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J'ai récidivé

Catégorie : Tranche de vie
16 septembre 2021 à  17:27

A peine 3 jours (ou 4 ? J'ai tellement zéro notion du temps, heureusement que j'ai un calendrier mural pour mes rdv) après m'être tapé un high plutôt cool avec 12 mg de bupré au lieu des 6 que je suis censé prendre, j'ai craqué et j'ai recommencé, avec 14 mg cette fois ci.

Je suis au fond de mon canapé, les yeux mi-clos, conscient que j'ai pas tenu ma promesse à moi même mais pour l'instant je m'en fous, je savoure juste.

Mais je me donne un auto-ultimatum : si jamais je "récidive" avant qu'un mois se soit écoulé, je ferai comme dit dans le billet précédent, à savoir : transformer ma coloc en infirmière à domicile qui me délivrera quotidiennement mes 6mg, que je mettrai sous ma langue devant elle.

Il me semble évident que j'ai besoin d'un cadre. Depuis que je suis sorti de cure, c'est la dégringolade.

Jsuis comme ça, un grand enfant, j'ai besoin qu'on me cadre, je sais pas le faire tout seul.

Cadavre de Subutex 2



Commentaires
#1
Rick
Adhérent PsychoACTIF
21 septembre 2021 à  05:42

L autre Lebowski a écrit

Depuis que je suis sorti de cure, c'est la dégringolade.

C'est pour ça qu'elles ne fonctionnent quasiment jamais.

l'environnement, les habitudes, le quotidien, etc. c'est ultra important en addicto. En revenant chez eux , beaucoup recommencent les travers pour lesquels ils viennent de passer des semaines à travaillé dessus.
au final c'est plus le manque de thunes/limite des ordo qui permet de limiter.

à toi de voir mais attention avec les risques propres au "yoyo"

> ta tolérance va monté = diminution du plaisir + manque + souffrances psy (ex= moins de sport, de ménage/propreté , moins d'activité etc)

ça va pas etre fun je te préviens

peut être que tu devrais apprendre à te faire plaisir autrement

ou sinon tu assumes et tu te fais prescrire beaucoup plus, tu restes à ta base line. et de temps en temps tu dépasses.


Rick a écrit

L autre Lebowski a écrit

Depuis que je suis sorti de cure, c'est la dégringolade.

C'est pour ça qu'elles ne fonctionnent quasiment jamais.

l'environnement, les habitudes, le quotidien, etc. c'est ultra important en addicto. En revenant chez eux , beaucoup recommencent les travers pour lesquels ils viennent de passer des semaines à travaillé dessus.
au final c'est plus le manque de thunes/limite des ordo qui permet de limiter.

à toi de voir mais attention avec les risques propres au "yoyo"

> ta tolérance va monté = diminution du plaisir + manque + souffrances psy (ex= moins de sport, de ménage/propreté , moins d'activité etc)

ça va pas etre fun je te préviens

peut être que tu devrais apprendre à te faire plaisir autrement

ou sinon tu assumes et tu te fais prescrire beaucoup plus, tu restes à ta base line. et de temps en temps tu dépasses.

C'est exactement ça. La cure me manque, avec le recul je vois ça comme une "colonie de vacances entre addicts", on était à la campagne, je m'étais socialisé, on rigolait bien, on se connaissait tous y avait toujours quelqu'un avec qui discuter, alors qu'à la maison je me sens si seul.

Je me suis remis à picoler comme y a 4 ans, avant que je connaisse les opiacés, du coup je suis REdevenu alcoolo-dépendant, en plus des benzos, de l'AD, et Cie.

Le cadre de la cure me manque énormément en fait. Quand j'étais là bas je disais souvent à mes potes de cure "il me manque juste mes chats et je reste là pour toujours" ^^

Pour les "extras" à la bupré je me fixe une fois/mois, pas plus, sous peine, comme tu dis, de voir ma tolérance monter donc un Sub moins efficace etc.. j'ai parfaitement conscience que si j'abuse avec les double-dose je vais niquer mon TSO donc c'est exclu.

Et heureusement grâce à la publi de ma BD dans le fanzine j'ai eu un boost de motivation, je me suis remis à dessiner, je taffe sur une nouvelle BD, bref ces derniers jours ça va un peu mieux.

