[ Culture ]
Nouvelle sur ma vie de foncedé

#1 
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Notropix homme
Expérimentateur France
Aujourd'hui à 09:54
Bonjour,
Voici un petit récit autobiographique sur ma vie pendant un an et demi. Il y aurait d'autres choses à dire (notamment avec le crack ces dernières années) mais voilà j'espère que  ça vous plaira.

Cette nuit, j’ai cru que j’étais retourné dans le ventre de ma mère. Je me mouvais dans cet espace tout particulier, dans un noir complet. Le temps n’était plus, et l’espace était comme comprimé en un seul point qui convergeait dans mon esprit. Puis une grande sensation de lourdeur me prit. Je perçus une sensation toute particulière que je résumerais ainsi : tout ce qui avait été construit du moment où j’avais pris ma trace avait été brutalement détruit à grands coups de masse. C’était comme si j’étais pris dans un tourbillon m’engloutissant dans les profondeurs d’un univers que je ne connaissais pas. En réalité, je connaissais très bien cet univers dans lequel j’étais plongé. Je reprenais conscience de mon propre corps, avachi dans un fauteuil autour d’une table basse pleine de bouteilles, de plateaux et de cendriers. Tout à coup je me souvenais de mon nom, de la réalité dans laquelle j’étais né. Je regardai devant moi Olivier avait un de ces sourires qui m’indiquait que j’avais un peu abusé.
« C’était une sacré trace que t’as pris Arthur, me dit-il. »
Je reprenais peu à peu mes esprits, assez difficilement.
« C’est de la bonne came aussi. Je peux t’en prendre un autre gramme ? Je vais la prendre en shoot pour la prochaine fois.
Il approcha la poêle qui avait refroidi depuis tout ce temps et me mit ma conso dans un képa qu’il pesa avant de me le tendre.
« J’en ai mis cent milligrammes de plus pour toi.
- Merci, t’es au top. »
Je dis au revoir à tout le monde dans l’appartement, tous ces gens qui m’avaient vu faire mon K-hole. Je prit ma trottinette électrique et m’enfonça dans ces rues vide. Je franchis le pont qui offrait une vue imprenable sur la ville, mais je ne pris pas le temps de m’arrêter, l’idée d’un fix me prenait toutes mes pensées.
Un fois arrivé chez moi en plein centre-ville, je prit une bière dans une épicerie et rentra dans mon appartement. Il me restait un stéribox que j’ouvris avant de m’asseoir sur le canapé. La dilution était simple : la kétamine était soluble dans l’eau. Il suffisait juste de verser de l’eau stérile dans la cuillère avec sa dose, mélanger un petit peu et pomper le liquide dans la seringue. Je sortit ma balance et plaça la cuillère dessus. Quarante milligrammes, soixante six, et… quatre-vingt. J’en avait trop mis mais l’idée de réajuster me paru futile. Je mélangeai le tout avec la pointe de ma seringue et pompa le liquide. Dans la seringue l’eau était limpide. Je pris ma ceinture et distingua les veines. Je désinfectai mon bras et piquai à l’endroit qui me paraissais le mieux. Enfin, un flottement se fit sentir. J’appuyai un peu sur le piston de la seringue et d’un coup, ma tête bascula, j’étais à la moitié de la seringue. J’appuyai un peu plus et d’un coup je sentit que mon corps me lâcha, alors j’enlevai l’aiguille de mon bras et la posa sur la table basse. Tout commença à se mouvoir autour de moi et d’un coup l’obscurité se enveloppa tout mon être. De nouveau, j’avais l’impression de ne faire qu’un avec tout ce qui était autour de moi. Le temps et l’espace n’était plus. Et puis d’un coup ce fut le trou noir.

Quand j’ouvris les yeux, c’était le matin. Je ne me souvenais à peine de la veille, à part que j’étais chez Olivier, mais la seringue posée sur la table basse éveilla en moi quelques souvenirs diffus. Je n’avais pas encore touché à ma canette de bière, alors je l’ouvris et but de grandes gorgées. Tout me paraissait fade, je n’avais jamais obtenu de telles expériences sous kétamine. Je me fit un café, il fallait que je me réveille malgré l’envie de reprendre une trace, mais c’était peu raisonnable. Une fois de nouveau dans mon canapé une tasse à la main, je palpai mon nez qui était douloureux et le sang se mit à couler. Je me moucha. Le saignement semblait s’estomper. Je pris le képa et regarda à l’intérieur. Il y avait encore un peu moins d’un gramme. Ces cristaux me filait une envie irrépressible de retaper. Ils étaient clairs, blancs, comme des petits bouts de glace qui brillaient au soleil. J’écrasai un nouveau morceau sur mon téléphone, j’avais craqué. Je la disposa en ligne, et sortit une feuille pour me faire une paille. Enfin, je sniffais tout sans trop faire attention à la quantité que j’avais aspiré. Je sentais un léger flottement, comme une vague de bien-être qui submergeait mon corps. Je me souviens des premières fois où l’on m’avait dit : « Le , ça te rends pas euphorique. Ça te rend juste neutre et sans émotions. » Pourtant, chaque fois que une perche commençait à me toucher, un sentiment euphorique m’enveloppait dû aux bons souvenirs que j’avais avec cette substance. Je mis un peu de musique, The End des Doors. La trace que je venais de prendre me laissa totalement indifférent, alors j’en écrasa une autre. Dans le képa, il n’y avait presque plus rien. Je pris une énorme dose et attendit des effets plus puissants. Soudain, les meubles de mon appartement commencèrent à disparaître un à un. Tout à coup je me sentis léviter au dessus de mon corps, je voyais tout sous une autre forme. C’était comme un serpent qui glissait dans tous les coins de mon appartement. Ce serpent qui ne semblait avoir ni queue ni tête m’apparut comme le temps en trois dimensions. J’y voyais à l’intérieur des souvenirs, d’autres personnes que je connaissais. Ride the snake… He’s old… And his skin is cold...Puis j’eus la force tout à coup de me lever, et alors que le serpent continuait à errer dans mon appartement, un grand sentiment de paranoïa me pris. Les portes de mon logement avaient disparu, je me senti comme enfermé dans cette petite pièce, et je voyais des formes, j’entendais des voix. Le serpent s’enroula autour de ma jambe, mon corps semblait se s’étirer, et glisser comme si j’étais attiré dans un trou noir. Les voix se firent de plus en plus forte dans ma tête. Elles me disaient : « Tu vas mourir, Arthur. » ou alors « Bienvenue dans la machine ». Puis des portes apparurent et j’en ouvrit une par hasard qui donna sur une sorte de jardin, puis une autre pièce. J’étais parti dans un voyage. Mais les effets commencèrent à s’estomper à ce moment là. Ma paranoïa se changea en un sentiment de lucidité, j’étais revenu à mon corps. J’étais dos au mur de ma cuisine, avec une respiration haletante. Je fut pris d’un crise de fou rire en repensant à ce que j’avais vécu. J’allumai une cigarette et me reposa dans mon canapé.

