

Je reprends ce que j'ai écrit dans ma présentation ... car impression d'être seule au monde a être dans mon cas
Du coup j'ai honte notamment par rapport à vous tous sur le site et globalement par rapport à tout le monde
Donc
Pseudo Sixtine.
42 ans.
Diplôme d'ingénieur telecom
Diplome marketing HEC
Job high level flirtant avec les sommets d'une très grosse boite.
4 enfants merveilleux (rien que ça)
Un mari qui est toujours la (oui ça existe)
Et... tout le reste. L'appartement sublime, les 42 paires de Louboutin, le dernier hit-bag, ok j'arrête.
Ah! J'ai oublié de dire, pour bien enfoncer le couteau dans la plaie de n'avoir aucun petit souci qui pourrait justifier que je suis une merde, je suis très jolie. Enfin j'étais très jolie maintenant j'ai 42 ans donc on s'en fout je suis vieille donc ça se voit plus, mais j'ai fait des photos et une pub.
J'espère que vous ne prenez pas cette description comme quelque chose pour me vanter ou vous expliquer que je suis fantastique
Car c'est tout le contraire !!!! je vais vous expliquer que je suis une merde, car j'ai tout pour être heureuse et que ......
.... je suis droguee (coke) jusqu'à la moelle épinière
Et Alcoolique jusqu'à mes ongles rouge-noir de Chanel
Je n'ose vous donner mes quantités quotidiennes tellement j'ai honte. En deux mots : énorme quantité de chaque produit chaque jour.
Enfin vu ma dernière question il faudra peut-être que je vous le dise ...
3 cures de désintoxication dans les poches
Jusqu'à 34 médocs différents à prendre chaque jour (dont l'épisode 22 baclofene)
Et... toujours pareil
Je me sens seul
Et j'ai honte car pas de drame pour me justifier
Jai de la volonté, sinon je n'aurais jamais été première de mes promos et je n'arriverais jamais à tenir un job comme le mien…
Alors ce n'est pas un manque de volonté.
Alors c'est quoi ?
Et pour parler de la RDR j'aimerais savoir si cette consommation quotidienne et très élevée risque de me tuer - et tant qu'à faire si oui, dans combien de temps ?
Jamais osé parler sur un forum .......
1) Violence symbolique
Puisqu'elle a réussi socialement, elle croit qu'elle devrait logiquement pouvoir "réussir" à contrôler sa consommation. Comme elle n'y arrive pas, elle ne remet pas en cause le dogme de la volonté (qui est faux dans le cadre de l’addiction), mais elle se remet en cause elle-même. Le système de valeurs qui l'a hissée au sommet se retourne ici contre elle pour l'écraser.
Tout ce que constitue la réussite sociale de Sixtine (diplômes, argent, beauté) se transforme en symbole de torture mentale. Son statut social vient alors se placer comme facteur aggravant de son mal-être ; elle qui a tout réussi et qui a associé l’addiction avec le malheur, les traumatismes et la précarité, ne comprend pas pourquoi sa volonté seule ne suffit pas à contrôler sa consommation.
Elle incarne l'adhésion aux normes du champ dominant : performance, maîtrise de soi, excellence...
Ce que Sixtine fait au travers de son texte, légitimer qu'elle "est une merde" parce qu'elle a réussi dans la société mais se drogue quand même, c'est ce que l'on appelle la violence symbolique. Elle a accepté le discours dominant ("les drogues c'est pas bien et si tu en prends tu es une merde") et se l'applique à elle-même.
Et même plus que se l'appliquer à elle-même, elle transforme une contradiction structurelle ("tu ne peux pas réussir ta vie si tu te drogues") en faute personnelle. C'est cela même qui vient caractériser la violence symbolique dans son texte.
Le principe de volonté qui a régi tous ses concours, entretiens professionnels et globalement sa réussite personnelle échoue dans le cadre de sa dépendance. Cependant, elle ne remet pas en cause le principe mais elle se disqualifie elle-même.
Il serait excessif d'affirmer qu'il s'agit d'un cas de violence symbolique "textbook", un cas "pur". Mais cela dit son discours illustre clairement :
L'intériorisation des normes dominantes (de performance, de maîtrise de soi, de volonté)
La rationalisation de l'idéologie méritocratique ("quand on veut, on peut")
Concrètement, la société loue sa performance sociale, mais condamne ce qui lui permet d'y arriver et de le maintenir. Ce texte montre comment une personne socialement dominante peut être dominée par les mêmes catégories qui ont produit sa réussite.
