponsabilisant, et rassurant pour tout le monde... Un verni si brillant, et qui rend tout si propre, qu'on peut se voir dedans et s'y identifier.

b) Cliniquement, il donne corps à des pratiques sociales, psychologiques, psychiatriques et addictologiques que je réprouve, et qui s'appuient sur la con-science du sens comme-Un, pour fonder leurs injonctions à la sobriété, à l'abstinence, et au contrôle de nos plaisirs PsychoActifs.

c) Textuellement, il me révolte par son étymologie.

Mais pour moi, l'étymo-logique, ça n'est pas "le sens profond" d'un mot, c'est seulement la structure logique de son apparition dans le langage, et ça dit quelque chose de la fonction logique qu'un terme tient dans le tissu social. Le sens, on l'imagine pour habiller la structure instituée, et il varie au fil des époques et selon les personnes.

Pour un psychanalyste, il n'y a pas de "sens profond" des mots ni des choses, mais une multitude de sens, propres ou figurés, qui font partir l'imaginaire de chacun.e dans tous les sens, et qui masquent la fonction logique que tiennent les mots qu'on emploie. Qu'on le veuille ou non, le sens qu'on donne à un mot sera toujours corrélé et entendu par rapport au sens d'autres mots, par association d'idées, par homologie, ou par homophonie (que l'assonance soit fondée étymologiquement ou non), etc : c'est comme ça qu'on apprend à parler, et c'est comme ça que le langage imprime ses lois logiques sur nos corps. Certains mots ou expressions nous marquent au fer rouge, et restent gravés comme des plaies béantes : c'est comme cela que se constitue l'auto-stigmatisation.

Dans ce défilé des sens du train train de la répétition quotidienne, un train peut en cacher un autre, mais le sens le mieux caché, si tant est qu'il y en ait un qui soit plus caché que les autres, c'est rarement le plus profond : c'est bien souvent le plus con et le plus chiant. C'est pour ça que j'aime bien parler d'Un-con-chiant plutôt que d'inconscient : au moins, on entend tout de suite de quoi il s'agit !

L'inconscient, ça n'est rien d'autre que ça : l'ignorance de l'enchaînement logique personnel qui détermine notre discours, parce qu'il est caché derrière un torrent de sens qui coule à flot, et qui nourrit la logique de la structure qui nous est propre. La structure logique d'un discours, c'est-à-dire son articulation Symbolique avec le Réel et l'Imaginaire, elle reste invisible, alors que le sens parait évident à la personne qui parle. Le bon sens se défi de toute logique !

On ne fait pas une psychanalyse pour donner du sens à sa vie, mais au contraire, pour évider ses évidences trompeuses. Il s'agit d'user et d'abuser des mots, jusqu'au non-sens, pour faire apparaître la trame de leur structure logique. Dans les différents sens qu'une personne peut donner à quelque chose, y en a pas Un qui serait plus profond que l'Autre !

Pour moi, plus pro fond que le fond du fond des bas fonds, c'est pas l'bon sens ni le sens interdit, c'est un des sens de l'indécence commune, qui institue l'auto-stigmatisation et ses effets ! C'est le discours toxicommun de la toxicommune des toxs ! L'histoire de la RDR, c'est la logique du discours qui nous a servi qui nous asservit...

d) Donc subjectivement, "Tox", pour moi, c'est comme toutes les insultes, ou comme tous les compliments : ça dépend du contexte, c'est-à-dire de l'articulation logique qui le soutient.

Dans le contexte de PsychoActif ces dernières années, il me semble évident que tout le monde a compris que l'emploi de ce terme était très malvenu. Ca a été expliqué en long, en large, en travers, et en détail par l'équipe, un nombre incalculable de fois : PA veut s'émanciper de la logique sociale qui pathologise et qui psychopathologise les plaisirs psychoactifs, l'usage de drogue, la dépendance, le craving, les accidents lors des prises, et les personnes qui vivent leur rapport aux drogues comme problématiques.

En ce qui me concerne, j'ai trouvé ma formule consacrée. Ce qui me choque, ce qui me répugne, ce qui me met hors de moi, ce qui me fait cracher le feu, c'est ce jeu discursif qui consiste à miser la souffrance humaine contre les drogués heureux, pour produire des drogués malades !!!

Entre le retournement du stigmate, et l'identification au stigmate, la limite est très fine.

Trop souvent, on croit le retourner, et tout conte fait, c'est lui qui nous retourne.

Je pense que c'est ça qu'on peut appeler "auto-stigmatisation".

0x02/ DATA> Le con est le sexe de la femme

Mais nonnnnnnnnn ! Enfin, si, certes, on a pu le définir comme ça en vieux françois, non sans raison...
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/ar … 55770.html

Mais pour ma part, ça n'est ni par hasard, ni par sexisme, que j'associe le mot "Con" à la bêtise avec tant d'allégresse, et que je le tourne volontier en dérision !