Le soir de cette journée, je le passai chez Benjamin. C’était un type que j’aimais bien qui me faisait beaucoup rire et que j’avais rencontré alors qu’une amie (Kate, j’en parlerais plus bas) m’a emmené chez lui. Il ne pouvait s’empêcher de me draguer et de parler cul tout le temps. Personnellement, j’ai cédé tant de fois à ses avances qu’il m’est impossible de dire combien de fois on a couché ensemble. Lui aussi consomme. Mais nettement moins que moi, par contre, il boit une bouteille de whisky par jour et allume cigarettes sur cigarette. Il m’en propose toujours plein et en tant qu’asthmatique qui ne refuse jamais rien, j’ai eu plutôt mal aux bronches. Ensuite, il y a Lorenzo. Lui, vend de la kétamine et un tas d’autres trucs. C’est un ami que j’ai rencontré il y a quelques mois avec qui je me sentais extrêmement proche. Je ne savais pas trop si ces sentiments amicaux étaient réciproques – j’ai appris par la suite que oui – mais je m’entendais très bien avec lui. Je l’avait rencontré grâce à Kate, une amie que j’ai connu au hasard d’un déménagement. Elle, vendait aussi, je la voyait pas mal taper de coke. Quelques temps avant notre rencontre, elle s’était faite choper par les flics. Je me sentais étranger à tout cela alors je n’en parle que très brièvement. Personnellement je me suis toujours considéré comme un enfant de cœur (qui se drogue tout de même) par rapport à certains que je fréquentais. Je n’ai jamais eu réellement à faire avec la police et je m’en suis toujours très bien tenu comme ça.  Je dis ça parce que je n’aime pas spécialement les dealers, mais eux je les aimais parce que je les comptait comme de véritables amis.
Nous étions donc tous là avec d’autres personnes que je ne connaissais pas dans le salon de Benjamin. Beaucoup de choses passait notamment la kétamine en trace et non en shoot. Car l’utilisation de la seringue était plutôt mal vu par ces gens là et encore plus en public. Je me gardais bien de dire ce que j’avais fait hier. À un moment de la soirée, je demande à quelqu’un de m’échanger de la coke contre de la kétamine pour me faire un CK. C’est purement et simplement de ma coke et de la kétamine mélangés dans une seule trace. Un bon truc pour partir loin tout en restant stimulé. Lorenzo me file un peu de coke sur le plateau et je me fais un CK. Tout ce que j’attendais de cette prise vient : je suis détendu, mais sacrément stimulé. Puis, une envie de fête me prend. Gaspard, un ami de Benjamin que je connais de loin propose d’aller retirer de l’argent. Je lui donne ma carte et demande quatre-vingt. Pendant qu’il part je me demande qu’est-ce que je vais prendre. De la kétamine ? Oui, bien sûr mais avec ça je pourrais prendre de la coke. Puis une illumination me vient.
« Lorenzo, tu as de la MD ?
- Bien sûr .
- Ou peut-être des taz ?
- Personnellement entre de la bonne MDMA pure et des taz je prends la MDMA. »
Alors c’est décidé, je prends un gramme. La MDMA (ou Ecstasy) est un psychoactif qui se trouve soit sous forme de cristaux (MDMA) ou sous forme de pilules que l’on appelle taz. Elle est très stimulante et hautement empathogène. C’est à dire qu’on aime tout le monde, on est surpuissant, invincible. J’en ai déjà pris beaucoup de fois mais ça faisait longtemps. Surtout pour la MDMA en cristaux. Quand Gaspard arrive, je paye mon gramme trente euros, plus deux gramme de kétamine. Je commence par une trace de MDMA. Elle me fusille le nez, mais la montée est agréable, je me sens très réactif, d’autant plus que j’ai pris un CK avant. Puis je commence à faire les parachutes, en gros, on met un cristal dans une feuille que l’on roule pour ensuite les avaler. Je demande à tout le monde si quelqu’un en veut. Personne à par Benjamin. Bien. Je commence à réaliser que un gramme pour deux ça fait beaucoup. La dose maximale pour quelqu’un de très peu recommandable comme moi est de trois-cents milligrammes. Et encore, je trouve ça assez dangereux. Tant pis je prends un petit parachute et je l’avale. À partir de ce moment là, la soirée devient un tissus de souvenirs déchirés. Sous l’effet de la coke, tout le monde se met à déblatérer n’importe quoi pourvu que ça leur fasse bouger les lèvres. Je parle aussi beaucoup, d’autant plus que l’effet de la MDMA commence à monter sévèrement. J’ai chaud, je me sens totalement euphorique, bien dans ma peau, dans mes pensées. C’est magique. Je balance un parachute dans la bouche de Benjamin en rigolant. Cependant plus la soirée passe plus je devient une sorte de zombie. Je ne sais plus combien de parachutes j’ai pris, mais je commence à devenir de plus en plus perturbé. Malgré tout, j’arrive à sortir de cet état et je reprends peu à peu conscience. Il est cinq heures du matin. Benjamin me fait du pied mais bizarrement je n’ai aucune envie de baiser. Par contre je fais des câlins à tout le monde. Puis, malheur : le reste de la MDMA est tombée dans le tapis en fourrure, impossible de la récupérer. Tant pis, je demande à Lorenzo un parachute. Il ne refuse jamais rien et c’est peut-être ça son seul point faible. J’attends un peu, mais mon état de toute puissance s’estompe, je suis en pleine redescente et je me souviens pourquoi j’avais fait une pause sur ce produit avant. La descente est terrible, on a l’impression de chuter d’un monde merveilleux, parfait, à un monde dégoûtant et morbide. J’ouvre le parachute et je me fait une trace. Pas grand-chose me vient. J’en redemande à Lorenzo.
« Attends un peu, je t’en file un dans une heure. »
Benjamin, lassé de me faire du pied part se coucher. Je vois que tout le monde commence eux aussi à sombrer dans le canapé. Eux ont tapé de la coke toute la soirée. J’ouvre mon képa, une sorte d’enveloppe en papier où l’on met la kétamine, et je me fais une trace qui ne m’envoie pas là où j’attendais. Légère défonce, mais rien de bien fou. Puis, l’heure du parachute vient enfin : je l’avale. Mais je sais très bien ce qui va se passer. Mes stocks de sérotonines sont en cale sèche, je ne peut plus monter aussi haut que je ne l’étais avant même si je force la dose à en crever. Alors j’attends, je discute avec Lorenzo pendant de longues heures mais mon crâne et douloureux et il est tellement à fond dans la discussion que j’en perds le fil. À tel point que je m’endors, le laissant parler tout seul. J’ai un peu honte mais le sommeil m’est tombé dessus d’un coup. Enfin, si on peut appeler ça un sommeil. En réalité, j’ai l’impression d’être à moitié en train de dormir, la MDMA étant un dérivé des amphétamines, elle ne laisse pas beaucoup de place au sommeil. Bref, la soirée est finie, je me réveille, il est neuf heures, le soleil transperce les vitres. Je suis totalement en manque, je ne sais pas quoi faire. Alors je m’en vais, et rentre à mon appartement non loin de là avec un soleil qui me fusille la rétine. Je suis un vrai zombie. Je franchis la porte de l’appartement, et m’effondre dans mon lit pour un véritable sommeil cette fois ci.

