Dernière modification par Crokococo (Aujourd'hui à 06:36)
Hors ligne

Hors ligne
Hors ligne

Hors ligne

Crokococo a écrit
Bon, pleine de bonne volontée et voyant mon entourage super inquiet, je me suis dit, ok je vais trouver un addicto qui m'a mis sous subutex, ça a été un fiasco honnêtement, j'étais angoissée tout le temps. J'ai tenu le traitement quelques semaines puis repris la came, re arreté la came repris de la buprénorphine et partie de ping pong entre substitution et consommation pendant 3 mois
Pas le temps de lire toute la discussion, mais j'ai quotté l'essentiel. Le Subutex ne fonctionne qu'avec certaines personnes. Alors que je demandais de la méthadone, on m'a mis sous Subutex et les angoisses sont vite apparues, comme pour toi. Je me suis alors rabattu sur des I.V. de cc dont une a failli me tuer.
Alors seulement, j'ai eu le droit à la méthadone avec le Csapa le plus chouette de France en 2002 : "La Clinique de la Liberté". Mais il existe une règle quasi en or : la méthadone sauve de nombreux cas désespérés mais quand tu commences, il n'est pas question d'arrêter un jour sous peine de quitter la vie dans les 5 ans qui viennent.
La méthadone, ça se commence mais ça ne se sèvre pas (ou alors tu es un prophète, un demi dieu des agnostiques, un masochiste no avoué, enfin un être très à part) ou alors très lentement pour le sevrage physique qui peut se faire, mais sans tenir compte du retour de bâton qu'est le PAWS (cherche sur le PsycoWiki) qui te mène vers une longue et puissante dépression qu pousse, soit à re-consommer, soit à boire comme un trou, soit à te mettre au bout d'une corde. Je crois qu'à 5 ans, peu restent encore vivants sauf ceux qui ont trouvé l'amour fou (très littéraire) mais les histoires d'amour se terminent mal en général. Te voilà au parfum d'une partie de ce que j'ai vécu. Depuis 25 ans, j'ai trouvé mon dosage de "confort" qui est pour moi et dans les statistiques suisses de 100 mg par jour que je prends le matin vers 5 heures avant de me rendormir et me réveiller une fois la méthadone montée vers 7 heures avec un big smile !!!
Il y a pas mal de jeunes qui se révoltent contre les E.S incontournables qui sont des suées qui diminuent avec les décennies et une constipation qui se règle avec des tisanes laxatives. Et puis, tu prends le risque de cet E.S. si spécial qui est l'andropause précoce aux opiacés. Pour moi, ce fut un cadeau de ne plus penser à ma bite du matin au soir, une libération tant souhaitée, mais pour beaucoup, ne plus avoir envie de faire l'amour avec une femme, un homme, un(e) trans est une atteinte à leur libido insupportable alors que pour moi, je n'attendais que cela. D'autres développent une perte de tout désir (dur dur dur).
Voilà, en speed, ce que j'ai vécu et vit encore (72ans).
Courage, la vie vaut la peine d'être vécue. il y a tant de surprise. Ma dernière fin juillet est le scanner thoracique ordonné par mon généraliste que je vois tous les 28 jours pour renouveler l'ordonnance de stupéfiants qu'est celle de la méthadone. Quatre RDV dans lesquels je lui ai dit que je me sentais fatigué malgré un sevrage réussi de 50 ans de cannabis l'ont poussé a me demander de faire un scanner thoracique. Bingo =cancer pris à temps du poumon droit. Tumeur de 7cm sur 3 cm sans métastases et peu agressif. Ouf ! Cela aurait pu être bien pire, genre AVC cérébral et paralysie .... du coup je ne consomme plus que ma méthadone et des space-cakes CBD+THC qui font très bon ménage avec la méthadone et le côté anti cancéreux du CBD et du THC. Fini le speed et la coke hypertenseurs bien connus.
Longue vie heureuse à toi comme écrivait Sénèque.
Amicalement
Phil ou Sky
Hors ligne