2) La dichotomie façade versus vie privée
Ici, Sixtine nous parle de son sentiment de solitude, notamment parce qu'elle a l'impression qu'il n'y a personne d'autre dans son cas. Et c'est ici une des conséquence de la stigmatisation des personnes utilisatrices de drogues. Lorsqu'on est stigmatisés, ou que l'on anticipe la stigmatisation, alors l'un des premier reflexes c'est de se cacher pour éviter la stigmatisation.
C'est ce que l'équipe de psychoactif a appelé la "stigmatisation sociale anticipée".
Donc ce que Sixtine ne sait pas, c'est que des gens comme elle, il y en a partout. Des PUD qui ont des jobs "flirtant avec les sommets", ça existe. Sauf qu'ils sont aussi obligés de se cacher, comme elle le fait, et le coming-out est tout aussi difficile que pour n'importe qui d'autre.
Lorsqu'on est obligés de se cacher, on peut ressentir un sentiment d'imposture ; comme si on mentait sur la personne que nous sommes. Ce sentiment de mentir peut croître et donner lieu à toute l'auto-stigmatisation palpable de ce texte.
3) Etouffement du témoignage ("testimonial smothering")
Le concept de l'étouffement du témoignage est ici central. C'est une forme d'injustice où le locuteur se tait ou s'autocensure car il anticipe que son auditoire ne le croira pas ou le jugera mal - ici, Sixtine a réussi sa vie sociale, elle ne se trouve donc pas légitime à raconter ses souffrances parce qu'elles rentrent en contradiction directe avec ses croyances, et celles de la société.
Sixtine dit : "Jamais osé parler sur un forum", "J'ai honte notamment par rapport à vous tous". Elle s'auto-baillonne parce qu'elle pense que son témoignage n'est pas "recevable". En fait il y a une sorte d'absence de narratif qui est accepté : La société accepte le récit du "drogué malheureux" ou de "l'alcoolique traumatisé". Elle n'a pas de récit pré-approuvé pour la "mère de famille parfaite qui sort d'HEC et est cocaïnomane".
Elle anticipe le rejet ("vous allez croire que je me vante", "je n'ai pas de drame pour me justifier"). Elle pratique donc une auto-censure préventive. Elle a failli ne jamais poster ce message car elle pense occuper une place indue dans l'espace de la souffrance.
4) Mythe de la volonté
Sixtine parle de la volonté, elle nous dit qu'elle en a énormément ! Eh bien oui, sinon, elle n'aurait jamais majoré sa promo et obtenu le travail qu'elle a. Mais malgré sa volonté de fer, elle n'arrive pas à contrôler sa consommation comme elle l'entend, et remet donc cela en question
"Alors ce n'est pas un manque de volonté. Alors c'est quoi ?"
Son récit semble indiquer qu’elle interprète son expérience principalement à travers le prisme de la volonté. C'est aussi une question de contexte, et tant que ce dernier reste le même (4 enfants à gérer, une vie socio-professionnelle visiblement étoffée, les heures de travail etc...) probablement peu de changement est à prévoir. En fait, Sixtine utilise le mauvais outil pour essayer de contrôler son addiction; ce n'est pas la volonté seule ici qui lui permettra de retrouver du pouvoir d'agir dans sa dépendance.
Malheureusement, le processus de stigmatisation des personnes usagères de drogues rend la vision dans sa globalité difficile, et, dépassée par ces sentiments forts d'auto-stigmatisation, Sixtine est empêchée de voir que ce n'est pas le produit en lui-même qui est la cause de sa dépendance, mais plutôt son utilisation.
Il est possible que sa consommation remplisse une fonction de carburant de sa réussite sociale (utiliser la coke pour maintenir ses fonctions (professionnelles, de mère de 4 enfants...)).
Sa volonté est donc intacte, mais elle est entièrement mobilisée pour maintenir le masque social ce qui épuise psychologiquement et rend l'arrêt impossible sans l'effondrement de cette structure. Je pense que Sixtine ne se bat pas contre le produit à proprement parler, mais elle se bat contre la nécessité de tenir le coup.
