TSO et douleur et anesthésie / PsychoACTIF

TSO et douleur et anesthésie

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pierre
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Nous voulons faire un livret sur les TSO  (Traitement de Substitution Opiacé) et la prise en charge de la douleur post anesthésie : suite à une chirurgie ,beaucoup d’usagers et d’usageres sont maltraités et la prise en charge de la douleur est mal faite ou pas adaptée.

Nous allons nous faire aider par un infirmier anesthésiste pour ce projet.

Veuillez témoigner de votre expérience en décrivant votre vécu durant cette période, notamment :
- le TSO de base et le mode d’administration.
- le type d’intervention chirurgicale, programmée ou en urgence.
- un protocole a t’il était mis en place avant l’intervention suite à la consultation d’anesthésie ?
-  évoqué votre ressenti sur les soignants des votre réveil ? Ont il étaient jugeant ? Stigmatisant ?
- comment jugez vous La prise de votre douleur post op des votre réveil
- votre TSO à t’il été un frein à la prise en charge de la douleur ?

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prescripteur 
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Etant anesthesiste je peux aussi donner un coup de main. Amicalement
nb= le probleme aussi est que une bonne prise en charge demande des moyens qui sont  inégalement répartis (PCA, monitoring etc..). Si le médecin, même bien informé, n'a pas de moyen il privilégiera la sécurité, parfois aux dépens de l'efficacité contre la douleur.  Amicalement

Dernière modification par prescripteur (24 octobre 2019 à  18:39)


S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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TheG68 
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Je me suis fais une double fracture tibia péroné il y a de cela 4ans environ, j’étais sous méthadone, on m'a Switch sous skenan directement pendant toute la durée de l'hospitalisation et même après au CSAPA l'addicto m'a laissé sous skenan pendant encore des semaines puis finalement retour a la méthadone malheureusement...

Conclusion. bonne prise en charge de la douleur et du TSO

J'habite en Alsace a la frontière Suisse et Allemande (Région Trois Frontière).

Voila...

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blastfunk 
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Hello,

J'ai du être greffé du foie il y a déjà quelques années. C'est une opération très lourde et il y a un post à ce sujet quelque part ( cirrhose OH ).
J'étais à l'époque sous TSO methadone, 40 mg si j'ai bonne mémoire.

Pré-anesthésie, passage rapide non pas de l'anesthésiste mais d'une autre personne, quelque chose comme son adjoint je suppose, en mode hospitalier. Pas rassuré quant à la compétence de ce bonhomme. Aucune allusion à mon traitement.

L'opération en elle-même s'est bien passée.

Par contre, le réveil et surtout les premiers jours en réanimation n'ont pas été de la même veine.
Pour le dire rapidement, je n'ai jamais eu autant mal de ma vie ; j'en perdai l'esprit et  j'en ai même appellé ma mère, qui etait déjà pourtant décédée. Et quand je dis appeller, ce n'est bien sûr pas au téléphone, mais comme un petit enfant ( et j'ai passé largement la cinquantaine).
La douleur en elle même s'est localisée sur le rachis , où j'ai des fractures (en plus...).

J'ai demandé entre deux cris à voir un anesthésiste ou d'ailleurs qui que ce soit ; la personne a fini par venir, mais n'a rien pu faire pour moi. Je le cite : " vous avez déjà le maximum". Ayant scrupuleusement étudié sur la bête l'effet de quasiment tous les opiacés, j'ai toujours douté de ce "maximum", pour plutôt penser à un " minimum" ; aucune allusion à mon traitement là non plus, et moi j'étais trop dans les choux pour négocier.

Résultat : j'ai souffert comme un chien.
J'avais tout de même un bolus autoadministré, mais c'était très loin d'être suffisant.
Par contre, pas de jugement (ouvertement) sur la metha.
Je pense qu'il est bien possible qu'ils aient à ce moment oublié cette histoire de metha, ce n'était visiblement pas leur principale préoccupation ( et ça peut aussi se comprendre).

Lieu : CHU St Eloi,  Montpellier.