Des soirées chez Benjamin, j’en ai passé beaucoup. Je me souviens d’une dans laquelle j’ai encore fait n’importe quoi. Cette nuit, j’ai pris deux grammes de kétamine et apparemment – je ne m’en souviens plus du tout – je menaçais de prendre une trace d’un gramme. Je n’ai jamais su si je l’ai fait réellement mais je sais qu’après j’avais couché pour la première fois avec Benjamin. Le lendemain, je retrouvais simplement une petite montagne de kétamine sur mon téléphone. Je propose une trace à Harry, un ami que je connais depuis peu. Lui aussi consomme beaucoup de kétamine et cela finira par lui causer des ennuis de santé. Je prends ma trace qui m’enivre un petit peu, puis part dans le salon où certains dorment encore.
« T’as pris la trace de ta vie hier. On peut parler sérieusement? Me demande Lorenzo.
Encore un peu sous l’effet de la kétamine, je soupire.
« Oui si tu veux.
- T’as déjà pensé à voir un psy ? »
Cette question eut l’effet d’une aiguille dans mon cœur. Je crois que je leur ai fait peur. En réalité, j’en vois des psys. J’ai fait plusieurs séjours à l’hôpital après des tentatives de suicide. Oui, des psys j’en ai vu.
« Oui, j’en vois de temps en temps, dis-je simplement. »
Puis je suis parti chez moi au matin en passant par la pharmacie m’acheter une seringue. Arrivé chez moi il me restait un peu de (j’utilise ce diminutif excédé d’écrire tout le temps « kétamine » et puis c’est comme ça qu’on a l’habitude de la désigner mon entourage et moi). Je n’arrive pas à distinguer les veines. Je me pique depuis pas si longtemps, je n’ai pas l’habitude. Je décide de piquer dans le dos de la main. Je rate la veine, ma main a une grosse bosse. Effrayé, je presse. Une poche liquide de kétamine est dans mon épiderme ! Cette fois je me suis vraiment fait peur. Je jette la seringue, me promettant d’arrêter de me shooter. Je me fais une trace, et voilà que tout repart, des hallucination, et une sensation de dissociation.

Un soir, je suis avec Noah, un ami que je connais depuis l’école. Nous avons ensemble commencé à fumer des joints et à boire de l’alcool assez tôt lorsque nous étions au lycée. C’est avec lui que j’ai un peu commencé à me droguer et c’est aussi grâce à lui que je suis dans cette ville car je suis allé le rejoindre de chez mes parents. Par contre, il ne sniffe rien. Il préfère boire et fumer des joints ce que je faisais avant aussi. Il était dans mon appartement avec Mathieu un ami à lui qui par conséquent était aussi le mien. Lui aussi ne consommait pas de drogues « dures ». On déconne on discute, on fume des joints. À un moment j’ai un message d’Olivier.
« Viens vite s’il te plaît je te paye ton gramme de  »
Il n’en fallait pas plus pour un drogué comme moi pour accepter. Je dois l’avouer, j’étais attiré par la , mais le message m’avait l’air bizarre et je m’inquiétais réellement. Olivier était un grand paranoïaque quand il abusait sur la coke et le crack. En ce moment il avait des problèmes et j’aimais aider les gens. On ne se connaissait pas beaucoup, mais je l’aimais bien, il a été mon dealer pendant une longue période. Mathieu m’amène près de chez Olivier, je dis bonne soirée à mes deux amis. Dans l’appartement d’Olivier, c’est un bordel sans nom. Mais ce n’est pas de sa faute. C’est quelqu’un qui s’est sorti de la rue, a ses problèmes et puis je ne suis pas mieux. Il mixe merveilleusement bien. À chaque fois que je vais chez lui, il se met sur ses platines et je l’écoute longtemps. Quand j’arrive il est très méfiant. Il me raconte que quelqu’un tourne sans arrêt dans le quartier et il le persécute. Alors je le rassure comme je peux, je ne suis pas dans son délire mais j’essaye de le comprendre. Pour autant il n’arrête pas la coke. Enfin, je crois. Il me propose plusieurs dans traces dans la soirée, mais je pense (je n’en suis pas sûr) que c’était pour écouler son stock et être tranquille. Parallèlement à ça, il y a la , c’est sûr. Outre cela, on passe toute la nuit à se changer les idées, prendre des traces. Puis, je me rappelle de quelque chose. Olivier a du L.S.D. ! C’est vrai ça fait longtemps que je n’en ai pas pris. Alors il m’en offre un carton. Je veux le payer, mais il me dit qu’on verra ça plus tard, mais au final je ne l’ai jamais payé. Je le prends sur la langue, le lèche encore et encore et je fini par l’avaler. Au bout d’un moment, tout se met à se mouvoir, j’ai une pêche d’enfer. Nous sortons le soir, je vois les lumières des magasins comme un véritable tableau sur toile. Tout me paraît beau, alors que c’est horrible. Olivier habite à côté d’un centre commercial que je fuis comme la peste tant c’est laid. Nous vidons les cendriers des supermarchés pour récupérer du tabac pour mettre dans nos joints. Il veille sur moi. Sans arrêt il me demande :
« Qu’est-ce que tu veux faire maintenant ? »
Alors je lui dit que je veux sortir, ou que je veux taper du pied. Je passe une bonne heure à danser pendant qu’il passe des playlists dans son appartement un casque aux oreilles. Je danse d’ailleurs très mal, mais je m’en fiche. Je me sens bien, je veux profiter de ce moment comme jamais. Tous les murs bougent, et d’un coup, je vois des ondes qui s’échappe de mon corps. Je suis comme une antenne et toutes mes sensations s’y échappent. Je prends une autre trace de , je me sens encore plus sous l’effet de L.S.D. En effet les deux combinés augmentent sérieusement les effets hallucinogènes. Puis au petit matin, nous allons chercher un café à la boulangerie. En le savourant, les effets du L.S.D. s’estompent. Mais je me sentais quand même bien. Nous avons fini la coke. Nous dormons un peu parfois. Mais vers 13h, j’ai un rendez vous médical important. Je suis suivi dans un CSAPA, un centre médical qui traite les addictions. Je ne me souvenais pas pourquoi j’y allais. Je ne pensais qu’à me droguer, je n’étais pas dans une démarche d’arrêter. Alors pourquoi ? Le déni sûrement. Je dois le quitter, mais Olivier à l’air en meilleur forme. Il me dit qu’il va dormir quelques heures, lui qui ne dort jamais, qui peut rester plusieurs jours en restant éveillé !

Une fois également, nous étions chez Benjamin avec Kate Lorenzo et Harry. Ceux-ci sont partis lorsque pareil, Olivier avait envoyé un message de détresse. Je décidai de rester, mais une heure plus tard, au moment de m’endormir, je reçois un message :
« Il y a des bruits partout, appelle la police »
Je fonce chez Olivier qui habite assez loin et entre dans son appartement. Je le vois qui est à terre.
« J’entends des voix dans ma tête »
On passe une nuit blanche à flipper. Chaque bruit nous plonge dans un état de parano intense. Mais personnellement, je ne crois pas à tout ça. J’essaie de les résonner mais en vain. Olivier se pique à la coke. Toutes les heures il s’isole dans sa salle de bain pour se piquer. Et sa parano recommence…