Et tant que cette fonction n'est pas comprise et acceptée, il semble compliqué de pouvoir agir dessus. C'est en cela qu'il me semble important d'essayer de comprendre les fonctions que peuvent remplir les drogues.
5) La boucle
Pour conclure, il ne faut pas voir ce récit comme une ligne droite mais plutôt comme un "cercle vicieux" qui suit :
-L'injonction : la pression sociale exige la perfection.
-L'outil ; cette consommation sert à tenir cette perfection (c'est la fonction de la coke pour elle)
-La façade : la réussite est maintenue, mais au prix d'une "vie secrète".
-La honte : le décalage créé un sentiment d'imposture et de honte intense - c'est le processus d'auto-stigmatisation.
-Le silence (via la stigmatisation sociale anticipée) : la honte l'empêche de demander de l'aide (montré ici par l'étouffement du témoignage).
-L'isolement : seule face à sa douleur, sa consommation devient le seul refuge. Et la boucle est bouclée.
Ce que Sixtine est venue faire ici, témoigner de son vécu, est probablement la première étape pour essayer de retrouver du pouvoir d'agir. Confronter son vécu et le faire valider par d'autres membres qui connaissent ce qu'elle vie sur le topic qui sont venus témoigner lui offre une aide précieuse que jusqu'alors elle n'avait trouvé nulle part ailleurs. C'est d'ailleurs en ce sens que les forums d'auto-support sont précieux ; parce qu'ils permettent, entre autres, de désinvisibiliser des contextes complexes qui peuvent sembler uniques.
Sixtine n'est pas seule.
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Hey les Psychos
Ca m'enjaille de lire ça ici ! On parle de plus en plus de Symbolique sur PsychoActif, et on ose se lancer dans des interprétations. Bravo ! Quelle heureuse synchronicité
Symbolisons ensemble notre condition de Personne qui Utilisent des Drogues !
:
Je vous prépare un texte, mais ça va encore être un gros-texte un peu grotesque 
PsychoActivement
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Hey les Psychos !
En fait, je vais essayer de renoncer à mon gros-texte, et de vous fractionner ça pour rester plus possible dans le rythme de la discussion. Mais je ne vous promets rien, parce que bon, enfin, vous commencez à me connaître, je crois 
Pour moi, il ne faut pas confondre :
- Clinique = pratique du lien social qui produit des effets = ce qu'on fait. C'est un savoir expérientiel. Quelque chose de Réel.
- Interprétation = production théorique à propos des effets du lien social = ce con-pense. Ca n'est pas de la clinique, ce sont des connaissances, des représentations qu'on se fait, des images qu'on se donne, c'est quelque chose d'Imaginaire.
Agartha a écrit
Ce que Sixtine est venue faire ici, témoigner de son vécu, est probablement la première étape pour essayer de retrouver du pouvoir d'agir. Confronter son vécu et le faire valider par d'autres membres qui connaissent ce qu'elle vie sur le topic qui sont venus témoigner lui offre une aide précieuse que jusqu'alors elle n'avait trouvé nulle part ailleurs. C'est d'ailleurs en ce sens que les forums d'auto-support sont précieux ; parce qu'ils permettent, entre autres, de désinvisibiliser des contextes complexes qui peuvent sembler uniques.
Ce que tu dis, ça veut dire que la pratique sociale du forum produit des effets, même quand aucun conseil concret n'est donné. Ca veut dire que les échanges sur le forum produisent des effets psychiques.
Autrement dit, ça veut dire qu'écrire sur PA à des effets cliniques. Au départ je n'y croyais pas du tout. Mais quand l'évidence s'impose, il faut savoir s'y rendre : c'est devenu indubitable pour moi, puisque ma rencontre avec ce forum ça m'a conduit à devenir analyste. Ce qui me place dans une position subjective un peu étrange par rapport à PA. Ca n'en finit pas de me travailler. Si ça me travaille, ça pourrait bien produire quelque chose un jour, et c'est ça que s'essaye de serrer au plus près ces derniers temps. Ce que j'ai envie de faire, c'est de vous parler de comment moi j'attrape le truc, de la façon la plus dynamique possible, c'est-à-dire vraiment pas dynamique, mais un p'tit peu quand même 
J'aimerai bien réussir à vous raconter, comment je fais avec quelqu'un comme Sixtine, qui me dit des choses comme ça, en vrai, pendant les séances, ou dans la vie avec les gens, pour coller le plus possible au Réel.