Des années plus tard, le souvenir est encore très présent dans mon esprit ( tu m'étonnes...).
Merci d'avance pour les infos et vos  réflexions sur le sujet.
Tout cela m'intéresse grandement, étant donné que je passe ma vie dans les hôpitaux et que je ne vais sûrement pas tarder à être encore opéré ( plus légèrement, heureusement...).
Parlez bien de tout ces petits soucis avant l'opération, il vaut mieux.
Les médecins de CSAPA ou autres nous rassurent sur les opérations... en vérité je crois qu'ils n'en connaissent pas grand-chose, surtout pour une aussi grosse intervention  ( 8h30).

Sinon maintenant ça va mieux , merci.
Comme un greffé, mais c'est une autre histoire.

Cordialement.
Blast.

Dernière modification par blastfunk (25 octobre 2019 à  13:13)

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Stelli 
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Ayant déjà écrit 2 post/commentaire à ce sujet est-il utile que je réitère ici?

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ismael77 
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Bonjour,
Il y a un mois se déroulaient les rencontres internationales de l'addictologie, les  14èmes à Biarritz.
Un salon pour vendre des traitements, au casino Bellevue (Biarritz est le lieu des séminaires à la mer, le G7 aussi). Les commerciaux de Bouchara et consorts étaient là.

Tapis rouge et luxe...
Je prends de la méthadone depuis 2003, et j'ai toujours cherché le rapport entre TSO et douleurs.
Et bien aucun médecin n'a su. Mais la plaquette de nos labos oui :
La métha rend plus sensible et nécessite une dose plus élevée, en plus de la dose normale, mais aucun doc ne fera le choix de risquer une dépression respiratoire alors que la douleur lui est utile...

Pire, après un seuil, il ne soulage plus, l'opiacé antalgique, n'est plus efficace et rien ne soulage...

Vous pensiez être moins sensible, comme moi, jamais mal, mais quand vous vous brulez ou autre vous douillez!

Autres infos sur ce colloque, dont "surf et addiction", Surf gang est sur les mecs de ma cité. Sur les tox de la génération d'avant, à voir. Et le film d'ANDY IRONS. Le témoignage d'Hugues Oyarzabal, champion du surf underground et pionnier des vidéos embarquées. Un surfeur sous ritaline le jour et Kéta ou dxm la nuit. Vagues de 8 m et sensations fortes...Blessures, le cbd marche mieux que la morphine seule...

Dernière modification par ismael77 (27 octobre 2019 à  14:53)


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ismael77 
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TheG68 a écrit

la méthadone malheureusement...

Tu voulais rester à la morphine?


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ismael77 
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Stelli a écrit

Ayant déjà écrit 2 post/commentaire à ce sujet est-il utile que je réitère ici?

bonjour, où?  j'aimerais les lire.


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Stelli 
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ismael77 a écrit

Stelli a écrit

Ayant déjà écrit 2 post/commentaire à ce sujet est-il utile que je réitère ici?

bonjour, où?  j'aimerais les lire.

En fait ça fait 3 wink
Par ordre chronologique :

https://www.psychoactif.org/forum/t30-p … ution.html

https://www.psychoactif.org/forum/t125- … SQUES.html

https://www.psychoactif.org/forum/t6380 … erale.html

Dernière modification par Stelli (28 octobre 2019 à  01:48)

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Stelli 
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Je ne sais pas si c’est le meilleur endroit mais comme c’est directement en lien avec notre sujet, et parce que j’aurais aimé connaître tout ceci plus tôt ;
Sur la prise en charge de la douleur chez les usagers de drogue (et en particulier chez les personnes sous traitement de substitution) :



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Stratégie thérapeutique du traitement de la douleur chez patient substitué par buprénorphine


/forum/uploads/images/1572/6248ea05-1377-4126-94a6-d1d4d81ec2a5.png


/forum/uploads/images/1572/e9f0c75a-c7fa-485d-a1a1-6eaddf97bf8c.png


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Dernière modification par Stelli (29 octobre 2019 à  04:15)

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tres interessant. merci stelli!. plotch
 
