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Le système de santé stigmatise les Personnes Utilisatrices de Drogues

Catégorie : Actualités
17 mars 2022 à  21:41

Les Personnes Utilisatrices de Drogues (PUD) confrontées aux risques de stigmatisation du système de santé !

Un article du Flyer N°81,  disserte de la honte et de la culpabilité des PUD (Personnes Utilisatrices de Drogues), des émotions qu’il faudrait prendre en compte pour un chemin de rétablissement d’un comportement addictif.   

Nous y sommes d'autant plus sensible qu'une grande partie des PUD qui viennent sur Psychoactif sont imprégnées de culpabilité et de honte, ce qui les empêche de vivre correctement et dignement leur consommation de drogues.  Si il fallait encore le démontrer, un sondage récent sur PA montrait qu'une majorité de répondant.e.s PUD indiquait une mauvaise opinion d’elles-mêmes et d’eux même.

Toutefois, l’erreur de  cet article est de considérer que la honte et la culpabilité des PUD sont normales chez les PUD. Il faut rappeler que le sentiment de honte et de culpabilité est d'abord relié à des facteurs sociaux. Des décennies de désinformation et de stigmatisation ont créé dans la société une image systématiquement négative des PUD. Ce sont les mêmes processus qui font qu'à une période pas si ancienne, les femmes étaient réputées "intellectuellement inférieure" et  les homosexuels  considérés comme des pervers.

Cet article du Flyer est l’archétype de ce qu’il se passe pour les PUD dans le système de santé : il montre bien, que même si les professionnel.le.s de santé se considèrent  "bienveillant.e.s" envers les PUD, ils/elles sont imprégné.e.s par le discours dominant sur les drogues, qui considère que se droguer est mal, et que la honte et la culpabilité des PUD sont  normales.  Au lieu de déconstruire cette culpabilité, le système de santé est le lieu qui les renforce.

Cette stigmatisation est malheureusement systémique et endémique dans le système de santé,  ce qui provoque des atteintes répétées à la dignité des PUD.
Cela peut se traduire par un mépris insidieux, des attitudes d'infantilisation, le manque d'ouverture à la discussion sur les options thérapeutiques, les contrôles punitifs de consommations, la non prise en charge de la douleur, le refus de soin, et bien d'autres atteintes qui ne peuvent créer chez les PUD  qu'une impression de rejet et de mépris, renforçant leur honte et leur culpabilité et freinant ou empêchant le rétablissement.

C'est pourquoi à chaque fois  qu'une PUD vient sur Psychoactif pour avoir un conseil, et que nous l'orientons vers le système de santé (spécialisé ou non) , nous considérons cela comme un risque supplémentaire à prendre en compte dans l'accompagnement en réduction des risques que nous proposons : si la PUD est maltraitée dans le système de soin, que va elle gagner, et que va elle subir à y aller ?

Cette stigmatisation des PUD par le système de santé, ne pourra être levée que quand elle sera levée dans la société. Une des actions principales à entreprendre est la légalisation et la régulation de toutes les drogues. La pénalisation de l'usage est l’édifice de la stigmatisation depuis 50 ans. Mais en attendant, des actions  de prises de conscience des soignant.e.s sont nécessaires pour ne pas reproduire ce système.

Pascal Millet et Pierre Chappard,
Pour l'équipe de Psychoactif

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Vous avez géré très bon texte MG ~
 
Plein de justesse, merci d’en parler - Wonderland
 
Très bon choix de mots et de formules. Bravo! Speedy76
 
Yes !! Je plussoie !!! s2f
 
la culpabilité vient des normes sociales. Merci
 
Merci, j'ai aussi ce pb- unpos



Commentaires
Cimer pour ce post Hunter S. Thompson disait que loa legalisation des drogues foutrait en l air une generation mais qu on y gagnerait sur le long terme. Je trouve son analyse pessimiste cf: Ringolevio, le parcours d un gamin de NY qui a connu la came puis a


Bonsoir.

