Bonjour à tous,
Aujourd'hui je voulais parler d'un sujet que je voit assez peu passer sur le fofo (peut-être que je cherche mal) et vous partager mon témoignage.
Je veux parler de la vie de couple en tant qu'UD dans différentes configurations et à différents âges. Je précise à l'ouverture de ce blog que j'ai 18 ans donc que je n'ait pas le même recul que certains d'entre vous : et de toute façon, on a pas le même vécu. Je vous parlerez uniquement de mes ex récentes parce que avant c'est assez vide :sad, et que j'étais pas UD.
Ce post n'est pas un post ou je demande du soutiens ni ou je me dis à plaindre, il est centré sur la problématique principale : Être UD et entretenir une relation.
Avec la première personne, c'était une relation d'été qui s'est étalée. Au tout début, je ne consommais que quelques
joints en soirée avec des potes et j'ai jamais aimé ça . J'ai découvert la "dure" cet été là.
C'était une relation plutôt saine, on avait pas hyper confiance en nous mais on s'aimait réellement comme quand on est vraiment amoureux, pour la première fois. Je pense que ça a son importance car on idéalise la personne. Au milieu de cet été génial, j'ai commencé à conso régulièrement de la
MD en soirée ou à micro dose un peu par ci par là (oui je sais). Seul, pas avec elle. La relation se déroulait avec quelques encombres car cette personne avait peu confiance en elle donc besoin constant d'assurance, engagement évité mais attachement qui fait l'inverse...bref pas simple mais sain : on parlait normalement, j'étais là pour elle, ça marchait...
Un jour, en soirée, en échangeant avec des potes à elle ça parle drogue, on échange pas mal, eux ne sont pas UD sauf 1 personne de sa famille mais en mode j'ai déjà testé. La discussion avance, on a déjà tous un peu bu et j'admet avoir déjà cons (avec un sous entendu). A partir de là ça n'a plus été pareil : cascades d'interrogations, discussions, doute...

Je dis que je ne consomme que très rarement en soirée et plus depuis qu'on est ensemble (petit mensonge = pas bien) mais rien n'y fait. Je vais en soirée et je rep pas = drogue, j'ai le nez qui coule = drogue, j'ai les pieds froids dans mon sommeil = drogue. Bref gros problème de confiance.
Le couple finira par s'effriter pour d'autres raisons (la drogue n'étant pas la principale) mais ça aura mis un coup à la confiance et si je n'avais pas été UD, peut-être cela aurait changé la donne. (Même à coup sur mais pour d'autres raisons sans rapport direct avec la vie en couple)
La deuxième relation à lieu juste après, dans une période de profond mal être.
Je vais vivre chez une amie qui habite un appart de cité U et elle aussi est UD.
Au début c'est assez idyllique : on se soutient, on s'aide...
On tombe très vite dans une relation très fusionelle (on ne s'est jamais défini comme "en couple" de façon claire). Mais on aime tout les 2 consommer et jouer avec nos limites. On commence tranquille par quelques soirées puis on se met à s'enquiller bcp d'
alcool et bcp de
MD de façon trop régulière, puis de la K, pour elle du
shit...
Très vite (de façon quasi instantanée) notre relation ne tourne plus qu'autour de ça : la défonce et la fusion. Comment on va se defoncer, qu'es-ce qu'on va tester, comment on va se fournir mais aussi avec un mélange de culpabilité de l'un envers l'autre : elle de m'initier, moi d'avoir du stock et de laisser faire...
Ça a sûrement été la plus belle relation de ma vie alors même qu'elle à été avortée avant d'exister. Et dans celle-ci, la drogue était au centre, assez vite on enchaine les OD : syndrome serotinergique (jamais d'hosto mais mauvais sévère), OD de K pour elle, grosse addiction au benzo qui se développe chez moi... et avec toutes les conséquences qui vont avec : manque de sommeil,
séchage de cours, trous de mémoire...
Et surtout : la paranoïa : elle le
shit moi la K
Elle la gérait car fumeuse depuis longtemps, moi je ne le savais même pas mais parano complète en
descente de K.
S'en suit des embrouilles à rallonge, elle colérique, moi à côté de la plaque, nous complètement défoncés tout le temps : des pavés de parano entier.
Les mensonges sur nos consommations perso, sur notre état...
Relire la conversation me met tellement mal à l'aise pour l'un comme pour l'autre : j'étais complètement HS à vouloir aider mais à faire n'importe quoi, elle à sortir des dingueries qu'elle pensait pas sur elle comme sur moi à péter des câbles pour r, bref, l'angoisse et tout ça alors qu'on étais profondément attachés, seuls et fragiles.
On a essayé de rattraper le tir mais on s'est loupé : et quand je dis essayer j'ai vrmt essayé en grande pompe et on a tout les 2 lamentablement échoué.
Ça s'est fini d'une façon assez horrible, un soir d'hiver, moi sous K, elle sous C, on a commencé à s'engeuler pour r, j'ai tapé une parano après une menace de S suite à la dispute, sans prévenir je suis arrivé chez elle, elle a été tellement surprise que pleins de trucs contradictoires se sont passés : je suis resté à la porte puis arrivé chez moi elle m'a remercié puis on s'est re-embrouillé là dessus (sur la scène qui venait d'arriver) et on en est resté là : sur des insultes, sur le fait de se bloquer, de ne plus s'adresser la parole.
Je vous raconte ça pour ne pas masquer ce qu'il s'est passé à cause de la drogue : nous n'étions pas nous même, nous avions été amis proches, puis éloigné puis presque en couple. Sobre nous aurions pu nous entre aider, nous tirer vers le haut ; à la place nous nous sommes entre détruits - je n'en raconte pas plus pour pas que les personnes se reconnaissent au cas ou mais on a traversé des moments affreux lié à la drogue, bien plus que la dernière anecdote.
Nous avons fini seul, addict chacun dans notre coin après cette expérience, et qu'es-ce qui nous restait : la drogue
Et surtout : arrivé à un point, on ne recolle pas ce qui est cassé. Cette personne, je l'ai re contactée, nous avons simplement échangé des excuses, sans aborder le passé : simplement se faire savoir l'un l'autre : "je sais que c'était affreux, je m'en veux, je ne veux plus l'aborder mais ce n'est plus la guerre" en gros. Cependant, je sais que je ne pourrais jamais redevenir proche de cette personne que j'aimais tant et avec qui je partageais tant de choses. Les relations entre UD peuvent être d'une rare intensité dans la souffrance comme dans le partage : la défonce avec la personne qu'on aime c'est un moment spécial.
Alors ma conclusion c'est pas ouin-ouin la drogue c'est mal. La substance n'a pas de volonté propre, ce sont les failles des individus qui peuvent être exacerbée ect...
Je questionne juste la difficulté d'être en couple de façon stable et sans cacher ses consos en tant qu'UD car que notre partenaire consomme ou pas, il y a des difficultés dans les deux cas. Mon expérience est plus que moyenne mais vous avez la vôtre : dans votre couple actuel, avant, dans votre jeunesse...