Merci pour cette information cruciale. Fil
 
Merci des infos!
 
rick
 
MM

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ismael77 
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Très bien, il faudrait informer les médecins! Mai, Stelli, si tu as déjà eu une douleur dentaire tu sais que rien aucun anthalgue ne soulage ça. Personnellement je serai pour me suicider tellement c'est horrible. Je rigole pas du tout, bras cassé ok c'est déjà O traitement de la part de l'hôpital, enfin CTR CSAPA (en fait garderie d'abstinent). Mais avant je pensais que cela était normal, mais non. Par contre je veux bien le nom d'un antalgique meilleur que l'accupan, car on ne me propose que ça (la morphine ne compte pas, elle a peu d'effet sur moi, le mieux, serait de soigner vite et prendre de la kéta pour ne plus être là ou même n'importe quoi une minute de souffrance telle, je ne peux plus, c'est de plus en plus dur. A chaque fois. Si j'avais un bouton pour mourir à la place de douiller des heures (qui sont des ans, tu ne peux pas t'asssoir, ni arrêter de crier, et je ne suis pas douillet du tout au contraire)).
Pour moi ce serait bien qu'on utilise les médicaments de la mer, dont le venin d'un serpent qui a un effet anti douleur 1000 fois plus puissant et ciblé. Ca existe, on est en avance, dommage, sur sa commercialisation.
Quant à la morphine, elle n'enlève pas la douleur, elle la rend un peu plus supportable (tu peux pas dormir). Endormir le patient on aime pas de toute façon dans mon cas, ils viennent prendre les constantes toutes les demi heures car mon coeur est gros et lent (tout le temps 45 bpm), ce qui est génial, normalement...Devient la priorité sur la douleur, souffrir est mieux que mourir. Je n'en suis pas sur du tout!
Malgré ça, quand tu es enrhumée ou courbaturé, une gène l'opioide t'aide. Pour les non accoutumés encore oui (mais ne croyez pas les récits tels "j'ai vu des éléphants roses, j'étais bien" c'est n'importe quoi. Et ça vient de soignants...
Ou, voir 'je ne suis jamais malade". Mais non, pas pour les douleurs aigües chroniques ou pas. Confort de vie en bonne santé, oui, antalgique bof.

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plotchiplocth 
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j'avais vu un résumé d'article de recherche récent sur la prévention de l'hyperalgie post-opératoire chez les usagers addicts aux opiacés maintenus à la méthadone
Prevention of post-operative hyperalgesia in a heroin-addicted patient on methadone maintenance - dec 2018
La (brève) conclusion du résumé indiquait que [l'emploi de la ketamine peut effectivement réduire le besoin en opioides pour les usagers chroniques en maintenance méthadone et devrait être considéré pleinement dans une strategie mutlimodale de gestion de l'analgésie péri opératoire chez ce type de patients] (traduction homemade sans doute perfectible)

prescripteur a écrit

sufenta a écrit

est ce une stratégie thérapeutique que vous avez déjà vu employée couramment?

Dernière modification par plotchiplocth (29 octobre 2019 à  11:00)

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Merci pour ce précieux lien / Blast

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Sufenta
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Oui carrément la keta permet de réduire les besoins en opi et à une synergie ac les antalgiques ..

De plus pour les sevrages la keta permet de réduire les sensations de manque et aurait aussi une action sur la paws et les dépressions..

Quelle molécules étonnante de polyvalence smile

SINTES: Analyse de produits :
https://www.psychoactif.org/sintes

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stephyweedy 
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Alors la prise en charge de la douleur pour les usagers de drogues au CHU de BAR LE DUC (55) est scandaleuse.
Il y a 2 ans je me suis cassé la cheville un samedi soir.
Le dimanche matin , je vais aux urgences car personne pour m'emmener la veille.
Je suis pris en charge , opéré et broché... Le doc passe dans ma piaule et me demande si ça va (test de douleur habituel). On ne m'a pas donné ma dose journalière de méta à cause des interactions avec d'autres médocs soit disant, mais le blem : je n'étais pas perfusé et on ne m'a rien donné du tout pour traiter ma douleur. Heureusement que j'attendais de la visite...
Mon collègue venu me visiter dans la journée a assuré , il m' ramené 2 g de bonne came qui elle a fait le bouleau...
ça c'est la réalité dans nos campagnes en 2019... Alors j'ai envie de dire : c'est beau le progrès...
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Merci pour ce témoignage éloquent... Pierre