Je ne sais pas encore comment je vais m'y prendre, ni si je vais y arriver, mais mon rêve, ça serait d'arriver à vous parler de clinique, et qu'à la longue, à force d'en parler, ça finisse par produire quelques effets. Tout homme peut rêver n'est-ce pas ?
Cliniquement, pour que ça fasse un effet, il faut qu'on arrive à arrimer nos interprétations à un Réel, sinon, elles ne serviront à rien. Et c'est ça que j'aimerais vous faire sentir, au fil du temps, c'est comment on fait pour ne pas dire n'importe quoi quand on interprète ? Je laisse la question en suspend pour le moment, en espérant bien que ça va vous travailler un peu quand même...
Ce qui est vraiment bien dans cette nouvelle démarche de PA, c'est qu'on commente un post d'une personne qui n'est pas là. Ca permet de se lâcher un peu : on peut parler en "il" et en "elle", et commettre toutes maladresses du monde, tous les manques de tact possibles et imaginables, et toutes les autres brutalités subjectives qu'on va nécessairement commettre sans les avoir voulus, et comme ça, ça ne fera de mal à personne. Ca, ça va vraiment permettre de se lâcher sur les interprétations. C'est un peu la même chose que je fais avec mon ennemi dialectique : le discours médical.
Le problème, c'est qu'il ne faut pas perdre le Réel en cours de route. Et ça ne peut pas être celui de Sixtine, puisqu'elle n'est pas là. Donc le Réel en question, c'est le Réel de chacun qui parle ici. Il faut donc que nous gardions ça à l'esprit, que quand on interprète à la 3eme personne, on parle toujours un peu de nous, d'une manière ou d'une autre. Individuellement et collectivement.
Et on a le droit hein ! Je dirais même qu'on est là pour ça. C'est juste qu'il ne faut pas l'oublier, sinon, ce qu'on dit ne produit rien, et ça ne fait aucun effet.
En croyant parler de l'Autre, on parle toujours de soi.
Et donc, c'est ça que je veux vous faire sentir pour ce premier post.
A propos du discours de Sixtine, pour l'instant, je me contenterai seulement de dire que là, on a un excellent exemple de déchéance subjective et de ses effets
Avec des marqueurs excréments nets de notre aliénation aux discours médical et scientifique.
Alors, pour le texte en lui-même, je ne vais pas aller beaucoup plus loin pour cette fois-ci. Je voudrai d'abord vous lancer un truc comme ça, un pavé dans la marre, un truc qui vient du discours de Sixtine, pour mettre un peu l'ambiance, et j'espère, stimuler un peu la discussion.
J'ai parlé de "déchéance subjective", et ce sont des mots importants. Pour plein de raison. Entre autres, parce que ça fait pro, parce que c'est du langage de psy.
Prendre ce langage, s'en emparer comme d'une place forte, oser employer ce genre de mots, c'est une conquête symbolique, c'est une bataille qu'il nous faut mener. Comme pour le mot clinique.
Ce sont des mots puissants, qui permettent de parler avec les puissants ! Et de se faire entendre !
N'ayons pas peur de leurs mots, employez, re-approprions-les nous !
Si nous leur laissons le langage, on est foutu ! Servons-nous-en !
Si il y a une chose que j'ai retenue de mon analyse, c'est que la parole, ça ne se donne pas, ça se prend !
J'aurai bien l'occasion de revenir plus tard sur cette expression de "déchéance subjective", et sur tout ce qu'on peut dire avec ces mots. Le truc que je voulais vous dire pour mettre l'ambiance, pour poser un peu quelque chose, et qui tranche nettement avec ce que je viens d'annoncer, tout en restant absolument cohérent, c'est qu'il ne faut pas parler que de ça.
La déchéance, hein, c'est en rapport avec le déchet.
Et il faut oser parler de ce dont il est question mes amis. Aussi effrayant que ça puisse nous à-part-être.
Il faut aussi parler de merde.
Il est de toute première instance que nous, les PUD, nous a-prenions à parler de merde.
Je vous dis ça solennellement, haha 
Ca, c'est vraiment super important pour nous, c'est Pesteux qui vous le dit, et Pesteux, en matière de merde, il s'y connaît.
