Un coup de déprime

Catégorie : Carnet de bord
04 juin 2026 à 00:28

Bonjour à tous,
Je savais pas trop où m'exprimer alors, je le fais sur mon blog car ce soir j'ai besoin de parler.
Voilà 2 ans que je consomme des prods, mes conso, vous les connaissez.
Au début de l'année, j'ai perdu le contrôle avant de le reprendre, j'en ait parlé dans "Le craving et la solitude". Et aujourd'hui je traverse malgré moi une dépression. Assez seul, complètement perdu. - Je reviendrai sur les prods.
J'ai bien mis des choses en place pour aller mieux : des sorties, des amis, du travail, un rythme régulier ect...
Je ne peux pas nier que ça m'a aidé dans mon sevrage de benzo mais je n'arrive plus à vivre comme avant : profiter de l'instant présent, réfléchir, ressentir du plaisir. Je vis dans l'anhédonie pure et dure. Je rigole mécaniquement, j'essaye d'entretenir tant que faire ce peu les conversations mais j'en ai marre de faire semblant, que rien ne me touche. Je n'ai plus envie d'aller vers les gens, je n'ai plus envie de gagner de l'argent, je n'ai plus envie de rien.
Beaucoup de changements importants se sont produits dans mon adolescence à partir de mes 11/12 ans avec une période d'accalmie puis un retour au bordel à partir de mes 15 ans. Je pense que ça a structurellement changé qui je suis aujourd'hui.
J'ai manqué de présence, d'affection durant cette période, de définition des normes sociales. J'ai appris à me protéger, à vivre dans mon monde mais arrive un moment où l'on doit se construire seul, avancer.
J'ai même pas des moments ou je pleure ou je suis triste c'est juste de la douleur/de la colère/du rien.
J'ai pleuré 1 nuit en rêvant que j'avais un frère dont je devais m'occuper et c'était enfin ma raison de vivre : une cause plus noble que ma vie, une chose "pure" dont je devais prendre soin, quelqu'un avec qui je créerais un lien solide et profond.

Après ma perte de confiance en moi majeure et ma perte de contrôle sur les stups, j'ai fait une TS - il fallait un coupable alors tout le monde blâme les prods : mes parents, le doc, moi même je l'ait fait en pensant à une descente ayant provoqué cette crise précise. Mais en relisant mes écrits, ça ne date pas d'hier l'envisagement du S. La dépression est installée depuis début 2024 au moins ! Et encore j'y étais bien profond déjà. Les prods ça été qu'un morceau sur le chemin.
Seul l'été 2025 à été fantastique mais : obtention du BAC, 18 ans, découverte des substances, premier couple auquel je croyais : (une raison de vivre aimer comme on aurait aimé l'être)...
Aujourd'hui après les substances, les séances de psy, le CSAPA, les benzos puis leur arrêt je ne sais plus quoi faire - je n'envisage plus de solution.
J'en ait marre des médocs qui engendrent un sevrage, une addiction, un effet rebond et des effets secondaires long comme le bras.
Prendre des substances dans l'espoir de guérrir et de façon régulière j'ai testé et je ne pense pas que ça soit une bonne raison a part les psyché de temps en temps pour un soulagement temporaire.
Une adolescence à mal me sentir, a ne pas profiter pleinement, à ne pas être dans l'instant même quand je me laisse aller a quoi bon ? Et de façon invisible ou presque : très entouré, pas considéré comme "bizarre" ou dépressif (au contraire) mais quand même un peu à l'écart : éternel deuxième.
J'ai l'impression que mes capacités intellectuelles s'amenuisent à vue d'oeil, de passer à côté de ma vie, je me sens mal physiquement et mentalement comme si mon cerveau fondait lentement.
J'ai toutes les raisons de me retrouver pourtant : je me constitue un meilleur entourage, je peux reprendre les études, j'ai du travail...j'essaye de voir le verre à moitié plein mais le bouton plaisir/motivation/bonheur est bloqué.
J'ai beau accomplir des choses, faire des trucs satisfaisant, c'est le plat intersidéral.

La médiation, la respiration tout ce que vous voudrez je n'y suis pas hostile, j'ai essayé. Alors je veux bien attendre mais jusqu'a quand ? Es-ce que ça revient un jour ? J'en ai vraiment marre
Puis ok en théorie j'ai plus de benzos ou presque plus mais en pratique l'anxiété ne s'est pas évaporée : 30 min de tachycardie gratuite par jour + mon environnement oppressant que je fuis tant que possible mais qui reviens souvent à moi.

Bref, je lutte, j'attends mais jusqu'a quand ?
Je suis désolé de poser ça ici, j'ai personne à qui le partager : ni ma famille, ni mes amis qui a part 1 sont plus des "potes" que des amis même si j'en ai bcp.

Commentaires
Salut salut ,

J'ai pas mal hésité avant de te répondre.
Ce n'est pas que je n'en avais pas envie mais plutôt que je me suis un peu trop reconnue dans tes mots.

