Comment se passe un premier rendez-vous ?

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Kindlyjoh femme
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France
champi vert1champijaune0cxhampi rouge0
Inscrit le 14 May 2024
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Bonjour tout le monde smile

C'est bien la première fois que je poste sur ce forum, pourtant cela fait quelques mois que je navigue en sous-marin sur pas mal de sujets qui m'ont, sans même participer à la discussion, beaucoup apporté. Donc déjà, merci à toutes les personnes investies et qui permettent cette entraide bienfaisante ici <3.

Maintenant je vais me présenter un petit peu, si je fais les choses à l'envers n'hésitez pas à me le dire et je déplacerai le sujet ? Je vous avoue qu'il y a tant de catégories que je me perds un peu et ne connais pas exactement le fonctionnement du forum donc toute remarque est la bienvenue en ce sens ?
J'ai 32 ans, maman de deux enfants, malade chronique depuis 10 ans maintenant (fibromylagie et adénomyose) et dépressive (dépression sévère et sous traitement depuis aussi longtemps que je m'en souvienne avec beaucoup de faux diagnostics). Je n'ai jamais été une consommatrice régulière de produits, quand j'étais au lycée il m'arrivait de fumer quelques joints mais ce n'est jamais aller au delà. J'ai toujours été anxieuse, surtout en société, et dépressive depuis le collège environ (mon psy à finit par dire que c'était mon cerveau qui était fait ainsi et voilà ??♀️) mais je m'y accoutumais, j'étais ainsi et il fallait juste que je m'adapte à la société. Je suis devenue maman à 20 ans, et mes maladies chroniques invalidantes ont commencées trois ans environ après mon premier accouchement et 1 an après mon deuxième. On m'a prescrit du contra mal 50mg,et ce fut le début d'une longue relation entre cette molécule et moi.. ?

Comme toutes les personnes qui ont eu ce traitement au début pour des douleurs vous le savez, on ne sait pas à quel point cette substance sera addictive, à quel point elle va changer notre vie. Au début en bien, les effets sont très agréables on se sent revivre sans douleur et avec un sentiment de flottement incroyable qui nous rend heureux et prêt à gravir des montagnes, on se dit que wow ce médicament est magique, je ne ressens plus autant mes angoisses habituelles et me sens plus sociable également, bref, le bonheur. Et puis le seuil de tolérance augmente, donc les douleurs sont moins bien soulagées, alors on augmente pour retrouver les effets que l'on connaît et que l'on aime. Et l'escalade vers les montagnes n'est pas celle que l'on imaginait.. elle n'est pas libératrice et excitante, elle devient un gouffre, un puits à angoisse (faire le tour des médecins, des pharmacies, passer le pas des fausses ordonnances, mentir encore et encore pour avoir sa dose car vivre un syndrome de sevrage c'est l'horreur absolue, presque un traumatisme à chaque fois que cela se produit).

J'ai fini par trouver un autre médecin traitant, à qui j'ai expliqué tout mon parcours et les problèmes que j'ai eu avec la secu et les diverses pharmacies dans lesquelles j'ai été (Black listée partout du coup), et là je l'ai vu comme mon sauveur, il était compréhensif et à accepté de m'aider à diminuer et me sortir de là. Au début j'étais soulagée, heureuse, j'ai tenté la diminution mois par mois (j'étais à environ 1g de trama par jour à coup de 3x200mgLP à chaque prise, il y a eu des fois où c'était même 1,2g.. mais en moyenne j'étais aux alentour des 900mg) et je suis très difficilement arrivée à 600mg/24h (150mgLP x4 par jour). Mais le rideau est tombé avec mon médecin traitant.

Et oui, pendant ce parcours il y a eu des fois où les crises de douleurs étaient si intenses que je prenais un peu +, je me retrouvais donc à court plus vite, et je devais courir sos medecins et pharmacies de garde pour combler (je prenais pas plus, même largement moins par ex 100mg LP matin et soir je demandais) c'était simplement pour tenir jusqu'au prochain rdv, car vraiment le syndrome de sevrage j'en ai des angoisses terribles donc j'essaie de l'éviter au maximum. Et malheureusement cette course au dernier moment chez d'autres médecins et d'autres pharmacies a de nouveau alerté la secu qui a téléphoné au doc et ils ont conclu de passer un contrat entre les 3 parties pour m'en tenir à un seul docteur, une seule pharmacie et des prélèvements sanguins à jeun pour voir si le taux de trama correspond au dosage prescrit du moment, à faire plusieurs fois tout au long du sevrage.

À partir de cet instant, de ce contrat, même si mon médecin était au courant de mes difficultés, il m'a traité comme une toxico qui se foutait bien de sa tronche. Pourtant je lui ai à chaque fois envoyé des mails pour lui dire quand j'étais obligée de voir un autre doc en urgence etc, il faisait le compréhensif et puis boum maintenant que lui aussi doit des comptes à la secu, il me flique et l'empathie du début s'est petit à petit transformée en froideur absolue et aucune envie de me comprendre ou d'entendre mes souffrances psy et physiques.