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Bonjour, pour la ketamine elle est en effet utilisée. Par exemple =

https://palli-science.com/sites/default … _rnmda.pdf

Mais il ne semble pas y avoir de protocole universel et certaines équipes sont réticentes (peut etre parce que la K peut etre détournée). Mais en général les équipes de lutte contre la douleur sont les plus en pointe.
Sur l'hyperalgesie aux morphiniques je crois aussi que c'est encore mal connu.
Je vais essayer de faire une étude plus détaillée sur ce sujet.
Amicalement
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Merci pour tout / Blast

S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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Alors la prise en charge de la douleur pour les usagers de drogues au CHU de BAR LE DUC (55) est scandaleuse.

Malheureusement ça dépend aussi du médecin de garde ce jour là. La formation initiale et continue des médecins sur ce sujet est assez insuffisante, surtout concernant les usagers de psychotropes.
Les moyens techniques peuvent considérablement aider (monitoring prolongé du coeur et de la respiration, pompe de PCA = analgesie controlée par le patient) mais ils sont encore peu disponibles en dehors du bloc opératoire et de la salle de réveil.
Amicalement


S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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Stelli 
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Pour vous donner un exemple de protocole utilisé pour traiter la douleur, pendant l’opération et en salle de réveil en post-opératoire, lors d’une césarienne en urgence en 2014 ; extrait de mon dossier médical :

/forum/uploads/images/1572/95a5f163-2844-41f0-929a-a025dcb350e8.jpg


En résumé :

Traitement de substitution : méthadone 90mg/j (en 2 prises)

Prémédication : (en comprimés effervescents) paracetamol? (Impossible de me souvenir car j’étais en état de choc, et photo du dossier illisible)

Au bloc (en un peu moins d’1h30) :
Anesthésie en IVD : curare (60mg) et thiopental (40mg)
Analgésie en IVD : Sufentanyl (25microgrammes, d’abord 15 puis 10) + Tramadol (50mg) + Paracétamol (1000mg) + Kétamine (30mg)
Analgésie locale en infiltration pariétale : Ropivacaïne (20mg)

Post-opératoire (en 4h) :
Analgésie en IVD: morphine (50mg) + Ketamine (5mg)
                en IV : Acupan (20mg) + Profenid (50mg)

Bon pour être honnête j’ai douillé, mais au moins ils ont fait ce qu’il fallait pour me soulager au mieux, au fur et à mesure (il a fallu plus de 2h pour rendre la douleur supportable après ma sortie du bloc, retour en chambre après  4h car réveil difficile...), contrairement à une autre expérience que j’ai eue des années auparavant (et alors que j’étais sous Subutex). J’ai constaté des progrès en 10ans entre mes 2 passages sur le billard, à mon grand soulagement (dans le même hôpital). Je pense néanmoins qu’ils auraient pu mieux faire par rapport à la douleur dans les jours/semaines qui ont suivi, j’ai passé 2 jours en fauteuil roulant (je tenais à aller voir mon fils né grand prématuré et hospitalisé en réanimation, malgré la douleur, qui passait au second plan, mais qui restait très handicapante).  Je devais avoir de la morphine au tout début mais impossible de me souvenir combien, et ça n’a pas duré, du profenid, et du paracetamol. Comme ce n’était pas suffisant je prenais plus de méthadone que ce que je devais (j’ai toujours eu un petit stock en cas de nécessité), ça m’a aidée à tenir.