Un jour, j’ai décidé que c’en était trop. Il fallait que j’arrête. Le lecteur se dira sans doute que j’ai fait les bons choix. Mais tout ceci va me mener très loin, vers beaucoup d’emmerdes aussi. J’ai demandé à mon médecin d’aller en post-cure. Alors j’ai passé deux semaines en cure puis une autre semaine un mois plus tard et en avant, à cent kilomètres de mon cocon dans lequel je me plaisais. En cure déjà, j’ai fait plusieurs rechutes lors de mes permissions. Mais le tout était de ne pas consommer dans l’établissement. Ce que j’ai fait. Je suis rentré chez moi prendre des affaires et je suis passé par chez Olivier. Je lui ai pris un gramme de que j’ai consommé sur la route. J’ai dû mettre une heure à retrouver mon chemin. Arrivé en cure, test de dépistages positifs etc. Mais  quand je vais au toilettes je fouille dans mes poches. J’ai retrouvé ma  ! Je pensais l’avoir perdue à tout jamais sur le chemin. Alors je me fais une trace, dans le centre de cure et je fais une chute dans les toilettes en plein K-hole (j’ai dû tout finir ce qui faisait une sacrée trace). Je fus pris d’un délire, je pensais que tout ceci était une mascarade, que, dans mon désespoir la post-cure n’allait pas arriver, que quand j’allais ouvrir la porte des toilettes tous mes amis et parents seraient là. En fait, je croyais être dans le Truman Show, que tous étaient des acteurs et qu’on fêterait un pot comme à la fin des tournages lorsque j’ouvrirais la porte. Mais j’ouvre, et rien. C’était juste ma chambre d’hôpital vide. 
Arrivé en post-cure, je ne me sens pas bien du tout. Je suis en manque constant, je fume cigarette sur cigarette et le monde autour de moi ne me plaît pas. Je ne vais pas faire de palabres sur cet épisode car il est très ennuyeux. Les gens autour de moi me paraissaient des années lumières de ce que j’étais, je ne m’y reconnaissait pas. Ce que j’ai oublié de dire dans mon récit, c’est que Lorenzo et Kate ont pris possession de mon appartement durant mon absence. Et je les vois dans mes rêves consommer, aller en soirée, pendant que moi je suis là, perdu parmi les alcooliques. Je fais des cauchemars aussi. Atroces, du moins pour un drogué. Je vois un plateau plein de coke, je fais ma trace, j’ai la paille dans les mains. Et puis d’un coup, tout s’envole, je me réveille dans cette foutue chambre où j’en ai marre de traîner. Je me sens comme une merde aussi. Je passe mes journées à dormir, je me fais réprimander parce que j’arrive en retard aux activités. Bref, ce n’est pas pour moi. Au bout de trois semaines je songe à partir en stop dans la nature et ne jamais revenir. Finalement, c’est Lorenzo qui ira me chercher en voiture, fuyant ce monde que je détestait tant. Je me fis une promesse que je ne tiendrais pas : plus jamais je me ferais enfermer, je veux rester libre, quitte à être un drogué. Mais j’appris bien plus tard que la liberté ça n’était pas ça.
Quand je reviens à l’appartement, mes deux amis se sont bien installé. Je refuse cent euros que me tend Lorenzo pour mon hospitalité. Je refuse, et je lui prends un gramme de . Enfin je vais avoir une trace, après plus d’un mois d’abstinence ! Quel bonheur ! Je la prends et on passe une soirée m foi sympathique. On part manger quelque part, on livre deux ou trois clients. Bref, je me reconnecte avec mon environnement. Mais quelque chose se passe. Parfois, quand je prends mon képa, je prends le mauvais, un destiné à un client. Ça m’arrive bien quatre ou cinq fois avant que Kate me dise :
« C’est pas la première fois que tu fais ça en plus, d’un air mauvais. »
En effet, j’avais déjà pris un képa qui n’était pas le mien il y a longtemps, alors que j’étais à court de . C’était la seule fois ou j’étais conscient de voler de la drogue. Les autres fois, c’était seulement par maladresse, je ne retrouvais pas le bon képa. Un soir, c’est nettement plus grave : Lorenzo me met devant le nez la poêle avec laquelle il cuisine la kétamine. Il y a une trace dessus comme si quelqu’un en avait prit un bon paquet en raclant la montagne de kétamine qui y était. Il me fusille du regard. À un moment Lorenzo et Kate viennent devant moi et protestent. Ils sont persuadés que je leur ai volé de la . Je ne dis rien, je suis trop défoncé, mais je dis que je ne me souviens pas en avoir volé. Ce qui est vrai. Encore aujourd’hui je ne sais pas si c’est bel et bien moi qui en ai volé. Peut-être en manque je l’ai fait, mais je ne me souviens plus. En tout cas une chose est sûre : j’en aurais été capable. J’étais tellement tombé bas dans mon addiction que j’aurais très bien pu voler de quoi me dépanner quelques jours. Mais un truc ne tenait pas debout. J’avais de l’argent, et de toute façon Lorenzo me payait des traces quand je n’en avait pas.
Un soir, je suis allé chez Benjamin. Je le retrouvait après ma cure. Un groupe de gars que je connaissait plus ou moins bien se lèvent et s’en vont sans me dire au revoir.
« Ils sont partis parce que apparemment tu es un voleur. Écoute. Je te fais confiance, parce que je t’aime bien. Mais si un jour tu voles mes consoles, je vais être très mal. »
J’aimais beaucoup la naïveté bienveillante de Benjamin. Qu’est-ce que j’irais faire avec des consoles de jeu ? Je lui raconte toute l’histoire mais il n’a pas l’air de se sentir concerné. En tout cas, ça y est : je suis catégorisé comme un voleur. Pour autant, Lorenzo et Kate ne partent pas de chez moi. Il ont acheté des coffres forts. Qu’à cela ne tienne, ils me vendent toujours de la . Puis un jour, c’est la fois de trop.
Avec mon ami Noah, nous prenons une petite soirée avec trois taz dans les poches, des joints et de l’alcool. La soirée se passait bien, j’étais à fond, comme toujours. Puis, il décide à un moment de partir, je le raccompagne chez lui et quand je reviens, j’ai une monstrueuse envie de prendre de la . Le taz est redescendu. J’envoie un message à Lorenzo. Il n’est pas à l’appartement.
« Est-ce que c’est possible de me faire une trace pour cinq euros ?
- Tout est possible avec moi, je peux même t’en faire deux. »
Il arrive, et en avant les traces ! Puis, plus tard dans la nuit il sort un gros paquet plein de coke. On prend plusieurs traces, on se met bien. Puis, on lit mon contrat de location pour savoir où se trouve ma place de parking. Une mention dans le contrat l’intrigue. Pour être honnête je ne savais plus ce que c’était, je crois que c’était la présence d’une association qui limite les consommations d’énergie. Rien de plus banal en somme. Mais lui, ça lui fait tourner la tête, il veut en savoir plus en me mitraillant de questions auxquelles je n’ai pas la réponse. Il n’en démords pas. Excédé, je lui demande une trace de .
« Je te fais une poutre si tu me dis combien t’as volé l’autre soir.
- Mais ça fait des semaines que je te répète que je n’ai rien volé ! Ou alors pendant un K-hole, mais est-ce que j’aurais eu seulement la force de le faire ? »
Bref, ça s’engueule. Il finit par accepter de me faire une trace et il commence à me soupçonner carrément. Je prends son pochon et je me fait une trace énorme. Dans mon trip, j’essaie de rester calme de ne pas dérailler.
« C’est quoi cette clause dans ton contrat ? Me redemande-t-il. Tu vas me dénoncer aux flics pas vrai ? Je savais que t’étais un indic. »
D’un coup mon sang boue dans mes veines. Je commence à hurler que c’est mon ami, que jamais je ne pourrais faire ça. Kate surgit dans l’appartement et entend nos engueulades. Je me retrouve, complètement camé à tel point que je n’arrive plus à parler, en train d’argumenter sur le fait que je ne suis pas un indic. À bout de souffle à force de gueuler je finis par lancer :
« Si vous ne m’aimez pas, vous avez qu’à partir et jamais ne revenir ! »
Gros blanc. De toute façon, le soir même je reçois ma mère : il faut faire disparaître toute trace de drogue dans mon appartement.