C'est à cause de son l'étymologie latine. Le préfixe "co / con", provient de la préposition "cum" qui veut dire "avec", et qui fait directement référence à l'Union, à la Ré-Union, à l'Identité, à la Dualité. Autant de notions qui ont consistance logique, et qui renvoient au binaire de la Complémentarité.
https://fr.wiktionary.org/wiki/co-
https://www.academie-francaise.fr/pourq … orrelation

Assimiler ce préfixe à la sexualité, c'est la sacraliser, la mystifier, et idéaliser cette logique binaire, en prenant la métaphore sexuelle au premier degré. Pris de façon positive ou bien négative, je trouve ça hyper réducteur, pour ne pas dire complètement "con" ! C'est tout rabattre sur la sexualité, c'est la psychanalyse de l'IPA, de Onfray, et de tant d'autres matrixés par le discours médical... (j'en parlerai plus dans d'autres textes)

Pour moi, c'est ras des pâquerettes, ça ne va pas bien loin, et ça tourne court : c'est se bercer d'illusions.

C'est croire qu'à deux, ou plus, on peut ne former qu'Un.

C'est y croire aveuglément et sans retenue. C'est être hypnotisé par cette croyance, comme par un mirage, et se laisser endormir ! C'est y croire un peu trop fort, un peut trop loin, un peu trop souvent, un peu trop "au sens propre". C'est envisager le groupe social sur le modèle du couple "fusionnel", pour reprendre une expression à la mode. C'est la politique version "ensemble tout est possible", qui ne supporte pas l'altérité, et qui ne veut rien savoir du Réel.

C'est croire qu'il n'y a pas de vide entre les deux du binaire, c'est croire que tout est logique de complémentarité, qu'on n'a jamais besoin d'espace, qu'on n'a jamais besoin de silence, qu'on n'a jamais besoin d'air, qu'on n'a jamais besoin d'intimité, qu'on n'a jamais besoin de secret. C'est se serrer dans les bras si fort qu'on finit par étouffer.

C'est croire qu'on peut dépasser la division des corps par la parole.

C'est croire que la "tour de Babel" peut, pourrait, ou aurait pu, monter jusqu'au ciel, pour défier Dieu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_de_Babel

Assimiler ce "con" pré-fixe à la sexualité, c'est croire la version des pères de l'église, qui pensent la division par la parole comme un châtiment détruisant l'Unité, destiné à étouffer les ambitions humaines.

C'est refuser de voir que le ciel est vide ! Et affirmer devoir divin à son stigmate !

C'est croire que Dieu nous a divisé pour mieux régner, et accréditer son existence en s'assujettissant à ce fantasme de ré-Union. Ahhhh si toutes les PUD du monde voulaient se donner la main, on pourrait faire une ronde... Et tourner en rond éternellement...

C'est croire à l'Humanité comme Union des corps sociaux. Raaaah la communion...

Ce sont les pires régimes qui con-sacrent l'Unité et l'Identité du peuple ! C'est aussi le pire du communisme, celui dont personne ne veut, et qui trahit Marx de 0 à Z ! C'est la logique du parti Unique qui ré-Unit tout le monde, dépolitisante par excellence.

C'est croire que la politique, c'est-à-dire la division, c'est le Mal.

C'est croire à un "Etre" Entier, Uni, dont le corps ne serait pas divisé par la parole.

C'est idolâtrer un "Etre suprême" du Bien-veillant, tout comme sa remplaçante : la "Neutralité suprême" de la Science Médicale.

C'est se fier à la science comme pratique qui observe et qui fixe le "Tox" pour l'éternité, comme "Etre" mythique : la science fixion !

C'est prendre la place à laquelle nous sommes assignés par le discours médical, et demander notre part, en s'y fiant, et en s'y identifiant, sans savoir lire la dimension politique de cette assignation.

Et on retombe sur intoxicomanie... Aka : si c'est du plaisir, c'est subjectif, c'est politique, alors que si c'est du déplaisir, c'est objectif, c'est médico-legal. (j'articulerai ça avec Foucault dans d'autres textes).

Comme le faisait remarquer Kafka, le dualogue est un des moyens du Mal.

Pour moi, la politique, la vraie, c'est pas le dialogue ni les élections : c'est la question de savoir autour de quelle ligne de fracture on se divise, et ce qu'on peut en dire !

Pour moi, rêver d'Union de toutes les PUD, c'est un rêve totalitaire, qui nous berce d'illusions, et qui nous maintient endormis !

C'est ignorer le Réel qui nous fait obstacle, comme un mur, et qui résiste à notre maîtrise, incurablement...


Guy Debord a écrit

A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil.

.
/forum/uploads/images/1777/spectacle.webp

Vive la résistance !


PsychoActivement
girl_witch
.


Dernière modification par Pesteux (Hier à 20:44)

Remonter

Psychoactif
Psychoactif est une communauté dédiée à l'information, l'entraide, l'échange d'expériences et la construction de savoirs sur les drogues, dans une démarche de réduction des risques.

 
logo Don Soutenez PsychoACTIF

Droit d'auteur : les textes de Psychoactif de https://www.psychoactif.org sont sous licence CC by NC SA 3.0 sauf mention contraire.


Affichage Bureau - A propos de Psychoactif - Politique de confidentialité - CGU - Contact - flux rss Flux RSS