Vecu : traitement Subu depuis plus de 20 ans, distribution tous les 2 jours.

Les réflexions de certaines employée devant tous les autres clients sont parfois calomnieuses, du genre :
"faut repasser le pharmacien n'est pas la,  on a du monde avant vous!"

La s'engage un dialogue absurde entre la préparatrice qui ne gère pas mon dossier.
Mais se permet de vous invectiver.


Quand celles et ceux qui militent pour un changement de perspective se mettent à user des mêmes argumentaires ou raisonnement intellectuel que les extrêmes, on sent qu'on arrive au trait plat.

exemple de trait plat

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Je ne vois toujours pas en quoi ça gêne que le trait soit plat !


Et bien, laissons le reposer en paix !   depositphotos_4114611-stock-illustration-nurse-emoticondepositphotos_4114611-stock-illustration-nurse-emoticondepositphotos_4114611-stock-illustration-nurse-emoticon
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Amen!❤️


La dépendance est un phénomène personnel qui implique deux échecs normatifs. Un échec de l'action rationnelle efficace normale ou de la maîtrise de soi par rapport à la substance ; et la honte de cet échec et de l'échec à vivre selon les normes d'une bonne vie que le toxicomane lui-même reconnaît et à laquelle il aspire. Le fait d'avoir honte de la dépendance n'est pas une erreur. Il fait partie de la forme de la dépendance, de la phénoménologie normale de la dépendance, et constitue souvent une source de motivation pour la personne dépendante afin de guérir. À l'instar d'autres tentatives récentes dans la littérature sur la dépendance visant à redonner aux concepts normatifs tels que le "choix" et la "responsabilité" la place qui leur revient dans la compréhension et le traitement de la dépendance, le modèle de l'échec normatif jumeau est entièrement compatible avec l'étude des causes génétiques et neuroscientifiques de la dépendance. En outre, le modèle ne remoralise pas la dépendance. Il peut y avoir de la honte sans blâme.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8932605/


Bonjour, voici la conclusion de l'article que tu cites. La honte est donc un sentiment nuisible. Amicalement

Résumé
Historique

Les associations bidirectionnelles entre des émotions négatives conscientes de soi telles que la honte, la culpabilité et la consommation de substances sont mal comprises. Des recherches longitudinales sont nécessaires pour examiner les causes, les conséquences et les modérateurs des émotions négatives conscientes de soi chez les personnes qui utilisent des substances.
Méthodes

À l'aide de la modélisation de la courbe de croissance latente des processus parallèles, nous avons évalué les associations bidirectionnelles entre la honte et la culpabilité et la consommation de substances (c'est-à-dire le nombre de jours au cours des 30 derniers usages de stimulants, l'alcool pour s'ivrer, d'autres substances ou les drogues injectables) ainsi que le rôle modérateur de l'émotion positive. Les émotions ont été évaluées à l'aide de l'échelle des émotions différentielles. L'échantillon incluait 110 hommes cisgenres appartenant à des minorités sexuelles ayant une utilisation récente de méthamphétamine biologiquement confirmée, inclus dans un essai contrôlé randomisé à San Francisco, en Californie. Les participants ont déclaré des émotions et des comportements récents de consommation de substances sur six périodes sur 15 mois.
Résultats

Des niveaux initiaux de honte plus élevés ont été associés à des diminutions plus lentes de l'utilisation des stimulants au cours du temps (b : 0,23, p : 0,041) et la culpabilité a été positivement associée à une utilisation de stimulants au cours du temps (- 0,85 pp : .0001). Les niveaux initiaux de culpabilité et de consommation d'alcool étaient positivement liés (b : 0,29, p : 0,40)., mais au fil du temps, ils avaient une relation négative (- . . p. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . De plus, des niveaux initiaux plus élevés d'autres utilisations de drogues ont été associés à des diminutions plus lentes de la honte au fil du temps (b : 0,02, p : 0,041). Tous les résultats étaient indépendants de la dépression, soulignant le rôle spécifique des émotions conscientes de soi.
Conclusions