Deux jours plus tard, Lorenzo s’excuse. Je m’excuse aussi. De quoi ? Je ne sais pas. Mais je m’excuse quand même. Je suis enfin payé par les allocations chômage. Je consomme de la , encore et encore…

Je ne peux pas écrire ce récit sans parler des escapades que je faisait chez mes parents. Terribles moments. J’adore mes parents, mais il n’y a pas de là où ils habitent. Ça me fait très mal. J’étais toujours tiraillé par le fait de revenir dans mon paradis artificiel. À chaque fois que je rentrais de chez eux, je m’arrangeait pour que Lorenzo soit chez moi pour taper de la . Petit à petit, je deviens un légume. Je n’arrive plus à chercher du travail, à prendre des douches, prendre soin de moi. Je ne peux compter plus que sur mes amis pour faire ce que j’ai à faire. Un jour, je me fait avaler ma carte dans un distributeur de billets, je vais à la banque en balbutiant.
« Ma carte… Elle a été avalée. »
Ils me disent qu’on ne peut rien faire. Je n’insiste pas. Il me dit que tout une procédure est à suivre pour la récupérer. J’oublie tout. Je reviens à l’appartement, j’explique tout à Lorenzo comme si c’était mon grand frère.
« On va la récupérer ta carte bleue t’inquiète. »
On retourne à la banque, et demande ma carte. Il ressort et me redit toute la procédure. Je n’ai jamais récupéré ma carte bleue, mais j’explique cela car j’ai eu l’impression ce jour là d’être assisté pour quelque chose d’aussi futile. Ça me paraît terrifiant. Lorenzo m’aide aussi à refaire mon CV, à reprendre le travail. Mais je suis incapable de travailler. Je parle tout le temps de mes problèmes à Kate et à Lorenzo. C’est devenu des psys. Enfin, des psychiatre devrait-je dire vu les substances qu’ils me vendaient.
Un soir, j’ai quarante euros en poche et j’ai besoin de deux grammes de . J’envoie un message à Lorenzo : il est de sortie. Il me dit qu’il ne sait pas quand il va arriver. Alors j’achète une quinzaine de bière, je bois, parfois une bière cul sec, jusqu’à ce que je sois complètement ivre. Je guette mon téléphone : aucun message. J’en renvoie un. Il me dit qu’il arrive, d’arrêter de le harceler. Puis, le manque devient insupportable (je précise que c’est un manque psychologique et non physique mais un manque persistant et fort tout de même.) Je renvoie un message, et Lorenzo m’envoie tout bonnement balader. Il ne me répond plus. Je prends un cutter et me met à réfléchir. Ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait… Je frotte la lame sur mon bras. Du sang commence à couler. Puis, comme un malade, je me met à taillader mon bras si bien qu’il devient couvert de sang. Je me met à pleurer, à imaginer un scénario pour en finir. Je n’ai jamais osé sauter d’un pont. Je n’ai plus de médicaments, et cette méthode ne m’a jamais réussi. Alors je prends un grille pain, me met proche de ma baignoire. Je continue à pleurer, et fini par me raviser. Je ne sais plus quoi faire, je m’allonge sur le sol. Je continue à me taillader le bras. Puis, un message. C’est Lorenzo.
« J’arrive. »
Enfin, Lorenzo arrive en marmonnant qu’il en a assez de ces drogués qui le harcèlent de messages. Il me file les deux grammes et je tape une grosse trace. Je n’ai plus aucun souvenir de la fin de cette soirée. Le lendemain, je me réveille sur mon canapé. Furieuse envie de retaper de la . Je cherche partout dans mon appartement et je ne trouve rien. Je commence à imaginer que je l’ai perdu ou que Lorenzo me l’a volé en représailles. Finalement, j’aurais la réponse par Lorenzo lui même qui finit par venir à mon appartement dans l’après midi. Il me tend mes deux grammes.
« Écoute, Arthur. Je crois que je vais arrêter de te vendre de la kétamine. T’as vu dans quel état t’étais hier ?
- Je ne me souviens de rien.
- Je t’ai mit en position latérale de sécurité, t’étais complètement inconscient et tu m’as dit que t’avais bu quinze bière. Tu te rends compte un peu ?
- Bah... »
Je n’ai jamais su quoi répondre. Au fond, je commençais à me dire que j’avais un gros problème mais voilà : il y avait la , dans mon esprit tout le temps. Quand il part, je passe à la pharmacie et m’achète un stéribox. J’avais renoncé à ma bonne résolution de ne plus me piquer. Tant pis ! Même refrain : la cuillère, la balance, l’eau… Puis tout dans le seringue. Je me pique au bras, je rate une fois. Deux fois. Puis, fatigué de me bousiller les veines, je me l’enfonce dans le bras à la perpendiculaire dans mon muscle et j’appuie sur le piston. Je n’obtiens rien de flagrant. Juste quelques déformations de la réalité. Mais j’en retape en trace, encore et encore.

Il est peut-être temps dans mon récit que je vous parle de Barbara. Avant toute chose, il faut que je parle des « psychoses » que j’ai depuis quelques temps avec la au moment de mon histoire. Souvent, j’ai l’impression comme lorsque j’ai tapé en cure, d’être au milieu d’un plateau de cinéma à mon insu. Tout le monde est un acteur, quelque chose de brutal va arriver, le lever de rideau, quelque chose comme ça. Quand on part chez une certaine Barbara, je suis déjà bien camé. J’ai pris plusieurs traces et nous voilà à déambuler dans les rues. Lorenzo est resté à l’appartement, je suis avec Kate. Je monte les marches et j’entends des bruits, de la musique. Kate frappe à la porte. J’aurais mis ma main à couper que en ouvrant la porte, on me dise que toute ma vie n’était qu’un mensonge, que le tournage de cinéma s’arrêtait là. En fait, sous produit, j’avais l’impression que la société, la vie en elle même était complètement absurde et cela ne pouvait être qu’un mauvais film tourné à mon insu. Mais voilà : elle ouvre la porte et… Rien. Juste quelques personnes, un matelas, bref, un appartement tout ce qu’il y a de plus banal. Bon. Je reste sur le matelas un trentaine de minutes avant de me remettre des mes émotions. Je l’aurais ce fin mot de l’histoire, je sais que je suis dans un film ! Puis Barbara commence à se plaindre. Elle veut de la , et Lorenzo est censé lui en ramener. Alors, je sors deux képa de ma poche et lui offre une trace. Elle est aux anges.
« ça fait plus d’une heure que je dis que je veux de la et t’en sors comme ça ! Tu en vends ?
- Non, j’en consomme juste. Celle là, c’est de la rock. »
Il faut que je fasse un petit point pour le lecteur non-averti. La se trouve sous deux formes. La needle, des cristaux allongés et qui se détachent des autres. Et ensuite, la sugar qui, comme son nom l’indique ressemble de très loin à du sucre. En vérité c’est des cristaux de toutes formes, brillants et blancs. C’est sous cette forme que je préfère consommer. La needle en général fait trop mal au nez et monte assez difficilement, à mon avis. Pour transformer de la needle en sugar, on la plonge dans l’eau déminéralisée et on la distille avec une simple poêle. On obtient au fond de la poêle une substance blanche qu’il faut gratter : c’est de la sugar. La rock, elle reste un mystère pour moi. Elle ressemble à la sugar mais je ne sais pas quelle différence il y a entre les deux. À mon avis, c’est surtout une histoire de provenance. La kétamine peut venir de laboratoire pharmaceutiques en Inde, ou de laboratoires clandestins en Europe.
Bref, la soirée se passe mais j’ai un affreux sentiment de paranoïa intense. Je suis pourtant sûr que c’est des acteurs…
Une fois, j’ai pris de la 3MMC. Une amphétamine appelée « cocaïne du pauvre ». J’étais chez Barbara et le récit est assez triste. Complètement ravagé à la , on fait des parachutes de 3M. J’en demande un, Barbara me le fait à contre cœur, du moins, j’en ai l’impression. Je le prends, et je retourne dans mon demi sommeil, sous . Puis je commence à me sentir bien. Mais je suis complètement étranger aux autres, je n’arrive pas à engager une seule foutue discussion, et je suis là à attendre que ça passe. En vérité, je mourrais d’envie d’un câlin. Il m’en fallait un comme il me fallait une trace de . Bref, je passe une moment à sentir une sorte de rejet. À ne pas s’y méprendre : sûrement les autres auraient accepté, mais je suis trop à l’ouest pour demander quoi que ce soit.
Je crois aussi que Barbara m’a fait aimer la coke. La cocaïne, j’en prenais mais avec une grande parcimonie et je la mélangeai le plus souvent avec de la . Pour moi, c’est cher, peu psychoactif, bref, inutile. Mais un soir, je la voit chez un ami, Corentin dont je parlerais plus tard. Elle a de la coke. Je passe un moment à taper des traces : je n’ai plus de , il faut bien quelque chose pour se défoncer ! Corentin propose de la baser. La baser, c’est la transformer en crack. Mais je n’aime pas le crack, j’en ai fumé une fois à une soirée. La montée est très agréable mais ne dure que quelques minutes. Le reste, c’est six heures de souffrance à se procurer sa nouvelle dose par tous les moyens possibles. C’est horrible. Au bout de plusieurs heures je commence à être bien. Mais un malaise me glace. Je ne veux pas tomber en plus dans la coke. Je ne veux pas rajouter une addiction. Heureusement pour moi, je ne suis jamais tombé la dedans. C’est une pompe à fric, bien plus que la kétamine.