Je suis un chercheur de merde de première, depuis toujours.
Voilà, c'est lâché !
Même si c'est très emmerdant.
C'est très emmerdant, parce que la plupart du temps, je ne m'en rends absolument pas compte.
Mais vraiment pas, je vous le jure : j'ai très longtemps ignoré que je cherchais la merde. J'étais tout-à-fait, comme on dit, de bonne foie 
Seulement voilà, on ne me croyait pas...
Personne n'y croyait, parce que tout le monde le voyait bien, que je cherchais la merde...
Tout le monde, sauf moi haha
C'est un peu comme un 6e sens, le cherchage de merde...
Quand tu es dedans, tu ne le vois pas. Et quand tu t'en rends compte, c'est souvent trop tard...
Donc, j'ai fini par me sentir un peu Pesteux, m'voyez ?
Mais n'essayez-pas de vous défiler bande de petits chenapans !
Je sais bien que je ne suis pas tout seul dans la merde.
Si il y a une chose qui se lit sur PsychoActif, si il y a une chose de vraiment frappante, de façon massive et incontestable, c'est que la merde est notre signifiant maître.
Collectivement.
Comme je vous disais, c'est plutôt emmerdant comme signifiant maître, c'est plutôt emmerdant de parler de ça.
L'équipe vient de nous faire un texte super pro, et voilà que je viens foutre la merde là au milieu.
Déchéance subjective, forcément, ça fait mieux.
Mais intuitivement, comme ça, j'ai envie de vous dire qu'on ferait mieux de ne pas se cacher derrière notre petit doigt.
J'ai déjà essayé, et heuu... comment vous dire... j'ai eu des problèmes. Des gros
On ne veut pas seulement s'adresser aux puissants, on veut aussi s'émanciper nous, juste nous, chacun, individuellement, dans notre rapport aux drogues, dans notre rapport aux autres, dans notre rapport au monde !
On n'a pas seulement un rôle social à jouer sur PA, c'est pas juste pour de rire, c'est pas juste du blabla : pour beaucoup d'entre nous, il y a quelque chose qui se joue ici, un enjeu tout ce qu'il y a de plus Réel !
Il y a des trucs importants pour nous, juste pour nous. La preuve, c'est qu'on peut être affecté par ce qui se passe, par ce qui se dit. Le Réel qui nous est propre est mis en jeu à chaque fois qu'on écrit, et très souvent quand on lit !
Et sans conteste, la merde fait partie des choses qui nous affectent. Sur PA, on peut très facilement s'engueuler à propos de merde.
Si on part de là, on sait qu'on ne part pas d'un truc au hasard : il y a quand même bien un "je ne sais quoi" de Réel, aussi gênant que ça puisse être, qui fait que c'est un signifiant qui revient tout le temps, et qui nous colle au derrière. Ce qui est plutôt logique, si on ne cherche pas trop à con-prendre.
C'est pour ça que, si je me mets en position d'analyste par rapport au forum, si j'essaye d'arrêter de parler tout le temps comme un analysant, et que je tente, quand même, de laisser un peu de place aux Autres, eh bien je crois bien qu'il faut que je vous lance sur ça : sur la merde.
Parce bon, je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve ça bizarre que ce signifiant revienne tout le temps, qu'il se répète comme ça en permanence, sans qu'on le fasse exprès. On dirait qu'on ne connaît que cette métaphore-là, et qu'elle est tout à fait centrale pour nous.
Un peu comme une malédiction...
Un peu comme un mauvais sort...
Vous ne trouvez pas ?
Sixtine: J'ai oublié de dire, pour bien enfoncer le couteau dans la plaie de n'avoir aucun petit souci qui pourrait justifier que je suis une merde, je suis très jolie. 
PsychoActivement.
Dernière modification par Pesteux (Hier à 06:11)
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Dernière modification par miawallace222 (Hier à 19:42)
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Dernière modification par Mynight (Hier à 19:38)
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miawallace222 a écrit
Je n’ai pas le solution et je ne sais pas pourquoi il lui est impossible de contrôler un tout petit peu cette conso
Je suis soulagée de lire que tu es consciente que tu n'as pas "La Solution". Qui l'a à part elle?