La honte et la culpabilité sont des obstacles à la réduction de l'utilisation des stimulants, et des efforts accrus sont nécessaires pour atténuer les effets délétères de ces émotions conscientes de soi dans la récupération d'un trouble de l'utilisation des stimulants.
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cela va de soit, Merci Prescripteur- MM
 
Merci pour ce point clair!


g-rusalem a écrit

la phénoménologie normale

Phénoménologie dont la démarche est d'appréhender la réalité telle qu'elle se donne, à travers les phénomènes. On parle bien là du monde "social". C'est-à-dire que au delà du fait biologique, ce qui fait phénomène, c'est l'expérience socioculturelle du fait biologique.

Il ne s'agit donc sans doute pas de porter que attention à l'un ou l'autre (disjonction) et à leur attribuer un part de causes respectives et exclusives, mais bien à l'un et l'autre (conjonction), comme deux "calques" se superposant, le "calque" phénoménologique décrivant en quelque sorte "l'expérience de vie" du "calque" biologique. On vit à travers le prisme phénoménologique, qui est socialement et culturellement construit et "codé", le fait biologique.

Bref, à nous de participer à réduire les risques au niveau biologique et (surtout AMHA) à agir sur le niveau socioculturel pour essayer de modifier le "phénomène" addiction, son expérience, son sens, son action, son "codage socioculturel".

VickNarobi a écrit

Ce post n'apporte rien

Toi-même


VickNarobi a écrit

La violence du système c'est avant tout une violence d'individus envers d'autres individus

Heu... Dans sa mise en pratique finale. Car de fait de nombreuses causes sont systémiques

VickNarobi a écrit

plotchiplocth j'ai pas compris ta citation de mon post ?

quelle citation?
Car pour rappel au cas où : multicomptes=permaban selon la charte acceptée à l'inscription... Et je suis pour son application effective


Rapport du CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme): agir contre les maltraitances du système de santé
(C'est bien le système de santé qui maltraite dans ce titre)
https://www.edimark.fr/courrier-addicti … teme-sante


VickNarobi a écrit

Et sinon, se reposer juste sur le titre d'un article pour affirmer qqchose c'est... plus que limite je trouve.

N'y voit rien d'autre que mon manque de disponibilité dans l'instant

VickNarobi a écrit

C'est bien quand c'est un systéme qui maltraite. Comme ça personne il est responsable non ? (ironie hin).

plus que limite tu dis?


Y'a pas de question de santé publique dans le contrôle des femmes ou des LGBT

A part les violences conjugales ou homophobes, les restrictions à l'accès aux soins ou pour les LGBT les "traitements" forcés, entre autres.

le contre-exemple typique c'est l'alcool : 100% légal mais bon y'a aussi des stéréotypes négatifs sur les alcoolo-dépendants.

L'exemple de l'alcool est tout à fait pertinent. Comme tu le soulignes les stereotypes concernent les alcoolo-dépendants pas les usagers  non excessifs. Alors que pour les psychotropes illégaux le stereotype négatif concerne TOUS les usagers dépendants ou non. Certes l'heroine et la cocaine entrainent un taux de dépendance un peu plus élevé que l'alcool (15% vs 10% environ) mais ce n'est pas le cas du cannabis par exemple.
Donc la différentiation entre usage et dépendance est tout à fait pertinente. Et, comme le souligne l'article que tu cites, le contrôle de la honte et de la culpabilité peut favoriser le passage de l'usage abusif à l'usage non ou peu abusif. Donc la RdR !