Je veux parler des amphétamines brièvement. Et aussi une expérience où j’ai fait mourir d’inquiétude Noah. J’étais passé chez Olivier pour prendre deux gramme de kétamine et un gramme de speed. Le speed, c’est le nom que l’on donne aux amphétamines. Je rentre chez moi et invite Noah et Mathieu pour une soirée. Il ramènent de la vodka, et du shit. Je suis surexcité, j’ai pris plusieurs traces de speed, et me voilà à faire des pompes, à rester debout comme un débile car s’asseoir est une vraie souffrance pour moi. Puis, Mathieu s’en va, laissant Noah chez moi. Je prends une trace de , et je tombe totalement inconscient. Je suis un légume dans mon lit, je ne sais plus ce qui est en train de se passer. Tout ce que je me souviens c’est que Noah est au téléphone. Avec qui ? Je ne vais pas tarder à le comprendre.
« Est-il conscient ? Est-ce qu’il respire ?
- Oui je crois, répond Noah. »
C’est les urgences. Je me lève, et explique à Noah que je viens de faire un K-hole. Il a l’air totalement désemparé, sûrement pas mal choqué de ce qu’il vient de voir. J’ai fait un malaise avec du speed et de la . Très mauvaise expérience ! Après cela, je n’ai pas mangé pendant deux jours, c’était tout bonnement impossible. Mais je ne suis pas au bout de mes peines. Je commence à devenir de plus en plus tolérant à la . Et ça, c’est très mauvais signe.

J’avais oublié de raconter cet incident qui me laisse un profond sentiment de honte quand j’en reparle. Là où vivent mes parents, j’ai trouvé de la . Elle est chère. Trente euros le gramme, et c’est de la needle. Une nuit alors que j’étais chez eux, je prends une trace qui me pique le nez (les cristaux de needle sont affreusement coupants) et j’attends. Rien ne vient. Alors je vide tout le pochon et me fait ce qu’il me reste. Très vite, je me retrouve dans le noir. Des formes géométriques me parlaient.
« Tu vas mourir Arthur »
Voilà ce qu’ils me disaient en permanence. Non, décidément la a quelque chose en rapport avec la mort. C’est une simulation de mort cérébrale assez souvent. Une autre fois, c’était lors d’un nouvel an. J’avais chopé de la , je pensais en prendre le soir. Mais ma raison s’est envolée et j’en ai pris à dix-neuf heures. Tout ce que je me souviens, c’est d’être dans le salon de chez mes parents, et de m’être effondré.

Niveau hygiène de vie, c’est la catastrophe. Je prends un bain par mois. Je ne me brosse plus les dents, je ne mange plus. La fin du mois commence déjà vers le quinze. Je sais qu’à partir de ce moment là, je ne mangerais plus que du couscous. Et encore, j’en suis à faire bouillir des oignons pour faire une soupe à l’eau insipide. Et c’est le seul repas que j’ai dans la journée. Personnellement, je considère que je n’ai jamais manqué de rien, et c’est la première fois dans ma vie ou je suis réellement dans le besoin. À un moment, je craque. Je m’installe sur une place, et je fais la manche. Je gagne deux ou trois euros, je prends à manger avec. La vie est devenu un jeu vidéo : je ne pense plus qu’à récupérer ma peu importe les conséquences, quitte à ne rien manger pendant un jour. Je ne sors plus beaucoup. Mais tout ceci me laisse assez indifférent. Il n’y a plus que la drogue dans ma vie et cela me rend complètement aveugle. Et puis je suis en danger, dans une situation précaire chose que j’aime. J’ai toujours été ennuyé de vivre dans le confort, il me fallait toujours ma dose de danger, j’aimais être sur le fil du rasoir…
Quand il n’y a pas de , il y a l’alcool. J’ai toujours aimé ça. Avant de consommer de la , j’étais alcoolo-dépendant. Je buvais une quinzaine de bière par jour, et des fortes. Je ne bois pas par dépit de ne rien pouvoir consommer d’autre. J’aime l’alcool. C’est sans doute la deuxième substance psychoactive que j’aime le plus après la . Mais au fur et à mesure de mes consommations, la bière et la vodka occupe une place de plus en plus importante dans mes habitudes. La devient chère pour moi, car il en faut plus pour avoir les mêmes effets que j’avais à mes premières consommations.
Lors d’une soirée, Kate me demande quelle vie idéale je voudrais vivre. Avant, j’aurais dit sans doute que je voulais une société communiste, qui donne du travail et à manger à tout le monde. J’aurais pu aussi dire que je voulais vivre de la musique, de l’écriture, ou du moins avoir un métier qui me plaît. Mais à ce moment là je n’ai aucune réponse à cette question. La vraie réponse que j’aurais voulu donner est de vivre dans une pièce avec un matelas, et qu’on m’apporte à manger et de la tous les jours. C’était la réponse que je me suis imaginé dans ma tête. Mais je me contente de dire simplement que je ne sais pas. Par honte, très certainement.
Je crois que le jour où je me suis dit que je suis allé trop loin, c’était chez Clancy une amie de Lorenzo qui habite pas très loin de chez moi. Ce soir là, j’ai pris un taz, je me sens bien. Lorenzo fait cuire sa . Quand il a fini, je demande si je pourrais racler la poêle avec ma carte. Chose qu’il accepte. Je suis toujours aux aguets lorsqu’il cuisine. Il y a toujours au fond de la poêle des résidus de assez nombreux pour faire une trace. Là, c’est une sacrée trace. Lorenzo me dit de ne pas la prendre entière.
« Je te jure que je peux la prendre entière sans problème.
- Tu verras, mais c’est à tes risques et périls parce qu’elle est balaise quand-même. »
Alors je prends la grosse trace dans la poêle. Rien n’est monté. Je pensais que ça allait au moins me faire un petit effet, mais rien du tout, même pas une légère ivresse ! Avec tout ce que je viens de taper ! Ça me tourne la tête maintenant que j’y pense. Le reste de la soirée, je l’ai passé à demander un autre taz à Lorenzo, qui refuse. Je demande à Clancy : elle veut du cash, je n’en ai pas sur moi. Harry arrive, je lui en demande un (il s’est mit à vendre entre temps) et Lorenzo lui dit de ne pas m’en donner. Bref, je suis encore en manque de MDMA, en pleine redescente et ça ne va pas du tout. Et au petit matin je rentre chez moi avec l’image en tête de cette trace immense que j’ai pris, qui ne m’a rien fait.