Crokococo a écrit
Pleine de bonne volontée je me suis dis que j'allais entreprendre un deuxième sevrage a sec parce que bah, la methadonne c'etait trop compliqué selon mon addicto a cause de mon mode de vie.
Justement, je me disais en te lisant, "Mais il faut qu’elle essaie la Métha!" Je suis moi-même sous TSO Méthadone 140mg/jour depuis 2 ans et demi. En plus de m’avoir débarrassée définitivement, sans rechute, d’une très longue addiction bien corsée au Tramadol, la Méthadone a marqué un tournant dans ma vie: cette molécule est très anxiolytique, et l'effet antidépresseur est très intéressant également.
J’ai vraiment commencé à aller réellement mieux, puis à vraiment avancer, une fois sous Métha.
Je ne vais pas aller te demander pourquoi ton médecin juge ton style de vie désadapté à la Méthadone, ce serait franchement indiscret, mais j'espère que les raisons qu'il invoque sont justes. Et que non, vraiment, la Méthadone, ce n'est pas compatible avec ta vie.
Je vais peut-être poser une question à 2 balles, mais je ne vois pas pour quelle raison tu serais éligible à un TSO par Subutex, mais pas par Métha...
Crokococo a écrit
Puis j'ai repris le taf, j'ai completement laisser tomber le subu, parce que je me sentais bien trop angoissée et fatiguée pour gérer mes shifts....
Tu n’es pas la première à témoigner dans ce sens, d'où ma question plus haut.
Et est-ce que tu es certaine que tu as reçu au moins les doses suffisantes de Subutex?!?
(Je ne pigerai jamais comment on peut laisser quelqu'un dans une souffrance telle que l’angoisse, et le manque. Remarques l'un va pas sans l'autre mdr, enfin bref, tu m’as comprise.
)
Je ne vais pas commencer à épiloguer sur le sujet, mais ça me sidère absolument à chaque fois que je lis une personne un peu laissée livrée à elle-même avec sa souffrance.
Ah, et je rebondis aussi, tant que j’y suis, tu dis que les professionnels qui te suivent trouvent, si j’ai bien compris, que tu es un cas "cas trop complexe"? Après il y a l'abréviation PTSD que je ne comprends pas (j'espère ne pas passer pour l’ignare de première...) J'ai pensé au syndrome post traumatique mais ça ne colle pas avec l'ordre des lettres.
En tous les cas, tu le dis clairement dans ton dernier message, les psys considèrent ton cas "trop complexe".
Alors ça, j’adore.
C’est souvent ce qu'ils sortent quand tu ne rentres pas dans un tableau clinique bien propre.
En gros, tu rentres pas dans les moules préfabriqués de la psychiatrie, tu n’es pas un bon cas bien évident de dépression, de bipolarité type 1, de schizophrénie paranoïde (la plus courante.)
Ils sont à sec d'idées, et comme pas mal de psychiatres, pas tous, mais une partie, crois-en mon expérience, sont très désappointés lorsque tu ne rentres pas dans leurs foutus tableaux cliniques, et que oui, parfois, souvent même, c’est un peu plus compliqué que ça.
J'ai été ballottée pendant plus de 10 ans, de psy en psy, on m’a collé plusieurs diagnostics "hypothétiques" totalement erronés, jusqu'à, finalement, ce que je tombe sur un pro qui a pris deux ans pour bien me connaître, et qui a enfin su faire les bons liens, le diagnostic de trouble de la personnalité borderline est tombé, et là, oui, en écoutant des podcasts et en me renseignant, je me suis tout de suite dit "Mais oui, c’est ça! Enfin!"
Alors oui, je ne cumule pas tous les symptômes (pas de tentatives de suicide, ni de scarifications, entre autres) mais tous les témoignages de personnes borderline m'ont tellement parlé, fait écho en moi!
Bon, tout ça pour dire que je trouve ça vraiment limite de sortir à un(e) patient(e) que son cas est trop complexe, point barre. Tu te rends compte de la violence du truc?!?
Est-ce que dans les professionnels qui te suivent, il y en a un(e) qui te connaît depuis un bon moment?
Crokococo a écrit
Sans parler du fait que je me suis fait confisquer mes clefs de camion, ce qui est chez moi, en fait, et aussi pris mes medocs pour eviter que je rechute ou que je "me bousille le cerveau" en prenant trop ou j'se pas quoi, donc j'ai mes medocs au compte goutte, c'est pas la super aide *soupir*
Bon elle est adorable a coté de ça...
Tu parles de ta maman, pour la confiscation de tes clés?
Si oui, la pauvre, elle a l'air de vouloir bien faire, mais souvent, la famille, les amis (qui ne connaissent pas ou mal le sujet, ni ce qu’il faut et ne faut pas faire),dans ce type de situation, optent pour des mesures de ce style... Qui ne marchent pas, voire sont contre-productives, en pensant sincèrement bien faire.
Je n’ai pas tout bien compris, du coup, pour tes médicaments (Prégabaline etc...) tu dis que tu les as au compte-goutte, donc insuffisamment pour te soulager, vu que tu dis être archi mal, tant physiquement que psychologiquement?
Il faudrait au moins que tu en aies suffisamment pour ne pas vivre le martyr! Le manque, c’est terrible, monstrueux, traumatisant.
J’avais d’autres interrogations mais mon cerveau (compliqué, c’est rien de le dire) s’est emmêlé les pinceaux entre temps, et je ne remets plus le doigt sur ce sur quoi je m'interrogeais...
En tous les cas, on est là pour ça ici, et tu seras soutenue, renseignée, aidée!
J'espère lire vite de tes nouvelles!
Pis, je suis désolée car je ne suis pas d’une grande aide, hein. J’en suis vraiment désolée (bis repetita. Je suis une spécialiste pour me répéter...) Mais t'apporter ma petite contribution et mon soutien est important pour moi, lorsque je t’ai lue, je me suis dit immédiatement qu'il fallait que je réagisse à ton topic.
N'hésites surtout pas, et je crois tous mes doigts de chaque main pour lire que tu te sens mieux très très vite. Biz!
Dernière modification par Mynight (Aujourd'hui à 16:52)
Hors ligne

Hors ligne