Envie de rien, plus de plaisir nul part, ni seul ni en groupe, juste ce fond de douleur qui bascule parfois en colère et pas de cible nette pour ces émotions là, pas d'explication claire qui permettrait de dire "ah bah voilà, c'est à cause de cet événement précis".
Et cette foutue impression d'observer sa vie à distance, comme le film de quelqu'un d'autres.

Je n'avais pas trouvé de solution miracle à ce moment-là, juste l'obstination et un fond d'espoir que peut-être, plus tard, ça irait mieux.

Ce que je peux te dire en revanche, c'est qu'effectivement, petit à petit, c'est allé mieux.

Des petits éclats de plaisir ont commencé à réapparaître.

Pas grand chose au début, des trucs idiots comme un morceau de musique qui allège un truc à l'intérieur, une bouchée d'un truc épicé ou d'une pâtisserie, quelques instants où tout paraît plus simple (pour moi, c'était souvent la nuit, quand je regardais le ciel et que je me disais que quand même, c'était chouette à regarder toutes ces petites lumières là haut)

Au fil du temps, ces petits bouts de plaisir ont prit plus de place, sont devenus plus brillants, ma curiosité a finit par revenir pour des sujets complètement... Euh... On va dire atypique (j'ai du passer six mois obsédée par l'histoire des cultes chtoniens au tour de la Méditerranée et leur influence en Europe et en Asie lol)

Ça a été long, je vais pas te mentir là dessus.

Et j'ai gardé des traces de cette période (une foutue tendance au nihilisme notamment mais teinté d'une bonne dose d'humour noir parce que... C'est plus agréable d'en rire quand-même)

Et puis l'écriture.
Avec le recul, c'est ça qui a vraiment permis de me stabiliser.
(Ça fait cliché, hein ? wink )

Bref, tout ça pour te dire que je ne suis pas à ta place, on a probablement pas le même vécu non plus, mais c'est possible de remonter.
Ça laisse des traces, des souvenirs (que personnellement je revisite parfois avec un sourire un peu ironique en me disant "ah ouais, quand même"), mais ça donne aussi une résilience bizarre (pour moi, je précise), un genre de "pfff, j'ai déjà traversé pire, c'est pas cette merde là qui va me faire tomber".

Je ne sais pas si mon message te servira à quelque chose.

J'espère que oui.

Prends soin de toi
(Oui, je sais, facile à dire, hein ?)
Et puis, si tu veux les regarder, ben, elles sont belles quand-meme les étoiles, non ?
Reputation de ce commentaire
 
Les étoiles sont tjr belles, elles ne déçoivent jamais :) helloketa


#2
MacGeek51
Nouveau membre France
04 juin 2026 à 05:39
Salut Benzo,

J'ai voulu t'envoyer un petit message de soutien en perso,mais je suis encore trop récent sur le forum.

Je suis en dépression depuis mes 6/7 ans, j'en ai 33 maintenant. Tout ce que je peux te dire c'est qu'il y aura toujours des hauts et des bas, jusqu'à la fin.
J'ai une famille plus ou moins soudée ca dépend des années x) Ma dépression est devenue très sérieuse il y a deux ans. Jusqu'à là j'arrivais à la mettre de côté et verrouiller mes sentiments. Suite à une séparation voulu par moi et le faite de me retrouver seul dans un appartement elle a explosé.
Ma consommation a explosé aussi...
A ce moment là j'annonce à mes parents que ca ne va pas et que je suis en dépression sévère. Leurs seule réponse "la dépression c'est une nouvelle maladie, c'est juste pour que les jeunes puissent avoir des arrêts maladie facilement "...
saches juste que tu n'ai pas seul. Toutes nos situations sont uniques, mais se ressemblent tellement.
Si tu as toujours besoin de parler n'hésites pas.


Salut Benzotrip,

Je passe par là alors je voulais t'envoyer un message de soutien.
Je ne crois pas qu'il soit rare de traverser ce genre phase après une période d'excès de prods, notamment de benzo, et surtout s'il y a une fragilité psychologique derrière.
La dépression est une vraie maladie, qui peut nécessiter accompagnement et traitement.
Je sais que tu es fatigué des traitements et des médicaments. Mais je serais toi j'irasi quand même poser tout ça chez un professionnel, histoire de voir ce qu'il en pense, surtout si tu n'as pas d'entourage proche qui puisse t'épauler.

En attendant accroche toi. Si la biochimie de ton cerveau est déséquilibrée, ça peut-être un long processus pour qu'elle s'équilibre à nouveau.
Je suis bipolaire et je connais régulièrement des phases de dépression où tout perd son sens. C'est tellement intense comme mal-être que parfois j'imagine me foutre en l'air pour y mettre un terme une bonne fois pour toutes.
Ce qui m'aide dans ces cas là c'est de m'accrocher au fait que cette perception et ces idées noires sont dûes à la biochimie de mon cerveau qui déraille, et que ça va passer, que le soleil finira par revenir dans ma vie. Et ça finit par revenir. Toujours.

Et puis continue à venir ici, une communauté soutenante, y compris virtuelle, ça n'est pas rien.

On est là. Et on te tient la main.

Bien à toi,

Marnowi.

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