Un jour j’ai décidé que j’en avait assez. La kétamine ne me faisait définitivement plus rien. Il me fallait des doses à faire crever un éléphant. Alors, dans mon délire je suis allé chercher autre chose que de la kétamine. Comment ? Je ne m’en souviens pas très bien. On m’avait indiqué une adresse qui se trouvait au fin fond d’une cité populaire. C’était une sorte de supermarché désaffecté dans lequel les dealers s’étaient installés. Je demande à un groupe de personnes près de la porte, il se fichent de moi – j’ai plein de kétamine sur le bout du nez – et m’indiquent l’endroit. Une fois enfin arrivé j’attends vingt minutes que le gars revienne avec ce que je veux. Le bout marron dans ma poche, je fais le trajet vers chez moi à pied, en me perdant dans les rues au soleil couchant. Arrivé chez moi ça y est : j’ai un gramme d’héroïne sur une assiette devant moi. J’ai du mal à y croire mais la boulette est bel est bien en face de moi. C’est de l’héroïne brune : elle ne doit en contenir que quinze pour cent au maximum. Mais bon, je me dit que c’est un début. Elle est très difficilement malléable : je dois y aller au cutter pour tenter d’effriter la brune. Après une bonne dizaine de minutes à me bagarrer avec l’héroïne je finis par réussir à me faire une trace. Elle passe beaucoup moins bien que la kétamine : on sent les produits de coupe, je suis écœuré : j’ai l’impression d’avoir sniffé de la terre. Cependant, une sensation de calme et de bien être submerge mon corps. J’ai l’impression de flotter, j’ai chaud, mais la chaleur m’est absolument agréable. Pour chaque trace, l’effet dure presque trois heures ce qui est nettement plus qu’avec la kétamine. Comparer l’effet des substances n’a que peu d’intérêt. Ça n’a tout bonnement rien à voir. Pas d’hallucinations, en tout cas pas aussi clairement qu’avec la .
Au bout de une soirée à consommer, je finis mon gramme d’héroïne. Je me gratte partout jusqu’au sang tellement ma peau me démange (ça fait partie des effets secondaires) L’expérience a été on ne peut plus agréable mais voilà : je n’en ai plus, et le dilemme entre arrêter et en reprendre me mine la tête. Demain, j’irais en rechercher. Pour l’instant une furieuse envie de dormir me tombe dessus.
Le lendemain je suis au même endroit, dans la cité à attendre que le dealer revienne. Entre temps, je parle avec un consommateur : lui attend de l’herbe. Un réunionnais assez sympa qui me propose une cigarette. Mais nous ne sympathisons pas plus longtemps ; une fois ravitaillé nous prenons chacun un chemin différent. Sur le chemin, en bus cette fois-ci, je me dis qu’il faut que je consomme autrement qu’en la sniffant. C’est immonde à sniffer et puis je n’ai pas de « flash » quand je prise. Mais me piquer avec ce produit que je connais à peine me paraît très risqué. D’autant que les piqûres en intraveineuse, j’en ai raté plusieurs fois. Alors voici ce que je fais arrivé chez moi : je casse un stylo pour me faire une paille en plastique, et prends un morceau de papier aluminium. Je la plie en deux et pose un bout de ma consommation sur la feuille. J’allume en dessous. Le morceau commence à fondre et dégage de la vapeur. Ma paille en plastique dans la bouche, je fais ce qu’on appelle « chasser le dragon ». En gros, j’aspire toute la fumée qui semble s’accrocher à la feuille en aluminium. Puis, je sens une montée fulgurante, tous mes membres se détendent d’un coup de nouveau j’ai chaud et je me sens terriblement bien. J’entre dans la phase « pique du nez ». Si un jour vous vous posez la question, aucune drogue ne fait dormir. Même pas l’héroïne. À la limite ça plonge dans le coma mais c’est tout. L’héroïne c’est particulier. On a envie de sombrer dans le sommeil mais le produit empêche toute somnolence. Du coup, on commence à s’assoupir, et on se réveille brusquement. Et ça, toutes les minutes pendant deux heures. Dans ma vision périphérique, je vois des gens. Je vois même Noah, qui me fait des blagues et me parle de tout un tas de trucs. Je ne m’en souviens plus très bien, mais je sais que pendant une bonne heure j’étais là à faire la discussion tout seul avec des fantômes. Quand je raconte ça à quelqu’un sur un forum de consommateurs, on me dit d’aller consulter un psychiatre… Encore. Cela fait quelques jours que je suis enfermé chez moi sans la moindre nouvelle de mes amis (Lorenzo et Kate sont partis de l’appartement quelques semaines avant après des dégradations qu’ils on causé sur le palier, j’ai décidé de retourner vivre seul). Mais un jour ça s’est su, et cela n’a fait que contribuer à mon isolement.