Pour ceux sous Subutex : si vous devez subir une opération réputée douloureuse (et habituellement traitée avec de la morphine), il est fortement conseillé de switcher à la méthadone avant, ou alors de passer à la morphine à la place du Subutex le temps du traitement à la morphine pour la douleur. C’est à voir avec votre médecin (le mieux est quand même d’être suivi par un spécialiste en addictologie (par exemple en CSAPA), (ou d’entrer en contact avec eux suffisamment tôt avant l’intervention), car il peut jouer un rôle de conseil auprès des membres de l’équipe chirurgicale si ceux-ci ne sont pas trop au point sur l’analgésie dans le cadre d’un traitement de substitution), les équipes des CSAPA étant plus spécialisées sur ce point qu’un médecin généraliste en cabinet.

Dernière modification par Stelli (30 octobre 2019 à  02:52)

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Bonjour, un article sur l'hyperalgesie induite par les opiacés. J'ai traduit le résumé et le chapitre sur la thérapeutique (avec l'aide de Google translate).
Il faut préciser que les recepteurs NMDA sont un type de recepteurs au glutamate (et à la glycine) qui est activé par un produit pharmacologique le NMDA. Mais ce produit n'existe pas dans le corps. Les antagonistes NMDA sont donc des antagonistes du glutamate.
Sur les recepteurs NMDA et leurs antagonistes
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9cepteur_NMDA
https://www.pharmacorama.com/pharmacolo … lutamique/

L'article

https://www.painphysicianjournal.com/cu … journal=60

A Comprehensive Review of Opioid-Induced Hyperalgesia

Résumé


L'hyperalgésie induite par les opioïdes (OIH) est définie comme un état de sensibilisation nociceptive provoquée par une exposition aux opioïdes.
La maladie est caractérisée par une réponse paradoxale selon laquelle un patient recevant des opioïdes pour le traitement de la douleur pourrait devenir plus sensible à certains stimuli douloureux. Le type de douleur ressentie peut être identique à la douleur sous-jacente ou peut être différent de la douleur sous-jacente d'origine.
L'OIH semble être un phénomène distinct, définissable et caractéristique qui pourrait expliquer la perte d'efficacité des opioïdes chez certains patients.Les résultats de la prévalence clinique de l'OIH ne sont pas disponibles. Cependant, plusieurs essais contrôlés d'observation, transversaux et prospectifs ont examiné l'expression et la signification clinique potentielle de l'OIH chez l'homme.

La plupart des études ont été menées en utilisant plusieurs cohortes et méthodologies distinctes faisant appel à d'anciens toxicomanes opioïdes sous traitement d'entretien à la méthadone, à une exposition périopératoire à des opioïdes chez des patients subissant une chirurgie et à des volontaires sains après une exposition aiguë à des opioïdes faisant appel à des tests de douleur expérimentaux sur l'homme.

Le mécanisme moléculaire précis de l'OIH, bien que pas encore compris, varie considérablement dans la littérature scientifique fondamentale, ainsi que dans la médecine clinique. On pense généralement que cela résulte de modifications neuroplastiques du système nerveux périphérique et central (SNC) qui entraînent une sensibilisation des voies pronociceptives.
Bien qu'il existe de nombreux mécanismes proposés pour l'OIH, 5 mécanismes impliquant le système glutaminergique central, les dynorphines rachidiennes, la facilitation descendante, les mécanismes génétiques, une diminution de la recapture et une réponse nociceptive améliorée ont été décrits comme des mécanismes importants.
Parmi ceux-ci, le système glutaminergique central est considéré comme la possibilité la plus courante. Une autre hypothèse est que les récepteurs du N-méthyl-D-aspartate (NMDA) dans l'OIH incluent l'activation, l'inhibition du système de transport du glutamate, la facilitation de la protéine kinase C intracellulaire régulée par le calcium et les discussions sur les mécanismes neuronaux de la douleur et de la tolérance.
Les cliniciens doivent soupçonner l’hypertension artérielle lorsque l’effet du traitement par les opioïdes semble s’atténuer en l’absence de progression de la maladie, en particulier s’il est observé dans le contexte de rapports de douleur inexpliqués ou d’allodynie diffuse non associée à la douleur initiale et d’augmentations de la douleur à la dose croissante.
Le traitement consiste à réduire la dose d'opioïde, à la réduire progressivement ou à une supplémentation en modulateurs du récepteur NMDA.