Je comprends vraiment ce cri du cœur, et je pourrais faire tellement de parallèles avec ce que j'ai déjà vécu, de nombreuses fois...
miawallace222 a écrit
J’ai tellement aidé en écoutant accompagnant la poussant vers les psy etc l’empêchant de mourir de dénutrition etc et in fine moi j’étais épuisée et elle ben ça n’a rien changé.
C'est normal. En voulant aider une personne qu'on aime avec un tel niveau d'implication, bah on finit par nourrir son symptôme. Ce qui mène, quasi systématiquement, à des conflits..
miawallace222 a écrit
C’est terrible car comme disait psychodi c’est un peu du narcissisme tout tourne autour delle et elle ne cesse de répéter je ne peux pas me plaindre j’ai tout ce dont les autres rêves.
Le narcissisme est un mécanisme de survie. Heureusement qu'il est là! Je pense qu'elle ne peut pas raisonner autrement sans, complètement, s'effondrer psychologiquement. Les croyances c'est pas ouf, mais elles n'existent pas pour rien non plus. Au vu de la situation que tu décris, il y'a clairement, un haut niveau de mal être, la prudence est de mise....ça fait peur et je trouve cela parfaitement légitime de se mettre à l'abri.
La rupture du lien avec cette personne ne l'emmènera pas au cimetière, rassure toi, vraiment. Cette distance peut être aidante pour elle. Par ailleurs, quoiqu'il arrive tu es là, tout comme tu l'as toujours été. Juste différemment :).
Pi à force de vouloir sauver l'Autre bah on finit par passer à côté de Soi. C'est, selon moi, une façon de lutter avec la personne mais aussi contre soi.
Et franchement, je trouve qu'on a déjà beaucoup de combats perso qui sont prioritaires.
Depuis que j'ai compris ça, je ne suis plus dans l'accompagnement, je suis dans la relation.
Et si ça ne va que dans un sens *et on veut toujours PLUS de sens* et que ça fait forcément sens pour toi, et ce, même si ça ne va pas dans ton sens, ça expliquerait, peut être, pourquoi il n'y en a plus vraiment, de sens, dans cette relation
. Tout est phase, ne l'oublie pas.
Allez, vire moi cette culpabilité et continue à avancer !
Plein de bonnes ondes ♡
Dernière modification par Myozotis (Hier à 20:47)
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Salut les Psychos 
Bon alors, qu'est-ce qu'il reste de la merde que j'ai semée ? Voyons voir...
Mais ?! J'y suis arrivé ! Ca a quand même produit quelques effets ! Yess !!
J'avais un peu peur que ça fasse plouf plouf...
Bon, eh ben je me dis que j'ai réussi mon coup une fois de plus, que j'ai encore semé la merde, que j'ai en corps récolté des trucs qui pestent ! Ahhh, qu'est-ce que ça soulage, je me sens plus léger
Déjà, quelqu'un ma donné un champi (miam) qui parle de "Rire incontrôlé".
Et il y a aussi miawallace222 qui dit "J'ai pas mal ri en lisant"
Ca fait plaisir tout ça, et ma première remarque, c'est d'attirer votre attention sur le fait qu'aucun de ses compliments n'ose directement dire le mot, comme si on avait peur de se salir les doigts
Il n'y a que Psychodi qui s'y risque, en reprenant mon con-tournement pour saluer mon message "excrément bien tourné"... autour du pot
Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça ? Hein ? Eh ben c'est la merde !
Je parle de tourner autour du pot, parce que je trouve ça louche. C'est pas un peu bizarre ça ? Qu'on n'ose pas dire merde ? Qu'on le dise seulement quand on est en colère ou quand ça nous échappe ? Et puis qu'on s'excuse après ? Pourquoi on retient sa merde comme ça, jusqu'à ce qu'on puisse plus ?
La merde, ça fait rire ! C'est une première chose très intéressante et positive qu'on peut dire sur la merde ! Ca me parle : je ne suis pas le seul
Merci beaucoup pour vos réponses 
Et c'est très intéressant d'un point de vue clinique, parce que ça montre déjà très clairement, là, maintenant, devant tout le monde, que parler de merde, ça peut avoir un effet psychique !
Pourtant, on ne parle pas d'une vraie merde : visiblement, mon post n'a pas fait chier miawallace222. Elle n'avait pas l'odeur ni l'image ni le soulagement ni le reste.