Une après midi, je suis chez Corentin. Un ami que j’ai rencontré grâce à Lorenzo (j’en avais parlé brièvement plus haut). Il a une fille qu’il ma emmené voir une fois après un épisode malheureux chez Barbara. Sous codéine (un opiacé que l’on trouve dans des sirops pour la toux), sous kétamine et coke, j’ai fait une sorte de délire. Je ne voyais plus rien, mon cœur s’emballait, bref je disais à tout le monde que j’allais mourir et que c’était tant mieux. Je me suis longuement expliqué avec Lorenzo et Corentin après. Le lendemain, pour me changer les idées, Corentin m’a fait passer pour son demi-frère et m’a emmené voir sa fille dans un foyer. C’était très sympathique de sa part. Par contre, chose qui m’attriste d’autant plus aujourd’hui : Corentin est un vrai junkie. Il consomme de tout, du crack, de la coke, de la , des taz etc. Mais lui ne veut pas arrêter. Il m’a confié qu’un jour il voudrait se suicider ou mourir d’une overdose. Maintenant que j’y pense, c’est totalement l’état d’esprit dans lequel j’étais au moment de mon récit. Si cela me fait mal de le dire ainsi, c’est parce que j’ai changé, indubitablement.
Bref, chez Corentin je prends des traces d’héroïne et je bois des bières. Je n’en propose pas à mon ami mais il a de toute façon l’air réticent. Je reçois un message de Lorenzo.
« Salut, ça dit quoi ? »
« Je me suis mis à l’héro… Je suis chez Corentin. » Répondit-je honnêtement.
« Passe le moi tout de suite. »
S’ensuit un appel téléphonique ou Lorenzo incendie complètement Corentin.
« Arthur est en train de s’ auto-détruire, comment tu peux le laisser sniffer ça ? »
Ça dure une cinq minutes d’engueulade. Je m’excuse auprès de Corentin pour ça.
« J’aurais dû fermer ma gueule » dit-je.
Dans la journée, j’ai trouvé quelqu’un qui vend de l’héroïne à domicile. J’attends devant chez moi, je monte dans une voiture et on me file un gramme d’héroïne avec un tour dans le quartier gratuit, pour ne pas éveiller les soupçons. Celle qu’ils me vendent est moins bonne que l’autre. Mais j’en ai assez de faire trois kilomètres pour trouver ma conso. Le soir, Noah est à mon appartement et s’offusque de me voir comme ça. Clancy est là aussi. Noah essaie de me résonner.
« Garde ton gramme pour demain, au moins. »
Puis Kate arrive. Elle a l’air profondément abattue. Elle regarde la trace d’héroïne qu’il y a dans l’assiette.
« T’as pas besoin de ça tu sais. Ça ne t’apporte que des emmerdes. »
Elle reste une bonne demi-heure, et repart pour des raisons obscures (de problèmes de couple je crois). Dès qu’elle part je demande à mes deux invités :
« ça vous dérange pas que je prenne une trace ?
- On est chez toi, tu fais ce que tu veux. » répond Clancy.
Je prends ma trace, et je m’envole, encore.

Ce qui m’a sauvé de toute cette merde, je crois que c’est un simple coup de fil. Je me revois encore assis sur ma baignoire complètement shooté parler à ma sœur.
« Je me suis mis à l’héroïne… J’ai honte. »
J’ai tout déballé d’un coup. En quelques mots, mon appel aurait pu se résumer à : « sauvez moi d’ici. »
Je ne sais plus ce qu’elle ma répondu, mais toute ma famille allait le savoir. Déjà mes parents savaient que je prenais de la . Depuis l’accident du nouvel an. À partir de ce moment, toute ma vie est devenu un tas de souvenirs diffus. Je me sentais un peu comme sur une autre planète, sûrement un des effets de l’héroïne. Pour ce qui est de l’accoutumance, je n’ai jamais su si j’étais physiquement atteint. Quand j’étais sobre, la tête me tournait, je me sentais très mal. Mais était-ce un manque psychologique ?

Lors d’un après-midi, je vide mon compte en banque. Je retire cent euros. Je demande si mon dealer habituel est disponible.
« C’est pour l’héro ?
- Non, je voudrais trois grammes de . »
J’avais appris que la empêchait le syndrome de sevrage aux opiacés. Et je commençais à me dire que j’étais allé trop loin. Je reprendrais peut-être de l’héroïne, si vraiment je suis en manque après. Mais j’ai une envie festive, et la came pour moi est très peu propice à la fête. D’autant plus que je ne connais personne d’autre qui en consomme. Mon dealer me donne deux adresses et me pose un lapin à chaque fois. Je perds patience. Au bout d’un long moment d’attente il me redonne une adresse : celle de Barbara.
« Je vais passer là dans pas longtemps. »
J’envoie un message à Lorenzo. Effectivement, lui aussi a commandé. Je chope une bière, et me rends chez Barbara.  Chez elle, il y a Lorenzo, Harry, et Kylian, un gars que j’avais connu en hôpital psychiatrique et que j’avais retrouvé lors des soirées. Je prends une trace de coke que Barbara m’offre. Ensuite, on descend, le dealer est là. Et qui je croise dans la voiture ? Mikael. C’est quelqu’un que j’avais rencontré en cure. C’est un peu un mauvais exemple de consommateur. Il est à vingt gramme de par jour. Il n’a plus de vessie, elle a explosé à cause de ses consommations, et urine dans une poche à la place. La a des effets irréversibles sur la vessie et les reins. J’étais d’ailleurs en quelque sorte un miraculé. Il me file les trois grammes que j’attends depuis si longtemps. Le manque a commencé à s’installer entre temps. Je prends deux taz à Harry. Il me file des Pop Smoke, un de mes taz préférés, bourrés de MDMA. J’en avale une moitié, et prend une trace de . Je passe des longues heures complètement mort sur le sol. La défonce est bizarre : j’ai l’impression d’être dans un K-hole constant en me réveillant toutes les dix minutes pour parler brièvement, puis je replonge. Kate passe un moment à l’appartement, je discute avec elle quelques temps, et replonge encore. Soudain, mes parents m’appellent en me disant qu’ils sont très inquiets : ils on vu que j’ai dilapidé mon argent. Je suis incapable de parler, bref, je leur fait peur et raccroche, ne me souvenant même plus de ce qui a été dit. Il est vingt-deux heures, et j’ai tout fini. Les effets de la MDMA sont violents et pourtant je les encaisse sans aucun problème. En sortant de chez Barbara, j’envoie un message à Kate. Il me faut encore de la , et il me reste de quoi en prendre un dernier avant… Le manque.
« Pas pour toi désolé.
- Tu peux vraiment pas ?
- Non je ne veut plus que tu te défonces.
- Si seulement… Tu pouvais comprendre.
- La drogue fait pas tout. Bien au contraire, ça te rajoute des emmerdes. »
Je n’aurais plus de kétamine ce soir. Alors je pars acheter une bière et demande à Benjamin si je peux passer.
« Oui, mais fais vite. »
Il faut que je repasse à l’appartement avant, prendre un valium au cas où le manque viendrait et aussi pour redescendre de la MDMA. J’ai les pupilles ultra dilatées, j’ai chaud, je suis un zombie qui titube dans la rue. Arrivé chez moi, je vois de la lumière. Naturellement, je pense à un voleur ou pire : un perquisition. Mais en fait, je vois ma mère dans l’encadrement de la porte de la salle de bain. C’est fini. J’ai l’impression d’être un gars en cavale qui s’est fait prendre. C’est fini la drogue. On parle longuement, je suis complètement mort. Je finis ma bière, avale quelques valiums, et je vais me coucher. Quelques jours plus tard je franchirais les portes de l’hôpital pour me faire désintoxiquer. À ce moment là j’étais encore en train de chercher de la came quelque part autour de chez mes parents. Mais je n’en ai jamais trouvé, et le déclic s’est fait. Il est vrai, il m’est arrivé d’en re consommer, (je parle de ) mais l’idée de retourner dans l’état de dépravation dans lequel j’étais me fait très peur. Parfois, je revois Lorenzo, ou Barbara. Tout ceci me laisse un goût amer.

Vous vous attendez à une conclusion ? Malheureusement je n’en ai pas qui me vienne. Ce que j’ai appris pendant cette période est que il y en a qui peuvent se droguer sans tomber dans l’excès et les drogues les plus dures, et ceux comme moi ; qui ont un problème grave et ne peut consommer sans se mettre en danger. Je n’ai pas envie de dire que tout ça est derrière moi et que c’est fini pour de bon. Parce que c’est faux. La drogue restera toujours dans un coin de ma tête, sûrement pour toute la vie. Il n’y a pas d’anciens toxicomanes.

Dernière modification par Notropix (Aujourd'hui à 09:58)


La drogue à moi c'est les câlins je l'ai toujours dit... Mais j'ai aussi pris de la drogue hein

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