Stratégies thérapeutiques

Bien que le praticien de la douleur dispose de plusieurs options lorsqu'il est confronté à un manque démontré d'efficacité des opioïdes et que le diagnostic de l'OIH est établi, le traitement peut prendre beaucoup de temps et parfois être peu pratique. Dans la prise en charge de ces patients, le sevrage de fortes doses d'opioïdes exige généralement du temps et de la patience, ainsi que de la compréhension de la part du patient et de sa famille. Tout en réduisant la dose d'opioïdes, les patients peuvent subir une augmentation transitoire de la douleur ou un léger retrait, ce qui peut exacerber la douleur déjà exacerbée. De plus, l’effet hyperalgésique peut ne pas être atténué jusqu’à ce qu’une certaine dose critique d’opioïdes soit atteinte. Au cours de ce processus, les patients et les médecins deviennent frustrés et développent des différences de philosophie qui peuvent nécessiter plusieurs visites au bureau ou même mettre un terme à la relation entre le patient et le médecin. Ces patients cherchent souvent un traitement aux opioïdes ailleurs.

Le traitement comprend une polypharmacie rationnelle avec des médicaments non opioïdes, ce qui minimise la consommation d’opioïdes et réduit les effets indésirables liés au sevrage et à l’assurance hypochirurgicale. Cependant, certaines affections douloureuses, notamment les douleurs neuropathiques, ont tendance à réagir de manière préférentielle aux médicaments non opioïdes, tels que les antidépresseurs et les anticonvulsivants. La rotation vers une classe d'opioïdes différente pourrait entraîner une amélioration de l'analgésie. La gestion de la douleur interventionnelle peut réduire le besoin de pharmacothérapie ou l'éliminer complètement (3 164-205). De plus, la gestion comportementale peut atteindre tout ou partie des objectifs (206-208). Cependant, si ces options ne sont pas réalisables, le praticien est confronté à plusieurs choix pour diagnostiquer et traiter l'OIH:

1. Augmentez la dose d'opioïde et évaluez son efficacité (tolérance)

2. Réduisez ou éliminez l'opioïde et évaluez l'OIH.

3. Utiliser des opioïdes dotés de propriétés uniques susceptibles d'atténuer l'OIH

4. Utilisez des agents spécifiques qui sont des antagonistes des récepteurs NMDA

5. Fournir un traitement d'association avec des inhibiteurs de la COX-2.

La troisième option est devenue particulièrement attrayante avec l'utilisation de la méthadone et de la buprénorphine. La méthadone, bien que pur agoniste des récepteurs ?, possède des propriétés qui pourraient empêcher ou réduire l’hémorragie ionique (209). Il s'agit d'un mélange racémique dans lequel l'isomère d est un antagoniste des récepteurs NMDA. La méthadone présente également des propriétés de tolérance croisée incomplètes, uniques à d'autres agonistes du récepteur ?, qui pourraient lui donner un rôle de niche dans le traitement de l'OIH et d'autres formes de douleur persistante, notamment la douleur neuropathique. Des rapports anecdotiques ont été rapportés sur des patients chez lesquels on pensait qu'ils étaient atteints d'HAS et traités avec une combinaison des options 2 et 3, c'est-à-dire qu'ils réduisaient la dose d'opioïdes (de 40 à 50%) et qu'ils ajoutaient de la méthadone «à faible dose» (210).