Mais rien que le mot "merde", rien que la merde symbolique, rien que de le lire, si il est mis au bon endroit dans une phrase, eh ben ça fait un effet sur le corps, puisque ça fait rire.
Un effet tout ce qu'il y a de plus Réel, puisqu'il implique le corps ! Dans le rire, c'est tout le corps qui est en jeu.
Donc déjà, on peut dire que la parole à un effet sur le corps, qu'on ne dit pas des mots en l'air, comme ça, qui n'ont pas d'effets. Certains signifiants ont de l'effet sur nous, plus que d'autres, et on ne sait pas bien pourquoi.
Puisqu'on parle symbolique, et pour-fendre le discours médical, ça me parait très utile de le rappeler pour ceux qui en douteraient encore, et je sais qu'il y en a : le symbolique, ce n'est pas rien, ça fait de l'effet !
C'est pour ça que le travail proposé par l'équipe de PA est si important !
Alors, ensuite, on peut toujours se demander pourquoi ? Comment ça se fait qu'on est si nombreux, depuis toujours, à rire de la merde ? Moi je sèche sur cette question. Quelqu'un a une idée ?
J'ai également relevé que, sans trop y re-fléchir, Mynight a parlé de "grosse merde sans volonté" !
Ahhhh ! Ca aussi c'est très intéressant, j'y avais encore jamais pensé, et pourtant, on l'entend souvent : une merde, ça n'a pas de volonté. Bravo à toi aussi pour cette jolie contribution à notre travail de merde !
Et toi, tu dis le mot ! Mais c'est parce que c'est sortit tout seul, quand tu parlais de toi, d'une époque difficile de ta vie... Quand on est affecté par ce qu'on dit, quand on parle sans re-fléchir, certains mots sortent tous seuls... les mots qui sont importants... Et ça, c'est intéressant de le faire remarquer...
Et aussi, c'est très intéressant que tu fasses un lien avec la volonté, puisque la volonté, c'est un autre signifiant maître chez les PUD. Nous n'avons pas de volonté, c'est bien connu. On l'entend tout le temps.
Donc, ce que tu dis, ça montre que la merde symbolique à une consistance logique.
Ne nous hasardons pas à élaborer ce lien plus profondément pour le moment, mais on peut déjà dire qu'il existe un lien logique entre la merde et la volonté, et ça, c'est une avancée dialectique importante qui m'avait échappé jusqu'ici. Maintenant que tu le dis, c'était pourtant évident : ça me parle !
Ca donne raison à l'éternel chercheur de merde que je suis : c'est vrai que si on ne pousse pas un peu, il ne se passe rien. Peut-être que ça vient de là ? Ca se pourrait bien, quand même, que la logique de la merde, ça soit une logique du corps. Vous en pensez quoi ?
L'important dans le symbolique, l'important dans ce que je viens d'essayer de vous montrer avec mes posts à la con, c'est que pour parler du symbolique, il n'y a pas besoin de savoir d'avance qu'il y a un lien logique entre merde et volonté, il n'y a pas besoin de l'avoir lu dans un livre ou de l'avoir appris à l'université. Il n'y même pas besoin d'avoir lu Pesteux.
Il suffit de prendre au sérieux ce qu'une personne dit pour entendre les liens logiques qu'elle établit entre les signifiants.
Et là, en quelques posts, en à peine quelques mots, on a déjà montré que :
- la merde symbolique agit directement sur le corps
- la merde symbolique à une consistance logique
Ce qui permet déjà de faire sentir que la logique du signifiant prend sa source directement dans le corps, et qu'elle peut agir directement sur le corps !
On vient de le montrer ! Ce qui est important, c'est qu'on n'a rien dé-montré : on a symbolisé !
C'est le discours médical qui cherche toujours à tout dé-montrer. C'est-à-dire à re-couvrir : à masquer, pour oser le mot. Mais il ne le fait pas exprès : c'est Un-con-chiant.
Avec une majuscule au "Un", pour faire références à mon gros-texte très long et pas de-rôle du tout qui est ici (cliquez ! mais je vous aurai prévenu^^) A lire en gardant à l'esprit que l'Un-con-chiant est toujours du côté de l'Un, de l'Unité : il est toujours d'accord, il n'entend pas la dit-sonnance. Si vous avez de la chance, vous serez peut-être saisis par quelque chose...