Amicalement


Bonjour, voici la conclusion de l'article que tu cites. La honte est donc un sentiment nuisible. Amicalement

Nous sommes bien d'accord, cela va sans dire. Par contre, est-ce qu'ils parlent d'une honte nuisible née du côté sociétal, ou créé par l'usager lui-même, de façon totalement rationnelle, par la vue de la perte de contrôle qu'il subit sur ses décisions de vie ? Auriez-vous des articles à ce niveau ? J'aimerais mieux comprendre l'ampleur du phénomène. C'est important pour savoir si il faut mettre l'accent sur le fait de changer la société, ou inciter la personne à plus d'amour inconditionnel envers sa personne avant tout, même si en fin de compte, je suis 100 % d'accord avec le post de plotiploch, nous nous devons (les médecins, les usagers) de lutter contre les 2 causes (personnelles et sociales) de ces émotions négatives qui nuisent au processus de soin de la maladie.


Par contre, est-ce qu'ils parlent d'une honte nuisible née du côté sociétal, ou créé par l'usager lui-même, de façon totalement rationnelle, par la vue de la perte de contrôle qu'il subit sur ses décisions de vie ? Auriez-vous des articles à ce niveau ?

Bonjour, il est difficile de répondre précisément mais plusieurs études montrent l'effet négatif de la stigmatisation et de la perte de l'estime de soi.
Je dirais que la honte subie est toujours négative mais que celle que la personne nourrit rationnellement peut parfois l'aider dans ses choix.
Amicalement

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK384923/

https://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/d … p;type=pdf

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3792617/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4312064/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4158844/




https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7899070/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8555264/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5739839/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5981930/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3631156/

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Merci bcoup, il va me falloir un peu de tps pr les digérer ! G-rusalem
 
Merci pour les articles :)


#14
Zénon
Sociopathe Convaincu
22 septembre 2022 à  18:35

prescripteur a écrit

Je dirais que la honte subie est toujours négative mais que celle que la personne nourrit rationnellement peut parfois l'aider dans ses choix.

Superbe conclusion, Prescripteur !

Comme souvent, c’est pas tout noir, c’est pas tout blanc : it’s all a fucking grey area.

Pour me la péter un peu et balancer du name-dropping, chez Nietzsche & Spinoza, en schématisant, honte et culpabilité (qu’importe leur origine) s’avèrent des « passions tristes » : funestes toxines qui nous rongent petit à petit la moelle épinière en nous éloignant des faits.

Dans le christianisme, au contraire, honte et culpabilité délivrent du péché originel. Du coup, elles sont presque élevées au rang de vertus, car elles permettent a priori à l’Homme de vivre en société.

Moi, avec quelques réserves, je penche plutôt côté Nietzsche & Spinoza.

Mais ici, on parle de stupéfiants. Et dans un « système » tel que le nôtre, pour le cas d’un usager lambda sans problèmes particuliers liés à sa consommation, oui, honte et culpabilité poussent en général à l’isolement et au dérapage incontrôlé, voire à l’addiction.

Ici, les causes sont donc sociétales : notre système de santé pue souvent la merde.

Par contre, en matière d’addiction avancée, un microgramme de chlorhydrate de honte et de culpabilité (j’ai bien dit un microgramme) administré en sous-cutané par le patient lui-même ou par le praticien ne me semble pas forcément contre-indiqué.

Ici, c’est l’instinct de conservation du sujet.

Perso, le chlorhydrate de honte et de culpabilité reste pour moi souvent un poison, mais parfois un antidote ; tout dépend du dosage et du praticien, tout dépend du pourquoi du comment.

(Paye l’emphase de ce commentaire ! Par moment, je me fais peur.)

VickNarobi a écrit

Enfin... les gouts et les couleurs.

« Et vous me dites, amis, que “des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter”. Mais toute vie est lutte pour les goûts et les couleurs ! Le goût, c’est à la fois le poids, la balance et le peseur ; et malheur à toute chose vivante qui voudrait vivre sans la lutte à cause des poids, des balances et des peseurs ! »

Allez en paix, même Zarathoustra partage notre amour du débat !

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