La buprénorphine a été utilisée pour traiter la douleur chronique (211). C'est un agoniste partiel des opioïdes aux propriétés antagonistes qui est utilisé depuis des décennies en anesthésie et pour le traitement de la douleur. La formulation intra-veineuse / intramusculaire (IV / IM) (Buprenex) est disponible aux États-Unis pour le traitement de la douleur et en Europe, en tant que préparation transdermique. Plus récemment, il a été utilisé pour le traitement de la dépendance aux opioïdes sous sa forme sublinguale (Suboxone, Subutex). La buprénorphine s'est avérée intermédiaire dans sa capacité à induire une sensibilité à la douleur chez les patients traités à la méthadone et les patients témoins ne prenant pas d'opioïdes. (21). La buprénorphine a montré une capacité accrue à traiter l'hyperalgésie induite expérimentalement chez les volontaires par rapport au fentanyl (212). De plus, la dynorphine rachidienne, un agoniste connu des récepteurs kappa, augmente au cours de l'administration d'opioïdes, contribuant ainsi à la survenue d'une IOH. La buprénorphine est un antagoniste des récepteurs kappa. Pour ces raisons, la buprénorphine pourrait être unique dans sa capacité à traiter la douleur chronique et éventuellement l’hypertension artérielle aiguë.

6.4 Considérations pratiques

Le traitement de l'OIH peut prendre beaucoup de temps et parfois être peu pratique. Le sevrage des opioïdes à forte dose nécessite généralement du temps et de la patience (à la fois du médecin et du patient). Tout en réduisant la dose d'opioïdes, les patients peuvent présenter une augmentation transitoire de la douleur ou un léger retrait, qui peut exacerber la douleur. L’effet hypalgésique peut ne pas être atténué tant qu’une certaine dose critique d’opioïdes n’est pas atteinte. Les patients sont souvent frustrés et la gestion des réductions de dose appropriées nécessite souvent plusieurs visites. Cela peut être extrêmement peu pratique dans un environnement de soins gérés. En conséquence, de nombreux patients abandonnent simplement l’idée et cherchent à reprendre le traitement par opioïdes ailleurs (17).

Dernière modification par prescripteur (14 janvier 2020 à  08:26)

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Merci! Hilde
 
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TheG68 
Swiss Xpert
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Merci pour le partage c'est très intéressant !

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Meumeuh 
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Jolly Roger
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salut!

J'ai carrément zapper , je me suis déjà fait opérer , après une énième fracture du nez
à lépoque j'étais donc sous TSO Buprénorphine à 8mg par jour.

J'avais vu l'anesthésiste avant , pour un entretien et lui ai dit bien sur ce que je prenais

Arriver le Jour J , anesthésie générale pour remettre en place le tout.

Tout c'était bien passé... l'anesthésiste m'avais dit tu vas ressentir des picotements dans la main , çe fut le cas à peine que je les ressentes  j'étais déjà parti...

Et quand Je me suis réveillé ,
j'étais  dans les vap bien sur donc on m'a donner un café.

et Tout c'était bien passer.


MM

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Kao
ça s'en va et ça revient
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"La buprénorphine a montré une capacité accrue à traiter l'hyperalgésie induite expérimentalement chez les voleurs par rapport au fentanyl."
Chez les voleurs ? Je suppose qu'il s'agit d'une faute de frappe ou de traduction, mais du coup, qui sont en réalité ces "voleurs" ?

Personnellement, je n'ai pas eu à subir d'opérations ou de traitement de la douleur, mais j'ai plusieurs fois eu vent d'amis ou de connaissances UD qui ont été victimes de préjugés et de maltraitance médicale par rapport à la prise en charge de la douleur (incision d'un gonflement de la mâchoire sans aucune anesthésie ni antalgie, avec pour toute réponse aux cris de douleur "vous êtes un toxico, vous devriez avoir l'habitude de souffrir").

"La valeur éthique d'une société se mesure à  la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables" (Roland Gori)

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Stelli 
Dinosaure de PA
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Kao a écrit

"La buprénorphine a montré une capacité accrue à traiter l'hyperalgésie induite expérimentalement chez les voleurs par rapport au fentanyl."
Chez les voleurs ? Je suppose qu'il s'agit d'une faute de frappe ou de traduction.

J’espère aussi... je n’ai pas bien compris le sens de la phrase non plus!

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prescripteur 
Modérateur
13900
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7767 messages
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C'est les volontaires. Désolé, Google traduction a failli. Amicalement

S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème. Devise Shadok (et stoicienne)

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