C'est ma façon d'appuyer, à ma manière, la démarche de l'équipe
.
Et ça tranche avec le discours médical, qui pense que les mots, ça ne sert à rien, à part à con-prendre et expliquer aux Autres ce qu'il faut faire pour les con-duire au con-troll. Il ne pense pas que les mots ça a un effet direct sur le corps, comme ça, juste de les dire ou de les entendre. Il ne pense qu'à faire des trucs pour soigner, mais par contre, parler, juste parler, sans trop chercher à con-prendre, ça ne lui semble pas un truc qui peut faire qu'on va mieux. Il n'y croix pas.
Le discours médical pense que ce qui compte, c'est l'intention. D'ailleurs, comme tout mâle con-prenant, il en parle tout le temps : c'est un de ses signifiants maître. Un signifiant maître, c'est comme une signature. C'est la signature du sujet masqué par le discours médical qui re-couvre son nom
Je ne lui en veux pas, on a tous Un-con-chiant et chacun s'en démerde comme il peut quand il pleut, mais quand même... J'aimerai bien qu'il trouve une autre con-tentation, et qu'il s'en tienne à ce qu'il con-soit : soigner l'organisme.
On a pas du tout besoin qu'il soit d'accord avec nous ni de le con-vaincre, on veux juste faire nos trucs sans con-frontation directe. J'ai envie de lui dire "pourquoi tu nous fous pas la paix ?" Parce que voyez-vous messieurs dames, pour le mâle con-prenant, la paix, c'est quelque chose qui peut se foutre.
D'ailleurs, c'est pas un peu bizarre que "la paix", qui évoque plutôt le calme, la sérénité, le soulagement, la complétude, etc, c'est pas un peut étrange que la paix, ça soit quelque chose qui peut se foutre ? C'est pas un peu dur "foutre", comme mot pour parler de "paix" ? C'est pas un peu raide ? Mais bon, ne glissons pas trop sur la consistance logique et corps-pour-elle du foutre, restons dans la merde.
Il y a une contradiction fondamentale dans le discours médical : il croix comme les corps-beaux, il croix qu'il n'y a rien à entendre quand les PUD parlent, mais par contre, si on ne fait pas comme il nous dit, ohlala, nous, qu'est-ce qu'on entend pas !!!
Et c'est ça le problème, le discours médical nous endort, il nous anesthésie avec sa métaphore de l'organisme : on con-prend ce qu'il dit, alors du coup, on ne l'entend pas !
Et c'est justement pour ça, parce con-prend ce qu'il nous dit sans rien n'y entendre, sans jamais l'analyser, qu'il a en-prise sur nous, et qu'il produit des effets psychiques contrat-dictoires quand il veut notre bien.
Contrat-dictoire, c'est pour vous bien faire bien entendre l'effet contrat-dictateur du discours médical sur le plan psychique, c'est-à-dire ses effets paradoxaux. Et pour enfoncer le clou, j'en profite pour vous faire remarquer que d'habitude, ce sont les voleurs qui veulent notre bien
Ce que j'essaye de montrer, aussi, avec mon style à la con, c'est que la psychanalyse, c'est rigolo, c'est pas un truc où il faut dire des choses qui ont l'air intelligentes. C'est pas un truc d'universitaire, c'est pas un truc chiantifique !! C'est un truc vivant, humain, et je trouve que ça ne se voit pas toujours beaucoup quand j'écris. Alors bon, j'essaye d'y remédier, je tâtonne...
Si d'autres personnes ont des idées pour continuer à dé-couvrir ensemble la consistance logique de la merde, n'hésitez pas. Ne cherchez pas trop à comprendre ou à dire un truc intelligent, lachez un truc comme ça, en l'air, comme ça vous vient à l'esprit, et ça sera très bien : c'est en parlant sans fléchir ni re-fléchir que l'inconscient se donne à entendre...
Dans un prochain post, j'essaierai de dire quelque chose sur la "demande explicite" et la "demande latente" à partir du texte de Sixtine, ça pourrait bien vous être utile quand vous analysez un texte ou quand vous répondez à quelqu'un.
PsychoActivement.
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Dernière modification par Pesteux (Aujourd'hui à 20:18)
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