Aujourd'hui j'ai eu rendez vous pour renouveler l'ordonnance, il m'a fait culpabiliser de ne pas baisser les doses assez vite (ça ne fait que 6 mois et j'ai des douleurs intenses..), il m'a dit que je n'avais pas le droit d'annuler des rdv même en cas d'urgence avec mes enfants (ce qui est arrivé une fois, ma fille s'était ouvert le front.) qu'il s'en fichait, que je devais faire passer ce contrat avant tout le reste, que c'était une priorité absolue. Je croyais avoir trouvé mon salut, finalement je suis effondrée, je n'ai plus confiance en lui (j'avais déjà bien du mal avec les soignants à force alors là c'est pire maintenant) et je me sens nulle, bonne à rien et j'ai l'impression que je ne suis qu'une addicte menteuse et arnaqueuse aux yeux des médecins ça me brise et je suis terriblement angoissée à l'idée des prochains rdvs avec lui a venir..

J'ai donc contacté le csapa de ma ville, j'ai eu une dame adorable au téléphone qui m'a dit de rappeler début septembre pour l'ouverture des nouveaux créneaux de rdv et qu'elle pourra m'en donner un à ce moment là. Donc lundi j'appelle et je prie pour que ce soit courant septembre, car j'ai hâte d'être comprise et accompagnée, plutôt que jugée et stigmatisée..
Du coup, ce très très long message (vraiment désolée ?) pour vous demander comment s'est passé votre premier entretien en Csapa ? Les délais varient entre chaque centre mais généralement votre suivi est régulier ou très espacé ? Et le rendez-vous avec le médecin addictologue se passe quand généralement ? Je vous remercie infiniment de m'avoir lue, déjà si vous êtes arrivés jusqu'ici, et de toute réponse que vous pourriez m'apporter, j'ai besoin de soutien je vous le cache pas je me sens terriblement démunie..
Merci d'avance ♥️

Dernière modification par meumeuh (Aujourd'hui à  03:38)

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Témoignage touchant, bien rédigé, bravo et bienvenue ici !/L'Apoticaire

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cependant
Modo bougeotte
champi vert45champijaune0cxhampi rouge0
Inscrit le 25 Mar 2018
4423 messages
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Salut,

Déjà du soutien pour avoir du faire face à la stigmatisation contre les personnes qui utilisent des drogues

Même si dans ton cas, on ne parle pas véritablement de "stupéfiants" (même si aujourd'hui, tramadol et codeit sont passées en ordo sécurisé stupéfiants), les problématiques liés au jugement sur l'utilisation des opiacés sont là

Beaucoup de médecins n'enetend pas que ce sont de produits capables d'être utilisé pour plusieurs bénéfices à la fois : de la douleur à la gestion de l'angoisse, en passant par la gestion de l'énergie etc.

Pour eux, dès qu'on sort d'une utilisation comme ils la conçoivent (sans pour autant connaitre vraiment les produits, voire parfois en totale méconnaissance de cause, éblouis aussi parfois par les fausses communications des labos –il suffit de penser à l'oxy aux US, où le labo niait au début même une possible dépendance physique, poussait pour des prescriptions à tout vas, pour laisser d'un jour à l'autre les gens dans la merde, quand ils ont décidé de resserrer la vis !!).

Dans ton cas, si tu as encore des douleurs sous-jacentes, je me demande si une consultation en centre anti douleur ne serait pas pertinente.

Pour moi, il est complètement illusoire et contre-productif d'obliger les gens à diminuer, voire à se sevrer, si les raisons pour lesquelles les personnes ont commencé sont encore là ! À mes yeux, c'est un vrai mépris à la fois des ressentis des personnes et des stratégies trouvés en dehors des réponses médicales (mal adaptées...du coup, il faudrait qu'ils l'dmenttent et ce n'est pas facile).

Pour revenir à ta demande, un suivi au csapa peut effectivement apporter des outils pour gérer la dépendance sans se retrouver à courir derrière les médecins. Mais dans mon expérience, tout change selon les équipes !! Il y en a qui sont encore très protocolaires, voire moralistes, et d'autres capables d'être humaines, ne pas infantiliser et reconnaître les besoins.

En général, en effet, il faut attendre un peu pour un premier rdv d'accueil. Dans ce cas, on ne parle pas à un médecin, mais on fait le point avec une as/psy/infirmière (ça dépend des structures). Ce premier rdv devrait servir à faire le point sur tes besoins et après être discuté en équipe on peut te proposer un rdv avec un addicto par exemple...moi ça m'est arrivé une fois que de façon exceptionnelle on me propose direct de voir un médecin...

Mais en général ça prend du temps !

Bon courage

fugu kuwanu hito niwa iwaji

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