Quant au ménage j'ai été aide à domicile pendant 3 ans donc ça m'a rendu un peu toqué de la propreté lol , je fais les sols de mon appart tous les 2-3 jours donc pas de souci là dessus, et ça me fait du bien dans la tête en plus smile C'est surtout l'absence de taff et les soucis financiers qui vont avec qui commencent à m'inquiéter, vu que je me sens pas apte à re-travailler, ou alors dans des conditions très, très détendues - un taff CALME quoi.


#3
Rick
Adhérent PsychoACTIF
22 septembre 2021 à  14:13
Peut être que le déménagement est ta clé.


Rick a écrit

Peut être que le déménagement est ta clé.

J'y ai pensé ,malheureusement je peux pas me le permettre point du vue finance. Et puis j'ai avec moi 2 potichats de 4 et 6 ans, et j'ai pas envie de les faire déménger tous les ans, à chaque fois elles le vivent plutôt mal et ça me brise le cœur.

J'ai déménagé quasi 1 fois/an depuis je suis plus chez mes parents et là c'est juste plus possible faut que jme pose, d'autant que j'ai un très bon appart avec vue sur les Monts du Lyonnais, le cadre est agréable, c'est la téci mais c'est pas non plus la forêt de béton

Mais c'est une option que j'ai très sérieusement envisagé.


#5
Rick
Adhérent PsychoACTIF
24 septembre 2021 à  23:39

L autre Lebowski a écrit

Mais c'est une option que j'ai très sérieusement envisagé.

L autre Lebowski a écrit

J'y ai pensé

alors si changer d'environnement est presque impossible (après à toi de peser entre le manque d'envie ou tes troubles addictifs)

tu peux utiliser d'autres leviers. Ne pas avoir d'amis qui consomment (straight edge - isme)  , te mettre à un mode de vie (ex: par la religion, sans forcément croire en un dieu il y a beaucoup d'autres types de religion) , en devenant athlète, en manquant de temps à cause d'autres activités etc

bref tous les leviers qui diminuent l'envie de consommer

bon désormais il te faudra plusieurs années avant d'arrêter la buprénorphine, c'est une molécule que beaucoup d'usagers d'opiacés (non opioïdes) très difficile à arrêter (c'est pourquoi j'ai toujours refusé de me la faire prescrire) à cause de son profil pharmacologique agoniste/antagoniste. Je préfère une molécule que l'on peut prendre en xxx-ième de dose sans avoir à le faire soi même à chaque prise. après c'est juste un argument de praticité, on peut aussi faire des dilution volumétrique de buprénorphine.

je préfère les opis où l'on a un gros potentiel récréatif (kratom, methadone, codéine, oxy, hero, morphine) en plus d'un gros potentiel en tant que tso
mais au quotidien le tso ce qui compte c'est surtout si tu es confort avec (ou pas). Toi visiblement t'es  bien avec et ta le potentiel récréatif vu ta description où on voit que t'as pris ton pied. Alors que sans tolérance j'ai du mal à sentir la récréativité à la bupré donc j'ai abandonné.


Rick a écrit

tu peux utiliser d'autres leviers. Ne pas avoir d'amis qui consomment (straight edge - isme)  , te mettre à un mode de vie (ex: par la religion, sans forcément croire en un dieu il y a beaucoup d'autres types de religion) , en devenant athlète, en manquant de temps à cause d'autres activités etc

Je suis le seul de ma colocation à avoir été/être addict aux opiacés, à part le shit et l'alcool en soirée personne ne consomme rien chez moi, je suis en quelque sorte LE tox de la coloc lol

Quant à la religion, j'ai déjà donné quand j'étais ado et non merci, je préfère l'apostasie punk1




Rick a écrit

Je préfère les opis où l'on a un gros potentiel récréatif (kratom, methadone, codéine, oxy, hero, morphine) en plus d'un gros potentiel en tant que tso
mais au quotidien le tso ce qui compte c'est surtout si tu es confort avec (ou pas). Toi visiblement t'es  bien avec et ta le potentiel récréatif vu ta description où on voit que t'as pris ton pied. Alors que sans tolérance j'ai du mal à sentir la récréativité à la bupré donc j'ai abandonné.

C'était précisément pour arrêter le Kratom que je suis passé à la bupré parce qu'étant dépressif je n'avais plus aucun contrôle sur mes doses, j'étais défoncé de 9h à 1h du mat, et si j'en avais pas c'était tramadol, codéine, etc donc non je préfère ma bupré qui a 6mg me tue toute envie de consommer (même si j'ai toujours cette petite voix dans ma tête, plus ou moins forte selon si je viens de prendre la bupré ou pas, qui me souffle *voix fantomatique* : "achète de la came sur le darknet")

Ça marche plutôt bien sur moi, je sais que si j'avais une molécule à caractère récréatif en guise de TSO je serais hélas in-ca-pable de me contrôler.

(Bon faut pas le dire mais jme suis collé 18mg hier et ça m'a pas fait grand chose, enfin pas autant que ce que j'attendais, donc une motivation de plus pour pas enchaîner les extras. Un mois, pas moins, c'est fixé maintenant)

Après comme tu dis j'en ai pour des années, donc je verrai bien avec l'évolution et de ma dépression/TAG, et de mon TSO, peut être que ça changera, qui sait.

Peut être que je retrouverais une amoureuse et qu'elle deviendra mon TSO merci-1


#7
Rick
Adhérent PsychoACTIF
25 septembre 2021 à  13:59
l'amour et l'affection ça aide (quand ça fonctionne) mais beaucoup de gens font l'erreur d'utiliser leur conjoint comme béquille psychiatrique ou addicto et c'est une très mauvaise idée. De l'autre coté du mur , on a beaucoup de conjoint avec un syndrome infirmiere qui veulent soigner/prendre soin de leur conjoint et ont été attirés par leurs singes sur l'épaule : trouble psy, trouble addicto, handicap etc. Sauf que ce n'est pas leur rôle et certains trucs sont pas fait pour être guéris. Une consommation peut être justifié (ex: douleurs et opiacés) , une maladie incurable (schizophrénie), les mauvais garçons parfois n'ont pas l'intention de raccrocher les gants et de se ranger puis ça frappe et cogne quand les choses s'enveniment etc. Pour moi les conjoints sont soutenants, non jugeant et pas plus.

le kratom?! un de mes opi favoris. Ma petite héroïne. Le manque apparait en même temps qu'elle, le plaisir est moins intense mais le bien être psy est supérieur d'ailleurs beaucoup de dépressifs tombent inutilement addict aux opis via le kratom.

après aussi, tu as le levier du circuit de la récompense
si tu habitus ton corps à ne plus avoir de plaisir de drogues, à toujours utiliser ton traitement pareil et bien veiller à ce qu'il ne te procure aucun plaisir
tu vas faire la partie psychologique du sevrage. La plus difficile. Celle qui fait rechuter. La partie physique des sevrages est douloureuse mais pas difficile, si elle l'est ce que l'arrêt a été mal fait (fort dosage, arrêt trop rapide).
Tu n'auras plus envie de drogues. Comme les anciens addicts sobres depuis plus de 6mois à plusieurs années, quand l'envie de consommer diminue jusqu'à disparaître de nos vies. Où la frustration et cravings sont un bruit de fond inaudible et maîtrisable.

Moi aussi je suis athée et mes amis ne consomment plus beaucoup (la trentaine!) je suis le dernier drogay de ma trentaine de potes d'enfance. Les autres sont pas quotidien comme moi (cannabis, parfois opi, parfois alcoolique..les périodes de sobriété sont devenus plus rares etc) Je me fiche d'être sobre, ce qui m'intérèsse c'est ma santé et mon équilibre.

Ça marche plutôt bien sur moi, je sais que si j'avais une molécule à caractère récréatif en guise de TSO je serais hélas in-ca-pable de me contrôler.

haha ne soi pas dans le déni

t'as vu la gueule de ton premier message? tu prends ton pieds avec ton tso buprénorphine! ce n'est qu'un agoniste partiel mais tout de même. Et le plaisir est subjectif, personnel, on réagis différemment et aiment les choses différentes avec une résistance différente
si ce n'est plus le cas c'est à cause de la tolérance ou de la culpabilité. Même le lopéramide a un caractère récréatif quand on sait l'utiliser.
C'est les ordonnances , l'argent et notre santé qui nous pousse à nous gérer.

Tu sais déjà le faire , te gérer. Pas totalement. Tu trébuches encore mais tu peux y arriver super t'as déjà fait le plus dur. La clé est de ne pas baisser les bras au premier trébuchement et travailler son estime de soi qui donne ensuite beaucoup de santé mentale donc de l'endurance, volonté, force etc

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Bi1 dit ! GuyG



Désolée,j'ai un souci d'utilisation !

Dernière modification par La Tite Zaza (25 septembre 2021 à  19:49)

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